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dimanche 18 septembre 2016

Josienne Clarke and Ben Walker

Avec Josienne Clarke & Ben Walker, le folk reprend sa forme la plus noble à la façon rayonnante de Nick Drake. Construire, ériger une chanson avec une guitare et une voix qui galvanise et reste en tête est un don. Très peu de musiciens l'ont, ou du moins ne savent l'exploiter en se moquant des modes et des exigences médiatiques. Ce couple de multi-instrumentistes se correspond et se marie à merveille. Josienne avec sa voix d'ange, comme une empreinte, dessine les contours des arpèges de Ben . La fibre traditionnelle se retrouve également dans les textes, une jolie prose romantique, poétique, ronde de métaphores, de descriptions qui nous font voyager.



Le jeune couple nous emmène sur les plaines formées de bruyères, dans les forêts habitées par le chant des oiseaux, par les rayons de soleil et la brume. La notion de nostalgie et du temps qui passe y trouve toute sa place, écrit et composé par Josienne main dans la main avec Ben qui compose les arrangements du violoncelle, violon et contrebasse avec splendeur.
Certains titres sont arrangés parfois avec un ensemble symphonique, ou un quator avec des envolées de cordes pour accompagner la guitare et le piano comme sur l'album Nothing Can Bring Back The Hour de 2014. Le duo aime apporter des reprises de vieilles chansons au milieu des leurs, en guise de clin d'oeil, d'hommage avec par exemple des notes de Gillian Welch, certaines du compositeur anglais que j'admire beaucoup, Elgar, ou encore le splendide For All we know de Nina Simone.



Signés sur le label Rough Trade Records, Josienne Clarke & Ben Walker nominés aux BBC Folk Awards l'an passé, offrent leur nouvel album Overnight qui paraitra le 14 octobre 2016. Le couple à la vie comme à la scène, se produit chez lui à Londres mais aussi dans toute l'Angleterre, sans pinailler sur le confort de l'endroit. Comme des troubadours modernes et avant-gardistes, ils sont aussi brillants dans un pub de deux mètres carrés que sur les planches du Royal Albert Hall ou dans les courants d'air enivrants de Kenilworth Castle du XIIème siècle. Ils ont une classe et une élégance innées, un talent fou, une générosité avec leur public très honorable qui complète ce charisme.



A l'écoute de Something Familiar, Overnight et The Warning Crescent extraits de l'album à venir, cela gonfle la difficulté à contenir sa patience. En attendant, on peut se reporter à One Light Is Gone de 2010, The Seas Are Deep de 2011 sur lequel tous les instruments sont assurés par Ben, l'EP Homemade Heartache de 2012, Fire and Fortune de 2013 suivi de Nothing Can Bring Back The Hour donc en 2014. Les mots, les mélodies, les arrangements et le chant nous emportent dans d'autres époques, nous content des histoires créant des ambiances ancestrales épiques. Sensibles aux éléments et aux traditions, plein d'adversité pour les conserver, les deux musiciens réhabilitent courageusement le genre musical avec beaucoup de grâce et d'âme. Après avoir joué à New-York, Boston, Chicago, etc et en ce moment au Canada, nous pourrons les retrouver sur les scènes européennes en automne et bien sûr se délecter dans quelques jours de leur exquise virtuosité avec la sortie d'Overnight.
Je classe la musicologie et la chamber-pop de Josienne et Ben dans mon panthéon en remerciant pour cette découverte mon cher ami Alain, armé de son régendat en français, histoire, enseignant le cinéma, la musique, la communication, de partager ses conseils en or et ses avis, que j'adore!
JosienneClarke&BenWalker