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dimanche 19 juin 2016

Mac DeMarco


Il y a des périodes comme celle que nous vivons où sans avoir à devenir hippy, c'est de l'amour qu'il nous faut, du 'love, love, love' en barre. Il nous faut aussi de la caféine. Ok, Mac DeMarco n'est pas une marque de café, mais de l'amour, il nous en propose du bon et du résistant avec son dernier album d'aout 2015, Another One.
Le jeune canadien de 26 ans est très actif, productif et surtout inspiré. Il n'écrit pas une pléthore de chansons pour faire du chiffre mais bien parce qu'il vit sa musique depuis 7 ans, passionnément et concrètement. L'artiste fort sociable et généreux n'est pas du genre à faire de la musique reclus, au contraire, sa renommée grandissante dit qu'il est bavard lors de ses concerts qu'il enchaine. Très drôle et charismatique, il fait aussi rire son audience. Au delà de ce caractère sympathique et attachant, le jeune homme est doté de l'oreille absolue et d'un talent inoui. Le musicien forme son premier groupe à 19 ans et auto-produit un premier EP. Puis il intègre sur scène le groupe de Vancouver Japandroids avant de déménager à Montréal et sortir en 2012 un album de 10 titres, Rock and Roll Nightclub. Magnifiquement fleuri de mélodies pop, l'album est un essai qui sera transformé en avril 2014 avec Salad Days de 11 titres grandioses suivi du génial Another One enregistré à Brooklyn l'été dernier.



Ses mélopées sont construites comme des histoires qui font voyager sur les continents, au bras de Johnny ou d'Annie, sur fond d'amour et de rock'n roll, avec des arrangements sublimement pop. Guitariste fantastique, il compose et écrit des airs savants qui font autant danser que sourire. Ses fins sarcasmes montrent que l'artiste a une âme de troubadour de la veine de John Lennon et de Jonathan Richman qu'il admire et qu'il a aussi un esprit bien fait et bien rempli. Créer des univers semble être inné et les mettre en musique avec sa basse scintillante et sa guitare vibrante paraît venir avec une aisance sincère et amusante. A l'écoute de ses deux albums, on saute dans les fleurs, sous le soleil, dans la bonne humeur constante grâce à son sens de l'auto-dérision. Mac DeMarco ne se prend pas au sérieux, sous sa casquette, le garçon garde la tête sur les épaules, pas dévissée un poil.



Pitchfork qui est fan le décrit comme le ' the goofball prince of indie rock' et si la presse a tendance a le prendre pour un rigolo désinvolte parce qu'il préserve son sens de l'humour et de l'humilité, il n'en reste pas moins que monsieur DeMarco est un bosseur, un acharné à la tâche qui peaufine les détails et ne laisse de place au hasard. Sa personnalité frivole et insaisissable perturbe. Je la trouve grandiose. Artiste jusqu'aux bouts des ongles, la poésie et l'élégance habille The Way You'd Love Her à l'entame d'Another One, titre qui accroche les oreilles au plafond dès la première écoute. Les arrangements subtiles font voltiger la guitare, la batterie sensuelle, sur le chant volontairement taquin et entêtant. Another One, avec son clavier langoureux flirte avec la basse envoûtante avant le solaire No Other Heart et son texte enchanteur 'I'll put the sparkle right back in your eyes'. Avec une veine rock proche de Wilco, Lou Reed, Kevin Ayers, Mac taquine le style psychédélique avec excellence sur Just To Put Me Down quand le somptueux A Heart Like Hers, fluide, nostalgique, est orné d'un discret blues sur un clavier brillant et une rythmique énamourée. Puis on repart à sautiller en faisant des bulles sur le tempo impétueux de I've Been Waiting For Her en chantant avec DeMarco qui est étourdissant de charme à la guitare. Without me offre une cadence alanguie délicieuse pour parler de sa dulcinée partie et évaporée jusqu'à l'ambiance humide de My House By The Water, aux samples aquatiques pour imager le coeur brisé et l'amour en fond de cale. Mac DeMarco joue sur les scènes européennes tout l'été, des Pays-Bas, à la Suisse, Danemark, à Londres la semaine prochaine et passera aux Eurockéennes en juillet. Sa tournée est à retrouver là : MacDemarco