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dimanche 3 avril 2016

Steve Mason

De l'expérience de ses trois autres groupes, The Beta Band, King Biscuit Time et Black Affair, Steve Mason n'a jamais autant brillé de sérénité, d'inspiration et de perfection. L'artiste écossais vient de signer ce mois de février 2016 l'album Meet the humans, composé à l'or fin. Les titres y sont désarmants de beauté, chauds, somptueux, peaufinés avec la dextérité de Craig Potter (Elbow) à la production. Tous y sont solides : Une série de tubes en puissance.
Cette petite bombe pop est la troisième signée de Steve Mason en solo, après Boys Outside et Monkey Minds In the Devils Time. Dans les années 90, aux côtés de Gordon Anderson, c'est à Brighton que Steve fait briller The Beta Band. Puis, il part pour Londres où dit-il, il retrouve l'esprit 'mods' qu'il aime et davantage d'artistes avec qui travailler mais ses ressources, c'est en Ecosse où il vient de passer ces dix dernières années qu'il les puisent. Il aime retrouver une ambiance familière, aller au pub, au magasin de disques du quartier, composer au calme de son appartement. Son écriture évoque ses expériences de la vie de tous les jours, ses interactions humaines, signée avec sa plume et son sentiment, saisissants.



La pépite pop commence avec Water Bored, aux voix somptueuses et aux arrangements sautillants, dansants, qui évoquent la magie de l'innocence qui disparait avec l'âge avançant. Le tempo jovial est entrainant et le mécanisme bondissant des guitares, de la batterie scintillante et du chant de Steve, dynamique et élégant continue sur Alive. Là le melodica apporte une énergie vivace et avec la manière d'aborder les voix, le titre devient groovy, délicieusement alternatif, virevoltant. Alright annonce la cavalerie avec ses guitares saturées, ses synthétiseurs princiers, le style shoegaze grandiose doré d'un orchestre conduit par Joe Duddell et comprenant Amy Welch, Christos Zenious, Shane Murray, Joshua Lyuch, Joe Lunn, Helena Hannah-Shelton, Darren Gibson, Laurie Dempsey, Tory Clarke, Ryan Broad. Le boogie d'Another Day accroche, fait dodeliner du chef sur les cuivres aux trompettes rutilantes dotées du piano et de la basse magnifiques. Steve Mason qui joue les partitions de guitares, de basse, melodica, piano et batterie, accueille à l'enregistrement ses amis musiciens comme Greg Nielson de Iceburn aux percussions, Martin Rebelski des Doves mais aussi auteur-compositeur solo au piano, le bassiste Steve Duffield qui jouait avec The Beta Band. L'esprit de groupe s'entend à merveille, la communion des musiciens rayonne et offre une mélopée galopante. Elle est agrémentée des arrangements de cor par Joe Duddell, enregistrés live à Manchester, ville renommée pour être le fief des musiciens classiques sous l'égide du Hallé Orchestra.


La sensation de spirale pop, de tornade indie se poursuit sur Ran Away qui est comme Alright une chanson d'amour déçu, de séparation amère. Quand la splendide To a Door frappe sur la platine, proposant la voix de Kristina Train, chanteuse américaine qui vit à Londres et qui rejoint Steve en écosse pour enregistrer, c'est un plongeon dans une douceur de notes, où le clap hands rond de musicalité nous emporte au bord de mer. Le chant de Steve resplendit sur tout l'album, les arrangements de cordes et le piano de Craig apportent une préciosité pleine de charme aux mélodies éfficaces et grandes. A ses côtés pour la composition des deux titres To a Door et l'incroyable Planet Sizes, Steve Mason invite le fabuleux auteur-compositeur irlandais Iain Archer, connu pour son groupe Snow Patrol, dont je suis fan en solo depuis son titre Soleil sur Canal Song de 2006.



Hardly go Through est un morceau qui va crescendo comme les sentiments grandissants du texte, avec les arrangements qui attaquent en douceur pour se déployer et s'élancer sur les cordes, la rytmique, le chant impressionnant. Through my window, est écrit dans l'intimité de chez Steve, dans une ambiance de doute et de questionnement, fort joliment reconstitué dans l'orchestration délicate et cristalline en écho. Quand arrive Planet Sizes, aux allures universelles et spirituelles, le tempo dynamise les deux voix de Steve et Iain dont l'harmonie dans l'écriture et l'enregistrement, l'amitié et jolie complicité musicale, rayonnent entre les paroles.
" Il était temps pour moi de réintégrer cette société, de rencontrer l’Humanité et de voir ce dont elle est capable. Voir si je n’ai rien raté. Je vois les êtres humains comme des êtres confus et perdus. Leurs valeurs sont totalement fausses. Ils vivent avec les mauvaises personnes et l’école se charge de les pervertir. Mais il n’est jamais trop tard ! Tu peux toujours rattraper le temps perdu".
Comme serein, avec sa personnalité qui au contact de ses amis musiciens éclot de manière printanière, Steve signe une Like Water ensoleillée, zig-zagante entre une rythmique solide et des guitares célestes en terminant sur l'endiablé Words in my head au tempo sanguin, chevaleresque, pour écrire sur l'amour avec une poésie et un romantisme infinis. La pochette de son amie graphiste Olivia Bullock est d'une belle inspiration et va comme un gant à ce philosophique et lyrique Meet the Humans, ode à la renaissance, à une sorte de délicieux optimisme, excellent à écouter.

SteveMason

A special Thank to my friend Scott for his awsome advice !