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mardi 30 juin 2020

Ezrat

Ezrat
, projet de l'auteur-compositeur américain Ezra Tenenbaum, fait paraître ce 1er mai 2020 un album magnifique nommé Carousel qui comme son nom l'indique est un manège virevoltant de chansons que le musicien avait dans sa besace depuis des années, ici sorties pour un enregistrement des murs du Brooklyn's Figure 8 Studios. Ezra peaufine ces titres, leur offre une seconde vie avec son ami batteur Michael Stasiak, travaillant en studio et pour le reste des arrangements, à la maison. L'artiste n'en est pas à son premier galop. Professionnel il est actif sur la scène indie pop depuis une décennie sous l'alias de groupe EZTV dont je parle sur Piggledy en 2017 :



"2010, l'auteur-compositeur new-yorkais Ezra Tenenbaum enregistre ses chansons en solo sur un 8 pistes dans sa chambre d'étudiant avec sa guitare ou son piano avec l'immédiate envie de les jouer en concert. Il convertit son compagnon de faculté Shane O’Connell qui joue de la basse et Michael Stasiak de la batterie. Michael joue dans Widowspeak et Shane dans Saint Rich, signé chez Merge Records. Tous les trois ont des influences de qualité telles que Magnetic Fields, Beatles, Feelies, Nic Hessler, Big Star, Teenage Fanclub. Ensorcelés par la power pop psyché, EZTV rêvent d'assurer la première partie de Jonathan Richman. Le premier album Calling Out parait en 2015 avec trois chansons de leurs débuts et 9 récentes écrites en 2014." EZTVPiggledyPop2017




Tandis qu'Ezra signe High In Place en 2016 avec son groupe, le troubadour new-yorkais assure tournées et festivals tout en écrivant et composant sur ses temps de pause. Carousel contient toute la personnalité artistique de son auteur, mêlant les sujets de la musique, de l'amour et des ruptures sentimentales. L'album fait aussi resplendir un esprit de camaraderie, Ezra embarquant avec lui pour collaborer à l'enregistrement Kyle Forester (Woods, Crystal Stilts), John Andrews (Hand Habits, Cut Worms) et Michael Hesslein (Mail the Horse). Le disque s'ouvre sur le somptueux Distortions, jangle et power pop, avec son esprit qui remonte élégamment la pendule. Les saisons, le soleil, emplissent les thèmes comme la musique et les déceptions amicales ou amoureuses sur Lost Sounds. Les arrangements ornent délicatement la mélodie pop de Picture Taker où brillent guitare, basse, batterie qui trottinent sur le synthétiseur bucolique. Les particules nostalgiques de Turn The Time remémorent les Left Banke avec les partitions profilées pop psychédélique sixties, comme Yellow Flowers, bourgeonnante de rythmes dansants. Tambourin et orgue donnent du mouvement à Heavenly Highway où les guitares électriques nous invitent au voyage quand la batterie bondissante et panachée de Visions donne envie de sautiller sur le tempo épique.



Endless Holiday dessine une atmosphère langoureuse et cotonneuse avec l'écho dans le chant avant que la ritournelle solidement pop Daylight Star relance les lignes de guitares rock. Le rythme offert par la batterie, alternatif est rutilant sur Leap Year accompagne les métaphores étincelantes pour égrener le temps. La lumière de Moonlit Miles et ses cordes tendues qui cavalent sur les effets de voix saturés fait danser avant Messages, excellent titre garni de l'âme pop new-yorkaise moderne et classique à la fois, efficace en son, tempo, mixing et bien sûr en composition et interprétation. Ezrat à la voix vibrante griffe un Carousel merveilleux et plein de notes pop flamboyantes que je classe dans les meilleurs albums 2020.
Ezrat