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dimanche 15 avril 2018

Butcher Boy

Butcher Boy est un groupe que j'adore depuis des années et quand son leader, John Hunt, signe un album, un EP ou bien entreprend une action, c'est réussi. Tout ce qu'il touche se transforme en or. Le premier album Profit In Your Poetry parait en 2007. Butcher Boy fait ses bagages pour une tournée au Royaume-Uni et concocte entre-temps l'EP The Eighteenth Emergency. Le second album ne tarde pas et React or Die sort en 2009. Entre temps, 2008, arrive la fermeture du Club que tient John à Glasgow. Depuis une décennie John Hunt gère le sublime National Pop League où se déroulent des concerts mythiques dans une ambiance pop old-school, ornée de fanzines et vinyles rares. Le NPL accueillera ses habitués pour danser sur les Smiths dans la bonne humeur et la délicatesse indie-pop des larmes et des sourires avec sur scène les Pastels, Franz Ferdinand, Belle & Sebastian, Camera Obscura, Teenage Fanclub et bien d'autres. John est donc un combattant pop de l'ombre et de la lumière.



Butcher Boy, guitariste magicien, auteur-compositeur interprète signe le formidable Helping Hands en 2011 accompagné de Findlay MacKinnon à la batterie, Fraser Ford et Basil Pieroni aux guitares et mandoline, Robert Spark à la basse, Aoife Magee à l'alto, Cat Robertson au violon, Alison Eales à l'accordéon et au piano, Maya Burman-Roy au violoncelle et Anna Miles au chant.

Butcher Boy est de retour en 2017 avec l'EP Bad Things Happen When It’s Quiet. Regard dans le rétroviseur avec mon billet de 2010 : "Mandoline, trompette, cornet, flûte, guitares, violoncelle s’exécutent remarquablement sur des airs pop dignes de Joe Meek, Belle and Sebastian ou Tindersticks. Le jongleur de mélodies avoue dans une interview que ses disques favoris sont signés des Smiths, Aislers Set, Dexys Midnight Runners, Go Betweens et Love Story de Lloyd Cole, marottes musicales loin de déprécier le personnage."
ButcherBoyPiggledyPop2010



Butcher Boy se penche sur l'Histoire pour concocter ses trois chansons chamber-pop de Bad Things Happen When It’s Quiet, s'inspirant de faits passés mis en lumière par son art de la composition. Les arrangements de cordes, la basse et les guitares sur le clavier psyché scintillent sur November 1947, Storm Warning in Effect. Le chant voluptueux inonde la mélopée, avec la rythmique appliquée et riche qui personnifie le thème de la tempête infernale cet hiver 47. John est un amateur de littérature et fondu de sa culture écossaise, il s'en nourrit pour la partager dans ses textes. John Hunt : 'Lyrically though I’d say there is a more pronounced influence… a lot of my favourite writers are Scottish, people like Edwin Morgan and Don Paterson, and I admire the way they can invoke an implicit Scottishness without it being offensive or cloying. Those writers, and the film maker Bill Douglas, resonate with me a great deal more than much in the way of Scottish music'. Puis July 1950, The Captain is the Whale demeure délicieusement ancré dans l'ancien temps. Le clavecin cristallin et la guitare galopent joviaux et tumultueux pour décrire cette folle odyssée vers le Cape Cod National Seashore, ces automnes et hivers après guerre, histoire commune partagée avec la Normandie et Terre-Nova. Le voyage se poursuit, lyrique, épique avec November 1951, Bad Things Happen When It’s Quiet. Le quartet se lie magnifique aux voix de sirènes et à celle de John, puissante, élégante, pour former une histoire sur trois volets harmonieux et sublimes. Les arrangements sont spectaculaires, le tempo héroïque avec la chorale mariée aux instruments, forme comme une troupe résistante radieuse. La conquête des émotions est réussie.
Butcher Boy s'est produit en public en avril dernier pour une soirée unique aux Govanhill Baths, à Glasgow, un endroit superbe qui date de l'époque victorienne dont les bains sont fermés depuis 2001 sur décision de la mairie. Depuis, l'endroit vit grâce à des expositions, lectures de poésie, films, des concerts dont les bénéfices vont à un Trust qui avec cet argent, investit dans la restauration de la splendide piscine qui rouvrira cette année pour fêter son 100ème anniversaire.
ButcherBoy



Bad Things Happen When It’s Quiet est enregistré l'hiver 2017 à Glasgow avec son ami de longue date l'ingénieur, arrangeur, multi-instrumentiste Brian McNeill qui peaufine les chansons de John mais aussi nombre d'autres artistes. Brian McNeill est lui aussi un compositeur que je conseille notamment pour ses albums The Baltic Tae Byzantium paru en 2009 et Back O'The North Wind de 1991. L'album The Baltic Tae Byzantium célèbre les connexions celtiques. Il accompagne un film et des histoires individuelles qui relatent les expériences des personnalités connues ou pas. Elles forment selon son auteur, un tout, l'histoire, la culture et l'identité écossaise qui je le rappelle est intimement liée à la nôtre. Ses chansons et vidéos montrent à quel point le statut de Reine de France à impacté la vie tragique de Mary Queen of Scots, combien la foi de John Knox s'est élevée au sein des congrégations anglaises à Genève et Franfort, ce qui a conduit le Général Tam Dalyell à servir le Tzar Alexis Ier de Russie, ce qu'a vécu Clementina Walkinshaw en suivant Bonny Prince Charlie dans son exil en Flandres, qui fut la jeune fille autrichienne qui changea la vie de James Hunt, le père de Brian, à la fin de la seconde guerre mondiale. Comme l'épopée des Jacobites qui intègre notre histoire nationale, comme l'éternelle Auld Alliance, soulignée de très belle manière, la musique de Brian McNeill et de son ancien, éminent groupe Battlefield Band, mérite une attention particulière. Butcher Boy et Brian McNeill gagnent la mienne, toute.