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lundi 15 août 2016

Manuel Decocq

Artiste normand, le multi-instrumentiste Manuel Decocq est déconcertant de talent. Il ne vogue pas seulement d'un instrument à un autre aisément, il évolue également dans divers paysages musicaux avec innéité. J'ai passé des heures à savourer son album Manuel Decocq de huit titres sorti en janvier 2015 plein de la fibre pop d'Alexander von Mehren ou des High Lamas. Parallèlement, l'auteur-compositeur, joue dans le trio jazz klezmer Ana Kap avec Pierre Millet au bugle et au cornet, Jean Michel Trotoux à l'accordéon. Manuel joue du violon dans le quator classique Karinn Helbert et il lui arrive d'accompagner au violon le groupe de rock rouennais Mister Moonlight qui fait rayonner l'âme de la Factory d'Andy Warhol et du Velvet Underground.



Manuel écrit depuis le début des années 2000, compose des odes pop, sunshine et jazzy, avec des orchestrations et des arrangements de cordes conquérants. Son album est peaufiné à Caen avec le savoir-faire de Jean Eudes Solignac Lecomte, Dominique Lafontaine et Isaac Azoulay. Avec des textes fins, imagés, les mélodies sont ingénues et efficaces. Les baisers fous où Manuel assure l'orgue, la guitare acoustique et un chant cristallin, accueille Cyril Maudelonde à la batterie, Fabrice Lafontaine à la basse, Manu Constant à la guitare électrique et Elodie Saint dans les choeurs. Quand arrive le somptueux De quoi j'ai l'air, chanté, totalement instrumentalisé par son auteur, il apporte d'emblée un degré supplémentaire de douceur ensoleillée à l'écoute.



Enchainent le délectable et victorieux J'ai peur avec ses cordes et son orgue qui font virevolter les notes puis le délicat L'ombre de moi qui touche par son orchestration admirable, son rythme papillonnant et son texte habillé de poésie. Manuel au piano et orgue est accompagné du clarinettiste Jean Baptiste Perez. La belle et noble Normandie entre en scène sur De vénus ou d'ailleurs, où Séverine Lebrun offre une très belle partition de flûte avec Damien Cordelet à la guitare, et Manuel, brillant à l'orgue et au chant. Les cuivres, les cordes et les percussions offrent un aparté résolument pop sur Inédit avant de poursuivre avec l'hardie bossa nova de Um mundo feliz, aux rythmiques savoureusement chaloupées de Jean Eudes Solignac Lecomte et de la basse d'Hugues Letort, des arrangements mélodieux avec le violoncelle d'Elodie Fourré sur un texte écrit et interprété avec classe par Maria Lana Gastelois. L'album se termine sur l'adaptation anglaise de De quoi j'ai l'air, devenu If i could look avec son orchestration pop funky fantastique, où la trompette de Pierre Millet (ami de Manuel dans le trio Ana Kap), l'ensemble de cordes, le piano et la batterie rendent le morceau furieusement beau. Manuel Decocq accompagne nombre de musiciens comme son ami Manuel Bienvenu, autre formidable compositeur d'harmonies pop français, sur son album Amanuma de 2013.
ManuelDecocq

Manuel Decocq