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samedi 18 avril 2020

Carwyn Ellis & Rio 18

Le gallois a sa place réservée sur Piggledy Pop et comme de coutume, il revient en 2019 avec une pièce maîtresse de son répertoire, l'album brulant de bossa enregistré à cheval entre le Brésil et le Pays-de-galles : Joia! signé Carwyn Ellis & Rio 18
Chronique Piggledy Pop de 2017: "Je suis une fan absolue de Colorama conduit par Carwyn Ellis et de son projet parallèle Bendith. A chaque réception d'album, je suis mordue. Le gallois travaille depuis un an sur Some Things Just Take Time, magnifique nouvel album qui paraitra vendredi prochain, le 1er septembre 2017."



"Le Pays de Galles regorge de précieux artistes et Colorama, de Cardiff, y dépose sa pierre pop psychédélique depuis 2008 avec un premier album Cookie Zoo. (...) Entouré sur scène et en studio d'une brillante bande de musiciens, Colorama marque les esprits des poppeux dès cet opus trouvant un public de plus en plus solide au fil des concerts comme celui de Glastonbury en juin 2009 quand son meilleur ami et bassiste avec qui il fonde le groupe, David Fletcher, meurt. Un deuxième album suit en septembre 2009 ; Magic Lantern Show offre des titres en anglais et en gallois, dont Dere Mewn devenu depuis un hymne contemporain pour les gallois. "
Colorama2016
Bendith2017
Colorama2017



Joia! ouvre avec le sautillant et jovial Unman où le tempo glisse dans la voix charismatique de Carwyn, des guitares et des rythmiques caliente avant de lancer la cavalcade de cordes de guitares bossa sur Tywydd Hufen Iâ (le temps pour une crème glacée). La samba resplendit avec l'entrée des caixa, capoeira, claves, flûtes et peaux tendues des caisses sur le texte ensoleillé qui invite à une après-midi sur la plage maquillée de rires d'enfants sous un ciel bleu garni de mouettes.



Dant Melys (dent sucrée) et sa batterie assurée par Domenico Lancelotti, sa rythmique tropicale par André Siquiera, sa basse exotique par Kassin et la fournaises de guitares par Carwyn Ellis, est une mélodie pop typée sixties excellente, fondante comme une crème chantilly dont le profil gourmand et sensuel prête à rougir. L'enchantement poursuit avec Duwies Y Dre et son tempo groovy du synthétiseur et du piano joués par l'auteur-compositeur gallois toujours aussi magnifique chantant dans sa langue natale, accompagné Shawn Lee pour la rythmique et les 'hooo hoooo hooo' chantés à la façon de Marcia Griffiths sur son Feel like Jumping.



Cette touchante déclaration d'amour est suivie par la superbe Gwên (sourire) pleine aussi de poésie et de sentiments, un bijou vif et coloré par la grâce de Carwyn à la harpe, les notes joviales, le tempo étourdissant et le fabuleux Damian Hand à la flûte. Puis Olion (vestiges) entraîne par sa rythmique sacrément dansante et panachée quand Ymosodwyr Anweledig dénonce les anonymes qui attaquent et se défoulent via internet et leurs écrans, les hargneux faciles, sur une orchestration époustouflante.



La guitare et le vibraphone habillent l'air duveteux de Hen Beth Cas qui évoque un voleur à la tire qui rôde et traîne sans pour autant que cela intéresse les autorités qui le laissent courir. Undiú, superbe instrumental orné des choeurs de Nina Miranda conduit vers le dernier titre Diolch Amdani (merci pour cela), monumental et émouvant par ses sons, ses rythmes et les mots interprétés par Carwyn Ellis & Rio 18 qui signe un Joia! sculpté et somptueux. Au sommet de son art, le musicien mêle avec brio le gallois aux instrumentations brésiliennes pour former un mélange efficace qui se place dans le panthéon des disques Piggledy Pop, comme son single paru il y a trois jours Cherry Blossom Promenade, un bijou mélodique qui promet une suite fournie et flamboyante en 2020!
CarwynEllis&Rio18

vendredi 10 avril 2020

Avery Leigh’s Night Palace

Avery Leigh’s Night Palace ( Avery Leigh Draut ) est activement à travailler sur son premier album à paraitre bientôt . L'artiste originaire d'Athens (USA) vit à Brooklyn et se consacre ces trois dernières années à l'écriture et la composition de ce bijou de tempérament et musicalement aquilin. A ses côtés, ce sont mis au travail deux ingénieurs du son et producteurs de caractère eux aussi : Drew Vandenberg (Toro Y Moi, Kishi Bashi) et Andy LeMaster (Conor Oberst, of Montreal), ainsi que ses musiciens et compagnons de scène Dillon McCabe à la guitare et synthétiseur, William Kissane à la batterie et Zack Milster à la basse.
Déjà en 2018, le single Night Shade et son allure surf-pop nous apporte un sacré indice sur la qualité de sa volonté et de sa griffe artistique. Le titre paraît sur la compilation Summer Singles comptant dix titres interprétés par une belle brochette de noms et mise en place par le producteur et musicien Jesse Mangum (Elf Power).



Sur ce prochain album d'Avery l'electro-pop céleste et dansante marque le profil des mélopées, soutenues d'un ensemble d'instruments à vent et à cordes comprenant de la harpe. Diplômée de chant classique, l'américaine fait ses armes avec The Pittsburgh Symphony Orchestra ou en accompagnant au chant d'autres musiciens comme Andrew Bird et Kishi Bashi.

The Zombies (Cover)

La musicienne qui était connue depuis 2014 sous l'alias Wanda sur la scène d'Athens, haut lieu de l'indie-pop, signe ce 10 mars 2020 le single Into the Wake, Mystified. Ce mélange d'arrangements pop alternatifs au son new-yorkais dotés d'une fibre intimiste m'évoque la modernité dans les harmonies de Darwin Deez et le moment où ce météorite est sorti de nulle part il y a dix ans. Le titre prometteur composé par Avery Leigh Draut qui joue au clavier et à la clarinette autant qu'elle fait rayonner son magnifique timbre de voix soprano est un réel coup de coeur Piggledy Pop. AveryLeighDraut

mardi 7 avril 2020

M G Boulter et Samantha Whates

M G Boulter est un auteur compositeur originaire de la côte du Sussex qui aime traiter du thème maritime dans ses mélopées folk. Professionnel depuis des années, jouant avec Blue Rose Code, Emily Portman’s Coracle Band et The Lucky Strikes il accompagne sur scène les groupes américains Simone Felice Group et The Duke and the King. Il met sur sillons son travail solo d'écriture dès 2013. Son premier disque The Water Or The Wave séduit et son second With Wolves the Lamb Will Die est salué par la critique, nommé 'Best Folk Albums of 2016’ par le Daily Telegraph.



Cette année 2013 est aussi marquée par sa rencontre avec Samantha Whates. Leur amitié et leurs affinités artistiques nourrissent un premier duo qui a quatre mains signe un EP au parfum nautique The Boatswain’s Manual. Paru en 2014, le disque est une ode à la mer que connaît bien Samantha qui grandit à Montrose sur la côte Est de l' Ecosse. Les deux artistes font rayonner leur sensibilité, leurs souvenirs d'enfance, de pieds nus dans les coquillages, libérant harmonieusement leur joie de vivre sur partitions.

Samantha Whates est une musicienne prolifique, guitariste, flûtiste, elle compose et chante depuis des années, signant en premier lieu un EP en 2015 avec James McArthur & The Head Gardeners, suivi de son travail solo magnifique en 2016 Dark Nights Make For Brighter Days, puis récemment en novembre 2019, le petit chef d'oeuvre Waiting Rooms fleuri d'une folk orchestrale vertigineuse, comprenant piano, guitares, luthe, violoncelle, clarinette, percussions, harmonica et violons . SamanthaWhates




Les deux amis M G Boulter et Samantha Whates se retrouvent une nouvelle fois pour nous offrir le splendide EP How to Read ce 6 mars 2020. Cette fois, le thème de leur inspiration est une passion qu'ils partagent, les livres. Leur amour de la littérature est décrit avec humilité et élégance, proposant une ambiance duvetée de librairie pour décrire des personnages et le quotidien au fil des pages tournées.



Samantha et Matthew trouvent le temps l'an passé de se rencontrer dans un café de Southend on Sea pour poser les mots et accorder les notes. Le cinq titres prend forme dans les embruns et How to Read, Agatha Christie, I Love the Library, Holden Caulfield & the Likes, My Life in Seven Bookshops sont des délices musicaux pour les amateurs de bouquins mais aussi pour les amoureux d'arrangements délicats et fins. Avec le brio du multi-instrumentiste Douglas Whates à la production, How to Read de M G Boulter et Samantha Whates est à mes yeux une perle précieuse acoustique que je mets illico dans le panthéon 2020 de Piggledy Pop. MGboulter

lundi 6 avril 2020

Lisbonne Telegramme

Lisbonne Télégramme est un groupe de Montréal conduit par les deux auteurs-compositeurs Maritza Bossé-Pelchat et François Dufault. Leur univers mélancolique, impulsé par la poésie de Maritza est somptueux et voluptueux. Les sentiments, l'adversité, les souvenirs se mêlent sur les arrangements grandioses aux allures cinématographiques. Apparu en 2015 avec le premier disque Miroir d'Automne, suivi des singles Oublie et Les Accidents en 2018 puis l'album Hors Circuits en 2019, Lisbonne Télégramme ponctue son parcours artistique du splendide EP La ville s'endort ce mois d'avril 2020.



L'atmosphère lyrique et nostalgique, dans une veine croisée du répertoire de Autour de Lucie et le velours de Mazzy Star, scintille dans l'ombre grâce aux arrangements lumineux de François et la voix stellaire de Maritza. Une pléiade d'instruments vient nourrir l'orchestration cristalline et distinguée. Les amis du label Sale Cabot se joignent à ce travail soigné et inspiré, Martin Farmer, Éric RathéDavid Thiboutot, Antoine Corriveau, Catherine Leduc, Marc Chartrain, Patrick Gosselin (Le Couleur) et Jacinthe Riopel (Françoise). FrancoisePiggledyPop2018

Maritza est originaire de L'Ancienne-Lorette, ce berceau français au sein de Québec. Elle y chante enfant dans une chorale, puis se met à la basse et à la guitare et plus tard, intégrant l'école de journalisme, en 2003 signe l'album indie-pop Comment j'feel, accompagne diverses formations comme par exemple Band Joe du batteur José Major qui joue avec Jérôme Minière et Marie-Pierre Arthur. 2012, elle impose son travail d'auteur-compositeur, alliée à José sur un EP de cinq titres magnifique orné d'instruments à vent et à cordes, signé Maritza. Le thème de la séparation et de l'amour est décliné d'élégante et pudique manière inspiré de son enfance, Maritza d'origine Dominicaine ayant été adoptée. Le flou et le doute transpercent ses textes et ce qui touche est son parcours du combattant qu'elle réussit en glissant entre les lignes, de manière innée, des notes folk ensoleillées.



François Dufault est une pépite dans le milieu indie-pop. Grâce à lui, à son talent de musicien arrangeur et à son esprit fédérateur, depuis qu'il crée le label Sale Cabot en 2004, la musique indépendante canadienne a un tapis de roses devant elle. François dans le privé diplômé de commerce, consultant en finances, leadership et communications et assure pendant une décennie l'écriture, composition et production pour son groupe The Blue Seeds. Le style subtil et narratif de François fait resplendir sa curiosité et sa générosité artistique. Guitariste talentueux, il ne manque pas d'idées pour orner ses chansons d'histoires mais aussi d'arrangements alternatifs, atmosphériques, fleuris d'ambiances dignes de bandes-son de cinéma.



Les deux artistes bien ancrés dans leurs univers respectifs se complètent sous le nom de Lisbonne Télégramme invitent à les visiter avec délicatesse et brio. J'ai un grand coup de coeur pour La ville s'endort et l'instrumental Galaxie parus il y a quelques jours. Enregistrés en 2014, ils sont remaniés et remasterisés par Francois ce printemps 2020 comptant Martin Farmer à la batterie, Éric Rathé aux guitares et aux synthétiseurs, Maritza au chant, sans oublier la patte Pachiderme Design pour l'attirante pochette du disque en la personne de Marc-André Beaudoin, dessinateur et musicien, fondateur du groupe Françoise. LisbonneTelegramme

jeudi 2 avril 2020

Rodrigo Amarante

Rodrigo Amarante de Castro Neves est un musicien et auteur-compositeur brésilien né à Rio de Janeiro. En 1997, il met en place la formation de rock indiepop Los Hermanos et signera quatre albums : Los Hermanos en 1999, Bloco do Eu Sozinho en 2001, Ventura en 2003 et 4 en 2005. En parallèle il est actif au sein d'un big band nommé Orquestra Imperialle et du groupe Little Joy que Rodrigo fonde avec Binki Shapiro et Fabrizio Moretti (batteur des Strokes) pour signer le disque flamboyant de rock alternatif indépendant Little Joy en 2008.



Amarante signe son premier album solo, Cavalo en mai 2014 et ce disque est un magnifique objet, plein de son pedigree, de sa personnalité et de son brio artistique. Panoramique de ses talents musicaux, on y trouve une ambiance bossa, brésilienne, rock, pop, et même des mots en français très émouvants sur le titre mon nom.
Cavalo, 'cheval' n'est certes pas une nouveauté mais parce qu'il est intemporel, il me touche et entre dans le top du chapeau des disques Piggledy Pop. Le thème de l'expatriation, de la séparation de sa terre natale est omniprésent dans les mots, l'exil y est dessiné élégamment en portugais, anglais, français et quelques lignes en japonais sur le titre Cavalo.



Le chef d'oeuvre solaire enregistré à cheval entre Los Angeles où vit le musicien et Rio où il a ses racines, s'ouvre sur les notes brésiliennes de Nada em vão avec sa guitare et ses mots délicats chantés par Rodrigo accompagné de Moretti aux choeurs. Puis le tempo s'élance énergiquement sur Hourglass, pépite sculptée pop psychédélique. Fleuri d'une instrumentation grandiose, les deux compères Moretti et Rodrigo Barba (batteur des Los Hermanos) sont aux commandes pour les rythmiques enjouées et caliente du titre.



Arrive Mon nom, émouvant, écrit en français pour évoquer l'exil et le sentiment de déracinement inexpugnable. La poésie lyrique mélodieuse et les images botaniques éloquentes offertes en acoustique en deviennent ardentes.
"Je suis l'étranger, Et ça peut se voir, Je ne parle pas Tout à fait comme toi, Je viens de la plate-bande où les aubergines se violacent dès l'aube, Elles sont comme moi, Toutes terrifiées Nous avons été repiqués sans nos racines. Depuis, nos radicaux sont tout mous, Tout ses fruits touchent le sol..."



Suit le magnifique et torride Irène avec ses cordes de guitare frottées et le timbre de voix de Rodrigo qui tangue et chaloupe, langoureux. Le tumultueux et dansant Maná vient derechef coller un furieux coup de soleil aux oreilles avec sa cavalcade de rythmiques brésiliennes. Moretti à la batterie fait équipe avec Noah Georgeson aux synthétiseurs avant le troublant grand piano en écho de la majestueuse et métaphorique Fall Asleep. L'élégance et la sophistication de The Ribbon ne ralentit pas l'allure, nous invitant à un voyage médiéval, courtois et épique, d'un chevalier qui quitte son noble père pour suivre et protéger une femme 'queen of hearts' escortée et guidée par ses anges. La basse magnifique de Todd Dahlhoff et les suaves rythmiques de Barba accompagnent les cuivres fondants de O Cometa et les voix cristallines comme sur l'éminent titre phare Cavalo.



I'm Ready rappelle avec une jolie instrumentation mélancolique la notion de courage et de gestes insensés que cela peut précipiter, notamment avec la perte de repères. La foi et la spiritualité ne quitte pas le voyageur qui se voue au rosaire avec une classe infinie sur le dernier titre Tardei qui offre la présence aux choeurs de Adam Green, Devendra Banhart, Fabrizio Moretti, Josiah Steinbrick et Kristen Wiig. Le navigateur pose pied sur une terre où il fait une rencontre, hisse son drapeau pour ne plus en partir et termine sur une note empreinte de beauté. Cavalo est un keepsake d'histoires qui passent les continents et visitent des temps anciens, garni de mélodies splendides et d'une interprétation époustouflante de son conteur Rodrigo Amarante. A savourer avec les premiers rayons de soleil partout et à toute heure. RodrigoAmarante



lundi 30 mars 2020

Alpine Decline

Alpine Decline, duo sino-américain, fête ses dix ans de carrière avec à son actif dix magnifiques albums dont le dernier Return to Desolation Lake paru en 2018. Jonathan Zeitlin et Pauline Mu commencent leur aventure à Los Angeles avec un album éponyme en 2010 suivi la même année de Visualizations, puis 消失​/​Disappearance en 2011, Night Of The Long Knives en 2013, Go Big Shadow City en 2014, Life's A Gasp en 2015, Ink et l'album acoustique 原声现场 en 2016, Action Moves Away From The Center en 2017 avant cette pépite pop de dix titres éditée par le label chinois Maybe Mars de Beijing.



Return to Desolation Lake est doté d'une pop shoegaze, atmosphérique et alternative qui séduira les amateurs des Field Mice, Brighter, Red Sleeping Beauty, St-Christopher, Mercury Rev. Les mélopées tour à tour à la substance jangle et obscure, lyrique et vintage, subjuguent de qualité mélodique. Les notes électroniques aux allures rétro, le tempo d'une douceur primitive, le chant velouté de Jonathan créent une ambiance indiepop dès les premières notes exquises de Blameless. Leur signature hypnotique est pertinente, exécutée par les guitares qui se font garage-pop sur le dansant Dispatch from the Guest House.



L'éclectisme des arrangements de A Place Where I Can Thrive émane de la vie et de l'expérience de l'auteur-compositeur. Jonathan, nait dans l'Ohio, vit à Los Angeles avant de partir vivre en Chine tout en signant ses premiers disques sur Laitbac, un label français. Pour lui il n'y a pas de séparation entre les deux mondes, juste le langage, divisé entre la Chine et l’Amérique, il conçoit ses paroles de manière fort poétique espérant que chacun y perçoive sa réalité, ses expériences, ses angoisses, ses bonheurs, ses peurs, ses colères et ses amours.

A l'écoute du fondant et émouvant Lies to Protect You, Alpine Decline réussit à capter les émotions : "And I write to you in this corrupted language, and I will wait for you beyond these broken lines, beyond these hollow times. And I'll weave your likeness into holy visions, your name in poetry, your voice in the breeze through dream fields. But I'm not telling any lies to protect you."



Le langoureux I Still Believe in You poursuit dans la luminosité et l'optimisme "How do I save myself? How do I get back to health? And do I believe in miracles?...When the fever comes down, you will still be around. I still believe in you…" quand Float a Balloon dégaine les cordes électriques et les claviers aiguisés offrant une tension mécanique réussie. Après l'instant cold-wave, Diamond Cutter et sa rythmique synthétique, sa voix réfléchissant multiples échos est un petit bijou addictif.  Peace in the Present Tense, aux arrangements et à l'orchestration de cuivres mêlés à la basse, dessine une ambiance progressive profonde et frissonnante.



La virevoltante Chained to the Mast qui évoque la fuite éperdue d'un élément piégé et égaré dans une masse amène vers la fin du disque. L'énergique Through the Floor termine avec le tempo psyché et brillant de Pauline à la batterie et les images d'étoiles, de feu, d'exil dans un endroit caché où il fait bon vivre.

Le stylé pop underground Return to Desolation Lake d'Alpine Decline balance entre le triste et le joyeux armé d'une musicalité vibrante et du talent infini de guitariste et de compositeur de Jonathan, impressionnant et charismatique. En 2014, Decline Alpine participe à la compilation française État des Lieux de Plaisir de France avec son titre vrombissant Personnal History . A vos casques !
AlpineDecline



samedi 28 mars 2020

Scott Mannion

Scott Mannion est un auteur compositeur originaire de Nouvelle Zélande, co-fondateur avec son ami Jonathan Bree du label Lil'chief Records en 2002. Ce label grandiose compte dans son gotha les albums des deux fondateurs et accueille Lawrence Arabia, The Ruby Suns,The Brunettes, Princess Chelsea, Dog & Wolf et The Tokey Tones.
Scott déménage en 2013 pour partir en Espagne où il vit toujours aujourd'hui, dans un petit village médiéval niché dans les montagnes non loin de Valence. Il s'autorise une pause professionnelle mais pour travailler sa musique et écrire ces dix magnifiques titres qui ornent Loving Echoes paru en juin 2019. Le disque absolument peaufiné et harmonieux est un bijou pop. Évoquant sa rupture sentimentale laissée derrière lui en se fiançant à la peintre greco-americaine Julie Karpodini, Loving Echoes est fourni d'arrangements et d'ambiances romantiques splendides.



Tandis que son ami peintre Ben Lustenhouwer offre la couverture du disque, se joignent à Scott pour l'enregistrement Ryan McPhun des Ruby Suns, à la co-production et à l'écriture de quatre des dix titres, Clara Viñals aux choeurs, toute sa tribu d'amis du label : Alistair Deverick, Emily Zuch, Chelsea Nikkel (Princess Chelsea), Clara Bosch, James Milne (Lawrence Arabia), Jonathan Bree, Kari Hammond, Hayden Eastmond Mein, Li-Ming Hu et sa nouvelle clique espagnole : Adrián González Cortés, Amparo Díaz Soriano, Ezequiel Lázaro Alcaide, Inmaculada García Soriano, Lara Despaigne Zacarés, Laura Agustí González, Sergio Sánchez Lacalle.
JonathanBreePiggledyPop2018
LawrenceArabiaPiggledyPop2020
JonathanBreePiggledyPop2014

Depuis son aventure d'Auckland avec The Tokey Tones et deux albums, se sont écoulées seize années avant ce retour magistral. Mais quand le perfectionniste lâche enfin son travail, serein et abouti, c'est beau à pleurer. Smoke ouvre les volets sur les notes lumineuses de Scott au piano, glockenspiel et guitares, accompagné de Jonathan à la basse, de Li-Ming au clavecin. La voix envoûtante si pleine de musicalité et d'âme poursuit la séduction sur Be Your Mine et sa rythmique voluptueuse dans les caisses, la basse et les effets féeriques d'écho accentués par l'accompagnement des voix de Chelsea et James.



Scott troque le Hammond et le Yamaha pour le son merveilleux de ses guitares acoustiques et les touches sensuelles du Simmons, de l'omnichord et du Wurlitzer pour fleurir sa déclaration d'amour pénétrée et décidée, Do It for You. La cavalcade de mélodies pop psychédéliques et groovy continue avec l'excellente Not Exactly Deep, son tempo alternatif et sa brillante instrumentation fournie de saxophone, violons et violoncelles.
Le talent de guitariste saute aux oreilles sur Juniper Tree au chant délicat et aux pistes majestueuses dans leurs loopings, zigzaguant entre les cordes orchestrées. L'ambiance rétro sixties saupoudrée ajoute au profil nostalgique superbement dessiné sur les partitions quand le Roland de Ryan sur Somebody else's Dream et la maestria de Scott sur You Are the Substance That I Can't Live Without viennent chatouiller la platine de sonorités atmosphériques.



Scott Mannion brille de mille feux sur We should never Forget qui éparpille les morceaux de son coeur brisé dans l'instrumentation alternant avec le joli son du cor et son chant éminent. Puis Your Kinda Love déroule une mélodie sunshine pop délicieuse et positive. Les cuivres chaleureux, le tempo dansant, les glissades d'archets se marient parfaitement au duo Mannion-Viñals. 9 Years termine l'écoute avec la finesse et l'exigence de Scott Mannion comme on tourne précieusement la dernière page d'un roman. Me faisant fondre, je classe cet entêtant testament sentimental et musical Loving Echoes dans le panthéon 2019 de Piggledy Pop.
ScottMannion

jeudi 26 mars 2020

Jim Basnight

Jim Basnight tient une place d’envergure depuis plus de quarante ans dans le rock'n Roll. Avec sa personnalité attachante, son tempérament de lion, son énergie power pop, americana et pop psychédélique, la star des scènes underground signe le brillant Not Changing en mai 2019. Son univers inspiré des références Lou Reed, Bowie, Beatles, Beach Boys, Kinks, est aussi blindé de son expérience personnelle passée au sein du groupe Moberlys actif dans les années 80, pionnier du style power-pop. Puis il crée les groupes The Rockinghams, The Jim Basnight Band et The Jim Basnight Thing. L'américain de Seattle loin d’être un débutant maintient sa constante et fringante ardeur qui dynamise et réveille.





Les mélopées de Jim sont des bonbons rock et garage sans prétention moralisatrice ou politique, jouées pour créer des sensations, jouées avec un plaisir qui s'entend et se savoure. Not Changing offre une cascade de guitares assurées en grande partie par Jim. A ses côtés il y a le guitariste Bruce Hazen, la bassiste Garey Shelton, Steve Aliment aux choeurs et le batteur Dave Warburton.
Pour les amoureux des Sex Pistols, Jam ou Psychopaths, le groupe mythique des Morbelys déjà éternel poursuit son aventure avec Jim Basnight. Ce bijou, réel cadeau, ouvre sur les guitares scintillantes de Code to live By, entraînantes et colorées du thème de la liberté qui attrape et s'empare illico de l'attention.



Le tempo langoureux de Not Changing nous emmène dans l'histoire de la musique, celle de Jim qui depuis 1977 fréquente toutes les scènes de renom américaines et qui n'échangerait sa vie rock'n Roll pour rien au monde. Le tempo fait monter la température sur Big-Bang avant la magnifique Avenue of the Star aux accents T-Rex. Puis Making Love for a Living déclenche la rythmique endiablée avec la voix rebelle de Jim qui brille à la guitare.
Suicide Evening qui suit est un bijou émouvant et absorbant par ses arrangements et ses mots interprétés avec élégance avant le petit chef d'oeuvre Best Lover in the World et son rock brut, garni de cordes électriques flamboyantes. Le rock de Jim, imagé, lucide, spontané est efficace sur son magnifique hommage à son compatriote Kurt Cobain.



Nos oreilles s'empourprent goulûment sur la déclaration amoureuse Never Get Lost et se consument totalement sur Second Street, où les révérences et les tabous sont superflus. Les guitares et la batterie s'en donnent à coeur joie dans le style plus boogie sur Saturday Dreams qui ravira les amateurs des Stones. You Never cease to amaze continue de flirter et de charmer avec ses accords grisants et cadencés avant la pop joviale de Having fun. Percussions et lignes de guitares battent le fer brûlant et offrent un moment pailleté de rock sur Living The Way I Want qui termine Not Changing. L’artiste ne décroche pas de sa passion, avec raison. Ses mélodies enthousiastes, son élan et son inspiration panachée montrent son talent intemporel, gravé dans l'histoire du rock. L'éternel Jim Basnight qui à dix-neuf ans partage la scène avec les Ramones à New-York en mars 1977 en est un beau symbol. JimBasnight



lundi 23 mars 2020

Yenkee

Graham Cooney alias Yenkee apparaît en janvier 2018 avec le single cinglant et cintré Are You Alright. Teinté de groove, le style électro-pop y est savamment saupoudré d'instruments qui offre une impression de modernité habillée de références et de professionnalisme. L'artiste irlandais originaire de Cork est entouré d'Eoin Conway aux claviers, de Meg Cronin au saxophone, Luke O' Neill à la guitare. Yenkee poursuit sa composition soul et funky la même année avec le double titres Lander et Freedom. Le chant mélodique de Graham ajoute à la qualité de la production, faisant des loopings rafraîchissants entre les mots ciselés et élégamment inspirés.


Septembre 2019, le fulgurant Cannibal Tree de quatre titres paraît. Le talent de Yenkee se confirme et se savoure. Les jeux de cordes, de rythmiques ondulent sur la basse de Cannibal Tree. Les arrangements pop délicieux sont virevoltants et dansants. Les notes de synthétiseur de Nathanael Laffan, les cymbales offertes par Fergal Hennessy sur Would You Rather sont fructueuses. La mélopée écrite et interprétée par Graham est d'une classe dance, pop psyché dotée de la cornemuse de Liam Costello qui séduit par son âme celte.



La romantique Pearl offre une interprétation de velours accompagnée du superbe saxophone de Muireann Joyce-Hearne et d'une guitare majestueuse. Eoin vient apporter sa touche cristalline aux claviers quand la rythmique chaleureuse et distinguée inonde le lumineux Maybe, ode à la patience mise délicatement en écho par le chant de sirène d'Aibhín O' Neill et le jeu de guitare admirable. Enfin le musicien continue ce parcours avec charisme et brio en signant le magnifique single Lucy ce mois de février 2020. Il est garni de lucidité et d'une instrumentation éloquente, convaincante quant à la qualité du répertoire de Yenkee que je glisse dans le panthéon 2020 de Piggledy Pop. Yenkee

dimanche 22 mars 2020

Ducks Unlimited

Fans de Morrissey et des Go-Betweens, le duo de Toronto Ducks Unlimited compose une succulente jangle pop dans le sillage des groupes indie des années 80. Tom Mcgreevy et Evan Lewis viennent de signer un album quatre titres sophistiqué et soigné sur le fabuleux label de Madrid Bobo Integral. Les deux excellents musiciens ne font pas de canards sur le disque Get Bleak paru en novembre 2019 qui ouvre sur un tempo galopant et des guitares enflammées.



Le titre nommé Get Bleak est un petit message amical à ceux qui déménagent, quittant un endroit pour un autre en pensant que l'herbe est plus verte ailleurs et finalement sont déçus de leur choix.
Sans faire de vague l'enchantement poursuit son immersion sur le chant délicieux de Tom le long de Glaming Spears. Les notes sucrées et trempées de Annie Forever iraient comme un gant à une bande-son d'un Woody Allen tant il prête à sourire et à balancer les hanches sur le rythme voluptueux. Les cordes savamment titillées de l'Epiphone, et des Fender Jazzmaster et Mustang reprennent la cavalcade légèrement duveteuse sur Anhedonia qui rappelle les références du groupe comme les Verlaines, Orange Juice et Close Lobsters. La fin des quatre titres survient en un claquement d'ailes avec l'envie de chanter en choeur 'if you’re ever in the mood to disassociate baby, give me a call'. Aujourd'hui le duo annonce un album à venir avec en bonus du son de Telecaster, ce qui présage des mélodies sacrément galbées et épiques à se mettre dans le bec bientôt. DucksUnlimited

samedi 21 mars 2020

Layne Greene

Je présente ici Layne il y a trois ans : "Il y a chez Layne Greene une douce ambiance pop-folk orchestrale qui m'évoque un peu les univers artistiques des Kings of Convenience, Sufjan Stevens, Josh Ritter, Paul Simon tant il nous invite au voyage, à la contemplation au travers des saisons. Le Moog, les guitares et la flûte se mêlent au tempo ajusté par Dale Murray à la batterie également producteur. Avec Layne qui compose, chante, joue du clavier et de la guitare, il y a Alex Lank à la rythmique et au clavier, le guitariste Bryan MacDonald, Fleur Mainville à la flûte et aux choeurs Devon Greene, Adam Johnson et Christina Martin. Cette belle équipe d'excellents musiciens se réunit avec Layne Greene à New Glasgow en Nova Scotia au printemps 2015 pour l'enregistrement de l'opus Everywhere Around Here."

"Keepsake de chansons en guise de panoramique pop, l'ambiance dans les villes locales, les couleurs du paysage, l'imagination fertile de ses habitants sorte de chercheurs d'or à la mémoire vive sont déclinées. Le bois des guitares est omniprésent apportant une touche de chaleur brute à l'album. La guitare electro-acoustique y est royale, les voix parfaitement accordées pour offrir un résultat à l'âme aventurière, mêlant la notion de courage des canadiens de la région maritime et rurale à la poésie qu'inspire ces gigantesques paysages aux climats musclés…"
LayneGreenePiggledyPop2017



Layne Greene nous revient en octobre 2019 avec l'album en or Resolutions. Assurant composition, la guitare et le chant, il est avec ses fidèles amis Bryan MacDonald à la guitare, Alex Lank à la batterie, Dale Murray aux différentes guitares et choeurs où est toujours présente Christina Martin, et accueille le nouveau venu à la basse Andrew MacInnis.

Le bijou se présente pop folk avec 22 Blue qui ouvre les notes de guitares splendides et leurs effets d'écho en symbiose avec le thème du temps, de l'année qui passe avant le rock rythmé de Resolutions et sa batterie, ses guitares électriques, ses violons voltigeants. Le chant de Layne contient autant de tempérament que l'orchestration même sur Words, plus voluptueux dans son style mélodique mais déterminé dans son message. La ballade Ghosts est une beauté musicale qui zigzague entre les saisons et les distances, évoquant l'absence avec une belle énergie.



Edge of Town parle de doutes et de décisions à prendre, mis en valeur par un tempo crescendo, des voix en chorale formant une ambiance positive, comme sur le superbe Where We Are qui reprend brillamment les thèmes de la disparition, du temps qui passe et de la sagesse des mots qui aide à l'acceptation. Les orchestrations folk sont limpides et finement brodées invitant au fur à mesure à savourer leur homogénéité agréable. Quel régal de retrouver une nouvelle version de August 31 qui à mes oreilles est un petit bijou indie pop remarquable. Inflation et sa lucidité dans le ton, dans les arrangements et dans l'interprétation marque une jolie délicatesse comme Driving Song qui renchérit de rythmes, de sons vitaminés, en guise de réveil et de renaissance. Le disque offre un Working Man superbe pour boucler l'ensemble des titres, un tableau sociétal fort bien dressé et qui peut être conseillé comme une prescription médicale aux dubitatifs. Layne Greene est porteur de magnifiques mélodies, habillées de son talent de compositeur solide à la voix majestueuse. Resolutions, lumineux, porte bien son nom.
LayneGreene

vendredi 20 mars 2020

The Unthanks

The Unthanks est un ensemble vocal formé par les soeurs Rachel et Becky Unthank jointes par Niopha Keegan. Ce magnifique projet se consacre à des chansons folk, a capella ou orchestrées. Rachel diplômée de l'Université de Glasgow en histoire et sa soeur en histoire de l'art à Manchester sont originaires du Northumbria, nord-est de l'Angleterre, d'un père qui joue et chante dans un ensemble de chants traditionnels et une mère membre de chorale. Les deux soeurs aux voix cristallines sont d'excellentes musiciennes, jouent du violoncelle, de la cithare, Niopha qui les accompagne au chant joue de la trompette et de la flûte. Dans la troupe il y a Belinda O'Hooley au piano, Jackie Oates au violon, l'époux de Rachel, Adrian McNally, producteur, au piano, clavecin, céleste, percussions avec son ami d'enfance Chris Price à la guitare, basse, ukulélé et contrebasse.



Salués par la critique, leur premier disque de 2004 Cruel Sister est remarqué comme le second de 2007, The Bairns, nominé aux BBC folk awards et au Mercury Price. 2009 paraît Here's the Tender Coming, décrit par The Guardian comme meilleur disque de l'année. Suivront en 2011 Last, les enregistrements live The Songs of Robert Wyatt and Antony & The Johnsons et The Unthanks with Brighouse and Rastrick Brass Band, l'album studio de 2012 Songs from the Shipyards, et des collaborations comme celle avec Nick Hornby sur le titre the Ruler. 2015 paraît Mount the Air puis le coffret anniversaire des dix ans du groupe Memory Box and Archive Treasures 2005–2015.



2017 montre une volonté de rendre hommage à des personnalités de l'histoire et de la musique. The Unthanks se plongent dans le répertoire de la mère de Nick Drake, Molly Drake, grande compositrice qui nous a légué quelques enregistrements datant des années 50. Les deux disques The Songs and Poems of Molly Drake sont de toute beauté. The Unthanks revisitent ces petits chefs-d'oeuvre de brillante et émouvante manière.

NickDrakePiggledyPop2017

En 2019, une trilogie extraordinaire appelée Lines suit. Elle comprend l'hommage aux trois navires de pêche qui ont sombré en mer du Nord, tragédie survenue en 1968, des poèmes écrits pendant la Première Guerre Mondiale et les recueils de poésie d'Emily Brontë. The Unthanks au parcours prolifique et hors du commun signent ce mois de mars 2020 l'album Live And Unaccompanied, objet fabuleux comptant des enregistrements en direct des trois voix harmonieuses et impressionnantes. Leur univers plein de mélodies, de douceur, empreint d'histoire et de traditions, peaufiné d'intelligence et de sensibilité, nous fait oublier les affres de la musique contemporaine distribués par les médias actuels, avec des faux instruments, des fausses voix et des faux musiciens mais des vraies petites cervelles à grosses bagouzes. The Unthanks résistent depuis quinze années à cette déferlante abrutissante avec un charisme fou et un talent admirable, un travail feutré, intemporel et gracieux.
TheUnthanks



mercredi 4 mars 2020

Lawrence Arabia

J'évoque les débuts de l'artiste néo-zélandais ici en 2010 puis en 2012 : "Il y a des rencontres magiques, bénies des dieux, comme celle avec Lawrence Arabia alias James Milne, qui vous hydratent de bien-être dans une traversée du désert. James Milne est le nouveau Jonathan Richman, un disciple des Beach Boys qui propose après un opus éponyme génial en 2006, son deuxième album en janvier 2010, joliment nommé Chant Darling. Même s'il a quelque chose d'un digne héritier de Brian Wilson, ce James là aurait plus en commun avec le premier ministre tasmanien Sir James Milne Wislon (1812-1880). Avec son port de tête indétrônable et son style sophistiqué, second degré, Lawrence Arabia n'est pas né de la dernière pluie. Membre des Ruby Suns, de Okkervil River, de The Brunettes, il se produit sur scène également avec Feist et d'autres talibans de la pop."



"Ce troubadour Tasmanien sort un talisman truculent en Juillet 2012, étonnant, surprenant qui s’écoute en boucle et se savoure davantage au fur et à mesure des écoutes. Désormais expatrié en Angleterre, Lawrence Arabia enregistre The Sparrow à Londres. Il est rejoint par Elroy Finn, frère réputé de Liam Finn pour son don de percussionniste et son talent de batteur ainsi que de Connan Mockasin auteur-compositeur anglais, ingénieur du son et bassiste. Derechef, Lawrence Arabia écrit des mélodies pop psychédéliques incroyables pour The Sparrow."
LawrenceArabiaPiggledyPop2012
LawrenceArabiaPiggledyPop2010



Depuis 2012, il a collaboré à de nombreux autres projets comme ceux de Jonathan Bree, Ruby Suns, Tiny Ruins, Van Dyke Parks, la co-écriture avec Bic Runga, la production de l'album Forever Dolphin Love signé de Connan Mockasin et la participation au disque de Neil Finn de Crowded House, Out Of Silence. 2016 sort son troisième magnifique disque puis le quatrième en mars 2019 nommé Lawrence Arabia’s Singles Club compilant un ensemble de titres variés en styles, panachés de pop psychédélique, de rock garage, de chamber-pop ou de rock glam seventies.

Ce keepsake mélodique s'ouvre sur une guitare, une basse, des violons, un piano aux allures old-school délicieuses pour offrir un Solitary Guys à l'esprit Jules et Jim de Truffaut. Everything's Minimal accueille Hollie Fullbrook du groupe Tiny Ruins pour accompagner James dans un duo gracieux, aux mots langoureux "Everything's minimal (white on white), We’re indivisible, We are one in our house".



Puis le somptueux One Unique Creature, sensuel et passionné, enveloppe par ses envolées de violons et par son harmonieuse guitare sur un texte plein d'images corporelles tranchantes, à la hauteur des sentiments avoués. La furie et la rage qui y sont évoquées continuent de percer l'écoute sur le tumultueux rock de A Little Hate, bondissant et énergisant. Le délicieux tempo de la basse sur Everybody Wants Something ravit par ses opposés sombres et lumineux donnant sacrément envie de se trémousser sur le chant formidable de James. L'orchestration réussie et solide poursuit avec la garage pop Cecily qui propulse les rythmes, tend les cordes et dégaine des mots toujours aussi enflammés avant que le boogie seventies de Meaningless Words arrose la mélopée suave et sentimentale de cuivres voluptueux. Quand la batterie de People Are Alright entre cinglante, sur la voix sarcastique et si éloquente de James, le clavecin hypnotique, on fond à retrouver le style Lawrence Arabia, plein de son esprit révolté acéré.


Vidéo featuring les Flight of Conchords, voir ma toute première chronique sur Piggledy Pop!

La douceur de la bossa et les effets wah-wah vont comme un gant aux paroles de A Walk Into The Suburbs chantées avec une élégance de dandy avant le splendide instrumental (Contagious Dream Heals The World). La pépite Oppositional Democracy, ornée de l'excellente et inquiétante basse, d'un texte chargé de métaphores animales qui accentuent le caractère bestial, démontre le talent d'auteur-compositeur de James. Le dernier titre Just Sleep (Your Shame Will Keep) et son accordéon offre une envergure désuète et foudroie par ses mots tendrement moqueurs, ses arrangements orchestrés avec une haute et colorée intelligence. Je classe bien sûr Lawrence Arabia's Singles Club dans les meilleurs disques produits l'an dernier parce que j'admire le travail flamboyant du musicien, son audace stylée, d'avant-garde et simplement brillamment mélodieuse.
LawrenceArabia

vendredi 28 février 2020

Saratoga


Saratoga est un duo constitué de Michel-Olivier Gasse et Chantal Archambault, auteurs compositeurs interprètes de Québec. Ensemble, ils détricotent les mots, jonglent et jouent avec eux à la façon espiègle des frères Goncourt, leur ajoutant une saveur d'antan. La rythmique est apportée uniquement dans le chant, la guitare, la contrebasse, la flûte, la harpe et le piano, offrant un savoureux et charmant ton suranné de mélopées de troubadours, exalté par les mots poétiques et la manière romantique de les chanter.



Comparable à l'univers artistique des Américains Innocence Mission et des Russes Malish Kuma, Saratoga est un travail à quatre mains et à deux voix en osmose. Le domaine amoureux mis en exergue y est dessiné avec l'exquis emploi de métaphores du corps, de la nature et du temps qui passe. L'ambiance est à la passion et à l'insouciance que procure la force des sentiments, la complicité dans un couple uni. Sur des arrangements langoureux, calmes et posés, l'excentricité et l'amusement glissés dans les paroles déposent le sourire sur les lèvres.
Après un premier EP en 2015, on peut accueillir l'album Fleur en 2016. Le titre Les vieux dimanches de 2018 présage le sublime Ceci est une espèce aimée paru ce mois de novembre 2019.



Le rideau s'ouvre sur Espèce I, court instrumental qui nous plonge dans un bain de torpeur acoustique où la contrebasse, la guitare et le violon batifolent dans les bulles. Le décor est magnifiquement planté quand suit Morceaux, le corps s'y découvre sur les parcelles d'instrumentations. Michel Olivier au chant et contrebasse lié à Chantal au chant, guitare et piano, sont accompagnés de Fany Fresard au violon, Marilène Provencher-Leduc et Aleks Schürmer à la flûte, Guillaume Bourque à la guitare, au piano et Éveline Grégoire-Rousseau à la harpe qui étincelle sur Passer l'âge. Les cordes vibrent et sont taquinées, effleurées sur Existe-toi, effeuillage littéraire où les plumes d'Antoine Corriveau et de Luc De Larochelière qui participent aux textes font briller les mots comme sur L'embellie.



Les frissons s'accrochent au fur et à mesure d'Un sentiment de vieux dimanche déclamé avec délicatesse par Michel-Olivier sur un fond sonore de vieil électrophone. Le paysage se fait printanier sur le piano et la guitare de Amour de passage où l'amour gagne les distances et se fait lancinant et aérien sur la harpe de Le code et la manière. Espèce II interlude coloré de bruits familiers précède Grand Accord qui continue l'enchantement romantique évoquant des pôles aimantés, deux êtres qui ont une histoire à géométrie variable mais malgré tout, sont toujours attirés, sur des harmonies de piano et de flûtes majestueuses. Beauté, Beauté joue une mélodie élégante, ornementée de voix qui ondulent entre les notes féeriques, créant un titre sucré et doux. La fin du disque est sublime avec le duo  qui parle du fruit de leur amour, leur Petite Paix pour clore sur une note de vive sérénité qui règne sur Ceci est une espèce aimée, excellent et précieux.
Saratoga



mardi 25 février 2020

Erland Cooper

Gawain Erland Cooper est un auteur-compositeur multi-instrumentiste écossais et désormais producteur au sein de son propre studio d'enregistrement. Il est originaire des îles Orkney, en français les Orcades, un archipel subarctique de 67 îles situé au nord de l'Écosse, annexé par le royaume d'Ecosse au XIIIème siècle qui compte désormais 20 000 habitants.



Erland est actif depuis des années sur la scène indiepop, tête pensante de deux groupes : The Magnetic North, avec lequel il compose deux magnifiques disques dont le concept est l'histoire de la population des îles Orkney et le second, Erland and the Carnival, avec qui il signe cinq superbes albums. Son fief est omniprésent dans son inspiration, sans cesse nourrie de son pedigree mais aussi des autres habitants, de la nature et des légendes. Pour conduire le projet Magnetic North, Erland s'entoure de Hannah Peel, fabuleuse artiste irlandaise, qui chante, joue du piano, du violon et du trombone et de l'anglais Simon Tong qui est guitariste et claviériste au sein de the Verve, Gorillaz, Blur et The Good the Bad and the Queen.



Au mitan de sa vie londonienne nécessaire pour développer l'activité de son studio Phases Records, Erland se sent envahi de claustrophobie en ville et se met à composer en 2018 le disque Solan Goose. Cet album plein d'oxygène, premier travail en solo, est issu de sa mémoire d'enfant, des paysages où il grandit, des bruits qui l'habitent comme ceux fort riches de l'écosystème de l'archipel. Il décline une série de mélodies dédiées aux oiseaux, qu'il nomme chacune avec les noms des amis à plumes de ses iles : solan goose (gannet ou fou de bassan), shalder (oystercatcher ou huîtrier), tammie norie (puffin ou macareux moine) et cattie-face (short-eared owl ou chouette à oreille courte, chouette écossaise typique de l'île d'Arran).



L'ambiance, l'univers naturel et étendu de Orkney explose majestueusement dans les arrangements et les orchestrations. Le musicien prolifique poursuit son entreprise de création en 2019 en signant le deuxième bijou Sule Skerry. Dans la même veine traditionnelle, la même perspective de transmission, il fait resplendir les trésors passés et présents de la vie locale cette fois-ci aérienne et maritime. Ses études de musique classique, son goût pour le folklore du pays, sa personnalité artistique et ses connaissances technologiques à la pointe, sont savamment liés dans Sule Skerry qui absorbe tous les sens et invite à l'évasion. Ce travail instrumental charmant et rafraîchissant, comme les productions antérieures de Gawain Erland Cooper, grand sculpteur de son, sont à découvrir absolument. En bonus, le titre Birth of a Nation de Erland & the Carnival, qui compte le grand Paul Weller à la guitare.
ErlandCooper






jeudi 20 février 2020

Jeremy Dutcher

Le Wolastoq est un dialecte qui signifie beau fleuve dans la langue du peuple Malécite, peuple autochtone d’Amérique du nord, au Canada ( au Nouveau-Brunswick et au Québec). Les Malécites existent depuis des siècles, connus par nos navigateurs européens seulement depuis le XVIIème siècle. Ils vivaient dans les plaines, longeant le fleuve Saint-Jean qui forme un arc de cercle au travers des montagnes Notre-Dame.

Au début du XVIIIème siècle, les français ont déjà colonisé ces vallées et l’entente entre les deux camps est cordiale, même amicale. L’harmonie est telle que les Malécites s’allient aux français dans la guerre d’oppression menée par les anglais pour prendre possession des territoires français. Les malécites gardent aujourd’hui en mémoire cette amitié avec la France et n’oublient pas cette guerre menait par les anglais qui ont massacré et exterminé leur peuple. Après le traité de paix signé en 1725, les Malécites ne cesseront d’être chassés et tués par les britanniques et ce, malgré aussi le traité de Londres en 1794 qui leur octroie le droit de circuler en Amérique du nord. Jusqu’au départ des anglais vers 1870 par le rachat de ces terres du Québec français, les Malécites sont une tribu libre mais affaiblie, meurtrie d’acculturation, presque éradiquée. Ils étaient 1000 en 1800 et sont aujourd’hui 5000. Parmi eux, il y a un musicien, pianiste et chanteur ténor du nom de Jérémy Dutcher qui signe en 2018 un album hommage à ses ancêtres, sur lequel il travaille pendant cinq ans, à plonger dans ses racines, à puiser dans tout son être la belle inspiration qu’il offre en signant Wolastoqiyik Lintuwakonawa chanté dans cette langue nationale .



A la première écoute, sans même comprendre les paroles, j’étais absorbée par la musique somptueuse qui accompagne le chant puissant et émouvant. Depuis aimablement le label Valéo Arts et l’équipe de Guillaume Decouflet m’ont transmis l’explication des textes de Jeremy Dutcher. Etrange de s’apercevoir qu’avec le bandeau sur les yeux, mon ressenti n’était pas si loin du sens réel . La musique est un langage, comme la maniait Chopin ‘Je ne cherche qu'à exprimer l'âme et le coeur de l'Homme’.

Wolastoqiyik Lintuwakonawa est un recueil de mélodies enivrantes, loin du désir de victimisation (à la mode en ce moment), il est lumineux. Le disque est un relai de la culture Wolastoq mais aussi un livre ouvert des traditions malécites . Il est beau, touchant, plein de paysages, de fêtes et de tendresse. Le décor est planté avec Mehcinut qui est une très ancienne chanson transmise de génération en génération sur laquelle on entend la voix de Jim Paul, ancêtre respecté. La chanson garnie de métaphores poétiques avec l’image de la graine de blé qui se transforme en plante évoque l’histoire du cycle de la vie.



Aux côtés de Jeremy Dutcher magnifique au piano, il y a Sierra Noble à la flûte, Ian Gibbons et Justin Wright au violoncelle, Brandon Valdivia aux percussions, la soprano Teiya Kasahara, Devon Bate aux effets électroniques, Kate Maloney et Taylor Miltz au violon, Lucas Blekeberg à l’alto et Alex K.S. à la contrebasse. L’équipe est époustouflante, les arrangements cristallins et saupoudrés avec majesté comme sur Essuwonike, ils galopent gaillards pour s’envoler sur la voix envoutante et charismatique de Jeremy. La chanson qui commence par un mot en français parle de l’entente entre êtres humains, de l’accueil fait à l’étranger qui arrive sur une terre en partageant et lui  expliquant la culture locale, Essuwonike signifiant ‘parlons ensemble’ ou ‘échangeons’. Eqpaha, littéralement ‘ile sauvage’ est un endroit prisé, cher aux Malécites, où se déroule chaque année un festival dédié à la tradition du peuple indien. Le titre chaleureux est animé par la voix de Nutakehkimet qui est une professeur de Jeremy.



L’enchantement poursuit avec le frissonnant Ultestakon qui est une berceuse ancestrale transmise par les parents de Jeremy qui l'entendaient eux-mêmes chantée par leur grand-mère. Jeremy l’orchestre avec du piano, des cordes vibrantes et une rythmique fabuleuse qui il y a des lustres, était faites de bout de bois remplis de grains de blé secoués. L’émotion continue avec un très vieil enregistrement de chant, 'kotuwossomikhal, déniché dans les archives, ici délivré intact et éminemment absorbant. Il faut dire que c’est une ‘chanson à boire’.
Sakomawit agrémenté de violons et d’un piano fantastiques sur la voix princière est un chant traditionnel entonné pour l’accueil d’un nouveau chef dans une communauté, lors de la cérémonie de sa prise de pouvoirs et de responsabilités. Il est suivi de Oqiton qui signifie 'canoë', magnifique chanson qui narre la vie des ancêtres sur ce beau fleuve, source de vie pour eux qui y buvaient, s’y nourrissaient en pêchant et vivaient sur ses rivages. La chanson est comme une prière qui honore la relation sacrée qu’avaient ses aïeux avec cette belle Wolastoq. Alors que l’ambiance prête à imaginer le feu, les plumes, les mustangs courant sur les plaines, Nipuwoltin, chanson de mariage, nous emporte dans un esprit de fêtes et donne envie de danser sur la mélodie fabuleuse et ses rythmiques joviales.



Suit Pomok naka Poktoinskwes pleine de spiritualité, d’incantations, chant traditionnel des pêcheurs et divinités de l’eau implorées pour soigner d’une maladie ici campée par la voix de Teiya. Le disque s’achemine avec élégance vers la fin avec un chant d’accueil populaire chez les Malécites, Qonute, que Jeremy revisite avec des contours électroniques et rend sublime par son chant limpide, d’une puissance incroyable, tant elle vogue et se faufile grandiose sur les cîmes. La fondante et poétique Koselwintuwakon est une chanson d’amour interprétée avec du coeur et de la tête, donnant l’impression que désormais Jeremy Dutcher est légitimement devenu le chef de la communauté. Son travail titanesque de recherches dans les archives, d’échanges avec ses parents, d’écriture de mélodies et arrangements sont salués l’an passé par les professionnels de la musique au Canada qui lui ont remis le prestigieux prix Polaris.

Mais par dessus tout, j’admire son courage. Il reprend des airs traditionnels qui ont des siècles, les chantent dans leur langue d'origine et il délivre, ténor de formation, toute son âme et ses tripes à un public non averti pour clamer sa nation. Sa prise de risque est très honorable et vaut son pesant d’or en qualité artistique. C’est aussi émouvant d’y entendre des mots en français parsemés discrètement, hommage qui invite à avoir une pensée pour ces ancêtres français morts à leurs côtés. Je l’écoute en boucle et ne m’en détache pas, le classant dans le top 10 des meilleurs albums sur Piggledy Pop.
JeremyDutcher



vendredi 14 février 2020

Saint-Valentin L'Amour à la française


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Minuit - Goût du sel


Stefie Shock - L'amour dans le désert


Yvon Chateigner - Rien dans les mains


Doriand - Dans ta playlist


Benoît Bourgeois - L'essentiel


Marie Modiano + Peter von Poehl - L'amour à rebours


Yann Destal - Je t'aime


Voyou - Les humains


Vincent Delerm - Pardon les sentiments


Philippe Katherine - Stone avec toi


Laurent Lamarca - Kleptomane


O Olivier Marguerite - Mon écho


Fugu - L'Allemagne


Charlotte Rampling - God save l'amour


mardi 11 février 2020

Kyle Forester

Kyle Forester est un auteur-compositeur new-yorkais, multi-instrumentiste, apparu sur la scène indiepop dans les années 2000. Depuis 2006, il est en parallèle guitariste dans les groupes Ladybug Transistor, O/R/F, People et Crystal Stilts tout en accompagnant ponctuellement d'autres artistes dont Pale Lights et Simon Love. Prolifique, incroyablement doué à la guitare, à la basse et au piano, il aborde un travail de composition et d’interprétation en solo dès 2009 en composant la musique du film Breaking Upwards, puis en signant Forester Sings Stein, un disque en collaboration avec le journaliste et critique culinaire Joshua David Stein
Son premier formidable album Kyle Forester en 2016 montre l’étendue de son talent. Il sculpte des titres splendides en les enregistrant dans le studio de son ami Gary Olson des Ladybug Transistor à Marlborough Farms. C’est aussi là que Kyle et Gary travaillent de concert sur l’album de Nick Garrie en 2017 The Moon And The Village.
GaryOlson
SimonLove
PaleLights



Ce 21 février 2020 paraîtra l’excellent deuxième album Hearts in Gardens. Kyle Forester signe un sublime disque doté de sonorités pop psychédéliques mais aussi de son style propre, comptant des arrangements variés et colorés à l’image de la pochette signée Jay Pluck. Le chant mélodieux, les mots judicieux, la présence charismatique du musicien plane sur la platine offrant un agréable mariage de sensibilité, de fantaisie et de pragmatisme. Les mélodies sont finement cousues de lignes de guitares, de basse, de rythmiques sur des claviers resplendissants et la voix envoûtante de cocasserie et de romantisme.



Le disque somptueux s’ouvre, sans hasard, sur Know What You're Doing qui confirme la ferveur et la passion que met Kyle dans la musique. La basse marque le tempo avec la batterie discrète pour enlacer les mots délicats mais déterminés. Marigold enchaîne logiquement quant au thème, celui du courage nécessaire pour la prise de décision et surtout la force que cela demande après de l’assumer. Les guitares et les claviers s’embrassent sur le swing élancé de Strange Vision qui continue d’enchanter et de charmer avant que Hearts and Gardens dégaine ses notes sautillantes sur le chant de Kyle souriant et entraînant. Turn Of The Century poursuit cette grâce pop et l'envie de danser, sur les cuivres de Sam Kulik qui transporte en apesanteur sur les guitares alternatives et subtiles. La rythmique repart au galop avec ses lignes de cordes et de claviers électriques et énergiques, presque Sonic Youthiennes, délivrant un Another Day virevoltant.



Puis Up Their Sleeve évoque des idées et des pensées dissimulées dans des écrits, délicatement accompagné d’une mélodie réussie et émouvante comme celle de l’interlude psyché dévorant et hypnotisant qui précède Lily. Ce titre au tempo chaleureux et spontané adresse une pléiade de questions à Lily tout en délivrant une orchestration pop harmonieuse et malicieuse. Le son des synthétiseurs allié à la harpe magique de Mary Lattimore sur On The Way Down est un océan de notes cristallines qui font corps avec le relief mélodique de l’ensemble du disque. La fin de l'écoute plonge dans un écho lointain qui s’enfuit dans les profondeurs. Tout au long du disque, l’instrumentation est en mouvement, chaleureuse et distinguée, bondissante, montrant l’inspiration variée et riche de l’artiste. Hearts in Gardens est un petit chef d’oeuvre d’une force mélodique évidente ornée de l’interprétation prodigieuse de Kyle Forester, classé au panthéon des disques Piggledy Pop et savouré, usé, surchauffé par le nombre d'écoutes.

KyleForester


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dimanche 9 février 2020

Radio Dept.

Radio Dept. nait en 1995 en Suède sous l’impulsion de Johan Duncanson, auteur-compositeur, chanteur, guitariste et pianiste, qui forme les contours du groupe réellement en 1998, s’alliant à Martin Carlberg à la guitare et au clavier, Per Blomgren à la batterie et Lisa Carlberg à la basse et au piano. En 2002, ils sont chez deux labels Rex Records et Labrador, pour signer les deux EPs Annie Laurie et Against the Tide. Le succès est fulgurant. Dans l’année qui suit, les suédois offrent le premier enregistrement studio Lesser Matters.

Tandis que les titres Pulling Our Weight, Keen on Boys et I Don't Like It Like This apparaissent en 2006 sur la bande-son du film de Sophia Coppola, Marie-Antoinette, les musiciens s’attèlent déjà au deuxième album Pet Grief, plus shoegaze et electropop, la bassiste et le batteur ayant quitté le groupe. Duncanson et Carlberg peaufinent à quatre mains Clinging to a Scheme en 2010, avec la participation de Daniel Tjäder aux claviers et du batteur Blomgren qui joue sur un titre.



Le quatrième magnifique album Running Out of Love mettra un peu de temps pour paraître à cause d’une sombre bataille de droits et d’entente avec le label Labrador. Le disque évoque la vie actuelle en Suède, l’ambiance qui règne et le ressenti du groupe. Les quatre singles Occupied, Swedish Guns, We Got Game et Teach me to Forget annoncent par ricochets pendant l’année 2016 le disque à venir. Malgré le rififi fait par le label, le groupe avec son travail récolte de belles récompenses, désormais reconnu par les fans, la presse et les professionnels comme un des meilleurs groupes de musique indépendante au monde.



Si vous tendez l’oreille, vous découvrirez derrière les partitions de claviers toujours impeccables et un chant posé, un message à contre courant de la vague dominante et une âme rock’n roll. Radio Dept. toujours inspiré depuis 25 ans, continue son avancée mélodique avec la signature du titre The Absence of Birds ce 7 février 2020. Duncanson et Carlberg nous concoctent un album à venir, orchestré et fleuri d’une pop alternative que l’on pourra découvrir sur scène lors de la tournée qui commencera au printemps sur le continent américain. A vos ardoises.
RadioDept