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vendredi 23 juin 2017

Albé

Albé en un projet pop à l'initiative d'Alexandre de la Baume frais parce que tout récent, rafraichissant parce que tonique, en relief, mélodieux et audacieux. Ce qui séduit au prime abord chez le personnage ce sont ses airs purs, immédiats, mais il ne faut pas s'y fier. La tenue de camouflage cache bel et bien une maturité alliée à une technique de musicien assurément fertile et maitrisée. Ce qui a également accroché mon attention, c'est son don pour la composition. Ses mélodies sont subtiles et sculptées sur sa voix, vraie et puissante. L'auteur-compositeur parisien a le don de la mélodie, l'art de la déposer sur les partitions avec du charisme .



Déjà en 2012, Alexandre écrivait un EP nommé Party puis l'album In Wonder pour son premier projet SingTank. Ils sont suivis du deuxième album Ceremonies en 2014. Je connaissais le groupe mais ma préférence va à Albé qui sonne plus artisanal à mes oreilles et inévitablement plus proche de l'univers musical de son auteur, de ses influences personnelles comme David Bowie, Nick Drake, Lou Reed et les Kinks.

Les chansons d'Albé ne comptent pas en surface, elles creusent un domaine pop, sensible et intelligent, comme si l'aura d'artiste d'Alexandre n'allait pas disparaître d'aussitôt. Son aventure commence avec l'EP Face A qu'il signe ce mois de juin 2017. Il sera suivi à l'automne de l'album.



A l'écoute de Gene, qui joue sur deux tableaux : le langage, franco-anglais et sur le style alternatif des arrangements, on est surpris et conquis. Le relief est travaillé dans l'orchestration, mêlant cordes et cuivres, dans les effets de voix bruts ou en écho, dans la rythmique qui virevolte aérienne ou galope, terrienne. Suit le sublime Valises, où le voyage atmosphérique se fait langoureux. Le synthé contemporain au loin accompagne la basse qui taquine avec grâce, opulence, où trône un texte poétique électrique en français qui lie tradition et modernité. Dans son mélange des temps et des tempos, Alexandre est cohérent. Henri vient décorer l'EP d'une ambiance romantique et épidermique avec les valises cette fois posées dans une grande maison où l'ennui et le désir rodent. Puis la ritournelle Egards, est si touchante par son profil d'aveu qu'elle dévisse la tête jusqu'à la stabilité atemporelle qui passe par la qualité musicale du titre. L'orchestration lumineuse file comme une étoile. Le chant d'Alexandre y est sublime quand guitares, basse, synthétiseur, batterie et cordes se mêlent sans faille. Face A est un délice pop, empli de sensations, de sincérité, avec quatre titres cadrés qui restent en mémoire tant ils sont éperdument beaux.

Albé joue et présente ses fabuleuses mélopées accompagné du batteur Ludwig Dahlberg, du saxophoniste Adrien Daoud, de Léonard Desarthe, compositeur (du groupe La Classe aux côtés de Siegfried de Turkheim, Nicolas Ballay, Joachim Polack, David Bernfeld, Juliette Davis, chez Tricatel) et le guitariste, bassiste Emile Larroche du groupe Saint-Michel qui produit Face A.
Albé