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vendredi 21 août 2015

Simon Love

Simon Love vient de faire paraitre un premier album mais n'est pourtant pas un débutant. Dans le domaine, le gallois excelle depuis 2000 lorsqu'il se fait connaitre avec son groupe The Loves qui se séparent en 2011 après quatre albums fleurant bon la pop psychédélique sixties. Pour les curieux, j'écrivais en 2008 sur The Loves  : TheLovesPiggledyPop
Simon intègre ensuite Knickers et signe un EP chez Elefant en 2012. Présent depuis sur quelques compilations, il se lance sous son propre nom (enfin presque) en 2014 pour nous concocter un album fabuleux, hautement musical et écrit, excentrique, mélodique, un kaléidoscope de chansons toutes achevées et parfaites. It Seemed Like a Good Idea at the Time du 7 août 2015 offre une orchestration pop magnifique qui s'étoffe au fur et à mesure de l'écoute. L'artiste de Cardiff travaille ces dix dernières années avec notamment Fortuna Pop, label avec qui il signe son tout récent album, et joue amicalement également avec des groupes comme The School, Darren Hayman, Pocketbooks, etc.Ses références principales sont les Beatles, Velvet Underground, Harry Nilsson. Il reprend d'ailleurs Cold Turkey de Lennon en 2002 et Dear Boy de Paul (& Linda) McCartney qu'il sort en 2014 en guise de single, présent sur It Seemed Like a Good Idea at the Time.
Le compositeur génial de sunshine pop, signant des arrangements très sixties et seventies, inspirés et variés, est accompagné sur l'album de deux figures assez originales, l'acteur Stewart Lee, chroniqueur pop-rock à ses heures perdues pour le Sunday Times et l'un des plus grands pirates de la radio anglaise dans les années soixante, le DJ Emperor Rosko. ( se reporter à mon article Radio Caroline si le coeur vous en dit : RadioCarolinePiggledyPop)



Les 12 titres de It Seemed Like a Good Idea at the Time sont remplis de sentiments amoureux, thème favori de son auteur. Il l'écrit de surcroît à un moment de sa vie qui correspond à une grande séparation, ce qui explique le ton parfois mélancolique dans le texte. Globalement drôle, avec une instrumentation galopante, accrocheuse et joyeuse, le disque parle de l'amour sans cesse, avec une note sarcastique. Le premier morceau **** (Is a Dirty Word) est éloquent, riche d'un esprit ironique qui rayonne tout le long du disque. Arrangé comme le fameux Summer Nights de Grease, Simon efface d'un coup le sentimental platonique, la naiveté du tempo avec ses mots réalistes, un tantinet crus. Le ton est donné. On est prêt alors pour le suivre dans son univers alternatif et franc quand les violons et la batterie, déchainés, nous invitent à danser sur The New Adam & Eve, plein d'humour et de fantaisie. Puis Dear Boy arrive comme une pomme d'amour, poussant à claquer des doigts et à diablement se trémousser. S'ensuit la savoureuse My Dick, une ode marrante et pittoresque faite à son pénis sur une mélodie digne des Byrds ou des Kinks, où l'orgue et les voix des musiciens qui l'accompagnent, The Old Romantics (nom juteux pour chanter en chorale sur My Dick), s'envolent dans un psychédélisme souriant. Dans une suite savoureuse et logique, Motherfucker poursuit la magie musicale en titillant surement le fantôme de John Lennon. Wowie Zowie propose 5 minutes de bonheur psychédélique là encore, musclé et vitaminé. Simon y est rock'n roll, la batterie est royale, l'ambiance seventies envoûtante menée à bâtons rompus par A Little Orchestra pour les cordes et Rob Jones de The Voluntary Butler Scheme pour l'ensemble de cuivres. 



Sweetheart, You Should Probably Go to Sleep agit telle une douce mélopée faisant un break dans la rythmique, déposant un pétale de romantisme quelques minutes avant de repartir à l'assaut 'mod's', 'funky', au beat décoiffant sur Don't get the Gurl No More. Ce titre magnifique rend clairement hommage à Harry Nilsson avec ses cuivres façon Cuddly Toy. Simon enchaine et surenchérit dans l'excellence dans The Meaning of Love, au boogie frénétique qui se marie à la voix de Stewart Lee qui déclame avec fougue le wikipédia à la définition du mot 'love'. L'album déjà resplendissant de qualité, Simon Love au zénith de la composition pop, ne laisse pas le temps de se relâcher et assujettit nos oreilles avec Your Kiss Your Mother with that Mouth. Les tambourins taquins, la rythmique enfiévrée, les guitares dévergondées brillent. L'harmonica, en osmose avec le piano, nous cueille avec Elton John, titre hommage aux années seventies mais aussi, amère déclaration à son ex-épouse "Oh Elton John look what you’ve done, you broke my heart now we’re apart, you’re fucking men and I’m fucking alone again". Tandis que l'on savoure les titres, les uns après les autres, en s'interdisant de penser que la fin pointe son nez, It Seemed Like a Good Idea at the Time boucle déjà l'écoute. Ce dernier titre est un régal sonore, pop à souhait, voltigeant de cordes, de tambourins, de cuivres, sur un tempo déchainé. La voix de Simon qui apparait être un auteur et harmoniste hors normes est émouvante, touchante, majestueuse. Je dis merci à Sean de Fortuna Records pour lui avoir demander un album solo au moment où Simon Love quittait son groupe, l'aventure solo en tête . Il a aiguisé sa plume mélodique, hilarante, et le résultat dépasse la bonne idée! Quelle idée fort inspirée! It seems like a brilliant idea. A écouter absolument.
SimonLove