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mercredi 16 mars 2016

Kula Shaker

Je trouve l'histoire du groupe britannique Kula Shaker croustillante et leur musique somptueuse. Les deux fondateurs Crispian Mills, fils de l'actrice Hayley Mills et du metteur en scène Roy Boulting, également petit-fils du producteur et réalisateur de films Sir John Mills, lance l'aventure musicale en 1990 avec son copain de lycée Alonza Bevan qui joue du piano et de la basse. Leur premier groupe Objects Of Desire sera suivi de The Kays.
Entre temps Mills part en Inde découvrir l'enseignement d'un indien mystique. Revenu au royaume-uni 'krishannisé' en 1995 il étoffe le groupe en invitant le batteur Paul Winter-Hart à se joindre à eux, ainsi que le cousin de Mills, Saul Dismont, pour le chant. Il initie un peu tout le monde au mysticisme indien, à s'étourdir autour de la mystérieuse énigme du K, du symbolisme en général et même de la magie par l'intermédiaire de Aleister Crowley, initiateur de Jimmy Page (Led Zeppelin, Yardbirds). La troupe vivote, ils logent tous ensemble à Londres dans une ambiance hyppie, passionnés par le pschédélisme, devenus végétariens mais en ne consommant pas exclusivement du quinoa ou du lait bio (on s'en doute). Ils jouent dans les pubs, ayant l'impression dira Mills plus tard qu'ils vivaient "une réalité folle. On croyait qu’on était des chevaliers dans des écuries, se tenant prêts pour la bataille finale".



Dismont quitte le groupe qui se fait alors appelé The Lovely Lads (avec un passage à Glastonbury en 1993), et sera remplacé par le clavieriste mods Jay Darlington. Après une poignée de singles, Columbia les repère en 1996 lors d'un concert à Manchester, grâce aussi au passage radio explosif du single Tattva qui atterrit dans les mains du fameux animateur de la BBC, Mark Radcliffe.
Mills et Bevan toujours imprégnés du mystère symbolique du K, décident d'appeler le groupe Kula Shaker en précisant lors d'une interview "Nous savons que les gens vont penser que nous sommes fous, mais ce serait vraiment regrettable qu’il n’y ait pas de résistance. Ça fait partie du jeu. On adore ça. Nous sommes les chevaliers à la recherche du Graal et tout cela correspond à une joute. Les chevaliers aiment jouter".
En 1996, l'Angleterre s'empare d'eux, les Kula sont au top des charts avec Tattva, le succès éclate avec le deuxième single Grateful When You’re Dead/Jerry Was There, puis un troisième Hey Dude. Leurs mélodies rock, pop, accueillent aussi des partitions classiques et parfois du sanskri.
Paul Winter-Hart dont le père est musicien professionnel, Alonza Bevan, Crispian Mills et Jay Darlington sont tous les quatre des virtuoses, des musiciens innés, surdoués qui épatent le public d'amateurs d'indie-pop rock et éblouissent les médias.



Ils sont fans des Beatles, de Love et accompagnés du producteur John Leckie ( XTC, Pink Floyd etc), le groupe se prépare à enregistrer la flopée de compositions qu'ils jouent en concert déjà. Avec l'album K de 1997, le groupe est nominé quatre fois aux Brit Awards. Un polémique ternit les musiciens suite à une bévue de Mills dans une interview, où ses propos sont remodelés par les tabloids pour salir le groupe, créer le scandale et bien sûr, vendre du papier. Mills doit se retirer des studios d'enregistrement et des scènes. En 1999 les Kula reviennent avec Peasants, Pigs & Astronauts mais leur réputation est trop salie, le groupe ne récolte pas le succès tant mérité et en 2001, se sépare, Jay intègre le groupe Oasis sur scène, assurant le clavier et Alonza Bevan forme un projet avec Johnny Marr (The Smiths), sous le nom The Healers signant en 2004 l'album Boomslang.
En 2005, le trio d'amis se reforme (sans Darlington greffé désormais aux Oasis) anonymement, avec beaucoup d'humour, pour une soirée dans un pub de Londres sous le nom The Garçons puis Kula Shaker reprend sérieusement vie en 2007 avec l'album Strange Folk et son single Revenge of the King, suivi en 2010 du somptueux Pilgrim's Progress.



J'aime leur décalage, leur manière de provoquer, mais surtout, j'aime Kula Shaker parce que Mills écrit des chansons incroyables, intemporelles, dévoilant son talent infini, et qui selon mon avis, devraient être classées au top des références du rock anglais, au même titre que les Smiths, James, Blur, Housemartins etc...
Quelle joie de voir revenir en février 2016 ces mystiques et mythiques Kula Shaker qui nous offrent leur cinquième album K 2.0 et une tournée estivale qui commencera en Espagne, passera au Japon pour un retour en Angleterre. Le groupe célèbre ses 20 ans d'existence et n'a guère besoin de botox pour gonfler ses mélodies d'épique et de rock'n roll ! La fan que je suis vous invite chaleureusement à retrouver Crispian Mills, Alonza Bevan, Paul Winterhart, Henry Bowers-Broadbent en les écoutant et les savourant !
KulaShaker