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samedi 14 octobre 2017

Grimme

Grimme est le nom de scène du musicien-magicien Victor Roux, producteur et artiste esthète. Il brode sa musique comme ses images vidéo pour un résultat homogène et beau. En mars 2017 parait son premier album The world is all wrong but it's all right qui m'accompagne depuis et dont je pioche les titres fréquemment sans me lasser. Originaire de Lyon, il est un auteur-compositeur inspiré qui façonne ses chansons comme des pièces montées où se superposent instruments à cordes et à vent. L'ambiance est pop orchestrale dans un esprit de narration omniprésent et l'auditeur de se forger paysages, couleurs et figures à son gré. Prolifique et complet, après son groupe de 2011 Azrael Victor lance Grimme en 2013, tout en composant en parallèle pour d'autres musiciens comme Laurent Lamarca. LaurentLamarcaPiggledyPop2013


L'album de onze titres commence sur le vertigineux The world is all wrong but it's all right. Les couleurs envahissent les paroles, les notes rythmées du piano galopent pour accueillir des cuivres, des choeurs qui s'élancent élégants. C'est une immersion spontanée dans l'univers Grimme. La pop de From the birds grignote l'attention avec le violon, la harpe et les percussions en cascade.Les mots sont pleins du spectre lumineux. Après les oiseaux, c'est le ' china cat' qui vient se languir sur le somptueux Lordship Lane hanté par la présence de David Bowie. Quand le trombone de I've gone to sleep se glisse sur les cordes, l'atmosphère devient lyrique et onirique. Roses, qui rappelle Painting Flowers du premier EP réinjecte une jolie dose de nuances parfumées nostalgiques. Le piano suit les ondulations du violoncelle et des voix pour nous emmener fureter dans un jardin romantique dissimulé au sein d'une ville.



La promenade sonore nous ramène à Londres avec le spoken words de London Trains avant Spilt violins qui tournoie dans la vie urbaine nocturne. A l'écoute des textes comme celui de Ever More, on distingue les influences anglo-saxonnes de Grimme qui aime Dylan, Beck, Rolling Stones et Johnny Cash. Les harmonies sentimentales du banjo prennent au fur et à mesure de la chanson un profil électrique. La pop élancée orchestrale revient dansante sur Sail On avec son tambourin et son volume mélodique, iodé de bleu. La basse d'Alexandra's palace virevolte, l'instrumentation rebondit, soft et cristalline, accompagnant la magnifique voix de Victor Roux. From a king to a Jack ferme l'album avec délicatesse et harmonie. Les notes composées sublimes se marient aux choeurs éblouissants et au grain de voix en or de Victor. The world is all wrong but it's all right est imagé, poétique, nuancé tant dans l'orchestration que dans l'accompagnement visuel, une réussite, le fruit travaillé et muri d'une belle inspiration.
Grimme