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mardi 31 décembre 2019

Memento Piggledy Pop 2019



Janvier : Peter Peter
PeterPeter



Février : Kidd
Kidd



Mars : The Loch Ness Mouse
LochNessMouse



Avril: The Proper Ornaments
ProperOrnaments



Mai : Ta Toy Boy
TaToyBoy



Juin : Divine Comedy
DivineComedy



Juillet : The Castillians
Castillians



Août : 27 Mars
27Mars



Septembre : Sans Chateaux
SansChateaux



Octobre : Nick Frater
NickFrater



Novembre : Mike Vass
MikeVass



Décembre : Ludovic Alarie
LudovicAlarie



mercredi 25 décembre 2019

Ludovic Alarie

Auteur-compositeur de Montréal, Ludovic Alarie signe son premier album portant son nom en 2014 suivi de L'appartement en 2017. Ses titres en français sont une immersion élégante dans l’indie-pop galbée de groove atmosphérique, tantôt boisée stylée DeMarco et tantôt electro à la façon MGMT. Ce qui charme franchement sont ses mots, métaphoriques ou dignes de chanson réaliste du XXème siècle, avec du mouvement dans son chant aérien qui se lie majestueusement aux thèmes mirifiques et romantiques.



Tandis que ces deux albums francophones marquent les esprits et séduisent un public de plus en plus large, gagnant des nominations et des récompenses au Canada, Ludovic Alarie pense déjà à son troisième album tout en mettant en place son propre label indépendant. Chouchou Records voit donc le jour et offre l’auto-production, le magnifique nouveau disque We're a dream nobody wrote down paru en mai 2019. Celui-ci compte des titres en français et en anglais, tous sublimes. Le petit bijou pop commence avec le groove chaleureux et duveteux de we're a dream nobody wrote down orné du timbre de voix en accompagnement d’Adèle Trottier-Rivard et la collaboration judicieuse de son ami de longue date et réalisateur, Warren Spicer. A l’équipe s’ajoute le grain de sel de Simone Pace, batteur du groupe new-yorkais Blonde Redhead. We don’t exist suit et accueille un joli mariage de guitare acoustique, rythmique et clavier atmosphérique délicat, finement dosé tout comme l’alliage du français et de l'anglais dans les paroles.



Les mots évoquent l’absence, l’oubli, le rêve et Je te laisse fermer les yeux au tempo enthousiaste et à la basse taquine joue du champ lexical des yeux, de la vue et de l’imagination. Ludovic n’en manque pas. Ses orchestrations d’avant-garde, fraiches et légères sont aussi contemporaines que pleines de nostalgie. Where have you gone joue de l’écho pour imager un départ avant le splendide Et tu reviendras, créant un va et vient dans les sujets et dans l’instrumentation fort sensuelle. Idem sur Nuit qui souligne ce thème de l’abandon et de la disparition via une rythmique en spirale hypnotique. L’écoute se poursuit avec l’instrumental garni de cordes chaleureuses Je te laisse fermer les yeux II qui enchaine avec finesse sur la mélodie suave de Les rivières veulent te prendre dans leurs bras où les guitares se font tendres et épidermiques. Night continue en interlude d’une minute avenante pour nous conduire galamment vers l’amène Je me demande où tu es et ses cuivres fantastiques, ses guitares éthérées, raffinées, pour une fin de disque somptueuse. La dernière partie secrète est à savourer en laissant la platine tourner. Ludovic Alarie concocte un sceptre de coton sensuel et musical vaporeux doté d’un charisme infini et convaincant. Je suis conquise.
LudovicAlarie



lundi 23 décembre 2019

Joyeux Noël !



27 Mars - Rovaniemi


Rivulets - this Christmas


Jeremy Waterman - Time of the Season


The Love language - White Christmas


The Decibels - Christmas wish


Don't call me ishmael - White Winter Hymnal


Jenny Owen Youngs - Maybe Next Year


The Lost Brothers - Seven Days before Christmas


Alec Duffy - Every Day is Christmas


samedi 21 décembre 2019

C Duncan


https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/p960x960/55641881_2170902759645811_6229471860912816128_o.jpg?_nc_cat=109&_nc_ohc=FmDiKOjxXV4AQkDurMn5touqGGg7iW3pkJZN7WMraqpbRzKTQ1ncmai8Q&_nc_ht=scontent-cdg2-1.xx&oh=dca6945f22c3841c74f73cfb955f6316&oe=5EA6728E 

C Duncan est le nom d'artiste de l'écossais Christopher Duncan. Agé de 27 ans, il signe un premier album en 2015 du joli nom d'Architect après le succès du single For qui parait en 2014. Le jeune musicien de Glasgow est nominé au Mercury Music Prize pour le meilleur album de l'année.
Né de l'union de ses parents musiciens d'orchestre classique, l'adolescent apprend à jouer de la guitare, de la batterie et de la basse avant de devenir étudiant au sein du Royal Conservatoire of Scotland. Les compositions de C Duncan sont concoctées avec imagination et talent liés au savoir-faire et à la réelle connaissance de la musique. Elles balaient et explorent divers styles comme la dream-pop, l'electro-pop avec une griffe mellow et romantique. (...) Imaginez Brian Wilson mixé à Sigur Ros ou à Radiohead pour donner un résultat de pop dansante et fleurie de choeurs angéliques amalgamés à des accords dreamy parfois organiques et alternatifs. “
CDuncanPiggledyPop2016



J’évoque donc C Duncan il y a presque quatre ans. Depuis The Midnight Sun est paru en 2016 et l’artiste écossais à l’oreille absolue et aux talents techniques alliés à une imagination fournie nous revient ce mois de mars 2019 nous délivrer le somptueux Health. L’album est mis en lumière par le producteur et membre du groupe Elbow Craig Potter, qui a peaufiné également les albums de Steve Mason, Editors et I am Kloot. Tandis que Christopher Duncan assure le piano, la basse et les guitares, Liam Chapman est à la batterie et Janina Duncan ajoute du violon alto. Le disque accueille aussi les musiciens du Hallé Orchestra et son Hallé Youth Choir, fameux orchestre de Manchester crée par Sir Charles Hallé en 1848.



Health lance la cavalerie rythmée de boules à facettes disco avec Talk Talk Talk et ses arrangements florissants, fort entrainants pour avancer dans une histoire sentimentale aux conversations prégnantes et stériles. Le tempo se fait plus moelleux et rétro sur Wrong Side of the Door effleurant l’inévitable rupture. Les harmonies forment comme une trame de film des années soixante ou de vieille comédie musicale, parfumées à la gomina, autant cousues d’or que le modernisme électronique comme sur Impossible et ses violons qui galopent dans les envolées de voix.



Puis He came From the Sun arrive comme une météorite mélodieuse qui subjugue de finesse et de verticalité. Le titre ne cesse de réveiller les sensations à chaque écoute. Ses mots colorés et spirituels sont déposés sur les partitions perlées de pop muant en missel musical avant que l’âme boogie de Holiday Home déménage les guitares et fasse danser sur les tables. Le chant cristallin et clair de C Duncan est un bonbon sonore qui glisse limpide sur les notes légères et aériennes. Puis Health entre dans le bal avec ses touches de piano qui aimantent et alimentent l’essence du texte profond et grave. Somebody Else’s Home continue logiquement dans le genre groovy mais aussi dans le sens philosophique poursuivant avec le jazzy formidable de Blasé qui coupe et tranche comme il se doit ‘If you don't like what I came here to say, Do me a favour and turn the other way’ sur des arrangements de cordes élégants et épiques.



Quand joue Reverie, deuxième petite bombe à mes oreilles, juste et majestueuse dans ses atours lyrique et sa construction panoramique, elle marie les instrumentations et de manière vibrante, les choeurs au grain de voix de C Duncan. Le rythme de Pulses & Rain fait rayonner l'art de C Duncan ; Mélange de classicisme et de pop-electro qui lance une course effrénée disco sur Stuck Here With You remémorant les leitmotivs du fief et de l’exil.

Care, tout en émotion et grâce avec le Hallé Youth Choir gagne refuge dans les coeurs. Ce titre d’une douceur infinie boucle une oeuvre majeure d’un grand musicien, qui croque son époque tout en la nourrissant de la musique du passé pour nous envoyer une carte postale musicale de rêve. Health cadeau passionnant, obligé dans ma discographie est classé en haut du chapeau Piggledy Pop.
CDuncan

La pochette est une peinture de David Hockney auquel C Duncan, également peintre, est sensible :  "Je souhaitais que l’œuvre ait une apparence « saine » : très légère, fraiche et naturelle. Pourtant, il y a un vide étrange dans ces peintures, ce qui est également audible dans la musique, qui est claire et aérienne en surface, et marqué par une noirceur plus nette en profondeur".



jeudi 19 décembre 2019

Pierre Daven-Keller

Le nouvel album Kino Music de Pierre Daven-Keller est exquis. Je suis une fidèle fan depuis des années, et je pense objectivement que l'auteur-compositeur français ne cesse de produire un travail époustouflant. Il a le don de la composition peaufinée, l'inspiration fleurie et pour couronner ce joli tout, l'endurance qui appelle le respect et l'admiration.

"Rares sont les artistes français qui savent écrire dans leur langue et cette scène nantaise a apporté beaucoup à la musique indépendante dans la fin du XXème siècle. Daven Keller écrit par exemple le titre 100% VIP de Katerine, dont il a arrangé l'album Robots Après Tout. En 1995, le musicien breton fait ses valises pour Paris, y retrouve Miossec pour qui il arrange l'album Le déménagement et Katerine avec qui il travaille sur l'album Les Créatures. Entrant sur le label Village Vert, avec une écriture exceptionnelle, Pierre signe son opus Ramdam en 1999 puis poursuit son oeuvre d'arrangeur pour Dominique A, l'amie de ce dernier Françoiz Breut et signe la bande originale enregistrée à Sofia avec le Bulgarian Symphonie Orchestra pour le film La Répétition, sélectionné au festival de Cannes en 2001. C'est en 2003 que Quelqu'un Quelque part parait, puis sort Réaction A en 2008 suivi de Reaction B qu'il écrit, compose, arrange et produit offrant une atmosphère plus électrique, disco-pop, funky, toujours efficace et superbement ficelée. Ce mois d'avril 2015 arrive le génial Réaction C qui mérite un zoom sur la trilogie". DavenKellerPiggledyPop2015



L'artiste, arrangeur pour Anna Karina qui vient de nous quitter, ajoute à ses productions de bandes originales celle de 2011, No Man's Land, film de Thierry Jousse. 2019, il dévoue son amour au 7ème art en signant le magnifique Kino Music. Dédié au cinéma par son titre, le disque entier est une ode à la musique cinématographique. La France a perdu Michel Legrand, mais avec Gondry et Tiersen, elle hérite d'une nouvelle 'nouvelle vague' de compositeurs de bandes originales de films. Pourvu qu'elle sache en reconnaitre la dimension.



L'album s'ouvre sur Champ Magnétique au piano champêtre sur la basse sensuelle et addictive. D'emblée, l'ambiance suave plante un décor de cinéma des années soixante à soixante-dix. Corniche Kennedy fait entrer le clavecin, l'ensemble à cordes magistral du Bulgarian Symphonie Orchestra et les cuivres caressants pour orner la mélodie galvanisante. Melancholia offre un tempo bossa magnifique, savamment arrangé par un maitre du rythme puisque Daven-Keller est le prince de la baguette et des caissons. Helena Noguerra vient donner de son grain de voix sur La fiancée de l'atome avant la flute guillerette et la guitare raffinée du musicien français Poppincourt sur Intermezzo Retro qui donne sacrément envie de danser.



Suit Dakota Jim qui avance son groove solide, habillé d'un tempo stylé, griffé du panache de son auteur qui continue de briller avec Jerk où les arrangements sixties et la présence de Claire Tillier au choeurs sont fort réussis. Daiquiri nous invite à siroter un air dans la veine Bacharach, au glockenspiel dandy, à la trompette et aux cymbales romantiques. Arielle Dombasles fait swinguer Salvaje Corazon comme une balade solaire aux amériques latines quand revient la pop juteuse avec Farfisa et sirupeuse avec Sirocco. Les évidentes influences de Morricone se glissent à l'oreille quand la voix cristalline saupoudre Tatoo Totem sur des arrangements rayonnants d'élégance.



La patte éminente Daven-Keller reprend la main sur Easy Tempo, morceau sublime éclairé de clavecin, de cornet et de la batterie pour conduire efficacement vers Cuore Selvaggio, chantée par Mareva Galanter et son sourire gracieux dans la voix. Kino Music, signé sur Kwaidan Records, label tenu par Marc Collin de Nouvelle Vague, montre derechef le talent coloré et réel du maestro nantais. Pierre Daven-Keller, alias DK, est exact et impressionnant, nécessaire dans le paysage musical français et à mes oreilles. Je classe Kino Music dans les meilleures productions de la décennie.
DavenKellerKinoMusic



mardi 17 décembre 2019

Tram Cops

Originaire de Melbourne, Tram Cops signe un premier album en 2016 du nom du groupe suivi en janvier 2018 du fabuleux Even in my dreams, garni de titres un peu lo-fi, rock, tumultueux d’instrumentations qui prêtent à danser sauvagement comme sur les morceaux Stolen Land ou Melbourne que je conseille. Impatient, fertile, l’auteur-compositeur Michael Vince Moin qui conduit Tram Cops signe le troisième volet Not Forever en novembre 2018. L’aventure prend forme, les mélodies montent en puissance, avec des tendances pop psychédélique sixties et seventies. Voici que l’australien se montre encore plus conquérant et brillant en octobre 2019 avec un véritable bonbon pop nommé California Way.



L’album est une météorite qui passe instantanément, spontanément, sans langueur ni ennui. C’est au contraire si divertissant et varié que les plages se succèdent avec délice. Le disque peut s’écouter le matin, ou le soir, en travaillant ou en bullant. Le bijou California Way ouvre ses ailes et des notes bondissantes et énergisantes. D’emblée la notion de mouvement, de voyage s’immisce dans les oreilles. L’instrumentation électronique rythmée et cadencée de Doors serpente légère avant la somptueuse mélodie de Love is all around, enveloppante. La voix chaleureuse de Michael qui parle d’anges s’allie à la perfection à l’ambiance spirituelle lumineuse portée par la guitare. K song enchaine pour un moment instrumental electro-pop abondant en tempo avant de surprendre de surcroît et d’attiser l’attention déjà acquise avec l’air moelleux de Happy as Can Be où les guitares resplendissent sur les ‘shalala’ sixties au tempérament ensoleillé.



Suit le grandiose Love is Real, envahissant par ses arrangements presque atmosphériques, d’une élégance infinie comme sur Hi qui poursuit sans pause avec une musicalité intimiste réussie. Le magnifique saxo sur Kerouac joué par Jaime Sacchero offre un moment sucré sur la guitare joviale habillée de l’esprit beatnik californien. Forever continue sur des harmonies de voix et de synthétiseurs hypnotiques. Tandis que le sentiment amoureux plane sur tout l’album, Flat Earth 102 termine l’écoute dans une ambiance intime et personnelle qui boucle en douceur California Way. Tram Cops contient du Big Star, un mélange de Ultimate Paintings et de Brian Wilson garni de l’inspiration épatante de Michael Vince Moin dont je suis fan et qui c’est évident continuera d’animer nos platines.
TramCops

vendredi 13 décembre 2019

Amber Arcades

Annelotte de Graaf adopte le joli pseudonyme Amber Arcades qu’elle utilise pour nommer son premier EP en 2013, suivi du succulent EP Patiently en 2015 que le label Heavenly Recordings remarque avant de lui proposer une signature pour l’album Fading Lines de 2016. La jeune auteur-compositeur d’Utrecht, Pays-Bas, montre alors un beau talent en jouant des harmonies pop folk, ornée de sa voix posée et décidée. Titulaire d’un master en droit, assure quelques scènes et revient avec nouvel EP Cannonball en 2017 sur lequel elle partage le duo savoureux Wouldn’t even Know avec le musicien anglais Bill Ryder-Jones . BillRyderJonesPiggledyPop2013



2018, l’artiste néerlandaise signe son deuxième album European Heartbreak. Pour toute personne consciente de l’effet néfaste qu’apporte l’UE sur l’esprit européen qui, avant la création de cette ‘europe économique’, était vif et sain depuis des siècles, le disque est pour vous. Si vous aimez Love, Burt Bacharach, Belle and Sebastian, Pale Fountains, le disque est aussi pour vous. Simple Song ouvre le bal indie pop délicieux. Les claviers sixties de Manuel Van Den Berg s’alignent sur les guitares harmonieuses de Annelotte et les trompettes de Rob Quallich et Taylor Barnett, les trombones de Ben Culver et Nathaniel Lee, la basse de Megg Duffy, les violoncelles de Jason McComb et Schuyler Slack, les percussions de Pinson Chanselle et du grandiose Chris Cohen qui taquine la batterie comme un diable tout en assurant l’enregistrement en studio et sa production.
ChrisCohenPiggledyPop2015



Les harmonies de cordes dirigées par Trey Pollard et les notes somptueuses de piano jouées par Daniel Clarke apportent un romantisme serein aux mots qui évoquent le passé, le futur, la mémoire et la rupture sentimentale. Amber Arcades brille à l’édification de mélodies et conforte ce don avec Oh My Love (What Have We Done) où sa voix de velours invite à la suivre. L’orchestration fournie est suffisamment dosée et limpide pour sembler immédiate et spontanée comme sur Goodnight Europe. La musicienne y décrit la déception ‘Europe, I'm sorry, They boarded all your windows and your doors, Now it smells like death is coming up through the floors’ en précisant dans une entrevue “If you go back to the ‘60s, ‘70s, even the ‘80s, Holland was very liberal and invested in art and education and now it seems like we’ve gone the opposite way …”



Evoquant dans un titre précèdent la fuite en van pour la Suisse, le titre Alpine Town parle lui d’une ville au sud de la France. Le tempo suave et sensuel est un régal presque bossa avant le voltigeant et très pop I've Done The Best qui fait danser et sautiller bêtement sur l’air bondissant. Les arrangements fifties dressent les couettes et secouent les socquettes avant Self-Portrait In A Car At Night, sucré et intime, délicat par le chant en écho et la guitare accompagnée des violons. Antoine est une chanson de séparation, glamour mais claire, un titre magnifique de douceur. Puis Where Did You Go lance des guitares rock sur l’orgue psychédélique de génie quand Amber Arcades conclut avec le morceau en or d’une absolue beauté Baby, Eternity où elle déclare sa flamme avec classe “ It's like dancing in a club to your favorite song, And no one's around till the lights turn on”. Les arrangements et les harmonies de cordes font des ricochets élégants sur la basse magistrale de Cameron Rolston pour boucler l’écoute de ce European Heartbreak, album fantastique que je classe au top des productions pop et intemporelles.
AmberArcades



mardi 10 décembre 2019

Jeffrey Lewis

Jeffrey Lewis
est un musicien de Manhattan, un new-yorkais dans l'âme, un peu nerd, un peu punk, passionné de comics et dessinateur de talent. Né en 1975, ses références vont de Lou Reed à Alan Moore, nourries d'une réelle et belle culture du vinyle et d'arts picturaux de tous genres. L'auteur-compositeur aime la culture sixties psychédélique qu'il glisse dans ses chansons en y apportant sa touche personnelle, son caractère souriant et élégamment excentrique.
L'artiste est attachant par son univers coloré, comptant son niveau d'études universitaires qu'il peaufine jusqu'à la thèse de doctorat de littérature dont le sujet est Watchmen. Autant dire qu'Alan Moore est plus qu'un simple centre d'intérêt.



2000, le jeune musicien part passer deux ans à Austin pour se frotter à la scène indie-pop, jouant seul avec sa guitare et vendant ses bande-dessinées après ses concerts. 2001, avec son frère Jack Lewis qui co-écrit les chansons et assure la basse, il signe son premier disque The Last Time I Did Acid I Went Insane, suivi en 2003 de It's the Ones Who've Cracked That the Light Shines Through, en 2005 de City and Eastern Songs, en 2007 de 12 Crass Songs. En 2008 les deux frères partent en Europe pour une série de concerts, accompagnant d'autres artistes comme Devendra Banhart, Stephen Malkmus, Jarvis Cocker, Thurston Moore, etc. Jeffrey parallèlement signe un contrat avec le New-York Times qui publie ses dessins et ses bande-dessinées seront également sous presse en Angleterre dans The Guardian. En 2009 paraît l'album 'Em Are I, en 2011 Come On Boar et A Turn in the Dream-Songs, en 2013 Hey Hey It's...the Jeffrey Lewis & Peter Stampfel Band, 2014 Jeffrey Lewis & the Jrams, 2015 Manhattan, 2018 13 Fall Songs.



Jeffrey Lewis & The Voltage signe ce mois de novembre 2019 un disque formidable, plein d'énergie underground et de finesse dans ses thèmes. Bad Wiring contient 12 titres fabuleux. C'est le producteur Roger Moutenot (à la production des Yo La Tengo et de l'album de Lou Reed Magic and Loss) qui est aux manettes pour l'enregistrement. Le maestro psyché griffe ses textes avec des allusions à New-York, à la musique, aux arts et à l'amour. Avec quelques nuances punk et poétiques qui inévitablement remémore le Velvet Underground, l'esprit de Lewis est rayonnant d'optimisme. Le résultat à l'écoute de Bad Wiring est un bouquet d'enthousiasme mélodique et littéraire. L'album propulse des vitamines dans les oreilles dès les notes de Exactly What Nobody Wanted avec la guitare fleurie de Jeffrey Lewis, la batterie galopante de Brent Cole sur la basse bondissante de Mem Pahl. Le prolifique artiste orne ses mélopées de mots si fournis et expressifs qu'elles attrapent l'attention, séduite et absorbée. La rythmique continue ardente sur Except For the Fact that It Isn't où les voix actives insufflent du tempo supplémentaire.
La mélodie indie-pop de My Girlfriend Doesn't Worry est un délice d'humour à la façon d'un titre de Jonathan Richman sur une déclamation de cinq minutes rappelant le style Bob Dylan. Le clavier rayonne de notes délicates avant les que les cymbales énervées de Depression! Despair! s'alignent sur les guitares toutes aussi électrisées. Til Question Marks Are Told est un sucre d'orge indie qui égrène les moments du quotidien vécus dans la City via des métaphores littéraires puis le thème de la musique underground est merveilleusement mis en partition pop psychédélique dansante et bombée d'orgue sixties avec LPs, titre grandiose excellemment et intelligemment posé au milieu du disque.



Knucklehead/Happy Rain est un break instrumental ravissant qui offre un bruit de pluie et quelques notes jouées à la guitare. Le piano et les clap-hands de Take it For Granted proposent un court moment indie sur le grain de voix presque sarcastique de Jeffrey Lewis qui se fait plus offensif et musclé sur la basse géniale de In Certain Orders, régal bardé d’harmonies dynamiques fantastiques. Where is the Machine qui se rapporte au titre d’album déroule une instrumentation pétillante et douce à la fois où les mots chantés et parlés fondent sur la mélodie qui touche et donne des frissons avant que le tempo marqué et résolu vienne donner envie de danser et chanter avec les américains. L’esprit fin et drôle de Jeffrey Lewis est efficace pour accompagner les airs tous différents et variés et amener sans se rendre compte à la fin du disque. Le dernier titre agrémenté d’harmonica et d’orgue sixties, Not Supposed To Be Wise, est plein d’âme, de conseil amical qui conclut dans l’émotion et la classe. Piggledy Pop classe Bad Wiring dans les meilleurs disques 2019, en écoutant ce bijou de Jeffrey Lewis & the Voltage, sans compter.
JeffreyLewis