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mardi 30 juin 2015

Fanfarlo

L'aventure Fanfarlo commence à Londres en 2006 sous l'impulsion du suédois Simon Balthazar. Le musicien qui écrit et compose, joue également de la guitare, de la mandoline, du piano, de la clarinette et du saxophone. Avec lui, il y a Cathy Lucas, au chant, piano, mandoline, violon et scie musicale, Justin Finch à la basse, Amos Memon aux percussions et batterie, Leon Beckenham à la trompette, glockenspiel, melodica, piano et au chant. L'équipe de multi-instrumentistes brille sur scène depuis leur premier album Reservoir en 2009 qui même sans label bénéficie de la griffe du producteur Peter Katis qui travaille avec Interpol et The National. Ils ne cessent de faire de la musique en direct, avec leur âme de troubadours, leur style orchestral-pop, et des titres superbement ficelés attirant l'attention de la major Atlantic qui les signe. Suit en 2011 Rooms Filled with Light, une tournée internationale, des plateaux de tv et des festivals. Hormis le confort de la promotion qu'offre une major, les contraintes et obligations déplaisent à Fanfarlo qui part indépendant pour peaufiner son troisième album Let's Go Extinct, paru en février 2014.

La beauté des mélodies, des arrangements et des orchestrations peuvent ranger Fanfarlo aux côtés de Beirut, Belle and Sebastian, Sufjan Stevens. Leur pop a des allures parfois folk, finement indie avec des notes dansantes variées, passionnantes et surprenantes. Avec Reservoir, Simon délivre ses thèmes favoris aériens et stellaires, avec toujours beaucoup de poésie et de style, comme sur Luna, Comets, I'm a Pilot, où les sujets astraux alliés à des instrumentations lumineuses, font leur effet sur le second Rooms Filled With Light. Quel bonheur d'ouvrir le bijou Let's Go Extinct avec le titre Life in sky, agrémenté d'harpe, de scie musicale, de guitares resplendissantes et bondissantes "Will we ever see life in the sky? And maybe recognise ourselves in it, ‘Cause look into our eyes and you will see, A stranger far away from home". Le pouvoir de dame Nature bercée par la galaxie et ses interactions est là sur Cell Song, au tempo habité, claviers virevoltants, aux guitares vitaminées. Le chant de Simon, accompagné de la voix de Cathy y est d'une ampleur très séduisante. Puis le single Myth of Myself arrive comme une météorite en guise de métaphore amoureuse, habillée de flûte traversière et d'une montée en puissance de l'orchestration, alternée par la basse grandiose.

Fanfarlo nous gratifie d'une belle performance, avec des titres qui s'enchainent tous aussi somptueux les uns que les autres. La disco-pop fait son entrée avec A Distance qui fait pousser les tables de salon où donnent envie de les démonter, en fonction des sensibilités. La basse taquine ses cordes de manière endiablée, la batterie est de la même humeur sur les claviers empourprés pour souligner le sujet de la communication actuelle, rapide mais sans contenu. Le rythme devient voluptueux et intime sur We're the Future, touchant, pour reprendre son galop sur Landlocked, où les claviers font des pirouettes sur une electro-pop très efficace, entre-coupée d'un boogie jazzy joué par les cuivres tourbillonnants. Painting with Life déroule une mélodie langoureuse appuyée par le grain de voix de Simon un peu crooner, magnifiquement accompagné des violons, de la mandoline, du piano, d'une orchestration dorée . Grey and Old, malgré son titre propose des notes modernes, soufflant un vent d'été déchainé, revigorant, dispersant des particules sonores brit-pop de trompette, piano, basse exaltés. Quand joue le saxophone et les claviers de The Beginning And The End où la voix majestueuse de Simon se fait puissante, on est cueilli avec cette envie de voyager avec eux "We will have to cross the ocean, It’s just a price we have to pay, Standard trustees know what’s good for you and me...We can build temples for our fires, And set the world ablaze,Why not? After all it’s the way we chose — the beginning and the end, Send it all back to the Rockefeller trust. We will have to slay a dragon, Yes to open up its veins Bleed it dry and leave it by deserted roads". Le magnifique album se termine avec la composition Let’s Go Extinct ornée de grâce, de délicatesse, où le talent d'auteur de Simon Balthazar resplendit. L'instrumentation raffinée, très mélodieuse, pop psyché et orchestrale, conclut l'écoute des 10 titres de Let’s Go Extinct, simplement excellents. Piggledy Pop conseille toute la discographie de Fanfarlo que j'aime, des EP comme The sea, Deconstruction, Fire Escape aux trois albums, tout est parfait.
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