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dimanche 10 juillet 2016

The Royal Landscape Society

J'ai réalisé ces jours-ci que le genre de musique 'indie' présent sur Piggledy Pop peut paraître vague pour certains, un 'genre' de pop pas bien défini, très vague pour d'autres...Avant de me répandre en adjectifs dithyrambiques comme de coutume sur les Royal Landscape Society (parce qu'être désagréable et déglinguer des groupes, je trouve ça trop facile), je m'en vais faire un memento.

Le genre indie-pop, pop indépendante, nait dans les années 80 au Royaume-Uni dans le sillage du punk, post-punk puis de la New-age. L'Ecosse en ces temps-là est un véritable essaim avec l'arrivée des Orange Juice en 1978 chez Postcards Records, petit label de Glasgow qui grossit dans les eighties avec les Pastels, Belle and Sebastian, Go-Betweens, Teenage Fanclub, Franz Ferdinand etc. Puis arrivent les groupes anglais comme The Smiths, des labels 'indé' comme Rough Trade ou Sarah Records. Concrètement, la naissance de l'indie-pop découle du Do It Yoursel chéri par le punk et post punk, mélangé à l'influence sixties des Beatles et du Velvet Underground. La situation politique à cette époque en Angleterre est tendue, les musiciens du maddchester, de la britpop, imposent leur style, parfois asexué, accueillant enfin des groupes féminins, affichant leur sexualité librement sous des écharpes rayées au chaud dans les Dr Martens (les vraies, pas les chinoises). Après New Order, Joy Division, Cure, l'indie-pop compte plus tard Blur, Talk Talk, Buzzcocks, Pulp, Radiohead qui tâtant un mouvement musical typé 'troisième voie' contre le gouvernement en place de Margaret Thatcher, crée une pop de résistance 'underground'. En bonus, l'indie-pop évolue loin des gros labels, s'évitant avec intelligence et par principe d'autonomie d'avoir affaire à des Universal et consorts.



The Royal Landscape Society sont de Séville. Les musiciens du groupe Cris Romero, Fran Torres, María Barrero, David Vidal et Juan Luis Castro au mix, raniment dans ce premier album de juillet 2014 toutes les âmes qui ont fondé le mouvement indie-pop de The Smiths, The Orchids à C86, Trembling Blue Stars tout en offrant un pop actuelle, moderne, dans la veine de The Real Estate, Jim Ruiz Set, King Creosote ou les Frank and Walters.
L'album éponyme commence avec le fabuleux Goodbye. Ses guitares, sa rythmique dans la batterie et la basse virevoltent et entêtantes, font galoper nos neurones indie-pop en liesse rappelant un peu les arpèges du Failure des Kings of Convenience. Puis Friends and Lovers, aux allures synth-pop, rafraichissant et dansant, porte un joli texte plein de charme old-school et de retenue, comme La La La où les instruments façon twee à la Sarah Records jouent une mélodie qui colle avec classe et finesse au thème.



L'élégance ne désarme pas avec le tempo fort réussi de Frost, qui avec ses paroles mélancoliques propose un air énergique et chaleureux griffé synth-pop suédoise comme celle du label Labrador. Clean, fait du même bois, invite encore à gigoter sur les claviers vitaminés. Le chant lo-fi de Cris est somptueux pour accompagner les arrangements façon 80's et 90's qu'il joue aux synthétiseurs avec brio notamment ceux de Early Sunrays qui rappellent Blueboy et Field Mice. Le fort réussi mini-album de 9 titres contient 3 remix de Goodbye, Friends and Lovers et Early Sunrays respectivement orchestrés par les groupes Combray de Barcelone, Devil Town et I am Dive de Séville. The Royal Landscape Society est un album superbe et excellent par ses mélodies et son interprétation. 
TheRoyalLandscapeSociety
SundaePiggledyPop2012
FeatherfinPiggledyPop2016