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dimanche 18 juin 2017

To Love the Bee Gees

C’est depuis ma tendre enfance mon groupe préféré. Quand je dis ça, en général, on se marre…et pourtant ! Les Bee Gees, c’est un groupe phare de la musique pop des années 60, groupe mythique du disco des années 70, impérial dans la création de balades dans les années 80. Pour certains ignares, c’est ringard. Pour moi, c’est les rois de la pop qui ont accompagné mes premiers pas, mes levers d’index disco dans mon berceau et déhanchés féroces dans mes couches culottes .

Nés à Manchester dans les années 1947 et 1950, Barry, Maurice et Robin Gibb sont très tôt plongés dans l’atmosphère artistique. Agés respectivement de 9 et 6 ans, Maurice et Robin étant jumeaux, les trois font leur entrée dans l’industrie du cinéma. Puis c’est l’installation à Brisbane en Australie. Là ils fondent avec leur sœur Leslie et le dernier bambin de la famille Andy, le groupe Wee Johnny Hays and the Blue Cats. Tous les cinq jouent de la guitare, chantent et tapent des mains sur les plages, font des apparitions sur des radios locales, puis une première apparition télé en 1960. Barry a 13 ans, ses frères 10 ! Le présentateur les annonce comme les BG’s (Barry Gibb); et voilà les Bee Gees sont nés. Suivez la flèche : BeeGeesPiggledyPop2009



Certains pensent que nostalgie est un gros mot ou une maladie. Je suis vulgaire et bonne à soigner alors. Et ce qui est magnifique, c'est qu'apparemment nous sommes nombreux, une belle clique de grands malades dans le même état! Les Bee Gees c'est mon fuel, ma piqûre de rappel. Je suis heureuse de constater que quelques 17 artistes de haute qualité sont atteints du même mal en signant 28 reprises sur la compilation To Love The Bee Gees. Ce disque est chef d'oeuvre. Il est à l'initiative du label américain 80 Proof Media qui reverse tout les bénéfices des ventes à l'association Foundation To Be Named Later créée par Paul et Theo Epstein pour aider des écoles et écoliers à Boston.

To Love The Bee Gees, c'est un coffret extraordinaire de 2 disques. Le premier volet est paru en 2014, le coffret Deluxe le 27 novembre 2015. Parmi les artistes, les groupes qui participent gracieusement au projet il y a Martin Carr des Boo Radleys, Isobel Campbell, Kinky, Mary Margaret O’Hara, Emitt Rhodes, SheLoom, Eric Matthews, Jordan Zadorozny, Chris Price, Dylan Gardner, Elayna Boynton, Joy Boys, The Silver Seas, Low Leaf, Gloom Balloon, Brazzaville, Jess Delgado, Myron&E.



Chaque artiste a pu choisir sa chanson avec l'accord et l'encadrement de Dante Bisson qui s'est affairé aux histoires du respect des droits d'auteurs, main dans la main avec Barry Gibb. Même si une multitude de groupes reprennent les titres des Bee Gees depuis 50 ans, ce coffret est unique en son genre. Les chansons revisitées pour To Love The Bee Gees sont des inédits. La qualité de l'enregistrement, des orchestrations, des reprises loin du moulage des originaux, font de ces deux disques un objet précieux.

Le fruit de ce travail donne deux chansons, chacune sur un disque. Les Silver Seas reprennent la fantastique I Started A Joke, enregistrée en live session pour leur propre album en 2016 et sur le second disque, le chanteur du groupe Daniel Tashian joue Night Fever. Suit la grandiose Every Christian Lion Hearted Man Will Show You par SheLoom qui est un trio formé par Eric Matthews (Cardinal), Jordon Zadorozny (Blinker The Star) et l'auteur-compositeur, producteur Filippo Gaetani. Une version 'génésis' apparait sur le second disque. Isobel Campbell, connue pour son ex-groupe Belle & Sebastian, puis son duo récent avec Mark Lanegan, propose une version splendide de How Deep Is Your Love, revisitée pour la version Luxe.
IsobelCampbellPiggledyPop2012



Emitt Rhodes resplendit sur How Can You Mend A Broken Heart. Membre de The Merry-Go-Round dans les sixties, Emitt est réputé pour ses trois albums au succès fulgurant dans les années 70 et depuis pour son travail de producteur. Il est accompagné ici par un autre producteur et ami Chris Price avec qui il travaille sur son album de 2016 Rainbow Ends où jouent d'autres artistes comme Jason Falkner, Aimee Mann, Jon Brion etc.
L'écoute continue avec Elayna Boynton qui chante sur le générique de fin du Django de Quentin Tarantino, venant ici donner avec une très belle version de To Love Somebody, revue en acoustique sur le deuxième disque en duo avec Patrick Park. Les mexicains de Kinky apporte leur pierre avec une reprise de Living Together sur le premier disque. Je les découvre aussi tout comme Myron & E qui reprend Jive Talkin' sur le disque 1 avec une dose de funk, de soul et de groove pour le disque 2.



Dylan Gardner et son Massachusetts arrivent majestueux. Il est un des auteurs-compositeurs contemporains très prometteurs dont je conseille l'album de 2016 Adventures in Real Time. Sa reprise est belle, proche de l'originale mais avec sa griffe qui ne gâche évidemment rien. Le même titre est remixé pour la version Luxe par son propre producteur Dragonnetti. Suit le luron australien Aaron Tap alias The Boy Joys avec la très réussie Cucumber Castle qui me colle inévitablement une larme à l'oeil. Le groupe Brazzaville fondé par David Arthur Brown qui a été saxophoniste pour Beck est tout aussi efficace et lumineux avec Fanny (Be Tender With My Love). Il est suivi par la chanteuse et musicienne Mary Margaret O'Hara, qui a chanté avec Morrissey et qui ici reprend Tell Me Why avec un talent infini. Il y a ensuite le Stayin' Alive de Martin Carr, Blue Island de Low Leaf, Words de Gloom Balloon groupe américain dont j'adore aussi la reprise datant de 2015 du Velvet Underground Sunday Morning. Jess Delgado s'offre une version touchante de I Can Bring Love dans une veine Bacharach très belle et nous propose la même en français sur le disque Deluxe, Prends mon Amour. Pour finir, il y a les Bebopalula, dont le leader Chris Price revêt Please Read Me d'un manteau pop et propose un jubilatoire Melody Fair en bonus pour le coffret que tout bon nostalgique qui se respecte doit avoir.
ToLoveTheBeeGees
FoundationToBeNamedLater