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dimanche 25 août 2019

27 mars

Photo credits : Eloïse Persouyre
27 mars est le nouveau projet conduit par l'auteur-compositeur interprète parisien Rodolphe Binot, sacrément inspiré et prolifique depuis ses premières chansons de 2007. Il écrit et compose très tôt à la guitare et passe sur sa platine, Syd Barrett, les Kinks, les Beatles, Joy Division, Pixies, Bob Dylan et Donovan. A peine âgé de 15 ans, il signe un titre sur une compilation d’un label américain, joue en live sur des radios indépendantes et se lance dans l’arène avec un premier concert devant 400 personnes. Ce sera le début d’une série de concerts. Son talent de mélodiste est renforcé par sa passion de l’écriture de textes en français, et ce charme frenchy rétro en devient avant-gardiste. En 2014, l'EP de son groupe Nevski marque les esprits. Rodolphe est un sculpteur de pop indépendante d'une qualité rare aujourd'hui en France. Ses mélodies émouvantes et électrisantes sont armées de textes intelligents nourris de philosophie, d’histoire, de littérature. Un grand soin y est apporté doté du sens du détail élégant et d'une maturité certaine. Son répertoire et son appétence artistique tendent à la beauté souriante rock'n roll. 27 mars, c'est le charme underground poétique dans le grain de voix, l'espièglerie littéraire de Lou Reed, Jean-Louis Murat, John Lennon, Syd Barrett, à contre courant des modes, l'âme chevillée au corps.



On a beau retrouver le schéma classique de la pop-song, 27 mars saupoudre ses partitions de sa personnalité, ses expériences et aventures via l'incitation au voyage, leitmotiv qui prend magnifiquement la tangente et transgresse les radars pop. Ce qui vient illico à l'esprit à l'écoute des nouveaux titres de 27 mars c'est la force mélodique, la maitrise technique et l'ampleur des harmonies, accrocheuses sur scène et qui se retrouvent allègrement à l'enregistrement. Pour couronner le tout, sa superbe voix s'allie solidement à son matériau alternatif, toujours surprenant. L'univers harmonieux psych-pop et rock montre de l'inspiration et de l'esthétique, du perfectionnisme, que Rodolphe sait fleurir de références. Passionnée, dansante ou nostalgique, l'entreprise de 27 mars parcourt les routes de Paris à la Normandie, de Saint-Petersbourg à Rome, où sa renommée grandit de jour en jour. Pacifique offre des lignes de guitares engageantes, avec une rythmique voltigeante, des choeurs planants sur une orchestration parsemée de balises inattendues. Les lieux et le temps s'entremêlent de manière imagée sur l'excellent Paris-Normandie, escapade au tempo efficace, cadencé d'endroits connus des normands, indigènes ou exilés dans le quartier parisien de la gare Saint-Lazare. 27 mars crée une pop essentielle, époustouflante, racée de romantisme dandy, de mélodies irriguées d'élégance rock'n roll tel un peintre qui aiguise sa palette : les impressions sont toutes positives et enthousiastes. La mienne de légion, étant fan absolue, classe 27 mars dans le panthéon des groupes Piggledy Pop.
27mars



samedi 17 août 2019

Yan Wagner

Auteur-compositeur, interprète, DJ et producteur d'origine américaine, qui nait et grandit à Paris, Yan Wagner ne porte pas un nom qui évoque la tarte à la crème du club med. Cela tombe bien parce que son univers artistique est d'une belle sobriété et d'une élégance parfois glaciale que j'apprécie beaucoup. S'il n'est pas le roi des chatouilles, sa musique dégaine du plaisir et de l'évasion, par à la fois sa simplicité dans les arrangements, reposante et sa recherche d'authenticité, de perfection, réconfortante.

Au delà de ses créations et de ses inspirations, il s'offre quelque fois des hommages bien léchés et qui vont comme un gant à son timbre de voix bariton, tels que ceux à Franck Sinatra et Lee Hazelwood. Son domaine de prédilection est la musique électronique aux accent new-wave, peaufinée d'instruments. Il apparait en 2012 avec un premier album nommé Forty Eight Hours qui nous emmène sur les sentiers de la pop-coldwave dès l'attaque On her Knees, suivi de Le spleen de l'officier jusqu'à Follower en passant par un titre signé d'Etienne Daho The Only One. La flamme inspiratrice ne s'éteint pas chez Wagner qui signe un deuxième fabuleux disque en 2017 This Never Happened. Yan Wagner semble droit arrivé de la lignée Factory.



Dance, pop, cold, le son électronique de Yan Wagner est soyeux. Quand s'ouvre This Never Happened, l'envie de danser est saisissante. Le tempo est dressé, on est servi. La limpidité des claviers et la fluidité de la mélodie se mélangent pour créer une symphonie synthétique délicieuse. Blacker enchaine, jouant avec une fibre proche de Kraftwerk, Cabaret Voltaire, des Orchestral Manoeuvre in the Dark et une rythmique à la Jacno et Talking Heads, frivole, clinquante façon Bauhaus. Le chant de Yan habille les notes musclées avec une classe sautillante. SlamDunk Cha-Cha est virevoltant de hohahaha sur les claviers enthousiastes et sarcastiques pour évoquer des soirées saupoudrées de homard et d'alcool comme celles où plongent certains quand ils en ont marre de jouer au poker en se séchant les poils au fer à friser doré. Grenades suit, aussi puissant en tempo, en arrangements sixties psychédéliques pour orner un texte plein de soleil et de sable chaud avant de retrouver des frissons sur le magnifique Close-Up, les choeurs éclatants de Guillemette et Rémi Foucard , fait pour la piste de danse et la boule à facettes. 



La riche disco-pop sur le grain de voix millésimé et le tambourin mutin est un pur régal quand No Love joue sa mélodie galopante pour accompagner une rencontre nocturne. A River Of Blood continue dans une ambiance atmosphérique, on plonge dans un songe d'antan, passionné, aux notes de clavecin qui courtisent l'orgue. Une pause magistrale arrive avec le langoureux It Was A Very Good Year chanté par Sinatra, écrit par Ervin Drake, revu ici avec charisme par Yan Wagner. Generic City dévoile comme sur les autres titres le talent fou de Thibaut Javoy à la fender, accompagné du prodigieux Jérôme Laperruque à la basse. Le titre grandiose, assurément sensuel et ingénieux précède A Place Nearby qui ferme le disque. Addictif, This Never Happened interpelle et absorbe les méninges pour leur proposer un instant de grâce, de rêve, dansant et nacré d'harmonies. Yan Wagner et ses chansons sont dans le top 10 des meilleures productions sur Piggledy Pop, production ici sacrément galbée avec le fantastique Jean-Louis Piérot aux manettes.
YanWagner





mercredi 14 août 2019

Jeanne Lanvin

Jeanne et Marguerite

Les fers de lance nationaux sont vendus sans état d'âme aux étrangers. Défense, énergie, biotech, agriculture, infrastructures routières et aériennes, culture, La France vend ses bijoux de famille... Une autre fierté culturelle et patrimoniale nous quitte : la Haute Couture. Perdre le marché de l'huitre, passe encore, mais être détrôné avec celui du parfum et de la Mode, c'est une sacrée déculottée!


La célèbre créatrice de mode, Jeanne-Marie Lanvin nait à Paris VI le 1er janvier 1867. C'est Mademoiselle Lanvin, la discrète, qui est la première femme en France à lancer sa propre maison de couture, à son seul mérite, avant Coco Chanel. Jeanne, aînée d'une fratrie de onze enfants, d'un père employé de presse et d'une mère couturière, vit dans une grande pauvreté et doit participer du haut de ses 13 ans aux finances de la famille. Elle entre, en 1880, dans la boutique de chapeaux Madame Félix.


Elle est arpète (apprentie). La chapellerie Cordeau l'envoie dans une boutique à Barcelone quelques mois d'où elle revient avec un Louis d'or qu'elle investit dès 1889 dans une petite boutique, 22 rue Faubourg Saint Honoré, devenue aujourd'hui mythique. Le succès est immédiat et les Parisiennes affluent chez Mademoiselle Jeanne.

 



Marie-Blanche (Marguerite)

 
Elle est modiste et y vend ses chapeaux. En 1896 elle épouse le comte Emilio di Pietro, ont une fille, Marguerite appelée Marie-Blanche avant de se séparer en 1903. Jeanne Lanvin est une maman inspirée, passionnée, imprégnée d'un amour maternel intense. Elle travaille à une ligne de vêtements pour enfants qui gagne un succès énorme. Cette collection enfantine qui se vend dans le tout-Paris est suivie par une ligne de vêtements pour femmes. 


Jeanne et Marguerite Lanvin

Jeanne Lanvin sculpte ses toilettes colorées, acidulées, aux finitions soignées et élégantes. Elle gagne le statut d'ambassadrice de la mode française et le titre de 'la Parisienne'. 1909, la maison Lanvin et son chic ultime prend son envol. Jeanne, continuellement inspirée par sa fille, sa muse, offre à la maison le logo en forme de Marguerite. La créatrice se remarie avec Xavier Mélet, journaliste au quotidien Le Temps et consul de France à Manchester. 1915, l'Exposition Universelle marque l'essor de la haute couture française et son rayonnement international, grâce à Jeanne Lanvin. Quelques années plus tard, ce sera la marque Lanvin qui fera un défilé sur le Normandie lors de sa première traversée Le Havre-New-York.



La gloire pousse la ligne Lanvin à se développer, le premier parfum My Sin voit le jour en 1920, année où elle s'associe avec l'architecte Armand Rateau, pour créer ensemble un pavillon dédié à l’art de vivre au 15 rue du Faubourg Saint-Honoré. Apparait le fameux 'bleu Lanvin', d'une luminosité et douceur rare pour la décoration intérieure. Ce sont les Années Folles, les stations balnéaires ont le vent en poupe. Lanvin crée un vestiaire de jour décontracté, Lanvin Sport et des boutiques fleurissent de Paris à Deauville, Biarritz, une trentaine d'ateliers sont créés avec plus de 1000 employés.



Jeanne Lanvin
Jeanne sera avec son esprit d'avant-garde, en 1926, la première femme couturière à créer une ligne de vêtements pour homme. Pour sa fille chérie, Marie-Blanche de Polignac, alias Marguerite, elle créera un fragrance unique mêlant rose bulgare, jasmin de Grasse, chèvrefeuille et muguet : Arpège devient le symbole suprême de l’amour de Jeanne pour sa fille. Jeanne définit son parfum d'exception au flacon rehaussé d'un bouchon doré à l’or fin comme celui qui 'donne à la femme ce que la musique apporte à la vie', rappelant la passion musicale de sa fille.

'Madame', comme l'appelaient ses petites mains, s'est battue toute sa vie pour l'élégance, au théâtre aussi comme costumière pour la Comédie des Champs-Élysées, quand en 1945, Jeanne mène une dernière bataille : la haute couture est menacée de délocalisation à Berlin. Agée de 78 ans, elle se mobilise pour célébrer et protéger le savoir-faire français.



Jeanne Lanvin avant de mourir en 1946, offre la direction du département à son neveu Maurice Lanvin, et la présidence à Marguerite, jusqu'à sa mort en 1958. Puis Bernard Lanvin, petit-neveu de Jeanne, et sa femme Maryll seront à la direction. Ils ouvriront leurs portes au grand couturier, directeur de la création, Antonio Cánovas del Castillo de Rey de 1950 à 1963. La maison restera à la famille jusqu'en 1990, rachetée par l'Oréal en 1996 qui la cède illico à des investisseurs. C'est un jeu de chaises musicales qui s'amplifie de façon terrible ces dernières décennies où les directeurs artistiques occupent le siège quelques semaines avant d'être 'vite' remplacés. Aucune pérennité n'est recherchée. Rachetée par le groupe chinois Fosun, les investisseurs au goût et au flair de porcins ne savent pas retenir les créateurs qui claquent la porte les uns après les autres. 



Le groupe d'investisseurs chinois et leurs alliés français sont dans l'incapacité artistique, l'incapacité de réunir et fidéliser une équipe solide efficace et convaincue. Depuis la disparition de Yves Saint-Laurent, les financiers s'emparent du marché. Plus de Mode, plus d'artistes, plus de créateurs. Allez assister à un défilé et vous constaterez. Notre Haute Couture périclite, Courrèges, Lanvin, Carven, Patou partent en fumée. La maison de couture Jacques Esterel est radiée en 2013, rayée de la carte (robe vichy de Brigitte Bardot). Le savoir-faire, la renommée de la Mode Française disparait sous nos yeux, hagards, dans l'indifférence la plus absolue. 

Jeanne était une grande artiste, une gestionnaire mais surtout une visionnaire. Dès ses 13 ans, elle comprend que le succès d'une maison de Mode ne réside que dans ses créations.




dimanche 11 août 2019

Morrissey

J'aurai mis du temps à apprécier Morrissey, des années à le découvrir, ne faisant pas partie des fans des Smiths de la première heure. Aujourd'hui, je l'admire. Pour son répertoire en solo et celui avec les Smiths, que j'écoute de plus en plus. C'est grâce à ses opinions claires et ouvertes que j'ai appris à aimer l'artiste et l'homme que je trouve courageux. Morrissey a du tempérament, rebelle. Il est comme ça Moz. Ses fans devrait le remercier d'être égal à lui-même et d'être toujours aussi créatif et inspiré pour nous offrir son charisme et sa voix.

Je reviens sur ma chronique de 2017 : " Son nouvel album Low In High School sort hier le 17 novembre 2017. Morrissey dit 'Moz' nait en 1959 à Manchester et fonde le groupe The Smiths en 1982. Du haut de ses 23 ans, l'auteur-compositeur impose sa griffe. Avec Johnny Marr, immense autre seigneur de la pop avec qui il mène The Smiths jusqu'en 1988, ils ne cessent depuis presque 40 ans de chatouiller l'excellence. Amoureux de Jack Kerouac, Byron, Oscar Wilde, Moz est un des derniers artistes à écrire des chansons intelligentes, brillantes et touchantes. Rebelle élégant et sensuel, le romantique rock'n roll, le hooligan de la pop, écrit sa biographie en 2013 pour laquelle les fans feront la queue pendant 30 heures le jour de sa parution . Le film biopic England is Mine vient de sortir avec un prix au Edinburgh International Film Festival.





Avec sa renommée internationale, sa carrière magnifique, Morrissey ne désarme pas et poursuit parce qu'il aime la scène, ils aiment ses fans, il ne peut pas vivre sans écrire des chansons. Peu me chaut si certains clament que Morrissey sans Johnny Marr n'atteint pas le niveau exemplaire de la discographie des Smiths, je deviens de plus en plus fan de Morrissey. Enigme, légende, guide, référence, leader, tous les adjectifs sont dégainés et quand j'écoute Low In High School, onzième album en solo, j'entends une analyse philosophico-politique, un point de vue sur l'actualité auquel j'adhère."
MorrisseyPiggledyPop2017

Moz revient nous gâter ce mois de mai 2019 avec un nouvel album de reprises absolument beau. Il rend hommage à douze autres auteurs-compositeurs, à sa manière, propre et griffée. Ce bel objet nommé California Son est encore un nouvel aspect de l'auteur- compositeur interprète qui décrit ce sentiment de renouveau à chaque sortie de disque "It's a well-developed history, I think, and I don't envy anyone else. It's still a joy for me to listen, and I'm still unable to imagine anything else other than music. I am pleased, and I have a strong identity. Most pop artists start with dreams and then it turns into a career. I haven't reached the career stage yet. When a new album is recorded, life begins again".



Justement le magnifique disque commence par Morning Starship, un titre du rocker américain Bruce Wayne Campbell alias Jobriath signé en 1973 et ici revisité avec beaucoup de talent et tant de finesse que le respect de Morrissey transpire dans chaque note. La suite est aussi gracieuse et cristalline avec le Don’t Interrupt the Sorrow de Joni Mitchell où la voix de l'anglais est émouvante, impressionnante de perfection. Les accords de guitare électrique de Jesse Tobias sur la basse de Mando Lopez et le tempo de génie de Matthew Ira Walker à la batterie apportent du brio à la mélodie typée eighties notamment par la présence magique de Tom Scott au saxophone. La même équipe est à bord pour Only A Pawn In Their Game, signé de Bob Dylan, qui accueille l'accordéon de Gustavo Manzur et l'orgue de Zac Rae pour accompagner un Morrissey grandiose dont l'ironie mordante du texte sied à merveille. La rythmique volumineuse est réussie, offensive et solide. Le ravissement poursuit avec Suffer The Little Children titre écrit en 1969 par Buffy Sainte-Marie, à l'origine a une veine folk que Moz transforme en une instrumentation virevoltante, puissante. L'hommage brillant passe par un rythme riche rappelant les origines Amérindiennes de Sainte-Marie, née dans la réserve indienne Piapot du Saskatchewan en 1941. Morrissey continue en revisitant le titre Days Of Decision de Phil Ochs, signé en 1965, époustouflant par sa tessiture vibrante de haute qualité. Là aussi j'admire le maestro qui respecte la version originale en lui allouant une instrumentation somptueuse et ce cachet 'Moz' si précieux.



Arrive le fabuleux It's Over de l'irlandais de descendance (lui aussi) Roy Orbison . La reprise sur California Son est magnifique, comme Wedding Bell Blues des The Fifth Dimension datant elle de 1969 et ici est fièrement dépoussiérée. Suit la fantastique Loneliness Remembers What Happiness Forgets signée David Bacharach de 1969, où Roger Manning excelle aux arrangements de cuivre sur la voix élastique et rayonnante d'humour de Moz qui enchaine sur Lady Willpower, écrite par le producteur Jerry Fuller et interprétée par le groupe Gary Puckett and The Union Gap en 1968. La reprise ici resplendit avec son orchestration pop, ses envolées de cordes et le jeu estival de la trompette par Danny Levin. Les harmonies sont luxuriantes, idéales pour danser, assurées par l'artiste anglais sur When You Close Your Eyes, écrit par Billy Mernit et Carly Simon en 1972, où la violoniste et chanteuse américaine Petra Haden vient chanter aux côtés de Morrissey, royal. La magnifique chanson de Tim Hardin, Lenny’s Tune, s'achemine lentement sur Some Say I Got Devil qui boucle l'écoute. Ce titre écrit et interprété par Melanie Safka en 1971 est revu par Moz. Il y distille beaucoup d'émotions avec son caractère entier plein de sensibilité, trempée de poésie et de coeur greffés à son lyrisme. California Son est classé dans le panthéon des albums Piggledy Pop.
Morrissey





vendredi 9 août 2019

Mondello Music

Hello, All You Happy People est un florilège de 14 titres que John Moran alias Mondello vient de faire paraitre ce mois de février 2019 ; le petit bijou regroupe des chansons écrites pendant ces décennies passées. Vingt ans de power-pop irradient ses compositions diverses et denses issues de son petit carnet, jamais jusqu'alors diffusées et qui regroupées en keepsake DIY, mettent outrageusement en valeur le style indie-pop. Intriguée, j'ai souhaité questionner John qui vit à Little Rock en Arkansas. Je le remercie sincèrement pour sa générosité et l'amusement partagé. Interview joint à la chronique.

Hello, All You Happy People nous replonge dans une époque pas si lointaine, sautillante, ensoleillée, celle de la fausse innocence, des airs de campus un peu sixties, un peu low-fi, qui trottent dans la tête et n'en sortent plus. Mondello Music, en retenue élégante, délivre son univers chatoyant garni de peines de coeur et de joies, de courtoisie bubblegum et de notes tourbillantes pour un revival de ses compositions. Il arrive à brûle pourpoint avec le son éraillé des micros, émouvant de sincérité, l'énervement concentré dans la saturation, la beauté noble de l'indie-pop qui surplombe la musique électronique. On chante et on sourit avec John qui concentre dans ce touchant disque l'impétueuse aventure des radios pirates, l'âme de High Fidelity ou d'Eternal sunshine of the spotless mind, des Belle and Sebastian, Fountains of Wayne, des fanzines, C86, Sarah Records...



Le premier titre Sherilyn est un bonbon! Ses guitares festives, ses clap-hands, son refrain hyper catchy, le Moog acidulé, sa batterie appliquée dessinent le fameux coeur qui même malmené ne cesse de bondir comme sur They Say They Don't Believe It et son parfum assumé pour la pop chatoyante. La basse et la guitare électrique forment une merveille sur Not for Lack of Trying où le chant et les contre-chants sont délicieusement entêtants. L'alliage de sensibilité et de simplicité sur le tempo tourbillonnant qui habillent Heather Martin incitent vivement à danser. Les guitares fantastiques de The Girl with Half a Mind enchainent, endiablées, spontanées et étirent le plaisir, impossible à contenir à l'écoute des tambourins psychédéliques de Around in Circles. Là, même le glockenspiel est survolté. You Do You me ramène aux premiers Weezer ou The Rentals avec son énergie débordante et éclaboussante lâchant une mélodie aguicheuse et gaillarde, suivie des harmonies envoûtantes de l'épris Not About to Let you Know où le moog taquine les guitares mugissantes.



La déclaration enfiévrée Stack of Bibles est pétaradante de guitares et d'excellents claviers eighties, idem pour Go Away, April (Don't Go Away) et son parfum power-pop efficace. La vitaminée et sucrée mélodie de Don't Say Anything Bad about My Baby souffle des notes obsédantes, puissamment tirées par les guitares. La voix de John lumineuse et joyeuse sur Tonight accompagne un joli tour de force pop avec son rythme ascensionnel quand Genie, I See That Now fait rougeoyer une mélancolie romantique aux allures surannées charmantes. Pour couronner le tout, le poppeux Do You Believe in Love finit de redorer le blason de l'indie-pop. L'allégresse dansante, le coeur vibrant omni-présent dans les mélopées décomplexées, les arrangements entrainants, les renforts de guitares addictifs, les rebondissements du Moog, les tambourins, glockenspiels, la batterie ardente, le chant franc et ouvert de John forment un disque phare du genre, magnifique. Parce que Hello, All You Happy People rend simplement heureux, je classe Mondello Music dans le top 10 des meilleures découvertes 2019.
MondelloMusic



Do you remember the first songs you heard when you were a child and do you sometimes put them in your stereo (kind of Madeleine de Proust)?

When I was a child, my favorite album was probably a four-LP compilation of rock ’n roll songs from the 1950s and 1960s that my parents had — so the first songs I can remember really enjoying were a mix from those eras, like The Silhouettes’ “Get a Job,” Bobby Day’s “Rockin’ Robin,” Chuck Berry’s “Maybelline,” the Del-Vikings’ “Come Go with Me” … I wouldn’t say that I often find myself listening to songs of that vintage much these days, but when one happens to come on the radio, I still think they’re fantastic — and they definitely do “take me back”!

When did you learn to play guitar and what kind of song did you practice then?

I first tried to learn the guitar when I was maybe twelve or thirteen, and I was never much good at it (nor very disciplined at practicing) so I gave it up … until ten or so years later, when I picked it up anew in my 20s and — although I never did get very good at it — I learned to love it by (as so many did, I’m sure) playing Beatles songs, which probably constituted 90% of my “practice.”

(In fact, I still have the fake book I used to play out of: I’ll put a picture of it below. A friend of mine gave it to me — I think he might have actually gotten it South Korea, as you can maybe see from the characters on the cover. [The lyrics are all in English, mind you.] You can certainly tell that it’s seen a lot of use in its 25 years, ha!) 



What are these last years the bands you listened to the most? The gig that impressed you the most or the one you would have loved to see?

For the longest time, my favorite band has been Superdrag, and I’d say that probably the shows of theirs that I’ve seen are the ones I recall most fondly — I saw them twice here in Little Rock, in fact (they originated in Knoxville, Tennessee). They’ve been broken up for a while, but I continue to follow their former lead singer, John Davis, in his solo career and with his other bands, like The Lees of Memory.

As far as any gigs that I wish I could have seen, I’ve actually been very lucky: When I think about my all-time favorite groups from when I was younger — like R.E.M., The Ramones, The Replacements, The Smiths — I had the opportunity to see them all (well, Morrissey solo) … albeit not necessarily in the ideal venues! (R.E.M. was an “arena band” by the time I got to see them.) But, happily, I have no proverbial “white whale” that got away!

As for my my music-listening habits in the last few years, I’ve got to say that they’ve been terribly unfocused: Sometimes I think that the convenience of streaming music has given me a short attention span! Seems like I don’t follow specific bands as closely as I once did, and I don’t listen to albums anymore, so much as I do just singles.

My number one criteria is always whether a song is catchy or not, so I like a lot of stuff that I think my friends probably think is commercial dreck, like “Call Me, Maybe,” or that sort of thing, ha! Off the top of my head, when I try to think of what I’ve most enjoyed listening to recently, random individual titles occur to me, like “Motion Sickness” by Phoebe Bridgers, “In Common with You” by The Speedways, and “Yellow Cloud” by Trixie Mattel. (Quite the hodgepodge, I know!)

I was very excited to hear Tegan and Sara’s new song — I’ve always been a big fan of theirs, but I didn’t love the direction of their last few records … so I’m happy to hear the guitars are back! (That reminds me that one of my favorite CDs from the past couple of years is probably Charly Bliss’s first record. I’m happy that their follow-up seems to be getting them some well-deserved attention, but I have to say that I still prefer the first!)

And I still stubbornly remain a Matthew Sweet fan — I dutifully went out and bought his last two CDs: He’s one of the few artists left that I make a point to get every release from. (As far as other lifetime favorite performers, they would include Sloan, My Bloody Valentine, that dog., Belle & Sebastian, Cheap Trick, and The Format … even though that last one only made two full albums, they’re brilliant!)

I really love the twee and indie-pop spirit of the entire album Hello, All You Happy People, the 14 songs. I read that one of them is very fresh, could you light us about it and tell more about it?

I greatly appreciate the kind words — that’s so nice of you! 

Back when I was in my 20s — which was a lo-o-ong time ago! — I was briefly in a couple of bands, but I ended up not pursuing music seriously as a profession. I did keep writing songs, though — although I had a terrible habit of never actually finishing any of them. So, about two years ago, I got this idea in my head that I should dig through all my old songs, sort out the best of them (“best” being a relative term)—and then actually finish and record them! (Which turned out to take me a lot longer than I thought I would … probably because I was doing it all by myself, ha!)

I used to stay many months in Little Rock many years ago and really loved the aera, the lakes, the gorgeous and very kind people there, the soul of the american south. Could you describe your city for people who don't know it or have a sort of blurry idea of this beautiful region and in which way it can influence you in the writing process?

Wow, that’s such a funny coincidence that you’ve been in Little Rock, yourself! In my own case, having been born and raised here, it almost makes it hard for me to describe it, just because it’s like my “default.” (Sort of like how all the pictures you hang on your wall, you eventually become so accustomed to that you’re hardly even aware of them anymore.) And it doesn’t help that I’m such an indoors person, that so much of the city’s scenic charms are lost on me! (And another thing that doesn’t help is that I can be, generally, a pretty unobservant person. Like, whenever I talk with someone, say, about taking a road trip from Place A to Place B, and they say, “Oh, that’s such a pretty drive!”—I never have any idea what they’re talking about, because I’m always just in a zone behind the wheel, watching the car in front of me.)

All of which is my long way of saying, I guess my idea of Arkansas is pretty blurry, as well! (I am, of course, happy that it made a good impression on you: Yes, the people are nice! I would hate, though, for the Little Rock tourism department to hear what a terrible job I did of publicizing my home city!)

Do you have a song amongst the 14 that you like the most?

Probably “The Girl with Half a Mind,” even though it’s not very representative of what the rest of the songs sound like. I’m realizing, of course, that the songs that I think are the best don’t ever seem to be the ones that other people like — and that the ones that you think are just throwaways turn out to be the most popular! (But, I guess everyone who’s ever written more than two songs has probably made that same observation, ha!)

I really enjoy Heather Martin, Sherilyn, The Girl with Half a Mind, Go Away April (Don't Go Away) and Don't Say Anything Bad about My Baby. Do you really have so much girls around you John? Seriously? Are you a pop star heartbreaker? ;)

Oh, gosh — so far from it! It’s very funny, though, because I’ve been waiting for someone to point that out and give me a bit of well-deserved teasing over it, and you’re the first to do so. I can only say that I’ve always had a fondness for songs with girls’ names in the titles and since — as I mentioned — this a collection of tunes that’s accumulated over twenty-plus years, it just happened that a lot of the ones that I thought were most promising had titles like that.

(And I would also point out that — except for “Don’t Say Anything…” — none of those other songs is about a particularly good relationship: The narrator’s either been dumped or just about to be dumped in at least three of them, lol! So, more heartbroken than heartbreaker!)

(But thank you for the very kind words — I’m certainly glad you enjoyed them!)

The last one : Do you know some french singer, french music?

I’m so embarrassed to have to admit that I am untravelled both literally (I’ve never been out of the U.S., like I mentioned) and in terms of my musical taste — I feel like such an “Ugly American”! I have to confess that, except for soundtracks from 1970s Italian movies, I am very poorly educated about international music.

And it’s funny you should ask because, just two weeks ago, I happened to be reading a recent issue of Shindig magazine (with Francoise Hardy on the cover) that was all about French pop music, and I remember thinking to myself, “I really need to learn more about this music; it sounds great!” (If only that had been a few months ago, instead, I might have been able to give a less provincial answer!)

Would there be any suggestions you might make — if you wanted to give someone with a taste for catchy, power-pop-y music (like me) a “crash course” in the French artists that you think they’d most appreciate?
Oui ! Here they are...French oldies songs help to discover the romantic and the charming french way of life as do some new bands too like Air, Phoenix, Jean-Louis Murat or Bertrand Burgalat. The classic ones i recommend are Serge Gainsbourg, Michel Polnareff, Georges Brassens, Daniel Darc, Boris Vian, Jean Bart and Françoise Hardy.

jeudi 8 août 2019

Juliana Hatfield

Juliana Hatfield, née en 1967 est une véritable artiste avec une personnalité entière non modelable. Les modes, elles s'assoie dessus et vogue dans la musique indépendante au gré de ses envies, de ses inspirations. Auteur-compositeur, elle est excellente guitariste et signe des textes aiguisés qui vont comme un gant à son grain de voix. Formée en musicologie au Berklee College of Music, elle intègre ses premiers groupes à 20 ans, les Blake Babies et Some Girls. Elle ne tarde pas à s'assumer en solo avec un court détour en duo pour former le groupe Minor Alps avec Matthew Caws, leader des Nada Surf.
C'est en 1992 que Juliana signe son premier album en solo Hey Babe qui sera suivi de 13 formidables autres album en 15 ans, dont Juliana Hatfield Sings Olivia Newton-John, le seul disque de reprises, qui parait en 2018, fichtrement succulent. La musicienne a donc 52 ans cette année et elle nous offre en janvier 2019 un tout nouveau chef d'oeuvre pop rock alternatif, révolté, garni de 11 titres fringants : Weird



Staying In ouvre le disque, plantant le décor interspatial, un profil androide de la héroine et un enjeu, le tout sur des cordes de guitares aussi mélodieuses qu'électrisées. D'emblée on comprend que le mouvement et l'immobilité froide, distante, seront les leitmotivs, sorte de pôles contraires aimantés pour décrire le sentiment d'être hors du temps et de l'espace. Le tempo de la batterie bondit et donne une belle allure grâce aux baguettes dynamiques de Freda Love Smith, batteuse du premier groupe Blake Babies qui depuis est aussi connue comme journaliste et écrivain. Suit It’s So Weird, entêtant, qui évoque la volonté d'indépendance "My brother asked me where do you go for love, If you're all alone, Don't you need romance, And I told him, "No I don't" et dispatche un superbe rythme assuré cette fois ci par Juliana Hatfield à la batterie comme sur le sémillant Sugar. Les harmonies de claviers sont vibrantes, les guitares affûtées, pour souligner l'addiction au 'sugar' sur un tempo endiablé qui donne l'impression qu' Hatfield se soulage de coups de pieds dans les amplis. Cette sensation de nerfs à vif est perceptible sur Everything’s For Sale où elle énumère la saleté morale de façon mordante avec des arrangements jangly-pop efficaces. Tandis que le ton monte sur All Right, Yeah, alliée à son fidèle ami Todd Philipp à la batterie, elle cloue le sujet ; Qui s'y frotte, s'y pique, risquant de se prendre une volée de bois vert.



Broken Doll ne désarme pas en électricité et la cavalcade enthousiaste de cordes accompagne un texte critique comme sur Receiver qui dénonce la bêtise, l'état végétatif d'un cerveau au QI parti en vrille et devenu aussi sensible qu'un foi gras de canard sur la table de Noel. Le filant Lost Ship poursuit sa route dans le monde parallèle interlope "No love, no money, no hate, no jealousy, And now one has any power over me, I get back on solitary plane". La mélodie regorge de notes qui marquent les étapes, censées interpeller sur le besoin de transcendance des ahuris radicalisés. Paid To Lie poursuit dans la dénonciation et le chant galbé caustique, incisif, puissamment posé, alternant parfois avec une tonalité intime et douce. Les arrangements pop, grunge, rock, donnent une belle ampleur, les va et vient rythmiques réussis accrochent l'oreille. L'effet est maintenu sur No Meaning qui dégaine des notes musclées au son brut et saturé. La formidable et rayonnante Do it to the Music ferme l'album avec plus de légèreté, d'entrain. L'instrumentation guitare, basse, batterie forme une mélodie pop joyeuse liée à un texte dédié aux émotions qu'apporte la musique. Weird séduira les amateurs de Fountains of Wayne, Weezer, Wilco, Mary-Lou Lord, Teenage Fanclub, Breeders etc. Juliana Hatfield offre un disque offensif, mélodiquement robuste et charismatique. A déguster!
JulianaHatfield





dimanche 4 août 2019

Hal

"Hal, groupe irlandais composé des frères Dave et Paul Allen ainsi que de Stephen O'Brien au clavier et Paul Hogan à la batterie, fait partie du top 10 de Piggledy Pop. Depuis 2005 et son album éponyme, Hal avait disparu du paysage pop. Le groupe fait partie de ceux que je diffusais le plus dans mon émission et le mystère sur leur disparition toutes ces années restait inexpliqué tant leur opus avait marché. Le voile est enfin levé sur ce long silence radio. Dave avait mis les voiles, parti d’Irlande pour voyager dans le monde entier et se produire seul avec sa guitare dans des cafés-concert, sous des pseudonymes différents à chaque fois. Notre philéas Fogg s’est décidé à rentrer de ses aventures avec une sacoche de mélopées et l’envie de réintégrer les studios pour les enregistrer. La concrétisation de ce travail nommé The Time, The Hour sonnant toujours aussi Beatles, Beach Boys, Phil Spector, Van Morrisson, Harry Nilsson (dont Hal reprend Cuddly Toy) est déjà annoncée par les critiques comme la meilleure sortie 2012.



I Sat Down, Worry about the wind, My eyes are sore, what a lovely dance, Play the hits nous avaient enchanté tout l’été 2005. Les guitares, les violons, les tambourins valsaient et donnaient cette envie irrémédiable d’agiter les hanches. A l’époque l’album Hal remporte une brouette de récompenses, des awards à gogo, meilleur groupe pour le Irish Independent et le Irish Post, meilleur album 2005 pour le Meteor Award et une nomination au Choice Music Prize. Cette même année, Hal, aux minois de hobbits, partent en tournée internationale avec leurs harmonies pop et accompagnent les Thrills, Doves, Magic Numbers et Brendan Benson. Ils touchent un large public et rien ne laissait présager cette longue absence qui donne une saveur particulière à cette bombe pop The Time, The Hour de 2012."



The Time, The Hour, en croisant les doigts pour qu'il soit suivi d'un troisième volet est classé dans le top des albums Piggledy Pop. Hal est hors panthéon, faisant partie de la poignée de groupes chéris et prisés de mon chevet.
Le chef d'oeuvre attaque sur les cordes, les cloches, la disco-pop de Magnificent et sa basse magique qui d'emblée réjouit et soulève du sol. Hal, groupe typé et stylé, aux références en béton comme les Byrds, Pink Floyd et les Kinks, composent une mélodie grandiose, des partitions pour piano et violons au mariage joyeux et éloquent. Be With You, sorti en single, est un titre signé de Paul purement génial qui accueille Colm Mac Athlaoich à la trompette et Ben carrigan à la batterie. Le tempo sixties virevoltant est fleuri de cuivres, de clap-hands et du chant panaché de voix en chorale. L'élan pop incroyable, le lyrisme romantique à foison, montre que Hal est sans nul doute un des dix meilleurs groupes du genre depuis 20 ans.



Le rythme bondissant de Going to the City ne lâche pas la bride, les guitares, les voix, l'instrumentation sont blindés de charisme et de talent. L'inspiration et la création se mêlent sur Down in the Valley où les harmonies scintillent, les ha-ha-ha en cascade font rêver. La sensation reste saisissante sur The Time, The Hour grâce à Stephen O'Brien au clavier et aux harmonies fantastiques. Idem sur Rocking Chairs avec Brian Murphy mémorable à la guitare. Le fabuleux saxophone de Why Do You Come Here s'allie aux partitions d'orchestre de cordes éblouissantes. Close to Her est percutant. Les arrangements sont finement noués aux mots, pour une alchimie parfaite. That's That et Hannah s'acheminent vers la fin de The Time, The Hour, déroulant des notes psychédéliques et power-pop pour clore en majesté et en équilibre. Quoique deviennent les Hal et décident de faire à l'avenir, ces deux albums de haute tenue pleins de 'hits' m'accompagnent constamment.
HalPiggledyPop2011



vendredi 2 août 2019

Sofa City Sweetheart

J'évoque le travail prolifique pop de Juan ici il y a deux ans : " La frétillante pop de Sofa City Sweetheart crée ma surprise en 2016 et sera fort attendue en 2017 avec la sortie prévue d'un nouvel album en cours de mastering. L'univers musical de Juan Lopez, qui est l'auteur-compositeur interprète, contient de la vivacité, de l'inspiration dans le sillage des Beatles, Jon Brion, Ben Folds avec, comme le décrit la presse, l'esprit d'Elliott Smith, des Beach Boys ou des Kinks. Les orchestrations sont luxuriantes, parfois acoustiques, habillées d'instruments à cordes, avec le timbre de voix sémillant de J. Lopez offrant un ensemble solidement mélodique. Doué et talentueux pour l'écriture, l'artiste californien applique une instrumentation élégante et intelligente. Les influences sixties y sont expérimentées, la tonalité des chansons reste audacieuse et la musique de Sofa City Sweetheart, tout comme son nom, se fait largement accueillante.
A l'écoute de l'album Christmas on the Sofa de 2012, du single de la même année The Things She Do, de la pièce psychédélique Dem Owes de 2013 qui propose des inédits et des reprises, les titres se savourent en un tout garni de grâce mêlée à beaucoup d'humour."
SofaCitySweetheartPiggledyPop2017



Depuis le 19 avril 2019, Juan Antonio Lopez revient avec un album grandiose qui récolte toutes les attentions et compliments. Le maestro signe l'album Super(b) Exitos, 12 superbes titres où il joue tous les instruments, agrémentés de Jimmy Tran aux percussions, Marta Sofia Honer au violon, Ryan Petersen à la batterie, Isaiah Gage et Melissa Piotrowski aux violoncelles, Daniel Brummel à la basse et quelques morceaux de guitare supplémentaires de Josh Adachi, Rion Suarez et Jorge Huaman. L'enchantement commence avec la balade pop-folk The Same Old Song qui ne peut que toucher ceux qui à fleur de peau réagissent à la musique, sensibles à un air particulier qui les accompagne depuis des années comme une histoire d'amour passée mais vivace en mémoire. L'élégance de l'instrumentation poursuit sur Stanley Waited où le chant de Juan galope pour nous narrer la vie du personnage, orné de voix en chorale enrichies de notes de violons. L'ensemble dynamique est jovial jusqu'au Annie Stays Home où la mélodie sucrée montre son talent de compositeur. Les lignes de guitares, de basse et les harmonies font corps avec ses qualités d'ingénieur son au mixing et à la production. Aucun détail n'est laissé au hasard et Juan sait mettre de la distance en édifiant ses instrumentations par couches logiques et homogènes.



Gwen dessine le vile portrait du 'business man' dont la morale est devenue branlante par soif de profit, faisant résonner une pop alternative qui ramènera les amateurs de bon goût à notre grand Elliott Smith. L'instrumental du même nom qui suit est un moment de grâce mélodique de 8 minutes, atmosphérique et psychédélique, habité d'une âme ensoleillée et des références culturelles personnelles de Juan, chaleureuses mais aussi jonchées d'épreuves, de douleurs. L'album entier reprend ces moments. En prenant soin de ne pas les évoquer directement c'est au travers de métaphores et de stratège musicale solaire qu'il donne forme à sa résistance et son endurance. On flotte déjà, absorbé par la mélodie quand arrive la basse grandiose de Floating et ses voix estivales, avant que joue Stop the Thinking, vitaminé et musclé d'harmonies sud-américaines avec une flopée de trompettes rutilantes. Les arrangements habillés de surprises marquent l'empreinte de l'excellent Sofa City Sweetheart qui continue de séduire sur In the Lifetime où le clavier groovy, les guitares, basse, batterie virevoltantes et ses changements d'arpèges font leur effet.



La douceur de I am on my Own saisit tant les voix superposées zigzaguent suaves sur les cordes pincées posant une belle et émouvante profondeur. L'esprit de confidence est aussi omniprésent dans l'hommage Song for Alex et son tempo envellopant. L'effet délicat et sentimental touche les cîmes lorsque le grand piano de Surfin' on the Milky Way joue ses notes boogy d'une sacrée classe grâce au don de multi-instrumentiste de Juan qui termine d'une manière éblouissante, fascinante, avec So Long / Lucky 'Nuff. Sofa City Sweetheart offre un keepsake de mélodies fleuries d'émotion, de brio, de pop sculptée dans la matière brute. Juan nous livre son expérience personnelle avec pudeur, ses failles avec style, concluant les 15 dernières secondes du disque avec panache sur un début de nouvelle chanson rebondissante. A l'image de Sofa City Sweetheart, l'espièglerie se mêle à la sensibilité, le dandysme à la franchise, sur des orchestrations magnifiques et absolues. Super(b) Exitos est glissé dans le panthéon Piggledy Pop.
SofaCitySweetheart