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mardi 1 mai 2018

Bonny Doon

Ce premier disque de Bonny Doon est pour moi une des plus belles découvertes de l'année 2018. Véritable petit joyau constitué de dix titres, l'atmosphère indie-pop y est tendue, magnifiquement absorbante. De manière homogène les quatre musiciens de Detroit se complètent et se marient à la perfection pour porter non seulement le chant somptueux mais aussi les textes, polis pour résonner et former des ritournelles accrocheuses. L'album Longwave, premier galop de qualité, m'accompagne depuis des semaines sans jamais me lasser. Sorti le 23 mars 2018, il fait du quatuor américain un sacré beau et bon groupe. Aux amateurs des feu Ultimate Painting, vous trouverez votre compte. Il y a aussi toute une ribambelle de sonorités communes avec I am Kloot, Wilco, Alex Chilton, Red House Painters.



Les deux auteurs-compositeurs Bill Lennox et Bobby Colombo guitaristes et interprètes font équipe avec le bassiste Joshua Brooks et le batteur Jake Kmiecik . De l'or semble tomber de leurs mains quand ils commencent à jouer les premières notes de Longwave qui ouvre le bal. Leur style est aussi moelleux que croustillant, sacrément hypnotisant. Les guitares et le chant transforment le morceau de 5 minutes en petite bombe lo-fi monumentale et intemporelle. Peu étonnant de découvrir que les quatre musiciens se sont retirés quelques jours dans les bois au nord du Michigan près de Mystic Lake dans une maison changée en studio d'enregistrement. La douceur de l'ambiance boisée, la sérénité et la maturité qui émanent de A Lotta Things séduisent et restent en tête une certaine lurette. Avec I am Here (I am Alive), vous n'y couperez pas, l'effet est le même, garanti . Son tempo déroutant nous emmène sillonner des kilomètres et nous fait serpenter dans les partitions folk et pop des guitares, basse et batterie à l'unisson. Le titre semble évident tellement il réussit à muer ses métaphores poétiques pleines de lumière et de sensations en mélodie.



Puis comme si les débuts sublimes ne suffisaient pas, Take Me Away poursuit dans le panache mélodique. Comme frappé au coin du bon sens le mouvant Where Do You Go enchaine un peu twee,  intime avec un son 'quatre pistes de brocante', charmant et émouvant, allant comme un gant au thème du fantasme. Quand Saved délivre son rythme puissant, ses guitares qui se répondent, son refrain entêtant 'are you believer, are you a believer or not', on fond littéralement dans les harmonies qui ont de la conviction et une fervente énergie. De fine manière, le titre suivant se nomme logiquement Saw a Light. Les guitares et cymbales resplendissent et Bonny Doon offre encore des riffs incroyables, solides et parfaits. Comme des loups affamés d'amour sous la pleine lune, les américains sortent l'artillerie claviers essentiels et juteux avec une interprétation qui croone et swingue. Try To Be suit avec sa rythmique dansante, ses sarcasmes fleuris et sa guitare électrique qui dégaine une belle saveur. L'ambiance intime revient avec le succulent Part of Me . Le titre écrit avec brio, joué et offert avec talent forme une chanson estocade, qui touche et marque. Walkdown termine dans la sensualité instrumentale home-made, où guitare et caisse claire se croisent dans un tempo descendant, formidable pour terminer l'album. Longwave des Bonny Doon est un voyage musical mystérieux où la poésie se déploie, les notes aériennes et la subtilité musicale gagnent leur place dans le panthéon des disques Piggledy Pop.
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