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dimanche 24 février 2019

Kidd / Chance Weekend

A ceux qui ne le connaissent pas encore, Kidd, le prince écossais de l'indie-pop, sort dans quelques jours, le 1er mars 2019, son nouvel album météorite : Chance Weekend. Chaque amateur de pop indépendante sait que l'Ecosse est le berceau, l'endroit où tout se passe, d'où émergent depuis des décennies les groupes phare du genre et où se trouvent aujourd'hui tous les personnalités essentielles au mouvement. A la tête de ceux-ci, aujourd'hui, il y a le magique Stuart Kidd, alias Kidd.
Le multi-instrumentiste compose, écrit des chansons instinctives, sensibles, les arrangent avec une intelligence pop et du génie inédit depuis les pionniers des sixties. Je suis éblouie à chaque fois par son travail. Le maitre absolu Kidd est omniprésent dans ma discographie parce que son talent me sidère, me touche, et à l'écoute de sa dernière production mon sentiment s'accentue. Je pense que Chance Weekend est le meilleur disque de 2019, le meilleur à ce jour de ses albums, donc classé sur le haut du panthéon Piggledy Pop.



Mon dernier billet sur Stuart Kidd date du printemps dernier, au sujet de You & I, conte musical majestueux et magistral, dont Kidd signe la musique et Michael Stephen Clark les illustrations et l'histoire qui narre la complicité entre un garçon et son chien. "You & I suscite du plaisir, de l'émotion. Michael Stephen Clark étend son talent à l'illustration du livre qu'il peint lui-même. Ses mots, enchevêtrés et réunis avec les mélodies et les géniales créations de Stuart Kidd forment un You & I digne d'un voyage pop au sens noble du terme."
KiddPiggledyPop

"Je suis totalement fan de Stuart Kidd alias Dr Cosmo's Tape Lab que les amateurs d'indie-pop connaissent très bien, je connais d'autres férus et aficionados de Stuart. Le travail de Kidd est brillant et mémorable. Je vous invite à découvrir son univers riche de chansons toutes sublimes sur mes différents billets : "Originaire de Glasgow, le ménestrel est professeur de musique dans la vie, maestro pop sur la scène. Multi- instrumentiste, il commence à bruler les planches au sein des BMX Bandits en jouant de la guitare, mandoline, batterie, glockenspiel, percussion, flûte et en chantant aux côtés de Duglas T Stewart qui dit "Stuart Kidd seems to play with more Scottish groups today than possibly any other musician". "Stuart Kidd est à mes yeux un des meilleurs musiciens écossais de l'indie-pop et la compétition est de haut niveau". "...un garçon génial multi-instrumentiste qui assure la batterie pour Euros Childs, crée le groupe The Wellgreen aux côtés de son ami Marco Rea, avec qui il joue également dans le projet solo de Stevie Jackson. Toute la troupe de copains, avec Roy Moller, aussi talentueux les uns que les autres, ont monté le label Barne Society, basé à Glasgow, que je conseille."



Le bijou commence avec A Picture I Don't Want To Paint où dores-et-déjà, ce don pour jouer avec les samples, bidouiller les sons de manière céleste et élégante, apparait dès les premières secondes. Les cordes de basse et de guitares, branchées ou pas, se coordonnent sur la mélodie et le chant qui peignent une ode à des pensées romantiques et inspiratrices qui prennent la forme métaphorique d'un alligator. Brian Wilson n'étant jamais loin, les choeurs crépitants et l'ambiance rock de Little One, ce 'wee' chef d'oeuvre qui d'emblée me fait danser comme une damnée, contribuent une fois de plus à la légende Kidd qui est en train d'éclore. Visionnaires, positives et combattantes, les paroles évoquent un 'little one' qui manque de force et de cadence pour envisager l'avenir. Forget Me Not ajoute un relief endiablé à l'album, laissant batifoler banjo et guitares pour accompagner une mélodie entêtante et fascinante. Son thème virevolte au milieu de la rédaction de pages où des pensées s'étendent dans le vent et au soleil, butinées par une abeille gracieusement amenée par le kazoo. Si en écoutant la pop psychédélique de Kidd, mâtinée de lyrisme et surtout d'une musicalité riche et experte, on pense aux Beach Boys, aux Beatles et à Donovan, les arpèges suprêmes, les notes de Moog, la basse et la batterie qui torpillent le tempo sensuel de Tomorrow Sky montrent dans le dédale de références que Kidd devient un repère.



La mélodie impressionnante de simplicité et à la fois de complexité, est aussi pleine de poésie et d'anticipation, accompagnée de l'émouvante guitare qui devient taquine sur Crazy George qui évoque un type complétement toqué et déséquilibré, un voisin en guise de boulet. Les harmonies y sont malgré le sujet accrocheuses, arrangées avec style et panache. Le don pour la composition subjugue sur le dansant Sagro où les guitares se croisent, voltigent, planent alternant avec le clavecin, tambourin, harmonica et glockenspiel dotés d'un immense pouvoir expressif. L'amour arrive sur le tapis pop et dans les enceintes enflammées avec Like A Bullet qui me fait opiner du chef et secouer les couettes parce que le titre est, plus que jamais, griffé du style Kidd : baguettes et balais qui trottinent sur la caisse claire, style orné de samples psychédéliques dignes d'un dessin animé rappelant l'éternelle âme d'enfant de Stuart, garni de textes matures, puissants et décisifs dans les sentiments. Cette symbiose avec son chant magnifique font que la musique de Kidd charme et cueille ; Elle est en surface mélodieuse, souriante, aérienne et dans le fond, solide, réfléchie avec une trajectoire déterminée.



Idem avec Unknown Hometown où brille ce sens inné de l'underground en l'arrosant d'excellence, d'inspiration, d'une orchestration pop fournies de nuances dans les partitions, dans les instruments et de couleurs baroques dans les arrangements. A l'image fidèle de l'univers de Kidd, les animaux sont de retour avec les crocodiles et les samples de bruit de dents, quand la batterie chevaleresque prend les rênes à l'unisson avec les guitares électriques qui progressent, donnent du mouvement et une tonalité engageante. L'intention rock et pop psychédélique est généreuse avec la basse féroce et la guitare aiguisée de Where Have They Gone qui attrape les oreilles pour un tourbillon infernal de voix chorales. A l'écoute de Chance Weekend, on se fiche de savoir 'où ils sont partis' parce que Stuart Kidd, lui, est bien là, avec ses étoiles au-dessus de la tête et aux bouts des doigts, les mêmes qui alimentent ses fans fidèles dont je fais partie. Je remercie le musicien pour son travail et dis un grand merci à Stuart pour garder ses chansons, les enregistrer et nous les offrir. Elles sont précieuses et avec cette somme de talent Kidd constitue notre bonheur musical quotidien. Rendez-vous ici le 1er mars les amis : Kidd





vendredi 22 février 2019

Belka Records

Le label Belka Records apparait de temps en temps sur Piggledy Pop parce que j'adhère à sa démarche qui est de se pencher sur la pop russe et ukrainienne, deux pays intrinsèquement liés et si proches de nous également. D'ailleurs le label travaille à cheval entre Paris et Moscou, faisant rayonner la musique indépendante de l'est avec un élan charmant. Vive la Mère-Patrie !

J'en parle ici en 2016 à l'occasion de la sortie de sa première production Russian Tour que j'introduis, enthousiaste "Je vais être claire : la compilation Russian Tour est au classement Piggledy Pop le meilleur disque de l'année 2016 tant par l'esprit qu'il véhicule que par sa qualité et la joie que son écoute me procure. Depuis la magistrale baffe prise devant Motorama, groupe de Rostov, c'était dans un bar parisien en 2011, j'ai le sentiment que la slav'pop s'aiguise et s'affûte d'année en année. Je parle de groupes russes de plus en plus souvent, comme des fabuleux Malishkamu ou de White Wishes. Russian Tour me comble derechef avec 11 groupes géniaux alliés et alignés avec justesse sur la compilation façonnée avec talent par Belka Records."




"La compilation est en marche depuis le 27 septembre 2016. Elle contient tout ce que les chercheurs d'or pop rêvent ; de la cold wave, de la dance, de la twee, de la dream, de la jangle, du post punk, de l'indie dans toute sa splendeur, en anglais et en russe. L'âme slave est présente sur chacun des morceaux qui s'emboitent comme des poupées russes. Il y a du romantisme, du caractère, du rock qui donne envie de pousser les enceintes à fond dans la datcha, des notes mélancoliques, des rythmes dansants, virevoltants, qui donnent chaud sous la chapka. Comme l'annonce si joliment le bandcamp de Belka Records, "Bringing the Eastern Sound ... to Western Ears", Russian Tour rappelle l'excellence musicale de la culture occidentale."

Depuis, le label galope avec la même perspicacité offrant Russian Tour 2 en septembre 2017 suivi ce mois de septembre 2018 de Russian Tour 3 et pour couronner le tout, il signe l'album 23.45 de l'artiste Advokaty qui me trotte dans la tête depuis son écoute. 23.45 est un album moderne, electro-pop et rock orné d'un chant cristallin, dont la sensualité va comme un gant au thème érotiquement coquin du disque.



Ce que j'aime sur les compilations que fait paraitre Belka Records, c'est cette lumineuse envie de nous faire découvrir ces groupes actifs, pas forcément accessibles en live dans nos contrées et pourtant si brillants. D'autre part, d'une compilation à une autre, c'est toujours de nouveaux noms ce qui me fait penser que le monde slave pop est une mine de groupes talentueux. Ensuite, j'aime cette manière de tordre le cou à la légende du personnage slave nostalgique et tristounet, l'anti-thèse du surfer à longues dents blanches. Car enfin cette vue panoramique de la culture pop russe et ukrainienne nous montre à quel point, à l'Est, il y a de l'optimisme, de la force, de l'énergie et de l'anticipation. L'ensemble est joyeux et drôle, torride et sensuel, serein et riche d'harmonies.

Ici, il y a de l'intelligence dans les arrangements, dans les mélodies maitrisées et variées aux références européennes et russes délicieuses. Les groupes de pop soviétiques sur Belka Records, que je ne limiterai pas à un choix parce que les styles sont différents et vous conseille ardemment l'écoute, sont Parks, Squares and Alleys, Buerak, OneGin Please, Gruppa «TIGRY», FPRF, Hut, Bumazhnye Tigry, Esthetix, Seed Of Freedom, Chernikovskaya Hata, Okolo Poludnya, Palma Plaza, Gruppa Hmuriy, Brandenburg, Rytsar Dikih Yablok, Stantsiya Videopark, The Padla Bear Outfit & Mak, Park17, Budni, Verbludes, Fleece Flower, Istochnik, Ruth, Human Tetris, Sova, Russkaya Bespredmetnost, Shtrikh, Nürnberg, Ploho, Chernikovskaya Hata, Arseniy Krestitel, Neonic Sundrive, Roman Kirienko, Kobalt Siniy et Advokaty.
BelkaRecords
BelkaRecordsPiggledyPop2016





mardi 19 février 2019

Brian Grogan

Avant d'en savoir plus sur Brian Grogan, j'étais enthousiaste et subjuguée à la première écoute. Après renseignements pris, j'apprends qu'il est irlandais, réside à Londres depuis des années, entourés de musiciens se consacrant à l'écriture et à la composition. Il n'y a pour l'instant que deux titres disponibles pour le découvrir mais ils suffisent à entendre que le musicien a du charisme, un très beau jeu, un magnifique chant et des mélodies accrocheuses. L'univers musical que partage Brian a de l'âme. Brian Grogan n'est pas un néophyte. Ses références et influences viennent de son enfance baignée de musique à la maison, notamment du traditionnel fiddle. Il commence à jouer adolescent et étudiant dans les pubs de son comté avant de rejoindre l'excellente formation de Belfast Maguire & I en 2010 où il est batteur.



Désormais l'artiste vole de ses propres ailes d'auteur-compositeur et s'entoure d'autres talentueux musiciens pour les concerts comme pour enregistrer son single Reach, encore chaud, sorti de la presse ce 31 janvier 2018 ; Il recueille déjà les compliments des spécialistes et de la presse musicale. Ses performances contiennent de l'expérience, de la fougue et un don naturel clair et manifeste. En bonus, le troubadour multi-instrumentiste met beaucoup d'identité et de style dans ses paroles, ce qui lui donne une figure singulière dans le circuit. Reach évoque la difficulté de trouver un ou une partenaire tout en arrosant ses mots de son esprit narquois et drôle. Avec sa voix au pouvoir rythmique et lyrique, ses notes de guitares qui adoubent derechef le tempo, Brian Grogan a, à mes yeux, tous les atouts en poche pour nous surprendre, nous offrir des chansons extraordinaires à venir.
BrianGrogan



samedi 16 février 2019

Fujiya & Miyagi

Fujiya & Miyagi ne sont ni des pokemons, ni des centrales nucléaires posées sur des zones hautement sismiques. C’est un groupe de Brighton crée en 2000 par Steve Lewis (chant et clavier) et David Best (chant et guitare), rejoints par Matt Hainsby ( basse) et Lee Adams (batterie). Leur style bien griffé et reconnaissable est composé d’électronique sur fond de Krautrock, leurs influences étant Can et Neu. Depuis leur premier album Electro Karaoke, le quatuor ne cesse de se produire en concert, dans les festivals, de passer sur les radios et gagne en renommée.
Le titre Collarbone, apparaissant dans une série de MTV et pour des publicités, sort en vinyle en 2005 et fait décoller la notoriété de Fujiya & Miyagi qui présente le deuxième album Transparent Things un an plus tard. Suit Lightbulbs en 2008 et le fabuleux Ventriloquizzing en janvier 2011.



Les Fujiya & Miyagi dont le nom vient d'un personnage de Karaté Kid signent des morceaux electro-pop efficaces, entêtants, qui siéent aux pubs et aux séries (pub pour Jaguar, bande-son de Breaking Bad), leur notoriété dans les médias grandit depuis et s'amplifie depuis l'album de 2014 Artificial Sweeteners. Comme de coutume, Steve Lewis signe un album dansant en pulvérisant le son de synthétiseur. Son panache électro rappelle la vague de Manchester dans les années 85 faisant de son univers musical un laboratoire expérimental digne de Factory Records. Avec humour et un sacré tempo, des mots enfiévrés, répétitifs, qui est désormais leur signature, ils mettent en scène cet effet labo dans la vidéo d'Artificial Sweeteners.



Les anglais reviennent en 2017 avec le somptueux sixième album Fujiya & Miyagi qui attaque dès les premières notes de Serotonin Rushes sur un rythme envahissant, hypnotisant et fort énergique. Il comprend des EP sortis depuis 2016 qui sont disposés ici en album et de manière hétérogène. Les frissons saisissent avec To The Last Beat Of My Heart. Suit Freudian Slips qui dégaine une ambiance cold et kraut animée de l'âme des Joy Division usant d'une basse démoniaque, de guitares, de synthétiseurs mis en exergue par une production léchée et intelligente. Magnesium Flares confirme l'atmosphère de recherche médicale évoquée sur Serotonin en jouant de la rythmique séquentielle persévérante. La pop ne quitte pas les arrangements sur Outstripping (The Speed Of Light). Le titre se rapproche du son synthétique excellent des New-Order et on succombe à l'écoute de l'obstiné R.S.I. suivi de Swoon, palette de couleur sur une mélodie captivante et stylée Warehouse.
Extended Dance Mix parle des consommateurs de musique qui insufflent via internet l'effet du couperet à la création artistique, usant du lexique du corps humain qui tranche et fait mouche avant que la pop de Solitaire fasse souffler un air amoureux, plein de beats ajustés et galbés. Puis Synthetic Symphonies fait sonner les guitares et la basse, les claviers cordiaux 'indus' proches de l'univers de Cure pour finir en puissante production avec le romantique et sensuel Impossible Objects of Desire et ses machines métalliques rutilantes new-wave qui pulsent à rendre dingue le métronome.



Les talentueux Fujiya & Miyagi réitèrent ce mois de mars 2018 avec SUBLIMINAL CUTS, titre single qui présage un album à venir aussi délicieux en illuminant le genre électronique cold-pop de modernité technologique mêlé à un renouveau romantique. Ils ont toujours un coup d'avance sur les autres comme l'ont fait leurs pairs Bauhaus, Cure, Joy Division, Depeche Mode etc. J'étais fan des Fujiya & Miyagi dès 2010 et au fil du temps, je reste aussi friande de leur son addictif, aux contours sucrés et acides, si solidement pop.
Fujiya&Miyagi
Fujiya&MiyagiPiggledyPop2011





dimanche 10 février 2019

Saint-Valentin, Amour versus Haine

Mon billet Saint-Valentin sera inspiré d'une phrase ramasse-miettes du président français du moment qui se gargarise de la révolte qui saigne la France depuis 13 semaines : "Quand il y a de la haine, c'est qu'il y a aussi une demande d'amour" (Le Figaro, 9 décembre 2018)
J'ai donc sélectionné une série de chansons pleines de haine et donc pleines d'amour. Si le 14 février vous êtes en 'demande d'amour', prenez une batte de base-ball ou un cocktail Molotov mais sachez que vous êtes trop fleur bleue !

















Mike Gale / Co-pilgrim

Je connais et adore le musicien Mike Gale depuis 2014 quiet il est à mes yeux un des meilleurs auteurs-compositeurs et interprète anglais actuels : "Apparu en 2000 avec des mélopées pop plein sa besace, Mike Gale monte le groupe Black Nielson à Winchester.""Leur première signature en 2001 comprenant 11 titres fait partie des splendeurs de l'année, riche en productions indie-pop. L'opus Still Life Hear Me qui offre la présence de Joe Bennett au violon, à la trompette et Robin Bennett à l'orgue, tous deux producteurs du disque est suivi de The Seahorse Boe en 2003, tout aussi rock et pop, abouti et lardé d'harmonies. Les guitares, le piano, la basse et la batterie s'allient sur les compositions de Mike Gale qui chante comme un rossignol des Cornouailles."



"En 2005 Black Nielson splitte et Mike se remet en selle seul avec l'alias Co-Pilgrim signant dès 2007 le sublime album Pucker Up Buttercup qui crée la surprise. Le rossignol se chrysalide en voix pop puissante et brillante, compose à la guitare des airs somptueux aux sonorités dont la mélancolie sucrée et rythmée de piano, de basse et guitares voltigeantes, s'approche aussi de Ben and Jason, Badly Drawn Boy, ou même Nick Drake avec des choeurs beach boysiens. Intemporel, un album aussi bien arrangé, écrit et interprété, est une pièce rare aujourd'hui et Pucker Up Buttercup se savoure à volonté, tout comme A Fairer Sea de 2012, génialement pop et orné de balades exquises colorées de cordes, d'orgues psychédéliques ou de guitare acoustique. Les créations de Mike Gale respirent la poésie, la sensibilité et toutes ses influences qui vont de The Jam, à Bill Callahan (...) Fairer Sea évoque l'histoire personnelle de Mike qui part rejoindre son amie américaine à New- York, relation amoureuse qui s'effrite avec la distance. 
Le nouvel album de 2014 Plumes est derechef une ode au romantisme, à l'amour en général avec ses déconvenues, 2013 ayant été une année difficile pour Mike avec le décès de son père."



Les harmonies pop que signe Mike Gale sont pop-folk, chaudement boisées avec un style qui lui est bien particulier. De son vécu en Australie et de ses vertes et iodées terres anglaises, son inspiration est aussi nourrie de l'histoire des amérindiens ou encore des étoiles, parfois personnifiées, se dévoilant sensuelles et amoureuses. Ses dernières signatures évoquent les planètes, leur attraction, leur magie sur des arrangements plus synthétiques exécutés au clavier tout en gardant la garniture feutrée d'instruments traditionnels et toujours son grain de voix, voluptueux et cosmique. Depuis 2014, toujours créatif et prolifique, l'artiste signe de son nom Finger Bone From Swan Wing, Another Planet, Dream Pool puis en janvier 2018, le renversant Beachhead Galaxy. Avec ses acolytes des Co-Pilgrim, la famille Bennett Joe et sa femme Claire aux choeurs, le bassiste Andy Reaney et le batteur Mike Monaghan, Slows to go parait en 2015 suivi en 2017 du génial Moon Lagoon.



Moon Lagoon s'ouvre sur le puissant Turn It Around,  ses guitares électriques font des étincelles rock qui décollent telle une fusée, arrosées d'une basse flamboyante. D'emblée la mélodie captive, la voix brulante propulse illico dans les oreilles le thème du disque 'I'm feeling more and more like a helium balloon, Lighter than the air, floating to the moon lagoon'. Mike Gale assène à coups de riffs talentueux les cinq minutes faisant de la guitare la reine du titre. Puis le fantastique You'll look pretty as a picture when the acid rain hits ya, à la rythmique panachée, dégaine de la critique et du reproche sur des sonorités lumineuses alternatives jouées au synthétiseur ornées de 'papapa' pop dansants. La poésie de Co-Pilgrim se retrouve autant dans les mots que dans les harmonieux loopings de Cylindrical Fire Escapes où les sentiments portent un impact sensationnel sur le titre electro-pop, satellite de l'album. Les touches de clavier sont synchronisées au tempo de la guitare electro-acoustique, de la caisse claire qui bat la chamade sur le chant irrésistible pour créer une mélodie ascensionnelle, magnifiquement planante.



L'atmosphère pop-rock de Moon lagoon frappe de son aplomb et par son profil aussi fluide que volcanique ; Les frissons gagnent l'épiderme. Le violon et le piano de Joe Bennett sur Thank my Stars vont comme un gant au charisme de Mike Gale à la guitare qui touche beaucoup sur ce morceau délicat et intimiste, habité des âmes de Leonard Cohen et de John Lennon. Puis les harmonies rythmées et menées par une salve de cordes sur I'm not a wallflower, I'm the wall renvoient dans une sphère pop crépitante et brodent une composition solide, parsemée de poudre d'étoiles avant de fondre sous le soleil éclatant de Digging holes in the whites of your eyes où les instruments fusionnent et tourbillonnent sur les notes synthétiques et magiques. Wouldn't you like to dance? avec son tempo calibré et les percussions souriantes de Mike boucle l'album. La chanson saisit et enchante quand le tableau mélodique coloré accueille trompette, basse mariée au chant sucré, délicieusement soul montrant toute l'étendue technique du groupe et la personnalité créative et récréative de Mike Gale.
L'équipe Co-Pilgrim offre un Moon Lagoon persistant de qualité, poursuivant sa trajectoire bardée de musicalité pop absorbante et brasillante pour garder sa place au zénith de l'indie-pop britannique.
MikeGale
MikeGale-CoPilgrimPiggledyPop2014



mercredi 6 février 2019

The Monkees

The Monkees est un groupe phare sur le terrain de la pop sixties, actif entre 1965 et 1970 avec neuf albums, il réapparait en 1987 avec Pool it! puis Justus en 1996. Formé autour du chanteur anglais Davy Jones, le groupe comptant trois autres membres, les américains Peter Tork, Micky Dolenz et Michael Nesmith, continuera de jouer, de tourner, jusqu'à la mort de Jones en 2012. 

Genèse : Bob Rafelson et Bert Schneider créent en 1962 une série musicale appelée The Monkees qui nécessite un groupe de pop composé à la fois de musiciens-acteurs. Ces producteurs remarquent un jeune chanteur et acteur anglais qui reçoit un Tony Award en 1963 pour sa performance dans la comédie musicale Oliver! présentée à Broadway. Ils ont leur star et ne manque plus qu'à auditionner d'autres musiciens pour créer un groupe. Parmi 437 candidats, se distinguent Nesmith, Tork et  Dolenz qui avec Jones doivent dans la précipitation écrire, composer et chanter pour que le tournage de la série puisse commencer. S'ensuit un joyeux foutoir.



Personne ne sera prêt dans les temps mais la série est lancée dans un magma d'allers et venues de producteurs et associés, escrocs à la petite semaine qui voulant changer de chanteur leader, passer de Jones à Tork en essayant Nesmith et Dolenz... seront aussi vite embauchés et virés, pratique courante de cette époque, pour qu'enfin la sage décision de laisser le groupe maître de ses choix soit adoptée. C'est ainsi qu'en 1966, The Monkees, moins tiraillés par de viles petits investisseurs, écrivent et composent en chantant tour à tour dans une ambiance saine et amicale.

2016, à l'occasion du 50ème anniversaire du groupe, les amis se réunissent en studio pour enregistrer le sublime et évocateur Good Times! Ce sont Adam Schlesinger de Fountains of Wayne, musicien et producteur en compagnie de Andrew Sandoval, journaliste, musicien, producteur et écrivain, qui sont aux manettes. Quant à l'écriture, la composition, des figures du milieu indie-pop participent à la création aux côtés des grands Monkees Nesmiths, Dolenz et Tork.



Le premier titre Good Times! est une chanson écrite par Harry Nilsson dont la voix enregistrée en 1969 est rétablie à titre posthume dans le titre pour in fine former un duo avec Micky Dolenz. La chanson initiale est à peine retouchée, fortement respectée et le jeu de Nilsson au piano fait son effet. Elle est suivie de You Bring the Summer écrite par Andy Partridge, co-fondateur des XTC. Le titre est pour moi digne d'un sucre d'orge pop. Il est doté d'harmonies ensoleillées, d'un texte charmant qui ranime les sixties, de partitions de guitares qui comptent Jody Porter et Mike Viola, et les fabuleux Monkees à l'oeuvre, Tork à l'orgue, Nesmiths à la guitare et Dolenz au chant. Schlesinger en plus de la production, assure la basse sur l'ensemble des titres tout comme l'excellent Brian Young qui brille à la batterie pour faire virevolter le tempo de She Makes Me Laugh écrite par Rivers Cuomo de Weezer. Le délice continue avec la pépite pop dansante Our Own World écrite par Schlesinger qui resplendit à la basse et à l'orgue toujours allié aux trois Monkees. Le rock garage, mods et power pop, entre avec la sublime Gotta Give It Time qui prête à se dandiner sévèrement sur le tambourin déluré avant Me & Magdalena écrite par Ben Gibbard de Death Cab For Cutie, douce splendeur mélodique qui double le plaisir.



Le duo admirable Boyce & Hart compose Whatever's Right, superbement stylée sixties avec son clavier psychédélique, Viola à la guitare et des paroles irrésistibles qui vont comme un gant à l'ambiance rock vintage qui poursuit sur la sensationnelle Love to Love griffée de Neil Diamond et admirablement chantée par Tork à la voix épique et énergique qui nous comble de son charisme sur Little Girl, qu'il écrit, interprète et enlumine de sa guitare.
Le régal se perpétue avec Birth Of An Accidental Hipster écrite à quatre mains par Noel Gallagher et Paul Weller chantée par Nesmith et Dolenz accompagné de sa soeur Coco Dolenz. Mike Viola à la guitare avec Adam Schlesinger au piano et à la basse font du titre, déjà solide et musclé, une merveille. 

L'enchantement ne s'arrête pas quand Wasn't Born To Follow délivre sa mélodie magiquement jazzy ornée de clavecin, composée par Gerry Goffin et Carole King. L'album se ferme sur deux morceaux d'une beauté infinie, I Know What I Know de Nesmiths, touchante par son humilité, par le tempo du piano et du clavier Chamberlain qui martèle les notes émouvantes avant l'explosive I Was There (And I'm Told I Had A Good Time), au boogie qui enflamme les cordes de la guitare de Viola et le chant de Dolenz. Cette dernière mélopée est signée de Schlesinger qui réussit avec brio le mariage de l'esprit Monkees avec des arrangements pleins de panache, cohérents dans la myriade d'artistes qui contribuent à l'album anniversaire. Les colossaux Monkees ont offert le tout récent disque Christmas Party ce mois de décembre 2018, et semblent plus ardents, plus engageants que jamais!
MonkeesGoodTimes



samedi 2 février 2019

Martha Ffion

Avec ce fameux nom que j'adore, qui aura d'emblée attiré mon attention, j'écris en 2015 sur Martha Ffion au sujet de son EP Go! signé en 2014 suivi de son single No Applause.
"Véritable petit bijou pop, élancé et modelé avec idée, le sublime EP Go! signé de Martha Ffion en 2014 chez nos amis écossais du label Lost Map Records situé à Isle of Eigg est suivi cette année par le single No Applause. A l'écoute de titres comme Sugar Coat, on revisite les sixties en claquant des doigts, tricotant des orteils, pensant aux groupes de filles (musiciennes) des années 60, les biker girls garage-pop, comme les Gingerbreads, Mam'selles, The Belles ou les The Shangri-Las. Les textes fins et délicats, interprétés avec justesse et musicalité, nous parlent d'amitiés, parfois superficielles comme sur Sugar Coat, d'amour déçu comme sur Go et sur Punch Drunk Love qui sous sa forme romantique démontre une certaine force de caractère de son auteur. Martha de son vrai nom Claire Martha Ffion McKay compose, joue de la guitare et chante, entourée de Craig Angus à la guitare, Gavin Redford à la batterie, Richard Stratton à la basse et Matthew Scott à l'harmonium."



L'artiste irlandaise qui a posé ses bagages à Glasgow depuis des années, revient en mars 2018 avec un premier album réussi et aussi gouteux qu'une barre glacée pop, Sunday Best, idéal comme cadeau pour les célibataires à la Saint-valentin. Le disque magnifique offre un pensée positive pour ceux qui ont perdu un amour en chemin et des options optimistes sur des partitions pop entêtantes, dansantes et enjouées. Le don d'auteur-compositeur de mademoiselle Ffion est éclatant. Son producteur et arrangeur Jamie Savage y fait un travail d'orfèvre et autour de Martha à la guitare, clavecin, clavier et chant, ses musiciens Lewis Orr à la batterie, Craig Angus à la guitare, Niall Morris à la basse mettent du coeur flamboyant à l'ouvrage. Celui-ci s'ouvre sur Missing You, subtilement porté par la guitare et le clavier discret rehaussé du chant filtré et fluide en guise d'hors-d'oeuvre délicat. Le tempo juteux démarre sur la mélodie pop de Real Love avec ses guitares jangle façon fifties. Cette ambiance surf-pop se poursuit sur Take your Name qui comme la précédente lance le symbole du mariage dans la mare aux canards ou plutôt, prévient des inconvénients et se déshabille du romantisme. Les guitares au profil bal des années 60 suivent la batterie épatante qui roule ses baguettes comme une tige de barbe à papa dans son nuage de sucre quand Punch Drunk plaque les oreilles au casque, solidement rythmé, alternant entre les riffs de guitares et les choeurs alignés puissants. Les harmonies dansantes ne cessent pas avec le rock garage de Record Sleeves, au regard tendu dans le rétroviseur, orné d'une batterie énergique qui à bâtons rompus continue de cavaler sur No Applause.



Entre rock et shoegaze, guitares électriques aiguisées et rythmique prestigieuse, les paroles piquées d'humour font resplendir les âmes irlandaises et écossaises mêlées, comme sur l'optimiste et voltigeant Lead Balloon aux harmonies animées et inspirées de Jamie Savage à la guitare. Le langoureux piano de We Make Do accompagne une mélodie sifflée qui trottine légère sur un texte saupoudré de sarcasmes bien pesés pour laisser place au soleil et au ton estival yéyé de Beach qui entraine à Baltimore pour boucler l'album. Cette fin contient beaucoup de finesse, de féminité gracieuse et d'arrangements à quatre temps magnifiques d'harmonium, de guitares folk et d'une basse de caractère. Le charme de Sunday Best fait son effet, tout l'album est réjouissant tant il est plein et enchaine les titres de qualité drapés de la personnalité rayonnante de Martha Ffion. Sunday Best est un voyage sentimental sucré aux mélodies solides et à l'interprétation irrésistible. Aux amateurs de Catholic Action dont je fais partie, l'excellent leader Chris McCrory apparait avec Martha Ffion dans la vidéo Take Your Name et le régal se fait pérenne en dégustant le single Kennedy Hair paru ce 22 janvier 2019.
MarthaFfionLostMapRecords
MarthaFfionPiggledyPop2015