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dimanche 17 mai 2015

The Orange Peels

Depuis le 5 mai 2015, Allen Clap est de retour avec son concile de troubadours rock'n roll, Jill Pries, John Moremen et Gabriel Coan(co-producteur) pour nous offrir un album pop, psychédélique et mélodique. Begin the Begone arrive après deux années, qui est un laps de temps raisonnable pour composer et écrire, mais qui peut aussi être long quand il s'agit de l'attendre. C'est pourtant la première fois que The Orange Peels concocte et signe un album en moins de quatre 4 ans. Depuis le mois de mai 2013, nous avons savourer Sun Moon et la patience valait massivement sa peine, car le groupe a enchainé les désagréments pendant la tournée (accident de voiture) et pendant l'enregistrement de ce nouvel album (changement de studio). De la Silicon Valley, le groupe a dû s'expatrier en pleine session dans les montagnes de Santa Cruz. Allen Clapp en dit son sentiment “It wasn’t your typical exit strategy, It was more like being beat up and kicked into an alternate universe". Avec de pareilles aventures, il est peu étonnant de retrouver un décor en mouvement, où les thèmes du voyage et du renouveau sient parfaitement aux chansons.

Retour sur The Orange Peels avec mon billet de 2013 : "Au début des années 90, The Orange Peels sont formés par l’auteur-compositeur et chanteur Allen Clapp qui depuis est à la tête de son label Mystery Lawn Music et producteur d’artistes comme Alison Faith Levy, Jim Ruiz Set ou encore The Corner Laughers. Avec Clapp à la création des Peels, il y a sa complice, la bassiste Jill Pries. Les californiens se font d’abord appelés Allen Clapp & his Orchestra, puis The Orange Peels est le nom adopté dès 1994 pour l’opus One Hundred Percent Chance of Rain. Album excellent, les Peels se font illico remarquer par les critiques, les radios et médias, gagnent un public de fans qui les suit sur les routes jusqu’en 1997 et la sortie du second album Square signé chez Minty Fresh.
Guidés par une veine pop, les arrangements sont parfois orchestrés avec des cordes, parfois rock, pop garage ou sunshine pop sur des choeurs et des mesures alternatives. Continuellement sur les scènes de San Francisco et de toute la côte, le groupe fait quelques modifications en 1998 et voit l’arrivée du multi- instrumentiste John Moremen qui participe à l’enregistrement du troisième volet en 1999, So Far. Début 2000, Clapp se consacre à une carrière solo pour revenir aux Orange Peels en 2005; Ce sera le label Parasol qui signe la réunification avec l’album Circling the Sun, estival et dansant à souhait."
TheOrangePeelsPiggledyPop2013

Begin the Begone est donc le sixième album du quator américain qui s'inspire du tumulte de cette année passée pour ses titres, écrit spontanément sur les événements et délivre des mélopées pleines de créativité. Les mélodies y sont toujours solides, efficaces et l'orchestration aussi touchante et réussie. La difficulté semble avoir apporté une dose d'endorphines aux vitaminés Orange Peels. Le résultat est vraiment bon avec l'opus Head Cleaner, offensif et rebondissant dont les cordes de guitares musclées, le battement de baguettes, le clavier sensationnel rappellent le bon souvenir de Felt ou de New Order. Evidemment, le texte et le chant d'Allen sont ajustés, liés dans la majesté. Fleeing the scene est tout aussi combattif parlant d'un départ d'abord subi puis assumé pour une belle renaissance 'run, run, run, from everything'. Le langoureux et magique New Moon est un brin psychédélique, atmosphérique, avec le sujet étoilé joliment marié aux arrangements fulgurants de modernité. Puis le magistral Embers vous cueille illico à l'écoute du tempo groovy, disco-pop, assez psychédélique pour entrevoir de l'humour et de la sensualité, évoquant le passé, le regret, et surtout l'optimisme et la perspective d'une vie nouvelle. Quand Tidepool vient nous caresser l'oreille avec son schéma instrumental et atmosphérique, nous flirtons avec la voie lactée. La batterie lâche les chevaux sur Post-Beam, fleuri de samples espiègles qui fait résonner tout le profil excentrique et spirituel du groupe, inchangé malgré les événements. Le caractère constant et content de la bande s'exprime totalement sur 9 où les hoo hoo qu'entonnent les musiciens 'you'll be mine, on the highway 9...we'll be fine" sur les guitares qui folâtrent joyeusement, excellentes alliées au synthétiseur et à la voix d'Allen, splendide et ardente. Satellite Song est une balade pop fantastique, une mélodie sensuelle cadencée qui fait agiter doucement les hanches pour accueillir des mots poétiques, 'gone, like the morning dawn, ... ', et qui nous fait voyager et partir vers de nouveaux horizons, prometteurs et meilleurs. Wintergreen, arrangé avec dynamisme et harmonie, conclut l'écoute avec une interprétation puissante, émouvante et grisante, où les notes voltigent et rayonnent. Rien ne semble pouvoir perturber le talent des Orange Peels, qui composent et jouent un grandiose Begin the Begone, abouti, ample et très inspiré. Un régal authentique, fort artistique, que je classe dans le top albums Piggledy Pop 2015.
TheOrangePeels
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CornerLaughersPiggledyPop