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mercredi 20 janvier 2016

Bears Of Legend

J'ai reçu hier cette pépite pop folk qui m'a illico réchauffé les oreilles. L'album concept de Bears of Legend, Ghostwritten Chronicles, s'écoute au chaud et se déguste dans les tanières comme un gros pot de miel. Aérien, complet, il comporte des mélodies élancées et une pléiade d'instruments assurés par le collectif québécois.

En 2012, le groupe annonce son opus de 16 titres, Good Morning, Motherland et s'impose sur les scènes indie-pop pendant l'année, récoltant un beau succès ; Parce que les 'ours' sont comme des 'poissons' dans l'eau sur les planches. Les sept musiciens dont David Lavergne qui écrit les textes et chante, Francis Perron, Claudine Roy, Jacynthe P. Morand, Christelle Chartray, Jean-François Grenier et Guillaume Grenier, jouent violon, violoncelle, accordéon, ukulele, batterie, guitare, piano, glockenspiel et donnent une énergie incroyable lors de leurs shows qui rayonne aussi dans leurs albums. Prolifiques et inspirés, le groupe signera en mars prochain l'album de 13 titres, Ghostwritten Chronicles qui a pour thème le voyage maritime.



En commençant l'écoute avec Be Mine, All Mine, on distingue une veine poétique proche de l'univers de Sufjan Stevens et des arrangements orchestrés avec lyrisme comme savent si bien le faire aussi les compatriotes passionnés Rufus Wainwright ou Hawksley Workman. En guise de déclaration d'amour, dans le sillage du premier titre, The Arkansas River alimente la flamme dans le jeu du piano mutin et coquin, accompagné du violoncelle, banjo, accordéon, rythmique et du chant fondant. Le mélange des instruments est harmonieux, évoquant autant une ambiance traditionnelle du grand ouest que des chaloupes pleines de tonneaux sur les mers impitoyables.

Bears of Legend nous embarque dans l'histoire de ces marins, courageux et sentimentaux sur When I Saved You From the Sea, forgé d'un piano aux notes voguantes et d'un accordéon mélodieux. Les choeurs qui viennent s'allier aux instruments, offrent une ambiance de chansons de marins, de chansons de bord. We're Dead, hisse le pavillon dans la brume et la tempête, pour une halte romantique, langoureuse qui fourmille de rythmes, d'envolées de cordes et de voix illustrant la lumière du phare dans la nuit.



Les arrangements folk sont beaux et puissants. Les mélodies déhalées et alternatives comme sur Challenge Me, s'enchainent parfaitement pour nous maintenir dans l'univers maritime, dangereusement beau et aventurier. La guitare taquine de Encore annonce un bien joli morceau intime, décrivant le manque et la dureté de l'éloignement jusqu'à ce que le violon cabote sur la batterie cadencée, continuant le mouvement sur You, gaillarde et propulsive. Les éléments naturels nourrissent les paroles, nous emmenent sur les flots brillants sous la lune et créent une atmosphère poétique, poursuivie du tempo virevoltant de Beside Me, ode à la complicité. L'orchestration délicate continue sa route avec Hell No, évoquant l'être humain avec ses différences de peau ou de religion qui revient in fine à l'essentiel face à l'adversité. Puis les cordes taquines dévoilent un lyrique She Breaks Me Down, émouvant, frissonnant. Le lumineux We Rise, orné de chants de sirènes envoûtées par les étoiles et le soleil, amarine le style classique-rock, orchestral pop. Une nuée de notes s'élèvent, aériennes, unies au chant révolté et rebelle pour plonger dans In the Middle of the Sea, emprunt d'embruns. Le vent souffle dans les voiles jusqu'à la dernière escale, Loved (The Chance), qui accueille une chorale de voix sur le son des vagues, un texte plein d'engagement et de force, qui mêle l'artisanat de la mer à la musique, une formidable mutualité à l'image du collectif Bears of Legend. Chers gars et filles de la mer (ou pas), coiffez vos écouteurs! Le captivant Ghostwritten Chronicles porté par ses talentueux musiciens tracera je l'éspère son sillon jusqu'en France.

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