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dimanche 3 décembre 2017

Skinny Lister

Ils me rappellent savoureusement les Pogues. Lorna Thomas, Daniel Heptinstall, Maxwell Thomas, Scott Milsom, Thom Mills et Sam Brace sont les Skinny Lister qui réveillent mon petit travers skinhead et me réchauffent les oreilles. Le groupe vient de sortir son troisième album, The Devil, The Heart & The Fight, toujours dans la veine vrombissante pop-punk. Les anglais viennent de finir une tournée européenne pour le présenter, remplissant les salles de Norvège, Suède, Finlande, Allemagne, Autriche, Suisse, Ecosse, Angleterre etc et partent en décembre aux Etats-Unis avec des concerts tous les soirs, sillonnant les routes de New-York à San-Francisco. Comme dit dans leur biographie "Leaping drunk in Hamburg, locked in a bunker in Berlin, tearing up the road from New York to Tokyo via everywhere in between, the non stop world of folk punk heroes Skinny Lister is broadening by the record. If their folk debut celebrated the sticks and their punkier second blinked in the bright lights of London, rocked-up third album, The Devil, The Heart & The Fight, has seen them go global."



Dan Heptinstall, auteur-compositeur et chanteur, explique que leur premier album Forge & Flagon de 2012 avait une atmosphère plus rurale quand le second Down On Deptford Broadway de 2014 sonnait plus urbain et typé 'centre de Londres'. Les six lascars du sud de Londres utilisent des instruments traditionnels comme l'accordéon, le tambour, la contrebasse, créent une ambiance vaudeville pop-punk et celtic-folk. Leurs chansons peuvent être autant rebelles, rock et punk qu'émouvantes et poétiques. Depuis la sortie cette année de The Devil, The Heart & The Fight, leurs concerts sont complets et ils déchainent les foules. Les Skinny Lister voulaient un album punchy, brutalement honnête et c'est réussi, son succès n'est pas volé ni commercialement construit. Usant leur roues sur les routes, le groupe va à la rencontre de son public, conquis et converti.

Le génial album attaque donc avec la rythmique franche et vaillante de Wanted qui d'emblée fait pogoter. Puis Geordie Lad est une vivifiante lettre ouverte de réconciliation adressée à Dan l'ex-bassiste du groupe qui regrette son amitié. Engageante, diablement rythmée et arrangée, la qualité transite sans cesse dans l'instrumentation. L'histoire de Thom, le batteur, qui devait se marier et dont la fiancée a annulé la cérémonie est racontée dans Tragedy in A minor au tempo grandiose, batterie et accordéon incisifs à souhait "The day she left me, she never looked so lovely, And as she walked away, the thunder gathered above me, The day she left me, I swear she never looked finer, The day she left me, a tragedy in A Minor".



Puis Devil in Me, assurée par Lorna au chant lacté, offre une mélodie pop accrocheuse semble bucolique au prime abord mais son texte offensif dit qu'il est préférable et conseillé de faire partie de ses amis que de ses ennemis "The devil in me will come for you and you’ll realise that to cross me was unwise". Sur le même schéma, Injuries est virevoltant de rythmes, d'arrangements charismatiques pour mettre le thème de la musique, de la danse, de ce qui fait vibrer la corde sensible de Daniel en avant, tout comme Reunion, magnifique chanson amoureuse. Quand Beat it from the chest revient avec un profil traditionnel, on tape fébrilement du pied gagnés par l'envie de chanter en choeur avec les compagnons Skinny Lister. La même sensation nous tient sur Hamburg Drunk avec sa vertu festive nourrie de sa potion magique pour l'envie de reconquérir nos contrées. Tandis qu'on fredonne à cloche-pied sur nos fortifications, les Skinny continuent à enchanter avec Grace en évoquant l'inspiration et la créativité sur des guitares et un accordéon débridés et joyeux. Le titre Charlie parle d'un ami de Daniel originaire comme lui de l'East Yorkshire, avec seulement une vingtaine d'années, qui vient de décrocher un rôle dans une série à Hollywood et sera bientôt sur nos écrans "Just take a look at Charlie, Like Steve McQueen he took the jump, Look at him go that could be us, Have to admit the boy done good". Puis Fair Winds & Following Seas, phrase traditionnelle lancée aux marins en guise d'adieu pour porter chance, peut être chantée façon régiment vigoureux et de bonne humeur. Dans le sillons des Dexys Midnight Runners, les instruments libérés reviennent en force sur la fin de disque avec Carry et sa sensibilité mélodique. Skinny Lister délivre un formidable The Devil, The Heart & The Fight viscéral, inspiré et communicatif.
SkinnyLister