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lundi 30 mars 2020

Alpine Decline

Alpine Decline, duo sino-américain, fête ses dix ans de carrière avec à son actif dix magnifiques albums dont le dernier Return to Desolation Lake paru en 2018. Jonathan Zeitlin et Pauline Mu commencent leur aventure à Los Angeles avec un album éponyme en 2010 suivi la même année de Visualizations, puis 消失​/​Disappearance en 2011, Night Of The Long Knives en 2013, Go Big Shadow City en 2014, Life's A Gasp en 2015, Ink et l'album acoustique 原声现场 en 2016, Action Moves Away From The Center en 2017 avant cette pépite pop de dix titres éditée par le label chinois Maybe Mars de Beijing.



Return to Desolation Lake est doté d'une pop shoegaze, atmosphérique et alternative qui séduira les amateurs des Field Mice, Brighter, Red Sleeping Beauty, St-Christopher, Mercury Rev. Les mélopées tour à tour à la substance jangle et obscure, lyrique et vintage, subjuguent de qualité mélodique. Les notes électroniques aux allures rétro, le tempo d'une douceur primitive, le chant velouté de Jonathan créent une ambiance indiepop dès les premières notes exquises de Blameless. Leur signature hypnotique est pertinente, exécutée par les guitares qui se font garage-pop sur le dansant Dispatch from the Guest House.



L'éclectisme des arrangements de A Place Where I Can Thrive émane de la vie et de l'expérience de l'auteur-compositeur. Jonathan, né dans l'Ohio, qui a vécu à Los Angeles avant de partir vivre en Chine tout en signant ses premiers disques sur Laitbac, un label français. Pour lui il n'y a pas de séparation entre les deux mondes, juste le langage, divisé entre la Chine et l’Amérique, il conçoit ses paroles de manière fort poétique espérant que chacun y perçoive sa réalité, ses expériences, ses angoisses, ses bonheurs, ses peurs, ses colères et ses amours.

A l'écoute du fondant et émouvant Lies to Protect You, Alpine Decline réussit à capter les émotions : "And I write to you in this corrupted language, and I will wait for you beyond these broken lines, beyond these hollow times. And I'll weave your likeness into holy visions, your name in poetry, your voice in the breeze through dream fields. But I'm not telling any lies to protect you."



Le langoureux I Still Believe in You poursuit dans la luminosité et l'optimisme "How do I save myself? How do I get back to health? And do I believe in miracles?...When the fever comes down, you will still be around. I still believe in you…" quand Float a Balloon dégaine les cordes électriques et les claviers aiguisés offrant une tension mécanique réussie. Après l'instant cold-wave, Diamond Cutter et sa rythmique synthétique, sa voix réfléchissant multiples échos est un petit bijou addictif.  Peace in the Present Tense, aux arrangements et à l'orchestration de cuivres mêlés à la basse, dessine une ambiance progressive profonde et frissonnante.



La virevoltante Chained to the Mast qui évoque la fuite éperdue d'un élément piégé et égaré dans une masse amène vers la fin du disque. L'énergique Through the Floor termine avec le tempo psyché et brillant de Pauline à la batterie et les images d'étoiles, de feu, d'exil dans un endroit caché où il fait bon vivre.

Le stylé pop underground Return to Desolation Lake d'Alpine Decline balance entre le triste et le joyeux armé d'une musicalité vibrante et du talent infini de guitariste et de compositeur de Jonathan, impressionnant et charismatique. En 2014, Decline Alpine participe à la compilation française État des Lieux de Plaisir de France avec son titre vrombissant Personnal History . A vos casques !
AlpineDecline



samedi 28 mars 2020

Scott Mannion

Scott Mannion est un auteur compositeur originaire de Nouvelle Zélande, co-fondateur avec son ami Jonathan Bree du label Lil'chief Records en 2002. Ce label grandiose compte dans son gotha les albums des deux fondateurs et accueille Lawrence Arabia, The Ruby Suns,The Brunettes, Princess Chelsea, Dog & Wolf et The Tokey Tones.
Scott déménage en 2013 pour partir en Espagne où il vit toujours aujourd'hui, dans un petit village médiéval niché dans les montagnes non loin de Valence. Il s'autorise une pause professionnelle mais pour travailler sa musique et écrire ces dix magnifiques titres qui ornent Loving Echoes paru en juin 2019. Le disque absolument peaufiné et harmonieux est un bijou pop. Évoquant sa rupture sentimentale laissée derrière lui en se fiançant à la peintre greco-americaine Julie Karpodini, Loving Echoes est fourni d'arrangements et d'ambiances romantiques splendides.



Tandis que son ami peintre Ben Lustenhouwer offre la couverture du disque, se joignent à Scott pour l'enregistrement Ryan McPhun des Ruby Suns, à la co-production et à l'écriture de quatre des dix titres, Clara Viñals aux choeurs, toute sa tribu d'amis du label : Alistair Deverick, Emily Zuch, Chelsea Nikkel (Princess Chelsea), Clara Bosch, James Milne (Lawrence Arabia), Jonathan Bree, Kari Hammond, Hayden Eastmond Mein, Li-Ming Hu et sa nouvelle clique espagnole : Adrián González Cortés, Amparo Díaz Soriano, Ezequiel Lázaro Alcaide, Inmaculada García Soriano, Lara Despaigne Zacarés, Laura Agustí González, Sergio Sánchez Lacalle.
JonathanBreePiggledyPop2018
LawrenceArabiaPiggledyPop2020
JonathanBreePiggledyPop2014

Depuis son aventure d'Auckland avec The Tokey Tones et deux albums, se sont écoulées seize années avant ce retour magistral. Mais quand le perfectionniste lâche enfin son travail, serein et abouti, c'est beau à pleurer. Smoke ouvre les volets sur les notes lumineuses de Scott au piano, glockenspiel et guitares, accompagné de Jonathan à la basse, de Li-Ming au clavecin. La voix envoûtante si pleine de musicalité et d'âme poursuit la séduction sur Be Your Mine et sa rythmique voluptueuse dans les caisses, la basse et les effets féeriques d'écho accentués par l'accompagnement des voix de Chelsea et James.



Scott troque le Hammond et le Yamaha pour le son merveilleux de ses guitares acoustiques et les touches sensuelles du Simmons, de l'omnichord et du Wurlitzer pour fleurir sa déclaration d'amour pénétrée et décidée, Do It for You. La cavalcade de mélodies pop psychédéliques et groovy continue avec l'excellente Not Exactly Deep, son tempo alternatif et sa brillante instrumentation fournie de saxophone, violons et violoncelles.
Le talent de guitariste saute aux oreilles sur Juniper Tree au chant délicat et aux pistes majestueuses dans leurs loopings, zigzaguant entre les cordes orchestrées. L'ambiance rétro sixties saupoudrée ajoute au profil nostalgique superbement dessiné sur les partitions quand le Roland de Ryan sur Somebody else's Dream et la maestria de Scott sur You Are the Substance That I Can't Live Without viennent chatouiller la platine de sonorités atmosphériques.



Scott Mannion brille de mille feux sur We should never Forget qui éparpille les morceaux de son coeur brisé dans l'instrumentation alternant avec le joli son du cor et son chant éminent. Puis Your Kinda Love déroule une mélodie sunshine pop délicieuse et positive. Les cuivres chaleureux, le tempo dansant, les glissades d'archets se marient parfaitement au duo Mannion-Viñals. 9 Years termine l'écoute avec la finesse et l'exigence de Scott Mannion comme on tourne précieusement la dernière page d'un roman. Me faisant fondre, je classe cet entêtant testament sentimental et musical Loving Echoes dans le panthéon 2019 de Piggledy Pop.
ScottMannion

jeudi 26 mars 2020

Jim Basnight

Jim Basnight tient une place d’envergure depuis plus de quarante ans dans le rock'n Roll. Avec sa personnalité attachante, son tempérament de lion, son énergie power pop, americana et pop psychédélique, la star des scènes underground signe le brillant Not Changing en mai 2019. Son univers inspiré des références Lou Reed, Bowie, Beatles, Beach Boys, Kinks, est aussi blindé de son expérience personnelle passée au sein du groupe Moberlys actif dans les années 80, pionnier du style power-pop. Puis il crée les groupes The Rockinghams, The Jim Basnight Band et The Jim Basnight Thing. L'américain de Seattle loin d’être un débutant maintient sa constante et fringante ardeur qui dynamise et réveille.





Les mélopées de Jim sont des bonbons rock et garage sans prétention moralisatrice ou politique, jouées pour créer des sensations, jouées avec un plaisir qui s'entend et se savoure. Not Changing offre une cascade de guitares assurées en grande partie par Jim. A ses côtés il y a le guitariste Bruce Hazen, la bassiste Garey Shelton, Steve Aliment aux choeurs et le batteur Dave Warburton.
Pour les amoureux des Sex Pistols, Jam ou Psychopaths, le groupe mythique des Morbelys déjà éternel poursuit son aventure avec Jim Basnight. Ce bijou, réel cadeau, ouvre sur les guitares scintillantes de Code to live By, entraînantes et colorées du thème de la liberté qui attrape et s'empare illico de l'attention.



Le tempo langoureux de Not Changing nous emmène dans l'histoire de la musique, celle de Jim qui depuis 1977 fréquente toutes les scènes de renom américaines et qui n'échangerait sa vie rock'n Roll pour rien au monde. Le tempo fait monter la température sur Big-Bang avant la magnifique Avenue of the Star aux accents T-Rex. Puis Making Love for a Living déclenche la rythmique endiablée avec la voix rebelle de Jim qui brille à la guitare.
Suicide Evening qui suit est un bijou émouvant et absorbant par ses arrangements et ses mots interprétés avec élégance avant le petit chef d'oeuvre Best Lover in the World et son rock brut, garni de cordes électriques flamboyantes. Le rock de Jim, imagé, lucide, spontané est efficace sur son magnifique hommage à son compatriote Kurt Cobain.



Nos oreilles s'empourprent goulûment sur la déclaration amoureuse Never Get Lost et se consument totalement sur Second Street, où les révérences et les tabous sont superflus. Les guitares et la batterie s'en donnent à coeur joie dans le style plus boogie sur Saturday Dreams qui ravira les amateurs des Stones. You Never cease to amaze continue de flirter et de charmer avec ses accords grisants et cadencés avant la pop joviale de Having fun. Percussions et lignes de guitares battent le fer brûlant et offrent un moment pailleté de rock sur Living The Way I Want qui termine Not Changing. L’artiste ne décroche pas de sa passion, avec raison. Ses mélodies enthousiastes, son élan et son inspiration panachée montrent son talent intemporel, gravé dans l'histoire du rock. L'éternel Jim Basnight qui à dix-neuf ans partage la scène avec les Ramones à New-York en mars 1977 en est un beau symbol. JimBasnight



lundi 23 mars 2020

Yenkee

Graham Cooney alias Yenkee apparaît en janvier 2018 avec le single cinglant et cintré Are You Alright. Teinté de groove, le style électro-pop y est savamment saupoudré d'instruments qui offre une impression de modernité habillée de références et de professionnalisme. L'artiste irlandais originaire de Cork est entouré d'Eoin Conway aux claviers, de Meg Cronin au saxophone, Luke O' Neill à la guitare. Yenkee poursuit sa composition soul et funky la même année avec le double titres Lander et Freedom. Le chant mélodique de Graham ajoute à la qualité de la production, faisant des loopings rafraîchissants entre les mots ciselés et élégamment inspirés.


Septembre 2019, le fulgurant Cannibal Tree de quatre titres paraît. Le talent de Yenkee se confirme et se savoure. Les jeux de cordes, de rythmiques ondulent sur la basse de Cannibal Tree. Les arrangements pop délicieux sont virevoltants et dansants. Les notes de synthétiseur de Nathanael Laffan, les cymbales offertes par Fergal Hennessy sur Would You Rather sont fructueuses. La mélopée écrite et interprétée par Graham est d'une classe dance, pop psyché dotée de la cornemuse de Liam Costello qui séduit par son âme celte.



La romantique Pearl offre une interprétation de velours accompagnée du superbe saxophone de Muireann Joyce-Hearne et d'une guitare majestueuse. Eoin vient apporter sa touche cristalline aux claviers quand la rythmique chaleureuse et distinguée inonde le lumineux Maybe, ode à la patience mise délicatement en écho par le chant de sirène d'Aibhín O' Neill et le jeu de guitare admirable. Enfin le musicien continue ce parcours avec charisme et brio en signant le magnifique single Lucy ce mois de février 2020. Il est garni de lucidité et d'une instrumentation éloquente, convaincante quant à la qualité du répertoire de Yenkee que je glisse dans le panthéon 2020 de Piggledy Pop. Yenkee

dimanche 22 mars 2020

Ducks Unlimited

Fans de Morrissey et des Go-Betweens, le duo de Toronto Ducks Unlimited compose une succulente jangle pop dans le sillage des groupes indie des années 80. Tom Mcgreevy et Evan Lewis viennent de signer un album quatre titres sophistiqué et soigné sur le fabuleux label de Madrid Bobo Integral. Les deux excellents musiciens ne font pas de canards sur le disque Get Bleak paru en novembre 2019 qui ouvre sur un tempo galopant et des guitares enflammées.



Le titre nommé Get Bleak est un petit message amical à ceux qui déménagent, quittant un endroit pour un autre en pensant que l'herbe est plus verte ailleurs et finalement sont déçus de leur choix.
Sans faire de vague l'enchantement poursuit son immersion sur le chant délicieux de Tom le long de Glaming Spears. Les notes sucrées et trempées de Annie Forever iraient comme un gant à une bande-son d'un Woody Allen tant il prête à sourire et à balancer les hanches sur le rythme voluptueux. Les cordes savamment titillées de l'Epiphone, et des Fender Jazzmaster et Mustang reprennent la cavalcade légèrement duveteuse sur Anhedonia qui rappelle les références du groupe comme les Verlaines, Orange Juice et Close Lobsters. La fin des quatre titres survient en un claquement d'ailes avec l'envie de chanter en choeur 'if you’re ever in the mood to disassociate baby, give me a call'. Aujourd'hui le duo annonce un album à venir avec en bonus du son de Telecaster, ce qui présage des mélodies sacrément galbées et épiques à se mettre dans le bec bientôt. DucksUnlimited

samedi 21 mars 2020

Layne Greene

Je présente ici Layne il y a trois ans : "Il y a chez Layne Greene une douce ambiance pop-folk orchestrale qui m'évoque un peu les univers artistiques des Kings of Convenience, Sufjan Stevens, Josh Ritter, Paul Simon tant il nous invite au voyage, à la contemplation au travers des saisons. Le Moog, les guitares et la flûte se mêlent au tempo ajusté par Dale Murray à la batterie également producteur. Avec Layne qui compose, chante, joue du clavier et de la guitare, il y a Alex Lank à la rythmique et au clavier, le guitariste Bryan MacDonald, Fleur Mainville à la flûte et aux choeurs Devon Greene, Adam Johnson et Christina Martin. Cette belle équipe d'excellents musiciens se réunit avec Layne Greene à New Glasgow en Nova Scotia au printemps 2015 pour l'enregistrement de l'opus Everywhere Around Here."

"Keepsake de chansons en guise de panoramique pop, l'ambiance dans les villes locales, les couleurs du paysage, l'imagination fertile de ses habitants sorte de chercheurs d'or à la mémoire vive sont déclinées. Le bois des guitares est omniprésent apportant une touche de chaleur brute à l'album. La guitare electro-acoustique y est royale, les voix parfaitement accordées pour offrir un résultat à l'âme aventurière, mêlant la notion de courage des canadiens de la région maritime et rurale à la poésie qu'inspire ces gigantesques paysages aux climats musclés…"
LayneGreenePiggledyPop2017



Layne Greene nous revient en octobre 2019 avec l'album en or Resolutions. Assurant composition, la guitare et le chant, il est avec ses fidèles amis Bryan MacDonald à la guitare, Alex Lank à la batterie, Dale Murray aux différentes guitares et choeurs où est toujours présente Christina Martin, et accueille le nouveau venu à la basse Andrew MacInnis.

Le bijou se présente pop folk avec 22 Blue qui ouvre les notes de guitares splendides et leurs effets d'écho en symbiose avec le thème du temps, de l'année qui passe avant le rock rythmé de Resolutions et sa batterie, ses guitares électriques, ses violons voltigeants. Le chant de Layne contient autant de tempérament que l'orchestration même sur Words, plus voluptueux dans son style mélodique mais déterminé dans son message. La ballade Ghosts est une beauté musicale qui zigzague entre les saisons et les distances, évoquant l'absence avec une belle énergie.



Edge of Town parle de doutes et de décisions à prendre, mis en valeur par un tempo crescendo, des voix en chorale formant une ambiance positive, comme sur le superbe Where We Are qui reprend brillamment les thèmes de la disparition, du temps qui passe et de la sagesse des mots qui aide à l'acceptation. Les orchestrations folk sont limpides et finement brodées invitant au fur à mesure à savourer leur homogénéité agréable. Quel régal de retrouver une nouvelle version de August 31 qui à mes oreilles est un petit bijou indie pop remarquable. Inflation et sa lucidité dans le ton, dans les arrangements et dans l'interprétation marque une jolie délicatesse comme Driving Song qui renchérit de rythmes, de sons vitaminés, en guise de réveil et de renaissance. Le disque offre un Working Man superbe pour boucler l'ensemble des titres, un tableau sociétal fort bien dressé et qui peut être conseillé comme une prescription médicale aux dubitatifs. Layne Greene est porteur de magnifiques mélodies, habillées de son talent de compositeur solide à la voix majestueuse. Resolutions, lumineux, porte bien son nom.
LayneGreene

vendredi 20 mars 2020

The Unthanks

The Unthanks est un ensemble vocal formé par les soeurs Rachel et Becky Unthank jointes par Niopha Keegan. Ce magnifique projet se consacre à des chansons folk, a capella ou orchestrées. Rachel diplômée de l'Université de Glasgow en histoire et sa soeur en histoire de l'art à Manchester sont originaires du Northumbria, nord-est de l'Angleterre, d'un père qui joue et chante dans un ensemble de chants traditionnels et une mère membre de chorale. Les deux soeurs aux voix cristallines sont d'excellentes musiciennes, jouent du violoncelle, de la cithare, Niopha qui les accompagne au chant joue de la trompette et de la flûte. Dans la troupe il y a Belinda O'Hooley au piano, Jackie Oates au violon, l'époux de Rachel, Adrian McNally, producteur, au piano, clavecin, céleste, percussions avec son ami d'enfance Chris Price à la guitare, basse, ukulélé et contrebasse.



Salués par la critique, leur premier disque de 2004 Cruel Sister est remarqué comme le second de 2007, The Bairns, nominé aux BBC folk awards et au Mercury Price. 2009 paraît Here's the Tender Coming, décrit par The Guardian comme meilleur disque de l'année. Suivront en 2011 Last, les enregistrements live The Songs of Robert Wyatt and Antony & The Johnsons et The Unthanks with Brighouse and Rastrick Brass Band, l'album studio de 2012 Songs from the Shipyards, et des collaborations comme celle avec Nick Hornby sur le titre the Ruler. 2015 paraît Mount the Air puis le coffret anniversaire des dix ans du groupe Memory Box and Archive Treasures 2005–2015.



2017 montre une volonté de rendre hommage à des personnalités de l'histoire et de la musique. The Unthanks se plongent dans le répertoire de la mère de Nick Drake, Molly Drake, grande compositrice qui nous a légué quelques enregistrements datant des années 50. Les deux disques The Songs and Poems of Molly Drake sont de toute beauté. The Unthanks revisitent ces petits chefs-d'oeuvre de brillante et émouvante manière.

NickDrakePiggledyPop2017

En 2019, une trilogie extraordinaire appelée Lines suit. Elle comprend l'hommage aux trois navires de pêche qui ont sombré en mer du Nord, tragédie survenue en 1968, des poèmes écrits pendant la Première Guerre Mondiale et les recueils de poésie d'Emily Brontë. The Unthanks au parcours prolifique et hors du commun signent ce mois de mars 2020 l'album Live And Unaccompanied, objet fabuleux comptant des enregistrements en direct des trois voix harmonieuses et impressionnantes. Leur univers plein de mélodies, de douceur, empreint d'histoire et de traditions, peaufiné d'intelligence et de sensibilité, nous fait oublier les affres de la musique contemporaine distribués par les médias actuels, avec des faux instruments, des fausses voix et des faux musiciens mais des vraies petites cervelles à grosses bagouzes. The Unthanks résistent depuis quinze années à cette déferlante abrutissante avec un charisme fou et un talent admirable, un travail feutré, intemporel et gracieux.
TheUnthanks



mercredi 4 mars 2020

Lawrence Arabia

J'évoque les débuts de l'artiste néo-zélandais ici en 2010 puis en 2012 : "Il y a des rencontres magiques, bénies des dieux, comme celle avec Lawrence Arabia alias James Milne, qui vous hydratent de bien-être dans une traversée du désert. James Milne est le nouveau Jonathan Richman, un disciple des Beach Boys qui propose après un opus éponyme génial en 2006, son deuxième album en janvier 2010, joliment nommé Chant Darling. Même s'il a quelque chose d'un digne héritier de Brian Wilson, ce James là aurait plus en commun avec le premier ministre tasmanien Sir James Milne Wislon (1812-1880). Avec son port de tête indétrônable et son style sophistiqué, second degré, Lawrence Arabia n'est pas né de la dernière pluie. Membre des Ruby Suns, de Okkervil River, de The Brunettes, il se produit sur scène également avec Feist et d'autres talibans de la pop."



"Ce troubadour Tasmanien sort un talisman truculent en Juillet 2012, étonnant, surprenant qui s’écoute en boucle et se savoure davantage au fur et à mesure des écoutes. Désormais expatrié en Angleterre, Lawrence Arabia enregistre The Sparrow à Londres. Il est rejoint par Elroy Finn, frère réputé de Liam Finn pour son don de percussionniste et son talent de batteur ainsi que de Connan Mockasin auteur-compositeur anglais, ingénieur du son et bassiste. Derechef, Lawrence Arabia écrit des mélodies pop psychédéliques incroyables pour The Sparrow."
LawrenceArabiaPiggledyPop2012
LawrenceArabiaPiggledyPop2010



Depuis 2012, il a collaboré à de nombreux autres projets comme ceux de Jonathan Bree, Ruby Suns, Tiny Ruins, Van Dyke Parks, la co-écriture avec Bic Runga, la production de l'album Forever Dolphin Love signé de Connan Mockasin et la participation au disque de Neil Finn de Crowded House, Out Of Silence. 2016 sort son troisième magnifique disque puis le quatrième en mars 2019 nommé Lawrence Arabia’s Singles Club compilant un ensemble de titres variés en styles, panachés de pop psychédélique, de rock garage, de chamber-pop ou de rock glam seventies.

Ce keepsake mélodique s'ouvre sur une guitare, une basse, des violons, un piano aux allures old-school délicieuses pour offrir un Solitary Guys à l'esprit Jules et Jim de Truffaut. Everything's Minimal accueille Hollie Fullbrook du groupe Tiny Ruins pour accompagner James dans un duo gracieux, aux mots langoureux "Everything's minimal (white on white), We’re indivisible, We are one in our house".



Puis le somptueux One Unique Creature, sensuel et passionné, enveloppe par ses envolées de violons et par son harmonieuse guitare sur un texte plein d'images corporelles tranchantes, à la hauteur des sentiments avoués. La furie et la rage qui y sont évoquées continuent de percer l'écoute sur le tumultueux rock de A Little Hate, bondissant et énergisant. Le délicieux tempo de la basse sur Everybody Wants Something ravit par ses opposés sombres et lumineux donnant sacrément envie de se trémousser sur le chant formidable de James. L'orchestration réussie et solide poursuit avec la garage pop Cecily qui propulse les rythmes, tend les cordes et dégaine des mots toujours aussi enflammés avant que le boogie seventies de Meaningless Words arrose la mélopée suave et sentimentale de cuivres voluptueux. Quand la batterie de People Are Alright entre cinglante, sur la voix sarcastique et si éloquente de James, le clavecin hypnotique, on fond à retrouver le style Lawrence Arabia, plein de son esprit révolté acéré.


Vidéo featuring les Flight of Conchords, voir ma toute première chronique sur Piggledy Pop!

La douceur de la bossa et les effets wah-wah vont comme un gant aux paroles de A Walk Into The Suburbs chantées avec une élégance de dandy avant le splendide instrumental (Contagious Dream Heals The World). La pépite Oppositional Democracy, ornée de l'excellente et inquiétante basse, d'un texte chargé de métaphores animales qui accentuent le caractère bestial, démontre le talent d'auteur-compositeur de James. Le dernier titre Just Sleep (Your Shame Will Keep) et son accordéon offre une envergure désuète et foudroie par ses mots tendrement moqueurs, ses arrangements orchestrés avec une haute et colorée intelligence. Je classe bien sûr Lawrence Arabia's Singles Club dans les meilleurs disques produits l'an dernier parce que j'admire le travail flamboyant du musicien, son audace stylée, d'avant-garde et simplement brillamment mélodieuse.
LawrenceArabia