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dimanche 27 septembre 2015

Cayucas

Je faisais ce billet il y a 3 ans : "Zach Yudin est à la conquête des hautes vagues harmoniques. Ce musicien surfeur californien se débaptise cette année. Son projet solo s’appelait Oregon Bike Trails en 2011 et prend désormais le nom de Cayucas (nom d’une plage de la côte ouest). Aimant Paul Simon et les Beach Boys, Zach Yudin exalte le style sixties dans ses chansons, avec un talent inouï pour le song-writing sunshine pop. Les guitares énergiques à la Dick Dale, les tambourins et cymbales vivifiants sur les mélodies estivales et bucoliques apportent un air mods, surf-pop à l’ensemble du Ep High Scool Lover sorti en format digital et vinyle en avril 2011"..."Le 16 octobre 2012, le doré Zach Yudin qui a pelé en Cayucas, accompagné de son frère Ben à la guitare, revient avec le single Cayucos. Les notes ensoleillées déferlent, les arrangements de choeurs font sensation et l’instrumentation de Zach est peaufinée avec délicatesse. Les californiens déroulent une dizaine de titres denses et aboutis qui annoncent un album pour 2013 surement le plus accrocheur de l’année"
CayucasPiggledyPop2012

Revoilà Cayucas le 23 juin 2015 avec son dernier bébé nommé Dancing at the Blue Lagoon, près à conquérir l'Europe avec dans leur tournée un passage à Paris ce mois ci. L'album comporte neuf titres superbement ficelés, vitaminés et harmonieux dont Big Winter Jacket qui ouvre le bal avec un ensemble de cordes, des arrangements fleuris de violons et de gingle bells si dansants qu'ils feraient fondre la banquise. Abordant le thème de l'hiver, les notes sont assez ensoleillées pour imaginer des pingouins portant bermudas et tongs. Cayucas chante magnifiquement en proposant des choeurs à la fois soyeux et puissants. L'ambiance ilienne et caraïbéenne réapparait dans les effets de guitares surf pop et le tempo bossa alternatif de la basse royale sur Moony Eyed Walrus. Quand Hella joue sur la platine, les voix typées Beach Boys se dandinent sur des cordes de guitare taquinées avec espièglerie. Les harmonies power-pop font passer les UV californiens dans les écouteurs, les riffs de guitares endiablés et la batterie vitaminée sont tropicaux. Puis le rythme devient langoureux et mélancolique, le piano boogie et élégant est accompagné de violons sur Champion qui nous porte dans une autre époque, sur d'autres plages que celle qui inspire les deux frères Ben et Zach au moment où ils composent. Les deux frères offrent la possibilité d'une interprétation libre des textes en n'écrivant pas des paroles au sens évident du premier degré. 

Davey Brozowski brille aux percussions, l'excellent Josh Neumann au violoncelle et violon accompagné de Kimo Muraki à la flûte, mellophone, cor baryton orchestrent avec brio Ditches. Le talent de composition des Cayucas se poursuit sur Dancing at the Blue Lagoon, exotique, parfumé à la noix de coco, avec une instrumentation solaire et iodée. La Californie et l'océan inspirent les musiciens qui nourrissent les mélopées de tempo brulant comme sur Backstroke, solide et exacte dans le chant magnifique et les rythmiques savantes. On y entend des références musicales de la scène californienne des années 60 remodelées à la manière moderne et très contemporaine. A Shadow in the Dark, contrairement au titre, propose un son de la côte ouest sunshine pop sautillant, qui arrive telle une vague salée et chaude. L'album est digne d'un perroquet multicolore qui surgit la chaine stéréo. Aérien et ensoleillé, Dancing at the Blue Lagoon groove et sent le ciel bleu, le sable chaud, orné d'une orchestration chamber pop joyeuse et enthousiaste.
Cayucas est un groupe que j'adore depuis 2011 et qui après le formidable coup de maitre de 2013 Bigfoot, continue de briller avec Dancing at the Blue Lagoon qui se termine dans le charme et la douceur acoustique de Blue Lagoon. Ce dernier efficace et vaillant album montre que le succès commercial du single Cayucos n'a pas affecté leur inspiration, ni leur constance. Hautement conseillé par Piggledy Pop, été comme hiver, sans restriction médicale. Cayucas