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vendredi 22 janvier 2016

King Charles

Charles Costa alias King Charles sort aujourd'hui son deuxième album Gamble for a Rose. Je donne de suite mon avis, je taille dans le vif, l'album est une grande réussite, un 12 titres impressionnant. L'anglais signe en 2012 l'opus Loveblood, pop folk aux allures parfois raggae, parfois rock. Il part en Californie pour l'enregistrer après avoir remporté en 2010 pour son single Love Lust, le Grand Prix du concours International d'écriture de chanson. Universal le repère et lui offre les conditions à Los Angeles encadrées par un producteur rodé Matthew Wilder. Charles est bien éclairé en 2015 de quitter cette compagnie-label pour revenir libre dans ses verts cottages anglais. Il s'installe en résidence dans la campagne d'Exeter où il travaille à de nouvelles chansons avec Marcus Mumford (Mumford & sons) qui décide de le produire accompagné d'un autre musicien de Mumford, Winston Marshall, entouré également d'anciens amis londoniens Tom Hobden et Charlie Fink (Noah and the Whale).



Gamble for a Rose est beau parce que King Charles chante comme un rossignol au printemps, offre des vocalises éclatantes, sur des compositions fidèles à son univers, à ses racines musicales. Il a lui-même annoncé vouloir faire l'album qu'il souhaitait faire il y a 5 ans. Ce retour aux sources géographiques et artistiques, manifestement, l'épanouissent. Les 12 titres, singuliers, se suivent sans sensation d'ennui. A l'heure du mp3, il devient rare de pouvoir savourer un album, pensé en tant que tel, dans son intégralité. C'est donc un régal mélodique de long en large qui commence avec le magnifique Loose Change for the Boatman, au texte métaphorique subtil garni d'arrangements pop, rock, sucrés et salés, aussi délectable qu'un air pop-corn. Les mots qui parlent de liberté, de son prix, de la passion gagnant sur l'argent sont touchants. Suit le romantique et passionné Animal Desires, coloré dans le son des guitares puissant, comme dans les images enflammées. Le thème du feu, de la passion revient sur Choke, sautillant et tournoyant aux guitares aiguisées indie-pop magnifiques.



Batterie, basse invitent à une danse endiablée sur les harmonies vibrantes, épiques jusqu'au splendide Gamble for a Rose, amoureux et épris, au rythme et au tempo langoureux ouvrant les bras aux cordes sublimement bien ficelées. King Charles, le coeur brisé, écrit des mélopées somptueuses et King Charles rentré au bercail, écrit sur son Angleterre avec de l'ampleur poétique. Le musclé Lady of the River s'envole rock et entrainant avant le génial St Peter's Gate. Tous les deux sont mélancoliques voire mystiques sur fond de rivière, de jardins, de forêts sous la pluie, de lumière spirituelle, où se mêlent les esprits indiens solaires. Tomorrow's Fool clairement s'adresse à dieu, où même les guitares et la grosse caisse deviennent presque philosophes jusqu'à ce qu'elles se dévergondes, bouillonnantes. Le soleil entre sur New Orleans, chanson 'carte postale' amoureuse parcourant le territoire américain sur des accords rock et énergiques quand Carry me Away qui s'adresse à la 'lady' de Charles propose un doux break en guise de balade délicate fleurie de cordes. L'âme americana revient sur les guitares rutilantes du country et bluesy Bring Thing, rythmé et valsant.
La voix de Charles solide et mélodique, pleine de swing et de lyrisme, monte en puissance en approchant des deux derniers morceaux. In Silhouette, où les guitares aussi effrontées qu'élégantes flirtent avec le violon annonçant un Coco Chitty auréolé de pop symphonique superbe pour conclure l'écoute. King Charles signe un Gamble for a Rose, performant, où les chansons pastorales, pleines de romantisme parfumé à l'eau du Mississippi nous permet d'aborder l'hiver avec swing et volupté.

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