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dimanche 20 décembre 2015

Men in Fur

Men in Fur est un projet et un album concept uniques mais peu importe car son auteur-compositeur, Jayme Guokas ne cesse de nous combler en permanence avec ses autres projets, Bright Lights, Boyracer, Glitter, Ex Friends, Snow Fairies, Rabbit in Red et Skywriter Blue.
Men in Fur est de manière philosophique dédié aux animaux, aux êtres humains et à notre rapport à Dame Nature. Je suis entourée d'animaux, daims, lapins, faisans au beau milieu de la campagne pour écouter l'album signé en 2014. Cela aurait été de bon goût et source d'inspiration aux hiboux de la cop21 s'il avait été passé dans leurs casques lors des conférences.

Auparavant, en 2005, l'américain d'Athens et de Philadelphie avait fait paraitre dans le même esprit "animalier" fort louable, la compilation No Parachute, ronde de titres pop psychédéliques d'une beauté absolue, que je conseille vraiment et sur laquelle paraissent des groupes fantastiques comme Of Montreal, Palomar, The Cannanes,The Clientele, Boyracer, Architecture in Helsinki et mes chouchoux The Wee Turtles. On peut aussi retrouver notre ami des bêbêtes Jayme Guokas sous les pseudonymes Prince Rainbow ou The Escargo-gos, évidemment !



D'une griffe artistique twee pop, dotés d'une ambiance new wave primitive, les 13 titres de Men in Fur sont intrasèquement indie avec guitare, clavier, rythmique joués et arrangés par Jayme qui a enregistré les morceaux chez lui. Employé chez Barnes & Noble, Jayme a travaillé frénétiquement à son album dès qu'il rentrait du boulot "It was a dreary winter, and I had a shitty job at Barnes and Noble alphabetizing books, so all my energy went into recording. I was sort of hibernating in my basement, going to work, and then coming home and recording obsessively". Pour donner de la reverberation aux guitares, il lui arrive d'aller s'enfermer dans une église pour enregistrer les parties de guitare.

Dans un souci de perfection, avec inspiration et une oreille absolue, The Messenger qui ouvre l'album offre une mélodie new wave simple avec de la guitare acoustique et un son limpide proche de l'organique, effet désiré qui est en symbiose avec les mots. Puis les guitares et claviers pop d'Elisa, avec ses papapapa dansants assurés par Rose Bochansky et Melissa Kramer, les copines chanteuses de Snow Fairies, accompagnent la voix incroyable de Jayme (et le houhouou du Loup au loin). Le tubesque The Birds and the Bees entre en piste, groovy et virevoltant au tempo et à la basse qui plairont aux amateurs des Papas Fritas. C'est élégant et plein de miel qu'on lécherait au détour d'un baise-main. Les accords délicats pour orner la mélodies sentimentale de The Lonely Bear sont envoûtants, hypnotisants. Puis Sister Moon relance la rythmique avec la reverb dans la guitare électrique et les hand-claps qui habillent le mystérieux rendez-vous nocturne sous la lune et sous les étoiles. Son refrain chanté en écho par Jayme est fondant de romantisme ' i want you, i need you, so come back soon, my child, my darling, my sister moon'.
The Shepherd Song, riche de notes pop, annonce une mélodie digne de Burt Bacharach avec ses trompettes, son glockenspiel et le chant sirupeux, cristallin stylé Nancy Sinatra offrant un moment dream pop fort délectable. Sam the Salmon est pur, aquatique, orchestré avec finesse, douceur et respect comme les écrivains Isaac Bashevis Singer ou Richard Brautigan pouvaient taquiner le goujon aux heures perdues. The Tiger Song suit, sautillant et sixties à souhait décoré d'un texte savoureux, ludique et drôle de miamiaowmiaow quand s'exprime le tigre qui en a assez de la même nourriture en réclamant du lait à boire à la façon Neutral Milk Hotel. Puis s'enchainent les airs bondissants, imagés, la basse fulgurante et clap-hands de The Deer Song, où le chant psychédélique évoque l'ambiance de San Francisco dans The Monkey Song et sa guitare excellemment délurée, idem sur The Snake Song. Là, ce sont les clochettes et les tambourins qui déambulent brillamment sur l'orgue typé Kinks ou Monkeys. Les titres sont tous aussi beaux et si bien instrumentalisés, variés, divertissants, pour terminer sur le fantastique Rabbits in the Springtime, à la voix chaleureuse, la guitare scintillante sur les mots magnifiques, allant de la neige dans le jardin au petit matin, aux lapins revenant glorieux au printemps. Cet hymne pop de la veine du White Rabbit des Jefferson Airplane, avec The Deer Song sont écrits par son acolyte Frank Jordan qui joue dans tous les projets musicaux cités au côté de Jayme depuis plus de 15 ans. The Messenger en reprise conclut l'écoute de Men in Fur, au thème animalier qui plait à tous âges, aérien et solide à la fois, un chef-d'oeuvre pop brodé de mélodies formidables, grâcieuses et finement conçues pour un album concept fantastique, classé dans le top de Piggledy Pop. Pour le commander, c'est le fabuleux label Happy Happy Birthday To Me Records (Apples in Stereo, Of Montreal, Essex Green, Great Lakes, The Wedding Present etc) qui s'occupe de la gestion de la pépite.

hhbtm