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jeudi 5 mai 2016

Left With Pictures

En route depuis 2005, Left With Pictures est un groupe londonien qui griffe ses mélodies pop d'une instrumentation orchestrale sophistiquée. Le trio nous offre l'album époustouflant Afterlife ce 29 avril 2016 s'inspirant autant de Ravel, Stravinsky que des Crystal Castles et des Sleigh Bells. Aux côtés de Stuart Barter, auteur-compositeur, guitariste et chanteur, il y a Tom Walker au violon, glockenspiel et Toby Knowles, auteur-compositeur, pianiste, accordéoniste et chanteur qui joue dans le groupe de klezmer-ska, Shtetl Superstars écrivant aussi pour le théatre et la télévision. En 2006, l'EP Making chalk garni de six mélopées pop est un premier galop somptueux avec des 'papapa', des tambourins, un tempo gaillard dans le banjo qui dix ans plus tard sonne plutôt moderne.



Trimbalant autant de spontanéité, d'amusement, de naïveté délicieuse avec l'apparition d'arrangements de cordes, un second EP grandiose suit en 2008. Secretly comporte cinq titres solides, intelligents, où le piano batifole sur le kazoo avec la guitare acoustique, les choeurs beach boysiens orné du chant chaleureux, tantôt de Stuart, tantôt de Toby.



Left With Pictures s'empare des scènes, assure une pléiade de concerts et la presse devient élogieuse. Jusqu'alors en auto-production, le groupe signe sur le label Organ Gringer Records le premier album en 2009 Beyond our means. Les douze titres y sont majestueux, écrits et arrangés avec tact, finesse et une inspiration, une instrumentation mélodieuse qui donne des frissons comme sur Her father's Nose, où glockenspiel, piano, guitare, violon, accordéon s'accordent dans une musicalité impressionnante. Le deuxième album In Time apparait en 2011 avec lui aussi des pépites pop incroyables, saluées par les critiques et les fans qui se dandinent sur Go Simon Go! et St-Dominic.



Cette année, Left With Pictures se sublime, se surpasse, revient avec des titres tous plus sublimes les uns que les autres. Annonçant en début d'année la sortie éminente de Afterlife, les anglais font paraitre le premier morceau, Terra Firma, qui laisse tout ce petit monde des médias royalement sur son séant. Utilisant un schéma plus electro-pop avec Multiplex, The Howling, Who's There, The Start, Last Man on Earth, The Night Watch, balançant sur des morceaux poppeux avec Bloody Mess, Stage Fright et Avert Your Eyes dans la veine de David Bowie, Neil Hannon, Radiohead, l'album Afterlife est surement une des plus remarquables sorties de l'année 2016. Le titre Long Lane, dont la vidéo est dirigée par Jonathan Hyde, aurait plu à Elliott Smith, ce qui rend particulièrement attachants les Left With Pictures. Les trois amis de Londres nous ont concocté un bijou de création, d'inspiration en s'entourant du batteur Ed Seed et du producteur Richard Formby. L'interprétation instrumentale et vocale titille les cimes de la perfection. Tandis que Londres vote aujourd'hui pour son nouveau maire, la ville souffle encore un air de liberté, de rock'n roll et d'indie-pop.
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