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mercredi 29 janvier 2020

Car Seat Headrest

Will Toledo
alias Car Seat Headrest a gagné sa place dans les oreilles de Piggledy Pop dès ses débuts. Depuis le projet suit son chemin jalonné de succès, de concerts et d’une belle renommée. Toledo est charismatique. Il auto-produit ses disques, chante, compose et tient une présence phénoménale sur scène. Que l’on aime le style ou pas, il est notable et admirable par ses qualités de guitariste loin au-dessus de la moyenne et son style enfiévré, passionné dans ses compositions alternatives comme dans son interprétation qui relève du nerf et des sens enflammés.
Son univers rock et pop est enregistré par ses soins à la maison. Ses premières chansons lofi sont partagées sur un site d'écoute pendant ses années de lycée en Virginie. Il déménage à Seattle avec bille en tête la création de son groupe. Apparaissent à ses côtés en 2010 Ethan Ives à la guitare, Seth Dalby à la basse et Andrew Katz à la batterie. Will à la guitare et derrière le micro a, tel un poisson dans l’eau et un lion en cage, une similitude avec Black Francis des Pixies. Le feu pop-rock l'anime.



Son énergie inonde ses mélopées, son chant resplendit et ses thèmes sont joliment rebelles et accrocheurs. L’album de 2015 Teens of style est remarqué. Le groupe ne tarde pas à signer le deuxième Teens of Denial en 2016 qui est suivi, le fer étant encore chaud, par Twin Fantasy en 2018. Depuis quelques semaines le groupe nous dorlote avec l’album live Commit Yourself Completely qui propose des titres de différents concerts offerts entre Cardiff, Portland, Londres et Amiens.

Le disque s’ouvre sur Cosmic Hero qui règle des comptes avec une hargne rock’n roll fabuleuse sur dix minutes lors d’un concert au Pays de Galles. Les arrangements sont brillants. Les musiciens s’amusent avec des synthétiseurs, peaufinent un effet atmosphérique l'ornant de bois et de métal émanant des guitares et batterie, majestueuses. Le tempo s’enorgueillit sur Fill in The Blank où les riffs de guitares remplissent l’air d’électricité. Toujours sous tension Drugs With Friends rappelle l’ambiance de l’université et les chandelles brulées par les deux bouts. C’est devant un public français que Bodys vient donner de l’énergie vrombissante avec ses harmonies dansantes sidérantes quand Cute Things, offert en Angleterre, taquine les wah wah sans ambage sur les notes de basse révoltées et sur la voix de plus en plus puissante.



Puis Drunk Drivers interprété à Londres, accompagné du chant en chorale du public est surement le titre qui a fait connaitre les Car Seat Headrest parce qu’il fait référence au nom du groupe et parce qu’il symbolise l’écriture mélancolique et élégamment agressive de Toledo. Il évoque ici l’état mental inconscient ‘en roue libre’ d’après rupture sentimentale. A ce stade du disque l’ambiance montée d’un cran poursuit l’escalade sonore. Destroyed By Hippie Powers est exécuté avec un panache alternatif rock à Portland où les amplificateurs devaient bien chauffer. La prestance impressionnante et la maitrise technique continuent à Washington avec Ivy, titre à l'origine de Frank Ocean. L'exercice de la reprise est apprécié par l'Américain qui rend souvent hommage à des artistes qu'il admire comme David Bowie, Sufjan Stevens ou Radiohead, entre autres. Beach Life in Death vient conclure en délivrant treize minutes de grâce vigoureuse, de caractère déterminé et une interprétation exceptionnelle. Commit Yourself Completely des Car Seat Headrest enregistré avec les réactions du public ajoute un aspect instinctif et une chaleur irrésistible à l’ensemble déjà bouillonnant de rythmes, de mélodies et du pouvoir artistique de maestro Toledo.
carseatheadrest



lundi 27 janvier 2020

The Vapour Trails

Je présente ici en 2018 un de mes groupes chéris parce que leur énergie est sincère, leur inspiration vraie, leur talent pour composer des mélodies pop dans la lignée de leurs compatriotes et voisins écossais est inné.

The Vapour Trails est un groupe d'Aberdeen, nouvellement entré dans la sphère indie-pop, avec des compositions jangle-pop efficaces et solides qui sont nourries de leurs influences toutes aussi belles que variées, Johnny Marr, Aztec Camera, Belle and Sebastian, Velvet Underground, Guided By Voices, Wilco et des groupes dont ils s'offrent des reprises savoureuses comme les Teenage Fanclub, House of Love, Byrds, Crosby & Nash ou encore les Beatles. La troupe écossaise est Kev Robertson, leader à la guitare et chant, son fils de 16 ans Scott Robertson et Nicholas Mackie tous les deux guitaristes, Andy Crossan à la basse et Kenny Munro à la batterie.”




Jusqu’ici The Vapour Trails dévoilait son univers musical régulièrement, titre par titre. Depuis quelques mois, les fantastiques musiciens nous offrent le condensé avec des nouveautés sur le splendide album See You in the Next World.
Il commence avec Sonic Wave qui d’emblée accroche l’attention avec ses guitares et ses rythmiques joviales. Le tempo de On a Nearby Bay se fait conquérant, avance avec la basse et la batterie sur le chant charismatique de Kevin . La texture psychédélique et alternative est impressionnante. Suit The Inner Truth et ses harmonies de guitare parfaites. Kevin Robertson a le don pour construire des chansons qui touchent en peaufinant des arrangements de cordes stylés et stables. Drag it Around arrive sur la platine et c’est un petit miracle musical qui fait son effet, une belle union de voix-guitares absolument efficace. Je définissais Shatter the Sky ainsi “les harmonies aériennes et entraînantes se marient aux textes colorés de poésie” avec “ses cordes de guitares en unité qui électrisent et emballent immédiatement”. Ce titre est une météorite pop aussi puissante que l’ Eye in the sky de leurs voisins de Glasgow, le groupe Alan Parsons Project. Le charme continue avec le tempo engagé de Gently Swaying où là les fans de l’autre voisin de Glasgow, Lloyd Cole seront aux noces. Idem pour l’entêtant Indian Reserve qui avec son harmonica persuasif, sa rythmique enflammée, prête vraiment à danser autour du feu.



L’envie de gigoter sauvagement ne s’évapore pas à l’écoute de la formidable You, with Love cousue d’harmonies qui me rappellent la génial Hooray for Tuesday des Minders, ayant la même grâce indie-pop intemporelle. The One That Got Away qui suit est un régal dans son allure acoustique qui offre un moment de délicatesse avant que le tempo de Gospeed It revienne illuminer l’écoute et convaincre par ses lignes de guitares musclées. La mélodie alternative de Written in the Breeze dégaine des notes aussi vives et belles avant le feu d’artifice final, See You in the Next World, gonflé de psychédélisme et de guitares rocks explosives montrant à quel point les Vapour Trails brillent de mille feux! Dignes héritiers pop des Primal Scream de Glasgow, la ‘fête des voisins’ dans ce coeur vibrant rock’n roll d’Ecosse doit être enfiévrée : Orange juice apporte les cacahuètes, les Beta Band la salade de riz, Jimmy Somerville les chips, Belle & Sebastian le saucisson, AC/DC la salade de fruits, Kidd et King Creosote se chargent des bières. The Vapour Trails signent un See You in the Next World que je classe dorénavant dans le top 10 des disques 2020 sur Piggledy Pop. A vos casques!
VapourTrails
VapourTrailsPiggledyPop2018



samedi 25 janvier 2020

Tahiti 80

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Tahiti 80, groupe rouennais, est pour le ministère de la culture un des meilleurs groupes français exportés à l’étranger. Jusqu’en 2000 c’était même le meilleur en lice avec Patricia Kaas. Donc on leur doit une fière chandelle. Une autre chandelle se profile quand le groupe réussit à faire oublier les feu emblèmes de la capitale normande : Little Bob et Laurent Fabius. Il était temps de rafraîchir l’écurie.. A l'instar d'être des stars ayant vendu des millions de disques en Asie, Europe et aux Etats-Unis, le groupe est aussi actif dans le milieu de la création et de la production de disques. L’honneur de la pop française est sauf en grande partie grâce à Tahiti 80 qui après le Brexit offrirait presque la perspective d'un Normanxit.



Depuis 1993, les quatre normands, Xavier Boyer à la composition, guitare, clavier et chant, Médéric Gontier à la guitare et chant, Pedro Resende à la basse et Raphaël Léger à la batterie (arrivé dans le groupe en 2006 à la suite de Sylvain Lemarchand actif depuis 1995) signent huit albums. Parallèlement Xavier Boyer travaille sur son projet solo nommé Axe Riverboy.

Ce mois d’octobre 2019 paraît le neuvième disque studio des Tahiti 80, Fear of an acoustic Planet. Constants, passionnés et maîtrisant une pop teintée de soul et d’arrangements sunshine, orchestrés avec tempérament et esthétisme, les musiciens offrent cette fois-ci un album compilant d’anciens titres en version acoustique. De manière limpide et variée, les orchestrations modérées sur la voix magnifique de Xavier finissent par rendre les mélopées dansantes et entrainantes.
Pour les fans dont je fais partie, c’est un régal de redécouvrir ces chansons écoutées en boucle depuis des années sous un nouveau jour. Cette restauration et cette exploration stylistique montrent à quel point les mélodies sont solides et efficaces, intemporelles. L’accent anglais de Xavier est parfait, il l’a toujours été. L'influence de la culture anglo-saxonne est omniprésente dans les vertes contrées de Haute-Normandie où l’Angleterre est à un battement de cil.



Ce sublime album parfumé de nostalgie est un travail d’enregistrement excellent. Fait à Rouen, il nous transporte dans le temps sans cesser de nous donner envie de chanter comme sur 1000 Times de 2007 qui reprend ici du galon avec un joli son de batterie, de guitare et de basse fleuries d'un chant de velours. Le ton séduisant, les paroles optimistes, les harmonies colorées, sont la griffe de Xavier Boyer qui depuis 25 ans partage cet enthousiasme. Easy de 2011 grandiose précède Heartbeat de 2000 qui accueille un piano délicat sur le trio guitare-basse-batterie.



Le délice sucré enchaine sur la basse soul, les rythmiques bien ciblées et le glockenspiel savoureux de Big Day de 2005. Matter of Time qui accueille Mehdi Zannad (Fugu) pour les voix est bondissante. Les arrangements des choeurs amènent encore plus de panache et d’énergie élégante sur le thème intime du couple qui manque de temps pour se retrouver. Something About You Girl de 2005 relance une cavalcade de sons boisés de la guitare 12 cordes et Made First de 2000 déroule un tapis de notes bossa rutilantes aux mains de Pedro qui est impressionnant à la basse. Tune It de 2009 poursuit la promenade sur un tempo sixties délivré par les voix et la guitare électro-acoustique avant la spontanéité de Seven Seas de 2014, courtisant nos oreilles sans lever l'ancre de la subtilité. Le cristallin Better Days will come de 2004 joue sa mélodie ensoleillée sur la rythmique de Raphaël pleine de jovialité pour continuer à émouvoir avec la magnifique version de Hurts qui offre la participation aux voix d'Helen Ferguson et de Julien Pras. La pépite acoustique se termine sur Open Book de 2002, revisité avec un savoir-faire sunshine-beat, style intrinsèque des brillants Tahiti 80 qui peaufinent un Fear Of An Acoustic Planet raffiné et inspiré.
Tahiti80





lundi 13 janvier 2020

Music For Your Heart


   
Sandra Zettpunkt est un personnage dans le milieu de la musique indépendante. Née à Hambourg, elle vit en Suisse depuis plusieurs années. Fée de la pop, sa personnalité est appréciée et admirée pour ses activités musicales diverses mais aussi pour sa grande humilité et sa générosité. Intelligente, instinctive, artiste équilibrée, elle est aujourd'hui animatrice de radio et journaliste musicale. Son émission Golden Glades diffusée sur la radio allemande ByteFM a une grande renommée chez les fans d'indie pop. Elle tient également un site du même nom où elle rédige des chroniques sur des groupes qu'elle souhaite faire connaître.




Extrêmement discrète et attachante, son jugement visionnaire est fort respecté. Ses articles et ses choix sont sans fausse note, surtout ils sont légitimes. Sandra est une musicienne. Oreille absolue née en 1973, elle commence son aventure musicale a seize ans. Guitariste, bassiste, pianiste et batteuse, elle oeuvre essentiellement à la batterie et à la basse au sein de multiples groupes d'Hambourg ( The Legendary Bang, Die Fünf Freunde, Camping, Kanton, Kajak) qui sont signés sur le label réputé Marsh-Marigold Records au catalogue panaché : Cats in Summer, Elegant, Purelove, Caramel, Soda Stream, Kristallin, Alaska, Brideshead etc.

 

Activiste de la pop, tout en commençant son émission de radio en 1996 et jouant sur scène avec ces diverses formations, elle révèle une autre corde à son arc, particulièrement brillante, celle d'auteur-compositeur. En 2009, elle signe le disque Turning Marvel sous le pseudonyme qui coule d’eau de source, Music For Your Heart.
Sandra compose, écrit les 12 titres, chante et assure elle-même tous les instruments. Co-produit et supervisé par Raymond McGinley des Teenage Fanclub, le disque est enregistré à Glasgow et à Hambourg, avec la touche de mastering de Bob Weston de Shellac et la collaboration de Volker Zander de Calexico à la contrebasse. Les harmonies magnifiques sont fascinantes et la voix de Sandra, merveilleuse. Les amateurs de Nico ou de Cat Power seront séduits, ajoutant une sensibilité artistique et un timbre de voix dans le sillage de Sibylle Baier et d'Aimee Mann.



Le véritable bijou Turning Marvel s'ouvre sur Unwound qui de suite accroche l'attention par sa chaleur et sa douceur. La voix sublime sur les guitares et le tempo coordonnés monte crescendo puis forme des boucles et des zigzags envoûtants. L'effet est maintenu sur Her Blue Dots Theory, son orchestration cristalline et alternative parsème gracieusement les mots nostalgiques. Puis The One libère délicatement ses rythmiques pop dansantes offertes par le jeu bondissant de la contrebasse, du clavier et du chant. Embrace The Change vient tracer un bilan élégant et lancer un regard courtois sur le passé. Logiquement The Sky Seems Lower Than Before évoque la mémoire et un nouveau départ sur une mélodie portée par des notes sensuelles, les mêmes jouées sur An Evening With, intimiste et raffiné. Parmi les cordes à l'arc de l'artiste, il y a les langues étrangères. L'anglais est écrit et chanté avec perfection quand le génial Steve McQueen délivre un texte émouvant dans sa langue natale sur une instrumentation voltigeante. La langue allemande y est touchante et sa noblesse resplendit.



Gleaming Hearts continue a charmer par son rythme langoureux et ses mots pudiques avant le lyrisme feutré et féminin de Another Day, Another Dawn et le duveteux deuxième titre en allemand, So Nah. L'interprétation précieuse et juste de Insight Into sur l'harmonium mélodique dénoue une histoire romantique improbable grâce à une force de caractère qui se dévoile note par note, mot par mot. Le dernier titre When The Night Begins le démontre ; Solide, harmonieux, blindé de la voix somptueuse de Sandra qui termine en chantant 'this is not a place for someone with a tender heart' avec une douceur infiniment touchante. Je classe Turning Marvel de Music For Your Heart sur le chevet des meilleurs disques Piggledy Pop et vous invite à écouter l'émission Golden Glades de Sandra Zettpunkt qui ouvre son coffre fort pop chaque deuxième mercredi à 20h sur ByteFm. 
MusicForYourHeart
GoldenGlades



samedi 11 janvier 2020

David J

J'écris sur David il y a huit ans : " A la fin des années 70 et au début des années 80, déferle une vague d’excellents groupes post-punks, gothiques, cold-wave, comptant les Clash, Television, The Cure, New Order, Sonic Youth, David Bowie, Sisters of Mercy, Joy Division et le groupe anglais Bauhaus qui prend forme en 1979 avec Peter Murphy au chant, Daniel Ash à la guitare, le batteur Kevin Haskins et son grand frère David J Haskins à la basse. Tandis que Peter Murphy part du groupe pour une carrière en solo et soigner ses problèmes de santé, le quatrième album Burning from the Inside est signé par Ash et les frères Haskins. Bauhaus split en 1983, mais le trio continuera sous le nom Tones of tail puis Love and Rockets et cette même année David J se lance en solo avec son opus Etiquette of Violence. (...)



David J qui commence son aventure en solo révèle un grand don pour l’écriture de ritournelles pop, ornés de saxophone, tambourin, harmonica, banjo, de textes magnifiques et par dessus tout gansé de sa splendide voix, fragile et émouvante. Avec Crocodile Tears and the Velvet Cosh en 1986, Songs from Another Season en 1989, Urban Urbane en 1992, The Birth Caul en 1995, The Moon and Serpent Grand Egyptian Theater of Marvels en 1996, Estranged en 2003 et Not Long For This World en 2011, David J travaille aux albums de Love and Rockets en parallèle et collabore aussi à des projets live comme le groupe The Sinister Ducks dans lequel jouent Alex Green et le mythique Alan Moore ( ce qui inspirera à David J un EP nommé V for Vendetta signé en 1984), il joue également de la basse dans le groupe Voltaire."
DavidJPiggledyPop2012



Après An Eclipse Of Ships en 2014, Vagabond Songs en 2017, paraît ce 18 octobre 2019 le grand artistiquement et magnifique esthétiquement, en version CD ou double vinyl, Missive To An Angel From The Halls Of Infamy And Allure. Chacun est accompagné d'un livret soigné et charmant. L'artiste nous offre un album périscopique, sorte de résumé de ses 36 ans de carrière et de collaborations variées sur 16 titres. Avec lui à l'enregistrement, une flamboyante flopée d'artistes, comme Anton Newcombe (Brian Jonestown Massacre), Paul Wallfisch (Swans) le producteur, et d'autres encore...



Le premier titre splendide nommé Mozaic est un hommage au bassiste mythique des Who, John Entwistle, décédé dans un hôtel de Las Vegas en 2002. L'instrumentation riche de flûte, sitar et violon nous emmène dans le temps et l'espace, de Los Angeles à Barcelone. Puis la guitare liée à la contrebasse, les balais frottés et le piano de Blue Eyes In The Green Room font resplendir le grain de voix de David qui aime orner sa poésie de couleurs 'green eyes', 'red scarf', 'girl in yellow' etc. Baudelaire est un titre hommage à Peter Laughner qui l'a écrit et mis ici en majesté grâce au violon de l'artiste tchèque Karel Holas avant la harpe et les instruments traditionnels indiens de la féerique (I Don't Want To Destroy) Our Beautiful Thing. Le tempo se fait gaillard sur LovelornEmily Jane White vient prêter sa voix.



Clandestine Valentine et Of Purgatory And Perfume sont griffés du style David J que nous admirons depuis des années, réunissant le grain de voix profond, un jeu de guitare délicat et boisé, du lyrisme et de la sensualité, des astres et des sentiments mêlés sur des mélodies alternatives, ascensionnelles. Migena And The Frozen Roses et son allure psychédélique typée d'Anton Newcombe sied à la perfection aux mots romantiques déclamés par David. Quand No Floods Can Drown joué à la guitare acoustique, enregistré sur la plage avec le bruit des vagues en arrière-fond précède le piano taquin de Robert Vasicek, le tambourin vif et la trompette radieuse de Joel Rhodes sur Pre-Existing Condition, on ne peut que fondre sous l'effet magique qu'a David J, en changeant de décor, d'ambiance et d'instrumentation. L'artiste gentleman signe un autre bijou, Copper Level 7, plein d'un champ lexical choyé par l'anglais proposant des couleurs, des étoiles, des chambres d'hôtel.



Les cordes de guitares hypnotisantes et bossa font chavirer sur (I Walked Away From) The Girl In Yellow, pour un voyage de Lisbonne à Bruxelles en passant par Berlin. Tandis que le disque est travaillé à Los Angeles, ce titre est enregistré en Angleterre, dans la ville de Wellingborough où Bauhaus a fait ses premières armes, dans le studio de Beck qui y joue de la guitare. S'ensuit un délice de mélodie, de piano, d'accordéon et de violon sur Best Western Blues accompagnant des sentiments passionnés, une histoire sur la fin, qui déclenche un départ du soleil vers une ville pluvieuse. Missive To An Angel From The Halls Of Infamy And Allure est une lettre de rupture, griffonnée de remords et de regrets, qui ouvre la porte à The Auteur qui mène tambour battant une croisade contre les abus des producteurs hollywoodiens avec les arrangements de cordes monumentaux de Paul Wallfisch et la voix de Rosa McGowan, une des premières actrices à avoir porté plainte contre Weinstein.
Pour boucler ce tour panoramique sur son parcours professionnel et personnel, David J termine avec l'émouvant I Hear Only Silence Now qui ouvrait l'album de 1983 Etiquette Of Violence. Le musicien le joue ici au piano, partage son interprétation vibrante et élégante avec la chanteuse Emily Jane White. David J charme depuis 36 ans et si Missive To An Angel from The Halls Of Infamy And Allure sonne comme un chant du cygne, l'artiste garde sa flamme romanesque et son âme de poète bien vives. L'aura éternelle de David J, un auteur-compositeur phare, se classe aux côtés de celles de ses compatriotes David Bowie, Beatles et Rolling Stones.



vendredi 10 janvier 2020

The Ashenden Papers

L'auteur-compositeur et interprète de The Ashenden Papers est Jason Dezember, un musicien passionné et inspiré depuis ses premiers pas indie-pop aux manettes du groupe de Sacramento The Plastic Shoelaces et de son album de 2011 où il galope en cavalier solo. Ce disque est comme il me le dit lui-même, plus juvénile et lo-fi avec une pincée de punk. Ce premier volet a été reficelé en studio pour une nouvelle version cassette en 2018, accueillant Scott Miller aux rythmiques et à la basse, et Ed C à la batterie.
Jason nous offre ce 27 décembre 2019 le superbe titre Melodie Robin. Construit avec des lignes de guitares panachées, de basse et de clavier bondissants, le tout assuré par le californien, cette pépite pop offre la présence de Marie Davenport au piano, Ella Cross aux choeurs et Darcy Bluebirds à la batterie. Le tempo princier, le chant somptueux sont accompagnés de trompette pour peaufiner l'orchestration jangle-pop.



Les bonnes nouvelles abondent : la conception de l'album à venir, qui se nommera Asphodel Meadows, garni de sept chansons, dont Melodie Robin, est actuellement en cours de mixing. Il sera suivi d'un second album de cinq ou six chansons, celles-ci en cours de création seront à savourer dans les mois à venir. A suivre!
TheAshendenPapers

jeudi 9 janvier 2020

Den Baron


 

Den Baron nous vient d'Allemagne et loin d'être débutant, le musicien expérimenté Swen Keller est actif sur les scènes indie-pop depuis 1997. Son travail est empreint d'une jolie âme pop sixties, immédiate, fraîche, qui se distingue par sa stabilité et sa volonté d'arrêter la course du temps. Romantique à frémir, dansant et rythmé, son parcours inspiré commence avec le génial A dog's life de 1998, puis the Soundtrack of my life en 2000 avant de disparaître dans les nuées du XXIème siècle.

Den Baron est de retour après presque vingt ans avec le superbe single Bonving en février dernier sur le label Cloudberry Records offrant la reprise du groupe mythique suédois Eggstone, Have you seen Mary too?. Le ton est donné, l'artiste annonce la couleur pop de l'album The Story So Far qui sort en juillet 2019.



I just walked the wrong way ouvre le disque avec sa mélodie fleurie de rythmes et de papalala sur ressorts, un chant enthousiaste pour évoquer une séparation sentimentale comme sur goodbye night où claviers et guitares se côtoient joyeusement pour donner savamment envie de se trémousser. La basse, instrument maîtrisé avec brio par l'auteur-compositeur s'avance conquérante sur the girl at the door, accompagnée d'une ribambelle de cordes et d'un tempo panaché. Ido qui suit offre la même substance pop, une orchestration rafraîchissante et bondissante, un chant magnifique, pour une demande en mariage. La reprise de Eggstone have you seen Mary too? continue la promenade mélodique et va comme un gant à Baron qui apporte de la matière pop à ses compositions avec un charisme indéniable. Sa voix immédiate et belle compte dans le profil élégant des titres comme sur Linus, dédié à son enfant et à l'amour du papa sans faille.



Wildwater se fait langoureux sur son jeu de guitares délicieux et son interprétation merveilleuse avant Light* garni d'arrangements classieux, dans la lignée de la pure powerpop, qui subliment l'écoute. Le tempo énergique revient sur now is the time avec ses guitares flamboyantes et alternatives pour un tourbillon de notes qui poursuivent l'allure galopante sur would you hold me (if I die tonight)?. L'enchantement musical procuré s'achemine vers la fin avec un Summer galbé, enluminé du chant fin et touchant de Den Baron dit le 'king of home-recording'.
Préparant actuellement son prochain album, Swen Keller termine ses nouvelles chansons où il joue aussi de tous les instruments, attelé à son 'devoir pop' pour 2020. Restons aux aguets !
DenBaron
DenBaron(chezHandAndArms)

dimanche 5 janvier 2020

Ride

Ride reign over us…
De retour avec un sixième album studio prodigieux, le groupe d'Oxford triture les cordes et tambourine des mélodies avec la grâce et son panache indie pop qu'on lui connaît depuis 1988. Formé dans le giron de la verte Angleterre par Andy Bell et Mark Gardener, le quatuor qui compte le batteur Laurence Colbert et le bassiste Stephan Queralt marque les esprits avec le premier album Nowhere paru en 1990 avant une série d'autres disques et la séparation en 1996.



Andy Bell devient le bassiste d'Oasis avant de partir vivre à Stockholm, participer à d'autres projets, le sien nommé Beady Eye pendant que Mark Gardener poursuit en solo. Les deux artistes sont des tempéraments et des identités créatrices qui ont fini après un hiatus de vingt ans par se retrouver en 2015, avec le single Home Is a Feeling annonçant leur album de 2017, Weather Diaries.



L'évènement est de taille quand Ride revient en mai 2019 avec This Is Not A Safe Place. Le disque tient du génie tant ses pères sont excellents dans l'écriture et dans l'exécution. La production est peaufinée par Erol Alkan et le mixing par Alan Moulder. Les quatre musiciens anglais signent un album sucré, coordonné et limpide. Les guitares magistrales, les rythmes qui ravinent les oreilles, les arrangements ancrés dans le XXIème siècle, éblouissants, ouvrent les festivités avec le titre introductif R.I.D.E. S'entend le plaisir du groupe à se retrouver, comme sur la mélodie galopante de Future Love qui attire l'attention par son thème optimiste et naïf. Les synthétiseurs de Repetition lancent des notes coldwave sur un tempo pop et des guitares survoltées avant l' énervé et gaillard Kill Switch et ses voix en écho, décomplexées et délicieusement offensives. Le glas indie sonne sur Clouds of Saint Marie, la perle du disque à mes oreilles.



Les métaphores de couleurs, de nuances de lumière habillent les paroles comme pour imager la nostalgie planante sur Eternal Recurrence. La bondissante Fifteen Minutes, autre bijou du disque, rock et brut, qui revient elle aussi sur le passé, ne joue pourtant pas dans la cour des regrets. Jump Jet avec ses envolées de notes pop énergiques et toniques fait voyager dans un monde parallèle comme Dial Up qui suit, au piano et à la guitare acoustique délivrant un chant et une mélodie somptueux.




Les titres s'enchaînent avec une force d'attaque, des orchestrations en plomb, comme la batterie décisive qui dégaine son tempo sur End Game avant que la sublime Shadows behind the Sun rappelle comme In this Room, le titre choisi pour nommer album. Cette dernière mélopée clôt l'écoute en offrant huit minutes absorbantes et grandioses. Messagers éclairants et mages clair-voyants de la pop, les Ride nous enveloppent de leur talent, de leurs mots et de leur précision dans la tension des cordes. Tendez l'oreille. This Is Not A Safe Place est un disque plein de musicalité, d'originalité, qui illumine derechef le parcours des mythiques Ride.
Ride