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samedi 20 janvier 2018

Kidd

Je suis toujours fan de l'écossais Stuart Kidd quand un de ses disques m'arrive aux oreilles, toute ma colonne vertébrale se met à vibrer. L'auteur-compositeur de génie, le maestro Kidd signe le 15 décembre 2017 un nouvel album au nom souriant Where are the Strange People? 
Extrait du billet de 2014 que j'écris sur le multi-instrumentiste et interprète de talent "Stuart Kidd est à mes yeux un des meilleurs musiciens écossais de l'indie-pop et la compétition est de haut niveau. Originaire de Glasgow, le ménestrel est professeur de musique dans la vie, maestro pop sur la scène. Multi- instrumentiste, il commence à bruler les planches au sein des BMX Bandits en jouant de la guitare, mandoline, batterie, glockenspiel, percussion, flûte et en chantant aux côtés de Duglas T Stewart qui dit "Stuart Kidd seems to play with more Scottish groups today than possibly any other musician"



"L'écossais joue aussi avec ses compatriotes, St-Deluxe et le groupe Jonny avant de joindre Snowgoose en 2012 pour l'album Harmony Springs, qui comprend les musiciens d'Isobel Campbell, Jim McCulloch, Dave McGown, la chanteuse Shirley Collins, Raymond McGinley des Teenage Fanclub et Stuart Kidd qui écrit, compose, chante et assure la batterie. Le prodige Kidd fait également partie de Cineplexx, Pearlfishers, accompagne Nick Garrie, Stevie Jackson." "...un garçon génial multi-instrumentiste qui assure la batterie pour Euros Childs, crée le groupe The Wellgreen aux côtés de son ami Marco Rea, avec qui il joue également dans le projet solo de Stevie Jackson. Toute la troupe de copains, avec Roy Moller, aussi talentueux les uns que les autres, ont monté le label Barne Society, basé à Glasgow, que je conseille." A noter et à découvrir absolument, son autre mais pas des moindres projet Dr Cosmo's Tape Lab !
KiddPiggledyPop2014
KiddPiggledyPop2015



Je ne taris jamais sur les groupes de indie-pop écossais parce qu'ils sont eux-mêmes inépuisables de qualité et parce qu'ils sont naturellement pop comme indépendants. La liste est longue... les artistes écossais doués, tenaces, inspirés (comme nos rugbymen au chardon) : The Vaselines, Belle and Sebastian, Franz Ferdinand, Aidan Moffat (Arab Strap), Mogwai, The Delgados, Travis, Cocteau Twins, The Jesus And Mary Chain, Primal Scream, Boards of Canada, Texas, Eurythmics, Simple Minds, Wet Wet Wet, Emma Pollock, Idlewild, King Creosote, Teenage Fanclub, BMX Bandits, Camera Obscura, David Byrne, Del Amitri, Isobel Campbell, Calvin Harris, The Incredible String Band, The Orchids, The Pastels, The poems, Alasdair Roberts, Trash Can Sinatras, Stevie Jackson, Ed Muirhead, Lonely tourist, Chris Rea (Wellgreen), Roy Moller, TeenCanteen, Joe McAlinden, Edwyn Collins, Orange Juice, Norman Blake...et en y regardant de près, on s'aperçoit que Stuart a travaillé avec une grande partie de ceux-là.

Il y a chez Kidd un don inné pour la composition de mélodies et du savoir-faire pour les mettre en mouvement, en relief. Petit prince de l'harmonie comme Brian Wilson, Gruff Rhys, Donovan, il signe des titres sunshine, mêlés de pop psychédélique, baroque, scindée dans une volupté sixties mais bien contemporaine côté arrangements, samples et paroles. Souvent Kidd dépose dans ses textes, les petits bonheurs quotidiens, l'appréciation de la nature et sa beauté, les sentiments touchants pour ses proches. D'ailleurs, Where are the Strange People? commence avec la gracieuse Little Flower d'abord concoctée mélodiquement sur un synthétiseur Arturia avec lequel Stuart s'amuse à dénicher des sons pour être peaufinée des années plus tard en bijou. Guitare, rythmiques, petit piano acheté à Stirling en se produisant à Tolbooth, lieu historique et réputé en Ecosse pour ses concerts et exhibitions artistiques animent An Afternoon in April.



Suit la magnifique Cyan Seren qui se réfère à la disparition d'une amie et à l'étoile qu'il achète en sa mémoire. La ballade mélancolique emmène délicatement et intelligemment dans une atmosphère astrale. L'envoûtement pop cosmique continue avec le chant somptueux de Stuart, qui porte sa voix dans l'évocation et jamais la démonstration provocatrice sur Independence Day, titre au tempo chaloupé signé de l'artiste irlandais Ian Thistlethwaite avec qui Kidd travaille. L'amusant titre suivant, Satellites, avec ses samples raffinés et amplifiés nous livre l'histoire imagée d'un type que Stuart rencontre dans un avion pour New-York et qui travaille dans une compagnie spatiale à vérifier les trajectoires de satellites. L'orchestration est digne d'un voyage interstellaire avec un alunissage en douceur sur la stratocaster. Dans le même esprit Callisto, troisième lune du système solaire, satellite naturel de Jupiter, arrive avec ses cordes et son enregistrement initial sur un 4 pistes pour un instrumental en orbite avec le leitmotiv. Le musicien offre un superbe Modified Radio Birdsong doté d'une recherche harmonique d'orfèvre, orné de loops et de sa voix remixée au vocoder. Quand Baby Bird joue ses notes ensoleillées au rythme des cordes boisées et de la grosse caisse, l'inspiration de l'auteur est nourrie par la photographie du nouveau-né d'amis. Misty's Golden Years offre des notes et des arrangements de casio sautillants pour évoquer le destin pas joyeux d'une femme célibataire serveuse dans un café avant le politique Looking For The Way Out qui porte sur le Brexit. Sur le plan mélodique, et malgré mon petit désaccord sur le sujet, ce titre me plait beaucoup, tant il m'apparait comme une véritable pépite pop ; Intemporelle, excellente, comme Little Lucy sur HOTCHPOTCH, dédiée à sa fille naissante que je peux écouter en boucle encore pendant des siècles. C'est l'instrumental Where Are The Strange People? stylé atmosphérique et psychédélique qui ferme l'album. Le titre montre l’imagination fertile de Kidd, tout son terroir musical, son talent inné pour nous embarquer avec lui au fil d'une escapade intérieure où il nous plonge au gré de ses humeurs. Stuart Kidd signe, après Junk Museum de 2010, Last Chance Balloon de 2011, HOTCHPOTCH de 2015, le récent album-récit Twinkle And The Big Whoosh de décembre 2017, un magnifique Where are the Strange People? chatoyant de musicalité et de sensibilité qui garde au chaud sa place dans la supernova Piggledy Pop.
Kidd