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samedi 23 avril 2016

Dr Dog

Se réveiller en écoutant les infos en France, cela devient hilarant. Après une vague histoire de gifle hier, ce matin, la news est le prélèvement ADN sur les crottes de chiens afin de ficher nos boules de poils. On trime déjà à ficher S les brebis galeuses... J'imagine que les élus des partis extrêmes qui pondent ce genre d'idées, dignes d'une cervelle de mouche, jouent à saute-mouton dans la rue pour éviter les fientes de pigeons. Le niveau de pollution de l'air n'a jamais été aussi élevé, néanmoins ce sont les crottes de chien qui donnent matière à réflexion. En attendant que la libre circulation du meilleur ami de l'homme soit réellement menacée, j'ai une furieuse envie aujourd'hui d'écouter Dr. Dog.



Ce groupe génial formé à Philadelphie en 1999 signe un premier album en 2002, l'auto-production Toothbrush, aux canines joliment affûtées dans les textes, le chant, le tempo virevoltant. Dr Dog collectif talentueux, comprenant Scott McMicken (guitare, chant, piano, banjo), Toby Leaman (basse, chant, guitare), Zach Miller (piano, orgue, guitare, accordéon), Dimitri Manos (batterie, guitare, basse), Eric Slick (guitare, batterie), Frank McElroy (guitare), signe chez Rough Trade en 2005 sans concentrer le mérite sur un leader, chaque musicien se passant le relai, ou la baballe.. c'est selon. Après Easy Beat, parait We all Belong, puis le somptueux Fate et en 2010 Shame Shame.



L'aventure se poursuit en 2012 avec Be the Void, le grandiose B-Room en 2013 et cette année 2016, en février dernier, le magnifique The Psychedelic Swamp renait de ses cendres. De manière originale, cet album est tout simplement une reprise de leurs premières chansons de 2001 qui étaient sorties sur une cassette nommée The Psychedelic Swamp que le groupe décide 15 ans plus tard de rejouer, ré-arranger, remettre au goût du jour. L'idée est fumeuse, pleine de tact et de justesse, mariant la nostalgie des premiers essais de jeunes musiciens avec l'expérience et le savoir-faire. Les synthétiseurs, les guitares sont aiguisées pour mettre en exergue les mélopées presque juvéniles et innocentes, qui les années étant passées par là, deviennent déridées et évidentes. L'album est un délicieux retour sur les leitmotivs préférés, explorés de façon constante par la joyeuse troupe : l'amour, la musique, l'ombre, la lumière, les couleurs et les...animaux. Les Dr Dog ne se prennent pas au sérieux et continuent avec un don immuable et un certain enchantement à offrir des mélopées dansantes et pleines de panache, comme celles jouées hier soir à Paris, à la Boule Noire !
DrDog