Translate

vendredi 10 juin 2016

The See See

Les The See See sont cinq gaillards de Londres, un peu cinglés et énormément talentueux : Sam Ferman, Richard Olson, Kevin Peyok, Paulie Cobra et Phil Anderson. La clique britannique compose des odes pop psychédéliques diaboliques. Sans déchet, toujours nettes, les chansons qui apparaissent sur les albums sont toutes belles et bonnes. Les musiciens se groupent en 2010 et signent un premier réel joyau pop de 12 titres en 2011 Late Morning Light avec son Keep your head incroyablement efficace rappelant autant les Kinks que Fleur de Lys. Avec ce morceau, les kilts virevoltent, les semelles de clarks crépitent, les têtes fait des ondulations hystériques ; Les mods sont à la fête et Michael Eaton au service de la vidéo avec tout son charisme!



Deux Eps sortent en 2012, Sweet Hands puis Gold and Honey, annonçant un programme hautement sensuel et amoureux. L'album qui parait en 2015 Once, Forever and Again ne laisse plus aucun doute planer sur leur intérêt pour les filles, nommées Mary Soul, Mary Anne ou encore Jenny Said. Sont aussi évoqués des thèmes vraiment divers comme la météo avec The Rain & The Snow, Big Bad Storm, et Sun Arrows. L'orgue psychédélique dès le premier titre Once, Forever & Again annonce d'emblée une ambiance pop vitaminée mod's sixties, ornée de guitares énergiques, d'une batterie endiablée et d'une basse rock et groovy. La distance est mêlée à la notion du temps sur 400 Miles où l'écho des voix et la rythmique langoureuse nous embarquent dans une mélopée romantique stellaire quand le boogie dansant de Big Bad Storm galope vigoureux grâce aux claviers mélodieux et aux guitares magnifiques griffées du groove des Byrds. L'hypnotique et voluptueux Mary Anne entre dans la danse avec ses choeurs psyché enveloppants, pour continuer avec le sautillant The Rain & The Snow qui offre une spontanéité splendide dans les harmonies.



Le festif Over & Under poursuit dans l'orchestration réjouie, où même les tambourins et la grosse caisse sont de bonne humeur. Les See See explorent et titillent le genre psychédélique avec dextérité et inspiration comme sur Sun Arrows et ses distorsions dans les cordes de guitares qui proposent un plaisir instrumental précieux et radieux. Comme son titre l'indique Let Me Be The One (For You To Love) part dans des contrées amoureuses en nourrissant l'orchestration de clavier taquin, de guitares et d'un texte sensuel interprété avec une voix éloquente à rougir. L'envie irréparable de bondir et de danser reprend avec The Evil Clutch of Dawn aux allures alt-country formidables décorées de choeurs dignes des Yardbirds et des Zombies jusqu'au valsant et suave Ynys Las, où apparait un piano élégant et une mélodie soignée de trompettes candides. Quant à Jenny Said, la pop resurgit avec des claviers et guitares délicieusement sixties, un chant génial à l'âme brit' évidente. Featherman débarque, offensif et joliment énervé, orchestré de violons sur un tempo grandiose qui fait plonger dans en bain de jouvence. L'astral Song For Billy Nova qui conclut l'écoute, se savoure lascivement en se laissant bercer par la prouesse technique, les harmonies vibrantes. Once, Forever and Again se révèle être un album d'une qualité flagrante, sublime. Les choeurs chaleureux, les arrangements cousus de fil d'or, les mélodies inspirées, s'allient et déroulent une véritable formule magique pop.
TheSeeSee