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dimanche 12 novembre 2017

Satellite Jockey

Satellite Jockey est un groupe français basé à Lyon né sous l'impulsion et l'écriture de Rémi Richarme en 2010 (chant, basse, guitares, sitar, banjo) . Il crée le groupe à Brest où il fait ses études d'ingénieur du son et c'est là qu'il rencontre les musiciens Thibaut Le Hénaff (guitare, trompette), Clément Sbaffe (guitare, violon) et Antoine Nouel (guitare). En ajoutant le batteur et la chanteuse, le groupe signe l'opus Trembling in the night en 2011. Les influences, multiples et belles, sautent aux oreilles. Le rock et la pop des années 60 et 70 se glissent joyeusement dans les chansons qui sont malgré tout singulières et véhiculent un style propre alternatif et peu commun. La particularité première de Rémi est de créer la surprise dans ses compositions faisant montre d'une richesse de références musicales, garage, baroque, new wave, psyché. Le nom du groupe vient du groupe anglais des années 60 Nirvana et de leur chanson Satellite Jockey.
Suit l'EP Looking for a shelter en 2012 avec le somptueux Sometimes qui ouvre le disque et Stars qui parait en 2013. Le troisième album Falling parait en 2015 avec la nouvelle chanteuse Pauline Le Caignec (piano, clavecin, orgue) et le nouveau batteur Florian Adrien, le groupe ayant quitté Brest pour revenir s'établir à Lyon.



Au printemps 2017, Satellite Jockey offre l'album Modern Life vol​.​1 avec comme pochette une très belle estampe colorée. Le décalage avec la vie moderne démarre sur les chapeaux de roue dans le premier titre ingénieux Copernicus. Dès l'attaque des accords de guitares, c'est un plongeon pop sur des harmonies de voix sixties avec des loopings délicieux dans les gammes de la basse grandiose. On songe aux Beatles, Kinks, The Incredible String Band, Syd Barrett ou Small Faces, Animals et Yardbirds quand Misery arrive sur la platine. Tambourin et orgue psychédéliques s'allient aux guitares pour envahir les oreilles d'un tempo vitaminé. La rythmique virevolte légère et ornée des cordes sautillantes sur She Came Out of Nowhere où la voix de Rémi croone savamment, portant le titre. La minute suivante est un titre ensoleillé de bossa pour un break saupoudré d'orgue et de 'lalala' avant un très beau Long is the Road aux arrangements seventies. Opacity et sa mélodie planante, sur basse et clavecin hypnotiques, fait une escapade moderne et cosmique rappelant le titre d'album. Quand Inside à la silhouette Pink Floydienne de nouveau envoûtante par le grain de voix et les accords ascensionnels et alternatifs, offre du psyché, du groove, du rock dans le jeu des guitares.



Les titres chantés en anglais sont honorés par un accent irréprochable. Le fabuleux Hide from Love avec sa mélodie pop, sa batterie scintillante et son texte en mouvement s'allient pour donner du relief et de l'allure au titre dansant. Satellite Jockey enchaine sur un somptueux The One Who Dares, chaleureux et sensuel avec la présence du sitar, le swing élégant de la flûte, agrémenté du mariage des voix au psychédélisme panaché efficace. Pour conclure le formidable album les titres United Nations, qui offre une orchestration fournie de violons, guitare acoustique, comme un plaisir millésimé qui ferme l'écoute est suivi du sémillant Modern Life. Tel un carton d'invitation à la nostalgie, les arrangements pop sixties de clavecin, violons, trompette et basse reprennent La Marche des Turcs de Lully sont un régal sur cette fin de disque rappelant le décalage du début. Rémi Richarme aime autant le classique que le rock et son bon goût, ses gages d'auteur-compositeur de qualité s'imposent, explosent sur Modern Life Vol.1. si bien que dans mes oreilles, Satellite Jockey devient sacrément addictif.
SatelliteJockey