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dimanche 30 septembre 2018

Paddy Hanna

J'aime l'irlandais Paddy Hanna, j'en parle en 2015 et l'an passé pour sa participation "au magnifique projet associatif My Lovely Horse Rescue aux côtés de Duke Special, Neil Hannon, We Cut Corners, The Late David Turpin, No Monster Club, Sissy et Gar Cox, toute la joyeuse équipe du collectif de musiciens dublinois, le label Popical Island. Pour apporter leur aide, les artistes signent l'EP de sept chansons, My Lovely, dont le fruit de la vente est totalement reversé à l'association irlandaise qui protège et soigne les chevaux, poneys, ânes, abandonnés ou négligés."

J'admire tellement son travail que quand Paddy Hanna lève le petit doigt, le téléphone rouge PiggledyPop sonne. Il y a eu "les sublimes disques Join the Army de 2013, Leafy Stiletto de 2014, les singles Austria et Underprotected de mars et décembre 2015." "Paddy Hanna fait partie de ces artistes prolifiques et complets, auteur-compositeur et interprète au coeur de quatre projets, il joue de la guitare, du clavier, de la batterie et aime la scène où il est comme un poisson dans l'eau. Basé à Dublin, l'irlandais est actif au sein des groupes Grand Pocket Orchestra, Skelocrats, Ginnels et No Monster Club. Il n'arrête jamais"
PaddyHannaPiggledypop2015
PaddyHannaPiggledypop2017



Ce mois de mars 2018, l'artiste offre l'album Frankly, I Mutate qui ne fait pas pousser la table du salon pour danser mais fait sauter dessus pour des déhanchés fous de sioux. L'univers du musicien compte tout pour me plaire : l'humour, la qualité mélodique et technique, son inspiration colorée infinie, les références littéraires, musicales, cinématographiques ou picturales. Paddy Hanna fournit des mélopées pleines d'harmonies, d'originalité dans l'interprétation, formidable, de fantaisie et de sensibilité. Cette année, l'inspiration est tropicale au point de dégainer les castagnettes. Le disque s'ouvre de manière surprenante, et au royaume des surprises, Hanna est sur le trône. I Saw The Man Part 2 est un instrumental qui semble être idéal en conclusion, un morceau que nombre d'artistes auraient mis en final et que l'irlandais insondable, imperturbable, décide de placer en introduction. J'ai déjà le sourire quand arrive le fantastique Bad Boys avec ses balais de batterie qui cristallisent l'art de la pop. Le tempo galope, basse et piano se répondent fructueux sur le chant de Paddy merveilleusement vif pour incarner le thème à la perfection. L'envie de bouger est immédiate et on ne déroge pas à ce toc quand bataille la grosse caisse de Ida, alliée aux castagnettes irrévérencieuses tenant les zygomatiques en alerte ; Le titre est dédié à sa grand-mère. Les mélodies sont splendides, habillées de surréalisme, de psychédélisme, garnies de son brut des bois, du timbre de voix spontané, empreintes mêmes de l'artiste qui sort la cavalerie de cordes et d'archets pour le valsant et swinguant All I Can Say Is I Love You. Derechef, le moulin de notes pop tournoie. La palette de paroles rayonne de vivacité et d'émotion sur Mario Lanza qui évoque la maladie de son papa sur une rythmique fulgurante et des guitares optimistes. L'élégance des sentiments continue sur Reverends Grave qui est un titre ancien que Paddy ressort des fagots, arrangé superbement avec la harpe et les voix du duo féminin irlandais culte, les Saint Sister.



Avec sa pudeur galante, il compose un Toulouse The Kisser virevoltant de piano, de guitares et cette voix incroyable, impulsive et excellente. Puis arrive un morceau de presque cinq minutes, rareté de format, avec un titre qui finalement met la puce à l'oreille : Spanish Smoke et son solo de guitare amende la déclaration d'amour insinuée dans les harmonies soul, le chant sensuel et les cordes autant hypnotiques que percutantes, qui enchaine, logique, sur Sunday Milkshake. Paddy Hanna saupoudre d'esprit des thèmes sérieux, impose des airs qui gambadent et trottinent dissimulant l'émotif et le tragique avec dextérité et inventivité. Son territoire artistique est une citadelle de laquelle il lance des flèches pop pénétrantes comme Local Strangers, psyché, sculpté avec sa folie créatrice, son interprétation efficace, idéal pour le retour à la chorégraphie indienne sur la table. Low Voices porte son parfum de fragilité sur des arrangements de cordes dirigés par Ena Brennan, créant une splendide atmosphère proche de Syd Barrett ou de Kevin Ayers. Illico, la vulnérabilité fait place à la combativité avec Frankly, I Mutate et son orchestration pop lumineuse où Paddy Hanna termine le disque en absolue beauté, 'i've learned to laugh in the face of death...and light a candle'  avec la batterie grandiose et la voix de Paddy Hanna, puissante et unique. Tout en rangeant les plumes, flèches et tipi, je classe Frankly, I Mutate dans le top 10 des albums 2018 Piggledy Pop.
PaddyHanna



Michael Head

Je l'ai reçu au moment de sa sortie il y a un an, en octobre 2017 et le savoure depuis, toujours avec son doux parfum de pain chaud sans pouvoir m'en détacher. Adiós Señor Pussycat signé de Michael Head & The Red Elastic Band n'avait pas vraiment besoin de chronique ici, ayant déjà tous les médias spécialistes à ses genoux. Mais les disques irrésistibles comme celui-là, ces coups de triomphe d'arrogance mélodique sont intemporels et passent les mois, les années, demeurant majeurs.

Je reviens sur Michael Head pour ceux qui ne le connaissent pas. L'artiste au charisme et au talent grandioses fait partie des meilleurs auteurs-compositeurs anglais du XXème et du XXIème siècle. C'est en 1980 que Michael avec son frère John Head forme le groupe mythique The Pale Fountains qui sort Pacific Street en 1984 et From Across the Kitchen Table en 1985.



Ces deux albums sont sacrés pour les amateurs de pop. Les deux frères Head changent de nom de formation en 1987. Shack nait et comptera dans ses rangs divers musiciens. Originaires de Liverpool, les deux frères guitaristes se complètent parfaitement et nous offrent Zilch en 1988, Waterpistol en 1995. Les Shack assurent une tournée internationale avec leur héros, le groupe Love et les frères Head repartent en studio en 1997 pour un nouveau projet, Michael Head introducing The Strands pour le nouvel album The Magical World of the Strands. Shack revient en 1999 avec le fantastique H.M.S. Fable, suivi en 2003 de ... Here's Tom With the Weather et On the Corner of Miles and Gil en 2006.



Puis il y aura ce hiatus, long, long, très long pour les mordus dont je suis. Il nous faudra attendre 2013 pour que Michael qui crée son propre label au joli nom de Violette refasse surface dans le monde de la pop avec son nouveau groupe Michael Head & The Red Elastic Band pour concocter un EP qui promet un retour scintillant. Le double titre Velvets In The Dark / Koala Bears apparait en 2015 et enfin en 2017, l'album tant désiré, Adiós Señor Pussycat. Recueillant tous les éloges de la presse, le disque est véritablement, objectivement somptueux. C'est l'album le plus amoureux orné de maturité, de sincérité, d'espièglerie mêlée à la poésie écrit de la plume Michael Head. Le romantisme y est chaud, chaleureux, porté par des mélodies considérablement belles. La variété des instrumentations est fine, parsemées de l'âme indie du Nord anglais, si particulière, mais aussi de notes sixties, de préciosité pop qui rappelle Shack et le pouvoir entêté de Head dans l'art de la composition.



Le charme s'ennoblit au fur et à mesure que les notes de Pablo Picasso se déploient. Le texte évoque un second foyer à Paris, où par amour il suit sa muse. Le titre est magique, avec cette mélancolie qui camoufle un désir ardent d'un homme passionné qui ne lâche rien. La ballade est menée par la guitare féconde, frétillante, avec le violon et le saxophone qui ajoutent du rétro savoureux et de l'élégance. Dores-et-déjà en proie au charme de la voix de Michael Head, de ses mots, de son interprétation, Overjoyed réitère la séduction. Le titre touche car il parle du groupe qui revient dans sa ville, avec comme orchestration judicieuse le choix puriste 'indie' qui offre le mariage guitares, basse et batterie. L'enregistrement se concrétise dans le studio de Steve Powell, qui joue de la guitare aux côtés de Michael et brille aux arrangements, avec également son fils Tom Powell à la basse, Simon James au saxophone, et pour la trompette, Martin Smith, et Andy Diagram des Pales Fountains.

Rod Skipp, Helen Tonge et Dewi Tudor Jones appuient avec leur ensemble de cordes le fabuleux Picklock, perle de l'album, qui marque par son impétuosité dans le mouvement électrique des guitares et sa détermination dans la voix. Michael Head compose avec Winter turns to Spring un monument, une pépite lumineuse qui contient des influences comme Burt Bacharach, Velvet Underground et Scott Walker en guise d'invitation dans son intimité, son émouvante et joyeuse renaissance. Cette effet de lueur règne aussi sur Workin' Family qui date de vingt-cinq ans et n'avait jamais été enregistré. Tom Powell excelle à la basse et transporte par son tempo diablement habile tandis que l'interprétation de Michael forme un volcan pop en or. 4 & 4 Still Makes 8 montre le caractère enflammé de l'auteur, armé de son tambourin et fait sensation, partant en croisade amoureuse qui se poursuit sur Queen of All Saints. Si Michael Head aime lire Coleridge, Burroughs ou Huxley, inspiré depuis des années pour écrire et faire danser sur ses harmonies, il sait aussi fendre l'armure avec honnêteté et troubler par ses mots abondants de franchise.



La mélodie de Josephine, flambeau pop, offre des envolées élégantes de fiddle, de guitares, de choeurs qui comptent Joanne Head sa soeur, Phil Murphy et Steve Powell avant le Lavender Way qui avance comme un songe tiède sur la guitare hispanique, venant peindre des adieux comme le souligne le nom d'album. Adiós Señor Pussycat vient d'un épisode de Tom & Jerry, qu'affectionne Michael, partageant cette passion pour les vieux dessins animés hollywoodiens avec son fils. La famille et son entourage sont fruits d'inspiration pour Michael qui signe un album hanté de départs mais dans Rumer ses proches sont à ses côtés, aux instruments et aux voix, créant un titre fourni de 'pa pa pa', de guitares à foison et d'harmonies pop brillantes. La reprise, divine, de Wild Mountain Thyme, chanson traditionnelle écossaise ne fait que renforcer l'aura de Michael Head accompagné de Joanne au chant. Puis le sublime What's the Difference, avec sa mélodie qui balance majestueuse entre ses cuivres et ses guitares dans le sillage de Love, donne un conseil affectueux avant la confession follement indiepop Adios Amigo qui est fleuri de la batterie ingénieuse de Phil Murphy, basse, guitares, de cordes à l'envi et une chorale qui accueille la fidèle amie Mary McCombs. Comme pour respecter l'éthique indépendante, le disque est façonné avec un petit budget mais beaucoup de grâce et de talents. Il y a dans Adiós Señor Pussycat - grasse place dans le panthéon PiggledyPop - du son de guitare des Byrds marié à la poésie de John Keats avec cette griffe personnelle de Michael Head qui marque et crée une réelle émotion...comme avant et comme toujours.

MichaelHead





samedi 29 septembre 2018

The Ego Ritual

J'écoute Chakra Maraca depuis une semaine. Au sujet du symbolisme, je ne sais pas sur quel pied danser, ni si c'est du lard ou du cochon. Mais avec de telles harmonies accrocheuses, ces lignes de guitares et l'énergie qui émane du titre, mes deux pieds dansent et je me régale (car tout est bon dans le cochon). L'ep de The Ego Ritual est en route ces jours-ci, peaufiné en studio sous la maitrise et l'influence de l'auteur-compositeur interprète James Styring. Le groupe compte trois musiciens de Lincoln en Angleterre, des experts ès-pop, présents dans les projets The Popdogs depuis 2010 et B-Leaguers en 2016. L'essence de The Ritual Ego est powerpop, avec des nuances punk, rock, de la pure britpop. Ce qui est magique avec le trio, James Styring au chant, William James Ward à la guitare et Gaz Wilde à la batterie, c'est qu'il n'est pas nécessaire de fumer de la 'weed' pour ressentir son champ spatio-temporel étendu et élastique. Il y a dans sa veine artistique du mordant mods, stylé sixties et du rock seventies solide. Chakra Maraca est ondulant, pétulant, flamboyant de rythmes, de notes et sur la voix de James, je succombe. La presse les compare, avec raison, au groupe de Glasgow Astrid et à REM mais renseignement pris, c'est bien Elvis, Johnny Cash, Lennon et McCartney les influences principales. En attendant la parution de l'EP bientôt chez le label américain Kool Kat, je me délecte avec Chakra Maraca et sa mélodie brillante, psychédélique et pop jusqu'au bout de ses sept chakras, symbole de pouvoir, et celui-ci est envisageable pour les Ego Ritual.
TheEgoRitual



samedi 22 septembre 2018

Simon Love

Je présente le magistral et attachant trublion pop Simon Love ici il y a trois ans et parce qu'il signe ce mois de juillet 2018 un chef d'oeuvre pop et parce que je l'adore, je reviens le brosser et le vernir un coup : SimonLovePiggledypop2015
"Simon Love vient de faire paraitre un premier album mais n'est pourtant pas un débutant. Dans le domaine, le gallois excelle depuis 2000 lorsqu'il se fait connaitre avec son groupe The Loves qui se séparent en 2011 après quatre albums fleurant bon la pop psychédélique sixties. Pour les curieux, j'écrivais en 2008 sur The Loves. TheLovesPiggledypop2008
Simon intègre ensuite Knickers et signe un EP chez Elefant en 2012. Présent depuis sur quelques compilations, il se lance sous son propre nom (enfin presque) en 2014 pour nous concocter un album fabuleux, hautement musical et écrit, excentrique, mélodique, un kaléidoscope de chansons toutes achevées et parfaites. It Seemed Like a Good Idea at the Time du 7 août 2015 offre une orchestration pop magnifique qui s'étoffe au fur et à mesure de l'écoute."



"L'artiste de Cardiff travaille ces dix dernières années avec notamment Fortuna Pop, label avec qui il signe son tout récent album, et joue amicalement également avec des groupes comme The School, Darren Hayman, Pocketbooks, etc.Ses références principales sont les Beatles, Velvet Underground, Harry Nilsson. Il reprend d'ailleurs Cold Turkey de Lennon en 2002 et Dear Boy de Paul (& Linda) McCartney qu'il sort en 2014 en guise de single, présent sur It Seemed Like a Good Idea at the Time. Le compositeur génial de sunshine pop, signant des arrangements très sixties et seventies, inspirés et variés, est accompagné sur l'album de deux figures assez originales, l'acteur Stewart Lee, chroniqueur pop-rock à ses heures perdues pour le Sunday Times et l'un des plus grands pirates de la radio anglaise dans les années soixante, le DJ Emperor Rosko. ( se reporter à mon article Radio Caroline si le coeur vous en dit" : RadioCarolinePiggledypop2O12



Depuis le 6 juillet 2018, Simon Love signe son deuxième album au nom sucré Sincerely, S. Love x. C'est chez le fameux label allemand dont je parle souvent, Tapete Records, nom non moins sucré, que Simon pose ses jalons et sa jaquette. Cet album est grandiose et les écoutes en boucle sont un délice. Le musicien est connu pour son humour. On ne sourit pas l'écoutant, on rit. Son joli brin de folie so british vient d'un esprit aiguisé, brillant et sa personnalité formidable dont je suis fan. Son écriture est flamboyante, se comparant sans coup fourré à celle de Spector, Kevin Ayers, Kinks et caetera. Ses compositions pop sont orchestrées avec maitrise impressionnante du genre. Il y a la fulgurance des mots, la rutilance des partitions de cuivres et de cordes, le chant volcanique, les lignes de guitares vivaces et coriaces. 0n plonge tête la première dans l'album photo musical qui retrace les aventures de Simon Love de son berceau, à ce qu'il est aujourd'hui, le plus touchant des artistes pop dandy du moment. Le disque, panaché de références comme Joey Ramone ou les Pixies à qui Simon rend hommage, commence avec God Bless The Dick Who Let You Go, déclaration chevaleresque psychédélique ornée de piano, violon, trompette, clap-hands et glockenspiel au tempo fougueux. Simon comme de coutume parade, riposte et trompe le monde sous une cape débonnaire et conciliante en portant le coup, en allongeant son chant précis, ses mots coupants et tranchants.



The Ballad of Simon Love, tendu, rythmé et drôle continue la formule alternative, boogie, orchestrée avec des cuivres sautillants, des guitares explosives, fondu dans le style mods et sunshine pop des Beach Boys. La chanson grandiose est dores et déjà dans le top 10 de la décennie Piggledypop. La classe et le style tiennent le mouvement sur le tambourin et le saxophone de Joey Ramone où Simon entonne avec prestige 'first time i heard your voice'. La narration poursuit avec Stephen Timothy West, immédiat, spontané et dansant tout en étant symphoniquement pop, un gemme sonore puissant. Le journal personnel, saga rock'n roll continue et la page se tourne sur I fucking Love You. Le message est compris! A l'écoute du titre au romantisme confondant, solide et merveilleux, i fucking love Simon Love! Tout est là pour construire le taxon pop, les harmonies de cuivres et de cordes forment l'alliance d'une mélodie ascensionnelle et enlevée qui donnent envie de danser. Tennis Fan délivre des guitares, du piano, du tambourin, une voix minutieuse, débordante de tendresse sous ses habits décalés et pétulants qui rappellent l'élégance aristocratique d'autrefois comme sur Golden Boy. Les ballets frottés délicatement à la caisse, le clavecin marié à l'harmonium rappellent que Simon Love est une pierre de touche de la pop psychédélique. L'exploration mélodique poursuit avec (Why'd You Get That) Tattoo Girl? fusion feuillée funky, au peps frissonnant de la voix et de l'instrumentation. Le renversant morceau All This Dicking Around (Is Bringing Me Down) est composé avec brio, alignant des arrangements de guitares, d'alto et de trompette émouvants sur des effets de voix en chorale à l'âme sixties ardente avant le dernier Not If I See You First, sa batterie qui caracole, sa basse dandinante excellente sur un chant débordant de charisme. Sincerely, S. Love x. est un havre de pop, un album somptueux du début à la fin, enfiévré, qui donne envie de danser et fait du bien, simplement. Simon Love est un personnage envoûtant, un maestro de la pop au catalogue brillant, gorgé de mélodies, d'arrangements fournis, lyriques et supérieurs, au rendez-vous sur Sincerely, S. Love x. , classé évidemment dans le panthéon des albums PiggledyPop !
SimonLove



dimanche 16 septembre 2018

Nick Frater

La fin d'année approche et même s'il y a encore trois mois pour gonfler les chroniques de coups de coeurs, Goodbye Kayfabe de Nick Frater entre dans la cour du top 10 des albums 2018 Piggledy Pop. L'artiste est fabuleux, multi-instrumentiste et producteur, de son studio à Croydon il concocte des bijoux pop qui font rayonner son assurance, son rôle et sa passion. Nick Frater aime la musique, la fabriquer et son plaisir s'entend. Inspiré par les années seventies et sixties, il sait solliciter nos frissons et notre envie de gigoter bêtement en rythme sur ses mélopées. Son univers spontané, son âme frénétique pop, son oreille absolue infaillible dotée d'une humilité rayonnante, le place sur mon chevet.
Les sept titres de Goodbye Kayfabe sont des trésors, dansants, remplis d'instruments qui se répondent intelligemment, riches d'harmonies et d'arrangements surprenants, mais logiques et façonnés avec finesse. La vague de notes pop déferle dès le début de Built to Last avec la folle équipée de guitares électriques qui se mêlent à la batterie, aux cymbales et aux cloches à l'airain exalté.



Le tempo rock accapare l'attention et les hanches quand joue les accords rayonnants de Paperchase, son clavier sixties au groove efficace, et son chant exact, extatique qui s'empare définitivement des émotions. Cette sensation se poursuit sur le juteux Fruit Punches, romantiquement vitaminé et tropical avec son air bossa . La mélopée chaloupée, pleine d'aménité pop, de clavecin taquin, est un régal sunshine paré de références que les amateurs du genre reconnaitront sans nul doute. Quand More Than This fait entrer les cuivres, le tempo enhardi et les guitares indie martelant les arpèges endiablés, les pieds et la tête coptent sans contrôle. La voix de Nick Frater se fait sensuelle et manoeuvre au carrousel de notes fantastiques sur Hold On, Caroline stylé seventies, offrant une ballade pailletée d'une orchestration condensée d'énergie funky. Remoaner (A Song For Europe) est une ode à l'Europe et rappelle la séparation de l'Angleterre avec le gouvernement de Bruxelles sur une cavalerie de guitares électriques rock'n roll et de paroles qui démasquent les opinions politiques de l'artiste. Puis le dernier titre vient adoucir l'ambiance avec son mellow somptueux, son piano tendre qui contre-balance finement entre la gauche et la droite, comme un métronome amoureux qui perd la tête et conclut l'album délicatement. L'enchanteur Goodbye Kayfabe est une collection de chansons pop exquises, un troisième album majeur de Nick Frater qui est un musicien brillant, membre insatiable, d'une compagnie de production, enregistrement et création appelée Great Sheiks qui regroupe d'autres noms fameux de l'indie pop, d'autres groupes dans lesquels il joue aussi.
NickFrater
GreatSheiks



samedi 15 septembre 2018

Adrian Whitehead

Adrian Whitehead, dès la première écoute ce sont des mélodies, du chant, des orchestrations qui forment un élégant mariage à l'évidence d'une grande sensibilité et d'un talent du même bois. L'album Nerd From The Suburbs parait en mars 2018 sur le label australien Popboomerang Records dont le choix de signatures est toujours constant en qualité. L'auteur-compositeur multi-instrumentiste de Melbourne est un enfant prodige de la composition, d'instrumentations fournies, fruitées et absorbantes. Adrian conte des histoires, charmantes ou sérieusement touchantes, utilisant sa voix magnétique et un choix d'instruments subtiles pour ces cartes postales sonores, où s'accordent piano, guitares, batterie et basse qu'il joue lui-même. Viennent d'autres musiciens en studio pour participer à l'album sur certains titres, Shane O’Mara à la guitare électrique et également à la production, Jacob Cole et Jethro Pickett aux guitares électriques, Tim Keegan et Jak Housden à la basse, Sam Young et Terepia Richmond à la batterie, Ellie Lamb au trombone, Amy Lowe au tuba et Joe Tobias à la trompette.



L'écriture de l'artiste est arrondie et son vocabulaire le rappelle d'ailleurs, avec du 'turning' 'circle' 'round' comme commence ce superbe album sur le premier titre Folie A Deux "I traded my life for a ride on a merry-go-round". D'emblée, on tient le bras d'Adrian et on le suit. La ballade solide est galbée, stylée, panachée de guitares folk et un chant somptueux amoureux . Puis le keepsake s'ouvre sur l'épique histoire d'Adam et Eve, Blaming The Snake, avec une instrumentation souriante qui utilise des sons d'antan pour une ambiance rétro, un tempo savoureux et des cuivres rutilants avant le grandiose Sigmund Freud. D'abord la guitare acoustique annonce l'ensemble de cuivres, kalimba, rythmiques diverses, basse, piano révolté et guitare électrique tendue pour un titre chrysalide de six minutes psychédéliques magiques qui illustrent un rêve. Tandis que Sigmund Freud offre un moment délicieux de rock psyché qui accroche entièrement l'attention, l'émotion saisit aux premières notes de piano de Shades Of Grey qui suit avec son texte, si juste et exact, écrit avec ses rondeurs délicates, son profil irisé fort troublant.



L'atmosphère intime poursuit sur la guitare acoustique de First World Solutions avec son schéma doux, tout en retenue, qui néanmoins tire sur la bride avec des mots bruts pour illustrer une relation rompue. Dreams, fait office de virgule chorale à la façon Brian Wilson et Elliott Smith, deux figures qui semblent présentes dans les influences de l'australien. On pense aussi aux Beatles à l'écoute du fantastique Gilded Cage et son Moog, ses lignes de guitares, son chant lumineux, sa mélodie radieuse et volontaire pour combattre le mensonge et les 'faux semblants'. La pop alternative et psychédélique de Blank Page prend de la hauteur et continue de faire des looping entre le piano et les guitares pour boucler la boucle sur Nerd From The Suburbs, avec ses reflets britpop, son tempo merveilleux et ses mots qui reflètent l'esprit de l'album, porteur d'ondes positives. True South conclut avec grâce et panache sur une harmonie d'instruments, d'effets de voix, pour rappeler à la mémoire ce moment spécial partagé avec un père comme la lecture des étoiles "We don’t like to smile in photos, we don’t like to make mistakes, We’re just the same, I’ve got your nose I’ve got your name, You know we’re just the same". Nerd From The Suburbs est le miroir de l'humilité et de la lucidité, blindé de riches mélodies et de la merveilleuse voix d'Adrian Whitehead qui se frotte facilement aux cîmes Harry Nilsson et Randy Newman. Le récit intime, amoureux, philosophique, Nerd From The Suburbs et sa power-pop nourrie de seventies et de sixties, composé avec maturité, brio et excellence fait suite au premier album de 2008 One Small Stepping Man, une introduction à l'univers artistique d'Adrian Whitehead, que je conseille chaleureusement.
AdrianWhitehead





dimanche 9 septembre 2018

Teleman

Est paru ce 7 septembre 2018 le troisième album de Teleman, Family of Aliens. Groupe de Londres formé en 2012, il renait des cendres du fameux groupe Pete and the Pirates. La particularité de Teleman tient dans le talent d'écriture de Thomas Sanders, son interprétation fluide et gracieuse, du tempo dansant et énergique donnée par son frère au synthétiseur, Jonny Sanders, par Pete Cattermoul à la basse et Hiro Amamiya à la batterie.
Dès 2014, la sortie du premier album Breakfast est un phénomène et emmène le quartet sur les scènes d'Europe et des USA qu'ils partagent avec Franz Ferdinand, Suede, Metronomy, Maximo Park, Kaiser Chiefs et Belle and Sebastian. Pendant ce temps, ils ne lésinent ni ne lézardent, mais préparent le deuxième album Brilliant Sanity. L'album est éffectivement brillant autant que le premier, offrant sa touche personnelle, ce don pour dessiner des paroles métaphoriques, éloquentes, clinquantes qui fusionnent à la perfection avec la rythmique. Les sons qui émanent des instruments et de la voix sont abondants, tout comme les mots suggestifs. Leur indie pop est flamboyante, colorée, moderne dans l'instrumentation avec des paroles stylées rétro romantiques pour évoquer des thèmes actuels, sexualité, consommation, et aliénation qui vont de concert, mais aussi des sujets qui les animent comme le rock et l'amour avec des nuances érotiques plutôt charmantes.



Sur Family of Aliens, titre qui ouvre l'album du même nom, la fibre synth-pop qui semble dominer est finement dosée, laissant place à des lignes de guitares et une orchestration limpide qui donne un aspect spontané et simultané efficace. L'envie de danser saisit d'emblée bien que le titre dresse un portrait mordant de la situation actuelle utilisant le thème des aliens qui parviennent à être heureux dans le noir et le vide 'Is it ever enough without love, Without alcohol, dreams and other drugs, Everybody is shot through with worries, But it won’t be long, it can’t be long until the next time'. Puis le voltigeant Cactus avec ses effets électroniques fonctionne à merveille. Le rythme endiablé va comme un gant au thème du superficiel et nombriliste menant à la solitude. Song For A Seagull continue la valse de mélodies, de notes virevoltantes pour évoquer les effets de drogues stimulantes qui, quand la descente est amorcée, font aller dans le mur du ridicule.
Teleman, élégamment utilise l'image de la mouette qui vole, avec ses plumes blanches dans le haut ciel bleu mais qui ne rêve qu'en noir et blanc.



La pop voluptueuse prend son envol sur Between the Rain avec son piano lumineux et sa basse splendide, à l'unisson. Les éléments naturels, oiseaux, pluie, habillent un texte amère qui parle d'un coeur en plastique avant le somptueux et poétique Always Dreaming, langoureux, secret et intime. Le chant de Thomas Sanders resplendit sur le titre, devenant touchant au fil des mots étoilés d'émotions. La basse groovy de Submarine Life poursuit, en taquinant ses cordes et en ouvrant la marche à une suite d'instruments, claviers mutins, fantastique guitare acoustique, batterie rayonnante sur les effets de voix robotiques créant un cocktail sonore réussi. Twisted Heart poursuit ce tempo déchainé et magnifique appuyé par les guitares électriques pour imager un garçon qui se torture l'esprit parce qu'incompris mais qui devrait se moquer de ce monde au cerveau creux, à l'esprit gélatineux. Ce conseil est continué sur le subtil et mélodique Somebody's Island où la voix de Sanders convaincante s'élance aussi magique sur Sea of Wine, invitation métaphorique au voyage et à la perte de contrôle sur des partitions de piano grandioses. L'ambiance synth-pop eighties resurgit, ensoleillée et vitaminée sur Fun Destruction, en opposition aux mots qui dénoncent un mental étriqué qui ne tient ni poids ni pression. Le tempo electro dégaine des rythmes solides pour finir sur le génial Starlight qui résume l'ambiance cosmique, l'environnement spatial, l'excellence des compositions qui gravitent autour du disque. Teleman prend de l'altitude et propulse des titres qui accrochent, font rêver et collent des étoiles au coeur. L'année 2018 compte désormais dans son top 10 Piggledy Pop le captivant Family of Aliens de Teleman.
Teleman





samedi 1 septembre 2018

Champagne Brunel

La famille Brunel est propriétaire à Jouy-les-Reims. Les vendanges 2018 sont commencées. Les rois du sécateur récoltent les fruits de leur labeur pour nous concocter le meilleur Champagne français que je connaisse, le Champagne Brunel. C'est mon avis et celui de nombreux autres, des connaisseurs et amateurs, tous s'accordent pour dire que le 'Brunel' est exceptionnel. Depuis une dizaine d'années, Jean-François Brunel reprend le flambeau de ses parents avec l'aide précieuse de son épouse, l'adorable Sophie. Heureux parents, la lignée est assurée par leurs jeunes pousses, désormais familiarisés à l'art de la taille, du liage, du palissage et de la récolte. Situé sur la petite montagne de Reims, leur terroir est classé en grand cru de Champagne. Sur les vertes pentes de la montagne, des parcelles se bousculent joyeusement et de ce promontoire ancestral, cette terre de France fait surgir de ses racines profondes chaque année en septembre un éminent trio de cépages : du Pinot Meunier, Pinot Noir et Chardonnay. Ces lieux enveloppés de grâce, Jean-François et Sophie y tiennent ardemment et mettent du coeur à l'ouvrage comme le faisaient les grand-parents de Jean-François puis ses parents et sa soeur Clothilde avec qui ils se partagent les hectares. Le travail familial n'est pas uniquement sur le papier, l'ambiance familiale y est douce, simple et très chaleureuse...musicale aussi!



Jean-François est organiste et pianiste, il joue dans un groupe de pop. Sophie grande cavalière est aussi férue de pop, de blues, capable de danser comme personne et de groover dans ses bottes au coeur des ceps. Tous les deux sont chevronnés de musique allant du rock au classique, des comédies musicales à la French Touch. Ils affectionnent la famille, le travail, les arts, et leur Champagne contient tout cet amour. Le Champagne Brunel est divin parce par sa couleur dorée et par son parfum envoûtant qui soulève et emmène illico au sein des coteaux ensoleillés. Ses bulles et son arôme sont fins et élancés, en harmonie, et donnent envie de sourire, de chanter. Le déguster est un vrai bonheur, simple et réel, qui inspire le respect. Il donne aussi envie de saluer l'ampleur de leur travail et des sacrifices tout au long de l'année pour arriver à ce résultat, incomparable. 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. Mais quand on partage ce magique moment des vendanges, sur le pont dès 6 heures du matin, le croissant trempé dans le verre de champagne à 10 heures du matin pour une pause, c'est royal. On se sent alors chanceux d'avoir sous les yeux émus, ces lignes historiques de vignes, majestueuses et infinies.
Pour commander l'élixir Champagne Brunel, superbement étiqueté, et se faire livrer à la maison ou sans frais de port, chez les dépositaires, à Paris, en Normandie, à Dijon, à Rennes, et autres, c'est par ici : ChampagneBrunel