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samedi 30 novembre 2019

Boy & Bear

Boy & Bear est un groupe formé à Sydney en 2009, qui compte dans ses rangs les deux guitaristes et chanteurs David Hosking et Killian Gavin, David Symes à la basse, Tim Hart à la batterie et Jonathan Hart à la la mandoline, banjo et claviers. Après trois albums qui ont chacun récolté un beau succès en Australie, aux Etats-Unis et sur le continent européen, Moonfire en 2011, Harlequin Dream en 2013, Limit of Love en 2015, les Boy & Bear fêtent leur 10 ans en septembre 2019 en signant le quatrième volet Suck on Light.



Suck on Light est l’album du miracle. L’auteur-compositeur du groupe Hosking a dû se battre ces trois dernières années avec de graves problèmes de santé qui annonçaient la fin de l’aventure musicale. Pourtant, Boy & Bear gagne dès 2011 le ARIA Music Awards (Australian Recording Industry Association). Derechef en 2013 le quintet est nominé trois fois pour le meilleur groupe de l’année, le meilleur album et la meilleure production. En 2015, ils raflent le prix Golden pour avoir vendu le troisième album Limit of Love à 35000 exemplaires. Le courage et la ténacité de l’artiste le mènent en 2018 en studio d’enregistrement pour peaufiner Suck on Light, pur dans l’orchestration, sensible dans ses paroles et à mes oreilles, le plus bel album des Boy & Bear.


Ce bijou aux allures pop baroque, inspiré des sonorités sixties et seventies, parfois arrangé avec un ensemble de cordes, commence avec le justement titré Work of Art. Le style groovy du piano est solidement chaloupé, orné d’envolées de guitares électroniques et de la voix de Hosking magnifique, comme sur le puissant Suck on Light où le chant absorbe l’attention. La rythmique riche accompagne les violons pour marquer le balancement entre le froid et la chaleur, la nuit et la lumière, image de son recouvrement. Puis Bird of Paradise s’avance grandiose avec la batterie magistrale, les guitares et les voix en chorale qui enveloppent un texte spirituel fort émouvant. L’instrumentation pop de Telescope habillée d’une rythmique de sioux, d’une basse décoiffante, fera sautiller, danser et chanter les amateurs d’indie-pop “It's a challenge though, But I'm convinced there's a second key, Cos through the telescope, I saw Simon and Peter and John on the hill.


Dry Eyes enchaîne avec ses arpèges et ses notes cristallines pour offrir un titre gracieux, annoté de questionnement quant à la religion au moment crucial de la maladie avant Long Long Way, atmosphérique et élancé avec ses harmonies inspirées et alternatives réussies. Le thème de la distance est soutenu par les effets d’écho, les cordes tendues et la basse élastique fantastique. Avec son thème délicat, Off My Head flamboie et fait crépiter les rythmes, qui se font langoureux sur Bad People et somptueusement offensifs sur Hold Your Nerve qui trace un bilan lucide et touchant. La structure synthétique et rock surgit sur Rocking Horse qui tend à opiner du chef fébrilement sur les mots qui parlent du pouvoir de l’amour, de danse et de clarté garnie du jeu de la guitare électrique lumineuse. L’intime BCS revient sur la maladie offrant une instrumentation délicate et un grain de voix à l’aura hypnotique avant que le disque se ferme sur les six minutes impériales de Vesuvius. Boy & Bear signe un Suck on Light plein de mélodies, de musicalité et d’émotions. Le chant de David Hosking avait manqué et l’attente valait son pesant d’or. Piggledy Pop est fan!
Boy&Bear

vendredi 29 novembre 2019

Milk Records

En cette fin novembre 2019, parait la compilation aux saveurs pop sucrées et lactées, Milk on Milk. C'est le label australien Milk Records qui a la brillante idée de réunir ses artistes une fois par an à l'approche de Noël. Ce label de Melbourne est créé en 2012 par les deux musiciennes de renom Jen Cloher et Courtney Barnett. Jen est auteur-compositeur, joue avec son groupe Jen Cloher and the Endless Sea de 2006 à 2010 et Courtney est plus que jamais en activité sur les scènes internationales gagnant un succès fou de jour en jour : CourtneyBarnettPiggledyPop2017

Je vous invite à vous régaler de chaque compilation annuelle, à compter de celle de décembre 2012, Milk! Records 2012 avec des artistes incroyables qui les colorent : Kieran Ryan (Kid Sam), Fraser A. Gorman, The Finks, Hollie Fullbrook (Tiny Ruins) dont je parle en 2015 dans mon billet sur Bic Runga, Royston Vasie, East Brunswick All Girls Choir, Hachiku, Jade Imagine, Hand Habits, Evelyn Ida Morris, Loose Tooth, Dyson Stringer Cloher, Jen Cloher et Courtney Barnett elles-mêmes.



Tandis que le groupe The Finks fait paraitre aujourd'hui le 29 novembre 2019 le magnifique disque Affections que je recommande comme cadeau original à offrir puisque son format est en cassette audio et en série limitée à 100, numéroté à la main, je reviens sur la compilation Milk on Milk, toute aussi précieuse. Elle a la particularité de délivrer des titres chantés et honorés par les autres groupes du label. Elle ouvre sur Tell Her She's Dreamin' des Jade Imagine, chanté ici par Tiny Ruins qui on peut le dire utilise un lexique qui dégaine et flingue. La mélodie indie, alternative, est somptueusement érigée, ornée de rythmiques efficaces qui mettent en valeur la voix de Hollie Fullbrook, fulgurante d'inspiration. Les Tiny Ruins nous offrent en septembre 2019 l'album grandiose Olympic Girls Solo, lui aussi à déposer sans hésiter au pied du sapin. Puis la débonnaire punk si talentueuse Courtney Barnett nous saisit les oreilles avec son jeu de guitare, son tambourin, sa basse gratinés sur Keep On prêté par Loose Tooth et dont Lou Reed aurait surement été mordu.



La surprenante Anika Ostendorf alias Hachiku garnit la compilation en reprenant Body Language de The Finks. La jeune musicienne de 25 ans qui a déjà signé trois EP dont le dernier Shark Attack ce 1er novembre 2019 est bien en route pour d'autres belles productions. Jen Cloher & the String Quartet arrive avec le magique The Body Appears de la patte d'Evelyn Ida Morris qui donne sacrément des frissons tant le titre est voluptueux, boisé, mélodieux et interprété avec finesse. Vient voltiger le DOG FM des East Brunswick All Girls Choir, titre assuré au chant par Sarah Farquharson et par Olivier Mestitz, l'auteur-compositeur et chanteur de The Finks qui pour ce morceau est à la batterie.



Puis Jade Imagine reprend Dream Wave de Tiny Ruins avec une classe et une grâce infinies avant le génial Nameless, Faceless de Courtney Barnett, revu par Evelyn Ida Morris qui lui apporte une note de douceur fort réussie. East Brunswick All Girls Choir revisite le Polar Bears du premier EP d'Hachiku avec un panache rock'n roll grandiose avant que Loose Tooth revienne sur Name in Lights signé de Jen Cloher pour l'orner de style indie blindé de charme. Les artistes du label australien sont inspirés, resplendissants de personnalité et de charisme. Milk on Milk est, vous le comprenez, un clin d'oeil à Bob Dylan tout en laissant voguer l'esprit du Velvet Underground et dessinant un ensemble d'une beauté rock, pop indie, de toute beauté.
MilkRecords



jeudi 21 novembre 2019

The Minders

J'écris ici sur The Minders en 2012 "Valeur sûre du label américain Elephant 6 qui compte nombre de groupes excellents comme les Essex Green, Ladybug Transistor, Of Montreal, Apples in Stereo, Neutral Milk Hotel etc..., The Minders apparaissent en 1996 en signant main dans la main avec Robert Schneider fondateur du label Elephant 6 et leader des Apples in Stereo, le Ep Paper Plane. Mais la route des concerts commence réellement pour eux en 1998 avec l’album Hooray for Tuesday qui sera un succès marquant dans l’indie-pop.



Avec l’âme des Beatles dans les cordes, des Beach Boys dans les voix et les notes ensoleillées, Martyn Leaper qui est à l'origine du groupe avec Tammy Ealom qui formera plus tard Dressy Bessy, est un auteur-compositeur de grand talent. Il écrit ses chansons en sachant leur donner tous les bons attributs en tant qu’ingénieur et producteur de studio. Le groupe en perpétuelle mutation, quitte Denver pour Portland et enregistre Golden Street en 2001; Suit The Future's Always Perfect en 2004 puis It's a Bright Guilty World en 2006. Ces trois albums géniaux sont construits avec préciosité et les arrangements sunshine-pop, orchestral-pop aboutis et lumineux sont époustouflants. The Minders sont devenus des références dans le domaine pour beaucoup les groupes émergents depuis 2000. En 2011, ils nous offrent une compilation d’inédits, Cul-De-Sacs and Dead Ends et réitèrent en mars 2012 avec Cul-De-Sacs and Dead Ends vol 2. "
MindersPiggledyPop2012



2013, parait le fabuleux titre It's Gonna Break Out! qui ouvrira le quatrième album studio à venir en 2016 Into the River. The Minders frappent fort dès les premières notes du disque avec des arrangements pop finement orchestrés de violons, de basse et de joyeux sifflements qui donnent d'emblée sacrément envie de danser. Le travail de production est dirigé par l'ingénieur Lawrence Crane, également producteur d' Elliott Smith, M.Ward, Go- Betweens, entre autres, qui offre son savoir-faire au groupe, l'auteur compositeur, guitariste et chanteur Martyn Leaper, le bassiste Alex Arrowsmith, le guitariste Jeff Lehman, la batteuse Karen Page et le pianiste Joe Kincher. Natalie suit en déroulant du rythme, de la mélodie, du charisme dans le chant et en insufflant une belle dose d'énergie dans les 'hoo hoo hoo' en chorale. L'orchestration de cordes symphonique est joyeuse, hautement cordiale sur Heart of the Heartaches couronnée d'un accompagnement de cuivres rutilants et du piano boogie qui apporte une touche de pop sixties.



Le grain de voix rieur de Martyn va comme un gant à l'ambiance festive, comme sur Summer Song au tempo soutenu et absorbant. Les mots ensoleillés et colorés se marient magnifiquement aux violons et à la basse trottinante avant le piano gracieux d'Into the River ; 3 minutes de douceur spirituelle intense et cristalline. Puis le rythme s'envole grandiose sur les claviers psyché de I Know Where D.B Cooper Lives alliés à la guitare griffée garage fifties malicieuse pour laisser place à la fantastique Needle Doll et ses guitares électriques panachés de clap-hands. La pop de génie resurgit sur Terry, bondissant et solide, au style alternatif et mordant à la manière des Smiths avant Jubilee et ses harmonies de guitare ornées de la brillante batterie. Karen est aussi épatante avec ses baguettes qu'au chant sur Into the River Pt en duo avec Martyn. Le dernier somptueux titre I Hope I Don't Let You Down convoque tout le talent des Minders qui reviennent pour notre plus grand plaisir ce mois de juin 2019 avec le single Let's Go Driving que je classe dans le top 10 des titres 2019 sur Piggledy Pop tant il contient toute l'excellence du groupe qui compte dans mes favoris depuis vingt ans.
Minders



vendredi 15 novembre 2019

Redd

Redd est l'alias d'un formidable musicien normand, Frederic Fugen, professeur de musique dans la vie et dans le haut du chapeau des musiciens français. Guitariste hors normes, il compose et écrit des mélopées rock et pop en y apportant son grain de voix exceptionnel. Ses références vont des Who aux Beatles et sa sensibilité britpop resplendit dans ses créations au son pop dont le spectre s'étend de la ballade au psychédélisme. Non débutant, il joue dans diverses formations. La musique est viscérale, familiale et partagée chez les Fugen puisque ses frères, Mathias et Gregory Fugen, multi-instrumentistes, jouent dans Joad, groupe de Rouen et dans la formation The Beatles' Artifact avec Frédéric.




Redd est un projet récent, avec le deux titres 1st Single paru en 2018 à son actif et en plein travail pour d'autres titres fabuleux que j'ai eu la primeur et l'honneur d'écouter. Professionnel au chant, guitares, basse, orgue hammond, piano, harmonica, Frédéric aussi inspiré que techniquement épatant, offre ce mois d'octobre 2019 le deuxième volet Songs for a Cloud entouré des musiciens Fabien Cousin à la basse, Mathias Fugen aux claviers et guitares, Pascal Geudin à la batterie, Baptiste Cottereau à la guitare. Le bijou de cinq titres ouvre sur le voltigeant The Devil's Inside et ses guitares aiguisées, ciselées pour s'attacher à la perfection au chant de Monsieur F. Le titre solide est blindé de groove, de notes dansantes, de cordes électriques magnifiques. Puis Song For A Cloud suit aussi galbé d'harmonies pop sixties dans les touches jouées à l'orgue que dans le chant qui fait du hula-hoop à la hauteur du format alternatif bondissant des partitions.


Dead-End Love enchaine musclé dans son tempo et dans ses mots amoureux. La qualité de la composition est évidente, presque déroutante de qualité avec les choeurs pétulants et les instruments rutilants. La pyrotechnie rock poursuit sur Face The Day et ses accords énergiques, son chant dynamique, son tempo qui marie basse, batterie et clap-hands fort réussi sur l'harmonica frondeur. Redd joue un rock'n roll flamboyant sur m.l.s.c.f.o.j. garni d'un blues épique qui séduira les amateurs de Lloyd Cole and the Commotions, Martin Carr, Beatles, Ride, George Harrison. Songs for a Cloud est un moment de rock malicieux et tonique que je recommande chaudement.
Redd

lundi 11 novembre 2019

Theatre Royal

Je suis sensible et attentive au travail de Theatre Royal qui ne cesse de produire une britpop de qualité. Inspirés et efficaces, les musiciens offriront le 22 novembre le Ep Incidental Friend que je savoure en boucle depuis plusieurs jours. Les quatre titres qui le constituent sont des bonbons pop, marqués par l'identité du groupe, ce qui me plait davantage. Il montre du tempérament dans la composition couronné d'une inspiration fertile, griffée et estampillée. De chanson en chanson, d'année en année, les notes jouées par les anglais sont royales et mon inclinaison se renforce.



Je présentais le groupe l'an passé ici : "Theatre Royal, originaire du Kent, différentes villes, différents châteaux, fait briller sa pop depuis 2009 avec à son actif quatre splendides albums From Rubble Rises en 2010, At The End Of A River, The Sea en 2012, We Don't Know Where We Are en 2014 et ...and then It fell out of my head en 2017, agrémentés de plusieurs EP et singles. Les quatre musiciens Oliver Burgess et Robbie Wilkinson qui se partagent la composition, le chant et les guitares, Brendan Esmonde est à la basse et Jon Gibbs à la batterie jouent une pop vive et dévorante dans la manière de l'interpréter au chant et dans l'instrumentation fièrement nourrie de britpop. Les influences vont du Velvet Underground, aux Beatles, The Pale Fountains, Blur, New Order et le quatuor retranscrit avec sa veine cette jolie sève artistique. La musique irradie d'harmonies, avec une belle immédiateté et spontanéité. Porteur de l'âme indiepop et armé de courage pour enregistrer la plupart du temps en direct par manque de budget, le résultat sonne frais et naturel, pas alambiqué ni prétentieux. Les titres en gagnent une belle énergie et une valeur certaine. Theatre Royal, constant, a en bonus, une pléiade de mélodies efficaces dans son escarcelle."
TheatreRoyalPiggledyPop2018



Le splendide Ep ouvre sur le titre Incidental Friend que je classe au top des chansons produites en 2019. Tout y sonne fabuleusement. L'harmonica sur la voix d'Oliver est du sucre d'orge et la guitare acoustique qui sillonne les harmonies sur le tempo de la batterie forme un ensemble miraculeux. Progressive, la mélodie poursuit son ascension sur les paroles au charme fou. La rythmique sacrément énergique dans les guitares, la basse, le chant et la batterie maintient l'envie de danser sur Turn From Sleep. La belle solidité dans les arrangements de Done is Done accompagne la voix d'une puissance élégante qui sculpte un titre aux allures traditionnelles et populaires fort entrainantes. L'enchantement continue sur le rock de September Comes et ses guitares machiavéliques garage-pop, son tambourin survolté, ses voix musclées. Theatre Royal signe un Ep de génie qui tient dans la lignée des Franz Ferdinand pour son profil spontané, vif et rebelle. Incidental Friend est classé dans le top 10 des EP 2019 sur Piggledy Pop, disponible dans 10 jours. A vos agendas!
TheatreRoyal

mercredi 6 novembre 2019

Scott Gagner

Je suis une grande admiratrice du travail de Scott Gagner et son nouvel album Hummingbird Heart paru en juin 2019 mérite toutes les attentions. La mienne est déjà affûtée depuis cinq ans.
2014 : 'Scott Gagner est un auteur-compositeur qui à San Francisco évolue depuis des années sur scène en gagnant une belle renommée et une estime des musiciens en les accompagnant à la batterie. Il se lance en solo en 2007 avec l'EP de 5 titres, Cartographer puis continue son aventure en 2011 signant l'opus Rhapsody in Blonde, rock, pop coloré et varié mariant le psychédélisme et la power sur des mélodies fabuleuses . En janvier 2014, le musicien opère un bien bel album plein de sensualité et de sucreries sonores nommé Rise & Shine.'
2018 : 'Je l'écoute depuis qu'il est paru en octobre 2017, Pins & Needles est un des meilleurs albums de l'année. Troisième album du californien Scott Gagner, il est orné de pop, de soul, de lignes de guitares rock et folk avec un tambourin et des choeurs sixties à empourprer les lobs d'oreille. Scott invite en studio des pointures au don ardent, Ken Stringfellow (The Posies, Big Star, R.E.M.), Michael Urbano (Todd Rundgren, Sheryl Crow, Paul Westerberg), Pete Thomas (Elvis Costello, Ron Sexsmith, Matthew Sweet) dont Tom Waits dit de lui qu'il est « l'un des meilleurs batteurs de rock encore en vie ».'
ScottGagnerPiggledyPop2014
ScottGagnerPiggledyPop2018





Pour ce magnifique Hummingbird Heart on retrouve dans le studio d'enregistrement l'ami Ken Stringfellow (The Posies, Big Star, R.E.M.) et le dernier venu Jesse Chandler (Midlake, Mercury Rev, John Grant). Scott se charge du chant, de la basse, batterie, guitare, piano, et claviers, Ken lui assure synthétiseur, guitare acoustique, tambourin, chant et Jesse des claviers et des cuivres. Avec eux, la clique est complétée par les mêmes fidèles musiciens : Jon Chi et Arnie Kim à la guitare électrique, Jason Slota à la rythmique, Mark Calderon à la basse et Omega Rae pour les choeurs. Le disque s'ouvre offensif et joyeux sur Bella, avec des guitares rock et une batterie pop à souhait pour une ode à sa fille de six ans qui inspire joliment papa Gagner.

La dansante Baby Gets What Baby Wants enchaine ciselée d'un tempo solide et panaché d'instruments pour décrire une diva exigeante avant le langoureux End of the Beginning arrangé de voix en écho pour évoquer le questionnement, leitmotiv du disque 'entire spectrum of the human experience'. Dans l'éventail d'expériences il y a le divorce comme sur Other People et la disparition d'un être aimé sur le mélodieux Weeping Willow.



Les titres balancent entre les thèmes et les ambiances rythmées ou duveteuses avec toujours des images de la nature, du paysage et des saisons. De ses expériences il y a son statut de père qui revient sur Hummingbird Heart et de mari avec le passionné You Can't Break a Broken Heart mais il y a aussi celui de musicien magnifiquement souligné sur Two Guitars, Bass, and Drums qui a mes oreilles est un bijou.

Breath est un bol d'air d'harmonies et de paroles oxygénées rappelant le feu qui aura ravagé la maison du musicien et causé un départ précipité. La vallée californienne est d'ailleurs mise en lumière sur la mélodie bluesy de Just a Boy où Scott plonge dans des souvenirs touchants. L'atmosphère nostalgique poursuit sur le tempo tendre et doux de When I Had the Chance avant la splendide reprise de Neil Young, Philadelphia et le dernier titre si éclatant d'harmonies. Put a Little Beauty termine le disque comme il a commencé, avec de l'espoir, de la lumière et du coeur que Scott Gagner ouvre en grand. Hummingbird Heart roucoule des notes pop scintillantes et des paroles d'une beauté musicale pleines d'intimité et de profondeur.
ScottGagner

mardi 5 novembre 2019

Doug Tuttle

La première chose à savoir au sujet de Doug Tuttle est que nous sommes en présence d'un guitariste grandiose. Ensuite, c'est un auteur et compositeur, multi-instrumentiste, arrangeur et producteur de petits airs pop psychédélique à couper le souffle. Ses arrangements sont déjà inspirés quand il apparait à Boston en 2007 pour former un duo avec une musicienne dont il se séparera. Le duo ne dure pas deux ans, l'idylle non plus mais c'est pour notre plus grand régal puisqu'il en sort en 2014 un premier album solo d'excellence de 11 titres nommé Doug Tuttle. Il y est question de rupture sentimentale pourtant à la Saint-Valentin 2016 parait le magnifique It Calls on Me, suivi en 2017 de Peace Potato au son extraordinaire que je conseille, plus pop que son opus, doré de psyché seventies. Tout en parcourant le territoire américain et nombre de scènes pendant l'année 2018, il compose un petit bijou très stylé indie-pop alternative et addictive : Dream Road sort ce mois de mai 2019.



Dream Road est un album somptueux. Il évoque évidemment le voyage, une route à tracer dans un mouvement favorable, non pas une fuite. Des pas en avant, Doug Tuttle en fait des géants, nous invitant dans ses balades qu'on accepte en sautillant. Dès les notes de guitare de I'll Throw It All Away, la grâce surgit avec une construction fine digne de George Harrison, Grandaddy, Elliott Smith, Big Star, Guided by Voices. Le charme continue d'opérer avec Twilight qui gonflé d'une ritournelle jouée avec délicatesse est aussi incrusté de regrets. Arrive le dansant et rythmé Long Day to Your Home qui trottine avec impatience sur sa guitare électrique fantastique et le tambourin magique. L'énergie de But Not for You passe des regrets à la rancune, les partitions langoureuses gagnent du terrain sur des paroles mordantes joliment interprétées. L'harmonie pop de Did You Need Someone poursuit l'enchantement avec ses notes de basse confiantes et bondissantes qui préparent à l'explosion de riffs de guitares sur Well I Guess, bonbon mélodique réussi où le tambourin revient taquiner la batterie.



In This World Alone poursuit l'effet spirale absorbante et Doug Tuttle montre un pouvoir certain pour l'écriture de pépites pop. L'ambiance est entrainante, la mélodie et les effets de voix sont engageants, comme sur le tempo juste et ciblé de Can You Feel It. L'auteur mélodiste séduit par son pragmatisme dans les mots et dans sa façon d'établir les refrains-couplets qui s'enchainent de manière limpide. Chaque titre tient d'un talent sans faille et notable sur All Alone, une pure merveille planante. La fin du disque arrive trop vite avec Fade qui attrape toute mon attention pour me convaincre et me séduire tant la mélopée est résolument pop et performante. Les amateurs de Badly Drawn Boy seront appâtés. Les arpèges de guitares, la batterie enthousiaste, le tambourin, le moog et la voix parfaite  sont sculptés d'une main de maitre et le travail élégant de Doug Tuttle, Dream Road, est simplement fabuleux.
DougTuttle

samedi 2 novembre 2019

Mike Vass

Mike Vass est un artiste écossais dont ses terres des Highlands peuvent être fières. Auteur, compositeur, arrangeur, producteur, enseignant la musique, il joue enfant du violon, puis de la guitare et du piano. Il se produit sur scène très tôt avec sa soeur jumelle Ali et remarqués illico, ils remportent le prix du meilleur espoir décerné par le Scots Trad Music Awards. En 2008, c'est l'envolée du multi-instrumentiste. Il intègre le quartet qui accompagne Malinky et sillonne les scènes internationales pendant cinq années au sein de la formation folk traditionnelle sans cesser d'écrire et de composer. Son opus, String Theory, au nom évocateur, parait en 2010. Il est suivi du travail à quatre mains avec Ali Vass de Waiting to Fly en 2011 où ils rendent un hommage vibrant à leur ville natale Naim aux confins des Highlands qui borde l'océan. 2012 le musicien signe DecemberWell et son titre Doors, époustouflant, écrit pour un quintet de cordes et ensemble de cornemuses, inspiré de l'oeuvre d'Aldous Huxley.



En 2013 Mike est hospitalisé pour une neuroborreliose (Lyme) qui nécessite un traitement lourd, avec des plongées dans le coma. Le marin est solide. Sorti, il s'embarque plusieurs mois sur un bateau, aimant naviguer depuis sa tendre enfance. In the wake of Neil Gunn parait en 2014 et déclenche une vague de récompenses par ses pairs. Les compositions renversantes de l'album retracent les écrits du romancier Neil Gunn, figure de proue du mouvement littéraire de la Renaissance Ecossaise. Le disque marie les instruments traditionnels et des partitions féériques, hautement mélodiques, qui arrivent comme des météorites à un moment où les sociétés musicales dominantes sont salement taries. Pour Mike Vass, le nerf de la guerre est le retour aux sources musicales et culturelles ; Les siennes, sont vives.



Il est prolifique. Inspiré, talentueux, il tient notre écoute en alerte et a le don de nous emmener au fil de ses créations instrumentales. Il embarque aussi avec lui d'autres artistes comme Mairi Campbell qui chante à ses côtés, donnant avec des paroles un nouveau souffle aux airs. Il prend à bord (au sens propre) son frère Martin pour partir à l'aventure sur 2500 mile entre l'Irlande, le Pays de Galles, l'Espagne et le Portugal. De cette expérience partie de la source, le Clyde, le maestro écossais enregistrera le fabuleux Notes from the boat en 2018, album où il invite une pléiade de compatriotes au chant ou parler. Ce bijou mélodieux trace le sillon à Save His Calm, album de cette année 2019 pour lequel Mike Vass non seulement, compose, joue et écrit des chansons impressionnantes de beauté mais aussi pour la première fois assure le chant. Quelle réussite ! Son grain de voix est splendide. Sa sensibilité de highlander resplendit le long des neuf pistes. Louis Abbot est à la batterie, Tom Gibbs à la clarinette et piano, Su-a Lee au violoncelle, Philip Cardwell à la trompette, Euan Burton à la basse et Fi Vass au chant offrent un panache jazzy au folk traditionnel. Les textes sont nourris de son vécu, de celui de ses proches et ornementés d'images poétiques, de termes lyriques qui dessinent un ensemble homogène délicieux.



L'album ouvre sur They Never Found Me, langoureux et sentimental qui entre les lignes, égrène les facettes de la personnalité de Vass et la maladie. Elle se découvre avec parcimonie, pudeur et retenue. La guitare de Done With Calling You, merveilleuse, fait place aux autres cordes et au chant, chaleureux et poignant. La grâce continue son chemin avec le mordant The Rainbow Of Your Last Days qui délivre un tempérament racé sous sa cape poétique, revêtue sur le compte à rebours plein de regrets de Just Enough To Let The Light In, mis en exergue par l'instrumentation délicate qui va comme un gant à l'aveu. Gates of Saints suit, touchante. La mélodie sablée, garnie de piano et de trompette, de la guitare acoustique absorbante, de la voix majestueuse de Mike accompagnée de celle Fi, évoque l'hôpital, sa rencontre avec un homme malade à qui il dédie son souvenir. L'étreinte de la mélancolie continue sur Clutching At Straws, décrivant l'amour d'un vieux couple, une histoire épistolaire aux allures d'un autre siècle comme sur Fly où le passé surgit, décrivant un amour courtois, valsant et aérien, sur des harmonies de piano à quatre temps.



L'assurance et la détermination éclaboussent As I've Grown Older par le choix des mots et dans les arrangements tempétueux de la batterie et des cuivres qui réveillent d'un sommeil prolongé, subi. La joli combativité est de mise dans le dernier titre Walk With Me And Meet My Children qui souligne la douleur de perdre un frère en étant encore très jeune avec sa vie à construire devant soi et ce manque irréparable permanent . Mike Vass sait nous cueillir, nous prendre par la main pour traverser ses histoires et ses mélodies à la texture boisée et iodée d'une douceur infinie. Puisqu'il jette l'ancre, a décidé de vivre sur son bateau, quelque part dans le nord de l'Ecosse, ses ressources n'ont donc pas fini d'être explorées. Ce 22 octobre 2019, il nous le montre avec son nouveau single plein d'agrément, Farewell Sweet Harmony. Mike Vass a accroché toute mon attention, je classe Save His Calm dans les dix meilleurs disques 2019. A vos casques moussaillons et longue vie à l'Ecosse!
MikeVass