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samedi 19 octobre 2019

The Cure ‎– 40 Live (Curætion-25 + Anniversary)

Le coffret 'boite à trésors' est sorti hier le 18 octobre 2019. Si vous laissez fureter vos yeux sur Piggledy Pop c'est qu'inévitablement, vous faites partie des bipèdes aptes à déposer ce magnifique objet au pied du sapin de Noël. Il s'agit simplement d'un petit bonheur sonore et visuel de 9 heures regroupant 40 ans de carrière et les deux dernières époustouflantes performances scéniques du groupe The Cure en 2018. The Cure et leurs fans fêtent leurs pop noces d'émeraude et le bijou est multi-facettes : quatre éditions différentes, deux DVD ou deux Blu-Ray avec quatre cds, ou deux DVD ou deux Blu-Ray présentés avec un livre et les quatre cds. Les superlatifs manquent! Cette parution est gigantesque.



Le bijou offre un premier concert enregistré au London’s Royal Festival Hall lors du Meltdown Festival organisé par Robert Smith lui-même. Ce live magique et impressionnant reprend dans l’ordre chronologique un titre des treize albums des anglais, enchainés par deux inédits et poursuit avec treize autres titres dans le sens inverse chronologique. Ce premier dvd ou blu-ray nommé From There To Here | From Here To There est une vague rock'n roll, un zoom en spirale de la carrière du groupe mythique. Le deuxième live est enregistré le 7 juillet 2018 à Londres, Anniversary: 1978-2018 Live In Hyde Park London et propose 1 heure et 35 minutes de rêve curesque avec ses 39 titres.



Les fameux musiciens de Crawley dans le Sussex, l'auteur-compositeur, chanteur, guitariste Robert Smith, le bassiste Simon Gallup, le batteur Jason Cooper, le clavieriste Roger O’Donnell, le guitariste Reeves Gabrels sont charismatiques. Le grand Bob chevauche depuis 1987 avec Simon et Roger. Jason arrive dans l'équipe aux cheveux hirsutes en 1995 et Reeves en 2012. Reeves Gabrels est guitariste de David Bowie de 1987 à 1999, il devient ami avec monsieur Smith en 1997 pendant le concert du 50e anniversaire de Bowie où The Cure est invité.
Robert Smith a 60 ans. Il brille constamment, il offre une infinité de chansons qui nous vont droit au coeur, comblées de nouveautés extraordinaires. Jetez-vous sur 40 Live – Curætion-25 + Anniversary. The Cure s'est frayé un chemin dans le rock alternatif il y a 40 ans et le retrace ici et aujourd'hui avec un talent immuable, toujours aussi ébouriffant et sans pareil.
TheCure



mardi 8 octobre 2019

Dropkick

Dropkick est un groupe formé en 2001 sur la côte Est de l'Ecosse par les deux frères Andrew et Alastair Taylor avec un ami d'enfance Ian Grier. En presque vingt ans, une quinzaine de disques, treize albums et des Eps, Dropkick a parcouru des styles allant du post-punk à aujourd'hui de la power-pop, influencée par les Byrds et Wilco. Les passages soutenus sur les radios anglo-saxonnes, leur présence sur de grandes scènes de festivals, agrémentent leur renommée et les artistes écossais restent inspirés, toujours exacts au rendez-vous. J'ai pu apprécier le talent de performance d'Andrew lors d'un concert privé cette année dans un appartement parisien et son charisme nous a tous hypnotiser. L'artiste a une présence impressionnante, de la technique, une voix magnifique, pour réussir à figer l'attention de l'audience et la faire voyager.



Tandis que se joue la coupe du monde de Rugby, Dropkick tape et marque avec la parution de Somewhere To Be cette rentrée 2019. Andrew écrit et compose, est au chant et guitare, Ian Grier au piano, synthétiseur et guitare, Mike Foy à la batterie et le dernier venu d'Edimbourg en 2018, Alan Shields à la basse, chant et guitare. Alan participe à l'album précèdent, Longwave, que je conseille ardemment aux amateurs des Teenage Fanclub. Cet album est plein de fraicheur panachée de lignes de guitares mélodieuses, inhérentes à la pop. Dropkick poursuit dans l'excellence avec Somewhere To Be, premier titre de l'album du même nom et je me dis que décidément, l'Ecosse...Ce n'est pas un pays, les archéologues pourront toujours creuser à la recherche du fossil pop, c'est bien là dans les highlands que se trouve le berceau de l'indie-pop!

Dès les premières notes, l'élégance se faufile entre les partitions et dans le chant. Les arrangements voluptueux sont déployés délicatement pour former un titre émouvant. Le terreau artistique est fertile, comme leur fief, thème cultivé dans les paroles comme sur la majestueuse What I Really Mean où Taylor se livre 'part of me lives in the past' et sans trébucher, trace un bilan pour se relever et continuer avec cette belle intransigeance et pugnacité lyrique.



Le piano et les guitares s'allient brillamment sur le tempo engageant de Make A Difference qui relate une rupture sentimentale sur une pluie de slides country. Have to try est une courte mélopée qui déploie une myriade de voix sur la guitare boisée qui poursuit sur Growing Older Than You gorgée de sensations sur des arpèges et des rythmiques cadencées qui relancent le clavier langoureusement psychédélique. Le répertoire du ménestrel est mélancolique, mais pas linéaire. Il réussit avec une honeteté brute à arrondir ses mots et ses harmonies, trancher avec courtoisie sur More Of The Same utilisant la nature et le paysage coloré comme décor. Les rythmiques dans l'instrumentation raffinée et les voix à l'unisson en crescendo s'approchent d'un battement de coeur quand Be Ok effeuille des accords de guitares subtiles pour produire une merveille pop.



Is It Something I Said? égrène les sonorités folk avec la contribution de Iain Sloan à la guitare offrant un écho à Big Star. Dropkick a un don pour composer des pépites à la fois langoureuses et énergiques, associant sensualité et une orchestration boisée et franche qui fait mouche. Arrive le grandiose In/Out et son avancée alternative addictive, une perle pop comme Andrew Taylor sait concocter à la manière de ses amis écossais The Wellgreen avec qui il partage la scène. Somewhere To Be s'achève sur le splendide New Chapter où la voix danse légère et lumineuse sur la guitare intime, confidentielle, qui annonce pourtant une prompte suite de nouvelles chansons en 2020.
Dropkick

dimanche 6 octobre 2019

Vetchinsky Settings

Vetchinsky Settings est le nouveau projet de James Hackett et Mark Tranmer qui signent ce mois d'avril 2019 un premier single nommé Anymore. Ces deux artistes de Glasgow ne sont pas des débutants, que nenni! Les deux auteurs-compositeurs sont même des noms gravés dans le marbre, fleurons de l'indie-pop écossaise. James Hackett est le meneur de The Orchids formé en 1985 et signé chez Sarah Records. Je vous invite à vous procurer la compilation Who Needs Tomorrow... parue en september 2017, belle rétrospective comprenant vingt célèbres titres du groupe avec un disque bonus de raretés pour fêter le 30ème anniversaire du groupe. Hackett participe également cette année à une autre fabuleuse compilation qui compte une liste incroyable d'artistes indépendants, Big Gold Dreams - A Story of Scottish Independent Music 1977-1989.
The Orchids sont sur Piggledy Pop, évidemment : TheOrchidsPiggledyPop2014

Mark Tranmer conduit depuis 1999 le fabuleux duo The Montgolfier Brothers et le projet GNAC en ayant auparavant mené St. Christopher dès 1984, signé chez Sarah Records. Il nous comble également de mélodies vibrantes depuis plus de trente ans.



James et Mark réunis forment un noyau prolifique et inspiré qui a connu l'ère des cafés-concert, des cassettes audio et vinyles puis l'apparition du cd et du digital, du mp3 tout-venant, et signe Anymore en avril 2019 comprenant 3 titres au cachet perceptible. L'objet est magnifique, tout blanc, un vinyle épais comme de la porcelaine avec des gravures dorées signées Timothy O'Donnell qui démontre un goût aigu pour l'esthétique jusqu'en bout de la chaine. En la matière, leur album Underneath The Stars, Still Waiting à paraitre ce 25 octobre 2019 est prometteur. Pour mettre l'eau à la bouche, Vetchinsky Settings propose deux titres en écoute avant cette sortie. Accidental Beauty et Passenger. Alex Vetchinsky est un grand réalisateur anglais du début du XXème siècle, figure du romantisme en noir et blanc. Mark qui aime le cinéma et donne un profil cinématographique à ses chansons compose avec James des mélopées nostalgiques, cristallines, qui font resplendir cet art mêlé à la notion de voyage, de distance développant le manque et le désir. Les chansons gainées, sculptées à deux mains et interprétées avec charisme sont auréolées de douceur et de majesté. Voici une précieuse invitation à la beauté et aux émotions tendue par Vetchinsky Settings, à saisir absolument.
VetchinskySettings



vendredi 4 octobre 2019

Arborist

Alors que nous apprenons la disparition de Kim Shattuck, qui a remplacé un temps la bassiste Kim Deal au sein de Pixies, cette dernière participe avec sympathie au premier single d'Arborist en mai 2015. Le duo signe un titre magnifique qui saisit et fait frissonner tant il est mélodieux et gracieux. Kim Deal n'a surement pas hésité une seule seconde à l'écoute de ce bijou pour accepter l'invitation du musicien irlandais. Arborist est le pseudonyme de Mark McCambridge, originaire de Belfast, auteur-compositeur impressionnant de talent. Les critiques rock de la plus grande presse en la matière manque de termes élogieux : "magnificent", "stunningly beautiful debut", "sonic equivalent of a painter’s brush", "impressive", "wonderfully realised on debut". Les compliments pleuvent et comme j'imagine que la pluie ne fait pas peur à Arborist, je me joins à la clique pour y ajouter mes épithètes.



Arborist fleurit son aventure en janvier 2016 avec le sublime A Man of My Age. La chanson trace un bilan sur l'existence encore courte d'un jeune homme mais qui déjà se sent confronté au danger et à la mort. Le sujet est amené sur une ritournelle enlevée et rythmée ornée d'un beau panache dans l'instrumentation, guitares, piano, cuivres, batterie et le violon superbe de Luke Bannon. Ce titre apparait sur le fabuleux premier album Home Burial en novembre 2016.
Mark McCambridge signe un disque grandiose, montrant son goût pour la littérature, la poésie, nous contant des scenari émouvants sur chacun des titres. Il fourmille de mélodies inspirées et attirantes, arrangées avec finesse et un don inoui pour l'écriture de textes qui embarquent et garnissent généreusement l'imagination.



A Crow ouvre l'objet, vibrant. Il émane de la mélodie et du chant une lumière aveuglante au coeur de la nuit, le décor est planté, l'attention absorbée. On suit donc l'éclaireur Arborist dans son Dark Stream, au tempo pop chaloupé et lumineux. La voix et la guitare de Mark se marient à merveille au thème mirifique et aux arpèges bondissantes de guitares, aux notes joyeuses du piano de Richard Hill, de la basse de James Heaney, de l'autre guitare rutilante de Jonny Ashe, de la trompette de Richard Crawford et du cor de Tom Kane.
La batterie est judicieuse, dosée de manière élégante, hautement maitrisée par Ben McAuley qui est aussi le producteur et ami d'enfance, accueillant Arborist dans son studio d'enregistrement Start Together. Suit A Man Of My Age avant le somptueux I Heard Him Leaving qui nous cueille dès les premières notes de guitare et la tonalité puissante du grain de voix qui dessine l'histoire d'une séparation sentimentale qui finit très mal. Malgré le profil dramatique, l'instrumentation sautillante est agrémentée du violon de Bernadette Morris comme pour Rules of the Burial, portée par la guitare de Colly McClean. Dans ce titre clin d'oeil à l'auteur Cormac McCarthy, les harmonies du piano voguent sur les envolées de cordes et le tempo des balais frottés sur les caisses accordés à l'émouvante trompette de Linley Hamilton, musicienne de Van Morrison, maintiennent l'effet de mouvement.



Dans cette avancée, le duo chaleureux de Arborist avec Ellen Turley resplendit à la lueur duveteuse de la lune sur le langoureux The Force Of Her WillRichard Hill quitte son piano pour ennoblir sa clarinette. Après Twisted Arrow qui ne manque pourtant pas sa cible, l'enchantement continue avec Incalculable Things, sa grosse caisse gaillarde, le gazouillant du glockenspiel, le violoncelle de Zarah Fleming, la guitare de Jonny et le chant conquérant. 
Paris, une carte postale, une histoire d'amour, une guitare enflammée et The Broken Light fait trembler, si émouvant quand Mark chante 'it's not the city that leads me to you'. Le roulement de tambour sur le piano romantique de Master, son solo de guitare électrique écorché vif dessine une intimité couronnée d'un nom, un nom secret et impénétrable. Le dernier morceau est un poème de Pablo Neruda, A Fisherman, qui se glisse au bout du microsillon à la perfection pour boucler Home Burial, un joyau mélodique avec sa pochette dessinée par Peter Strain, que je classe au top des disques chroniqués sur Piggledy Pop.
Depuis, Arborist qui parle très bien français pour avoir vécu quelques temps dans le sud de la France, continue son chemin et son chef d'oeuvre en signant à Noël dernier trois chansons bonus qui complètent Home Burial et qui font, à l'image de l'arborist, vraiment monter aux branches.
Arborist



jeudi 3 octobre 2019

Seazoo

Je chronique Seazoo en 2016 : " le profil indie-pop doté d'un esprit bon-enfant se dessine clairement. En signant les premiers EP de 2013 enregistrés home-made, Ken et Dog Hotel, (...) les Seazoo gagnent immédiatement l'attention des médias." "Seazoo, Ben Trow à la guitare, composition et au chant, Llinos Griffiths au clavier et au chant, Steffan Owens à la batterie et au chant, Dan West à la guitare et Mike Smith à la basse, invités à partager un live par Mark Riley, jouent sur les scènes du Pays de Galles et d'Angleterre." 
Le single de décembre 2014 Happily Taking Advice From An Imaginary Sergeant Eddie Stone Late December est suivi en 2015 par le 5 titres Car Deborah, puis en 2016 de l'EP Jumbo.
SeazooPiggledyPop2016



Ce mois d'août 2019, le groupe gallois nous comble du single grandiose Throw it up. Il fait suite à son excellent premier album Trunks qui mérite une attention particulière. A l'écoute de l'album mieux vaut être bien chaussé car il y a du rythme et du groove pour danser. Hello Stranger ouvre le bal, armé d'une belle et gaillarde guitare électrique qui galope sur la batterie. Ben au chant brille de mille éclats posant sa voix sur la mélodie jangle et ses lignes de guitares rock à la manière de Super Furry Animals, Yo La Tengo et Grandaddy. Les claviers psychédéliques entrent en scène sur le délicieux St Hilary Sings et son texte qui chahute au point de rendre les dents de la dame assez friables quand l'électrique Dig, avec sa basse survoltée et décidée, dégaine des harmonies pop qui entrent en tête et n'en sortent plus. L'allure vivace continue avec Shoreline acidulé et musclé où le chant fait du trampoline sur les voltiges du synthétiseur avant le somptueux Cyril dont les partitions élastiques et souples fort colorées mettent les sens en alerte.



Comme de coutume, Seazoo délivre une panoplie de textes narratifs lesquels nous emmènent dans des histoires d'amour ou d'aventures en liant aux mots des cascades de notes pop astucieuses. La spontanéité rafraichissante des deux voix de Ben et Llinos alliées sur Roy's World fait effet de cocktail vitaminé qui invite à entrer dans le monde conquérant et solide de Roy. Puis la tension persiste, magnifique, grâce à la saturation effrontée des guitares de Skulls pour évoquer une attirance regrettable. La batterie accroche les oreilles au plafond, invincible, et finit par les faire vaciller sur The Belly in My Brain là aussi de formule énergisante. Ben y avoue avoir peur sans vraiment convaincre d'une éventuelle fragilité car son style littéraire décalé et imagé est digne d'un Psycho Killer des Talking Heads, effet maintenu sur E is for Excellent à l'esprit indie-pop hypnotisant et efficace. Le disque se termine avec Bad Day at the Polythene Plant sans manquer de rappeler son titre Trunks qui signifie 'troncs' sur un air alternatif inspiré et merveilleux. Seazoo offre un Trunks chaloupé, animé d'une myriade d'instrumentations qui fleurissent les titres d'une power-pop de rêve. Le Pays de Galle et sa ruche de groupes Gorky's Zygotic Mynci, Colorama et son maestro Carwyn Ellis, Los Campesinos!, Martin Carr, Super Furry Animals, the Automatic etc, tient un talent doré en comptant dans ses rangs Seazoo.
Seazoo