Translate

samedi 1 juillet 2017

The Green Fields

The Green Fields est un projet conduit par Chris Mondia depuis 2003 lorsque qu'il signe l'album Melodies For Afternoon. L'artiste de Philadelphie est un musicien multi-instrumentiste en plus de composer des mélodies et d'écrire des textes incroyablement beaux. Chris joue de la guitare, de la basse, mandoline, harpe, piano, percussions et batterie, glockenspiel et des amis viennent parsemer ses chansons de trombone, banjo, trompette, wurlitzer etc. L'âme des mélopées est pop, arrangée tantôt folk, country, sunshine et tantôt britpop dans la veine des Kinks et des Beatles dont son père, musicien également qui lui a appris à jouer du piano et de la guitare, est un grand fan.

Ses premières armes, Chris les aiguise au sein de Ella Megalast, formation indiepop profilée shoegaze, puis tourne et joue avec son second groupe The Aerial Tour Instrumental en signant l'album Introducing The Way Out…!!. Suite à la séparation, c'est l'occasion de se lancer en solo. Nourri d'influences colorées et parfumées depuis sont adolescence quand Chris pioche dans les disques de ses parents, il est mordu par le son des sixties et des seventies. Il aime retranscrire ce profond intérêt dans ses partitions. Les fantômes de Jimmy Webb, Burt Bacharach, Roger Nichols, Beach Boys, Glen Campbell, Byrds, Love, Small Faces et d'autres artistes de country, folk traditionnel, pop seventies allant de Charlie Rich, Tammy Wynette à Gene Clark et Gram Parsons réapparaissent dans son travail d'arrangeur.



Le 30 juin 2017 sort un nouvel album après 14 ans d'attente. I Dreamed Today Was A Day For Daydreaming que j'ai reçu il y a une semaine ne me quitte plus. Tous les titres sont somptueux et dignes d'un travail de très grand compositeur et arrangeur que la presse qualifie de profilé façon Brian Wilson. Chris Mondia a pris le temps de peaufiner et sculpter un véritable bijou alternatif et brillant de pop. Les textes y sont poétiques, à l'image de son auteur qui sensible à ce qu'il voit, à son environnement, dépose délicatement ses contemplations dans ses mots. L'ambiance est tendre, joyeuse, mélancolique, picturale et printanière. Comme un impressionniste, il agrémente ses chansons de couleurs, de saisons, de traits, d'ombres, de lumière et de sentiments. L'album I Dreamed Today Was A Day For Daydreaming est imprégné de la nature et de sonorités proches des univers de Gorky’s Zygotic Mynci, Belle & Sebastian, Ladybug Transistor, du label américain Elephant Six de Robert Schneider. Pour planter le décor, The Green Fields commence avec la pastorale et instrumentale The Young and Often Spring.



L'introduction jouée à la guitare acoustique nous plonge dans les effluves subtiles et euphorisantes du printemps naissant. Les notes sixties dansantes des guitares, des violons et des trompettes sur When The Blowing Wind Comes portent une énergie qui gonfle les voiles harmoniques. La performance vocale de Chris apporte un bonus à la structure mélodique en mutation permanente. Le chant, les arrangements sont souriants, dansants, solidement groovants. Les claviers motivés se marient joyeusement à la guitare sur Shadow On The Ocean qui sautille dans tous les éléments brillants de l'instrumentation. Les harmonies mutent, évoluent, s'entremêlent à la perfection comme une broderie de dentelle pop. L'orgue sixties sur les guitares garage de Words That Stay sont impeccables d'originalité et de grâce beach boysienne dans les choeurs. Le titre progresse et tel une chrysalide s'ouvre sur des arrangements alternatifs resplendissants. Quand arrive Now I'm Not Sure dans les oreilles, mon cerveau s'arrête net sur la qualité du jeu de guitare, la voix de Chris et ce texte amoureux nostalgique qui mêle les sentiments à la perception de la musique. La rythmique s'emballe comme un coeur tambourinant pour ralentir le temps de l'instrumental Still I See Your Face suivi du délicieux Fair and Tender Ladies.



La basse sur le glockenspiel et la batterie guillerette de A Lovely Sleep relance la cadence, assurée par le chant et les guitares qui donnent des frissons et de l'émotion dans les dernières secondes. Les accords de guitare sur My Dreams of Old Age, le cuivre de la trompette, caresses qui enveloppent l'audition, accompagnent un texte magnifique, blindé de respect et de sentiments amoureux qui transforme la chanson en merveille absolue et patine d'éternité. La chaleur ensoleillée de Glen Canyon, superbement produit, accroche l'attention et l'ambiance champêtre fait démarrer un déhanché incontrôlé. Will You Let Me Bend To Say enchaine ses notes cohérentes et fluides sur un début d'une douceur infinie qui se transforme en mélopée dansante et virevoltante. Puis Alania ornemente magnifiquement une fin d'album qui arrive trop vite avec ses envolées de violons sensuels et une construction alternative magique. Les sons mélangés aux silences donnent un ensemble passionnant, construisent une énergie musicale explosive pendant 4.50 minutes.
The Green Fields offre son jardin secret avec I Dreamed Today Was A Day For Daydreaming. Je m'y glisse depuis une semaine et savoure tout son lyrisme, sa chaleur et sa lumière, une nouvelle fois touchée par la grâce qui renforce ma foi en la pop.
TheGreenFields