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lundi 15 février 2016

Séverin / Ca ira tu verras

Je suis fan. Quand Séverin sort un album, chaque fois, l'effet est le même : l'enthousiasme ! L'auteur-compositeur parisien sait écrire des chansons pop de haute voltige, aériennes et bon-enfant, qui font autant danser qu'elles émeuvent. Son écriture charme et touche nos états d'âme. Sans apparats ni complication grandiloquente, elle est constamment dans le beau et sa simplicité, son naturel, l'ennoblissent. Séverin gagne en renommée à chaque sortie de disque et son public, la presse aiment la palette de mélodies qu'il signe depuis une décennie (et j'espère encore une prochaine!). Pour un regard dans le rétroviseur, quelques lignes de 2012 sur Séverin là : SéverinPiggledyPop

Pour enregistrer les 10 titres parus le 5 février sous le nom Ca ira tu verras, l'artiste s'entoure d'autres excellents musiciens. Il y a Jean Felzine de Mustang qui se promène à la guitare, surdoué et stylé dans son jeu, avec sa mèche rebelle façon Chris Isaak. Il y a aussi Ambroise Willaume de Revolver, bricoleur-magicien au piano, Mathias Fish de Lily Wood & The Prick, divinement agile à la batterie, Steffen Charron de Jil is Lucky, guitariste et bassiste royal et Philippe Katerine vient chanter sur le titre plein d'humour Controle ta samba.



Comme ce titre l'indique, idem pour Parasol et France-Brésil, il y a bel et bien des rythmiques ensoleillées, des tempos sud-américains parfaitement inspirés et exécutés tout le long de l'album. Il y a également des arrangements de cuivres et de cordes qui vont comme un gant aux mélodies colorées et aux thèmes évoqués. Dès le premier titre Ca ira tu verras, l'optimisme se glisse dans les arrangements. Les rythmiques brésiliennes laissent voir le verre plus plein que vide donnant sacrément envie de swinguer, de gigoter et de sautiller. Le tempo galope sur le chant réconfortant et les guitares montent en puissance. Quand la mélodie de Les hommes à la mer arrive, tendre et tenace, ses cordes et son piano délicats s'allient fort joliment aux choeurs et aux mots. France, apporte sa dose de gravité saupoudrée de mélancolie et de nostalgie, d'inquiétudes en 'noir et blanc' comme sa vidéo et d'envies d'ailleurs dans à un pays assombri de médiocrité.



Puis le sourire refait surface avec la douceur enfantine, la dérision rythmée de cuivres, l'histoire d'un garçon rêveur et danseur sur l'air parfumé de soleil : Contrôle ta samba. Toujours aussi feutrés et romantiques, urbains et pastoraux, les arrangements de cordes et les mots s'envolent sur Amélie. Les rythmiques poursuivent leur cavalcade sur l'interlude qui précède l'intimité de Ton ADN, où la guitare épouse le texte, hommage magnifique au père disparu de Séverin, porteur de son ADN et chargé de cette mission trop tôt. Puis Poli, rond d'images poétiques décrit une sensibilité sous une carapace élégante et une retenue, une éducation, résonnant magnifiquement dans l'orchestration de violons et de violoncelles. Le piano et la basse taquinent sur l'amoureux Parasol, véritable hymne aux sentiments en or que Séverin voue à sa femme. Pour continuer dans cette ambiance 'saint-valentin', France-Brésil offre le duo 'Séverin- Kiwi da Gama' son épouse. Il y a beaucoup de fraicheur, de drôlerie, dans les deux voix d'une parfaite musicalité qui forment le point de réunion avec l'optimisme rayonnant et habituel de Séverin. Si le but à atteindre à l'écoute de Ca ira tu verras est de nous mettre sur la route des épices, c'est très réussi. A se procurer en courant chez Neon Napoléon !

Séverin

NéonNapoléon