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dimanche 8 janvier 2017

Last Days of April

La musique procure parfois un effet magique (pourvu qu'on y soit sensible et surtout qu'elle soit bonne). On a beau être assis sur un vélib à Paris, avec Last Days of April dans le casque, projet d'un musicien suédois établit à Stokholm, on se prend à bander son arc en chevauchant un canasson sur les cimes de l'Arizona pour dégommer le premier cowboy qui passe. Le transport de France aux USA en passant par la Suède s'effectue l'espace d'une partition.
Ayant reçu l'orfèvrerie nommée Sea of clouds, avec ses neuf titres incroyablement bons sortis en juin 2015, la magie opère effectivement. Blindé de mélodies arrangées dans un style proche de Neil Young, l'album émeut et touche. Contenant une veine americana, britpop et folk, son talentueux auteur chrysalide Karl Larsson depuis des années, évolue, surprend et coûte que coûte, envoûte.

Petit topo : Last Days of April alias Karl Larsson joue depuis vingt ans et depuis les ep de 1997, Henrik, Last Days of April, Wedding, les albums Rainmaker de 1998, Angel Youth de 2000, Ascend to the Stars de 2002, If You Lose It de 2003, Might as well Live de 2007, Gooey de 2010 qui a fait jouer l'artiste sur les routes avec le groupe Air Castles, puis 79 de 2012, Sea of Clouds arrive comme un diamant brut dans la discographie.



Sur le schéma de Songs for Beginners de Graham Nash, Larsson écrit de manière déclinée et logique, évidemment poétique et métaphorique, sur son expérience de musicien éclaboussante dans The Artist. D'abord agrémenté d'americana sur les premiers morceaux, le genre change au fur et à mesure de l'avancée des chansons en pop orchestrale, ou en ballade britpop, pour finir sur le sautillant Get You qui donne envie de danser comme une damnée dans le tipi.
Travaillé sur une technique d'enregistrement analogique à l'Atlantis Studios de Stockholm, où sont passés des légendes comme ABBA et les Cardigans, le son des guitares est mis en exergue sur la voix de Karl Larsson qui pousse le curseur dans le mouvement et le relief pour sans cesse ravir, combler. Le studio, ancien cinéma dans les années 50, est un endroit mythique pour les musiciens, plein d'âme et inspirant. L'énergie de The Way Things Were est amenée avec maturité et savoir faire de Karl en cavalier seul depuis 2004. Oh Well, galbée de dream-pop romantique, poursuit la promenade musicale cristalline, scintillante de tremolos dans les cordes de guitare. Les ballets de batterie décochent une rythmique élégante quand les bandes inversées à la 'Beatles' entrent sur The Thunder & The Storm aux résonances brit rock dans les voix en chorale. La fabuleuse éternelle histoire d'amour sur Everybody Knows où gravit l'analogique fait dodeliner les cervicales.



Puis Sea of Clouds enserre les oreilles de volupté. Comme une écharpe de notes, le titre tient chaud, moelleux et duveteux dans le chant, le texte, les instruments, chanson écrite en dernier dans la composition de l'album, que Karl dédie à son fils. Elle est suivie par la rythmique galopante de Someone for Everyone, extrêmement pop et proche de l'univers de Last Days of April qui décoche des mots oxygénés 'Don’t give up! There’s hope out there!'
Every Boy’s Dream poursuit intime, délicat et lumineux, et parlera aux musiciens, ceux qui créent. Enfin Get You offre un moment délicieux, qui décoiffe, joyeusement aiguisé et sarcastique, avec la distance qui va bien, pour boucler ce génial et ample album indie-pop Sea of Clouds.
Thank you Tapete Records!
LastDaysofApril
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