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lundi 26 décembre 2016

Luke Haines

Il est un des plus grands auteurs-compositeurs anglais passé par The Auteurs, Baader Meinhof et Black Box Recorder puis par l'aventure en solo où il signe plus de douze albums depuis 2001.
Régnant sur la brit-pop depuis 1992, avec son groupe The Auteurs, Luke Haines sort en 1993 New Wave, 1994 Now i'm a Cowboy, 1996 After Murder Park et How i learned to Love the Bootboys en 1999 suivi de la compilation Das Capital en 2003 produit par Steve Albini et Luke Haines is Dead en 2005. En 1996 sous le nom de Baader Meinhof, monsieur Haines offre un gigantesque album aussi frappant par la majestueuse instrumentation, par le thème qui marque au fer et par son interprétation écorchée, sincère.



Chroniqueur du contemporain, l'anglais est un conteur, un poète qui soulève parfois des sujets qui fâchent, nous invite à découvrir la peinture, la littérature, la musique au travers de ses textes écrits avec talent et philosophie. Luke Haines possède une diction et une voix élastiques, intelligentes et élégantes auxquelles mon épiderme est fort sensible.
Pour les amoureux de sensualité, de brut et de névrotique à la Velvet, nuancés de son britannique à la Syd Barrett, l'album de Lukes Haines, Smash the System sorti le 7 octobre 2016, fait effet d'exfoliant. La volonté révolutionnaire s'est voilée, engraissée, emmurée, mais l'écoute de Smash the System qui rend hommage à Lou Reed, Bowie, Marc Bolan, The Incredible String Band, soigne de la neuropathie ambiante .



Sans changer son fusil d'épaule, Luke Haines dégaine dès le premier titre Ulrike Meinhof ‘s brain is missing, qui fait référence avec humour et finesse au Baader de d'antan . Les claviers attaquent aussi inquiétants que dynamiques et énergiques sur la voix clamant des mots glaçants qui remémorent la guerre froide ""there's a hullabaloo in the Stasi HQ – Jurgen, Jurgen, achtung surgeon!" avant le drôle Black Bunny (I'm Not Vince Taylor) mordoré d'electro-pop aux sonorités eighties jusqu'au sensuel Ritual Magick où dominent grain de voix et guitare en semant un texte onirique plein de roses, de jardin et de feuilles. En bonus, les flûtes sopranos y soufflent un effet elfique. Le titre suivant, logique, Power of the Witch est décapant de rythmiques, de synthétiseurs qui font des squames dans l'instrumentation. Superbement addictif, l'album de qualité poursuit dans la diversité, keepsake d'univers musicaux avec l'intro Cosmic man avant le somptueux Bomber Jacket orné de clap-hands, de cithare et de percussions envoûtantes. On repart en Allemagne et à Hong-kong avec Bruce Lee Roman Polanski and me, menaçant de sonorités, qui dénonce et accuse.



Le tempo funky et rock'n roll de Marc Bolan Blues parle lui de musique sur le wah-wah révolté des guitares et le chant sarcastique, aiguisé, rendant un bien bel hommage au compatriote et leader de T-Rex qui de son temps chantait Lean Woman Blues . L'humeur nostalgique et respectueuse de ses pairs continue avec l'acoustique et le solo de kazoo sur la mélodie folk psyché grandiose The Incredible String Band. Les références qui habitent Luke Haines se suivent avec l'entrée de Cosmic Man qui énumèrent des noms d'acteurs hollywoodiens des années 70. Enfin la batterie énervée de Smash the system fait claquer nos catterpillars en dansant et en claquant des mains quand Haines entonne 'do you like the Monkees...listen to the Velvet Underground..David Jones sings...' et nous invite à rejoindre the 'underground' et à former 'the riot'. C'est clair. Monsieur Haines est en grande forme. Are you Mad clôt l'album incroyable et très beau en douceur, avec la chaleur des choeurs, des cordes de guitare, hommage à Syd Barrett, véritable tattoo dans l'univers musical de Luke Haines . Smash the System est encore un pièce maitresse, une grande beauté, sortie du chapeau du magicien Luke Haines.