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samedi 18 juin 2016

O

Attirée dans un premier temps par le nom mystérieux de l'artiste O, puis par le titre d'album Un Torrent, la boue, ma curiosité a été comblée. J'ai lu dans une interview que son créateur ne s'est pas voulu poétique dans ses chansons, mais même s'il n'utilise certes pas de métaphores, ses thèmes mélangés, parallèles, comme le sentiment amoureux et l'eau, sont bel et bien lyriques.
O ouvre le disque avec le somptueux L'odeur du coton, rond de douceur et de réconfort. Ce titre est en perspective, une ode au relationnel, une promesse où le synthétiseur et les guitares cavalent et font des 'ritournelles' en tête. La rivière qui suit est une ballade amoureuse, imagée et colorée, qui file en rythme et en relief, comme un cours d'eau de montagne conduit par le chant d'O, cristallin et magique. Les mots sublimes se marient à l'envi à la mélodie et au schéma de la chanson non conventionnel.




Si O écrit des textes personnels, sans détours dans le vocabulaire authentique employé, la forme demeure délicieusement pudique. Répéter / Disparaitre en partie en anglais est electro-pop, avec des claviers psychotiques pour évoquer la ville, ses lumières et la peur de disparaitre. Avec des morceaux comme My heart belongs to you, O ne risque pas de disparaître. Délivrant une mélodie et des notes pop virevoltantes et sautillantes, les mots avancent, prennent des sentiers où les pas sont rythmés par les guitares, le clavier, la batterie, la basse et la voix parfaitement arrangés et orchestrés. Pour rester joliment dans le thème aquatique, le titre se termine par la dernière réplique du film Le grand bleu 'Go, go and see my love'. De manière fine et adéquate, le morceau qui suit est Plonge dans l'eau qui fait écho à la rivière, au réconfort de la source et au bien-être de la caresse de l'eau.
Quand Mon Echo atteint les oreilles, on fait danser les bouées et claquer les palmes sur le tempo alternatif délicieux dans les synthétiseurs et la batterie magnifiques. Le texte sublime, en guise de déclaration d'amour, colle au rythme énergique et embarquant. Le style french pop continue sur Bebi, avec ses choeurs qui me font penser au chant hellénique de Pénélope, orné de claviers somptueux et du chant d'O, si touchant de pureté et de clarté ; Du toucher, à l'odorat, au goût, il offre un texte plein de sens. On the run arrive avec son tempo glorieux pour imager la course, les sentiments amoureux réapparaissent à la lumière de la lune et du soleil sur des arrangements ficelés à la façon 'britpop' des Beatles, une des références d'O.



O c'est Olivier Marguerit qui évolue au sein d'autres groupes depuis des années, comme Syd Matters et travaille avec Wilfried, Mehdi Zannad ou encore Yann Arnaud, le réalisateur d'Air et de Phoenix, aux manettes sur la production de Un torrent, la boue. Olivier, multi-instrumentiste, part en cavalier seul et la composition, l'écriture personnelles dévoilent autant l'homme que l'artiste avec ses sentiments, ses expériences, sa carte génétique avec la naissance de sa fille ou la vie de ses ancêtres, le moine Jacques Clément (le bougre, s'était mis en tête d'assassiner Henri III). L'album grandiose qui se termine sur un Kiss délicat et élégant porte le nom de la chanson Un torrent, la boue quand O, devenu père, se retourne sur sa lignée qui compte également un porte-drapeaux de Napoléon pour inspirer ce titre sublime . La rondeur du O, le thème de l'eau, avec la rivière et le torrent, habillent le premier album du parisien Olivier Marguerit sorti le 29 janvier, fort réussi, inspiré, peaufiné avec émotion que je classe dans les meilleurs albums de l'année 2016, sans sourciller.

OlivierMarguerit
SydMattersPiggledyPop2011
Wilfried*PiggledyPop2011
MehdiZannadPiggledyPop2016