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dimanche 10 mai 2015

The Lilac Time

C'est en 1986 dans le Herefordshire que Stephen Duffy auteur-compositeur, son frère Nick Duffy compositeur et multi instrumentiste, accompagnés de leur ami Michael Weston forment The Lilac Time. Les frères Duffy portent mieux que jamais ce joli nom de groupe printanier trente années plus tard avec le nouvel album No Sad Songs paru en avril 2015. En 1987, après un album éponyme, la formation pop folk anglaise signe Paradise Circus en 1989, & Love for All en 1990, puis Astronauts en 1991. Cette même année The Lilac Time participe à l'album hommage I'm Your Fan: The Songs of Leonard Cohen aux côtés de REM, Pixies, Jean-Louis Murat, Lloyd Cole, John Cale etc, en reprenant Bird on the Wire. Il s'écoulera huit printemps avant que Looking For A Day In The Night de 1999 arrive dans les bacs avec l'apparition de deux nouveaux compères dans l'aventure, Claire Worrall et Melvin Duffy ainsi que le producteur Stephen Brian Street, qui travaille avec The Smiths, Kaiser Chiefs, Blur etc. Suivront Lilac 6 en 2001 et Keep Going en 2003.


Avant de continuer sur le groupe, je fais un aparté sur Stephen Duffy, sur son parcours fleuri d'expériences qui indirectement nourrissent The Lilac Time. Il commence sa carrière en tant que premier chanteur de Duran Duran, qu'il abandonne en 1979 âgé de 19 ans pour mettre en place le projet The Hawks et le second, nommé Tintin de 1982 à 1985. Stephen a alors 25 ans quand avec Nick ils créent Lilac Time. Le fameux long break de 1991 à 1999 n'est pas stérile. Stephen écrit et produit des chansons avec le grand violoniste Nigel Kennedy, ensemble signent l'album splendide Music in colours en 1993. Puis Stephen pense à un nouveau groupe Me Me Me avec le bassiste de Blur, son ami Alex James en 1996. Pour boucler la boucle, il crée avec Nick Rhodes de Duran Duran le projet The Devils. Toujours en parallèle Lilac Time continue l'aventure avec un détour en solo en 1999. En 2004, Stephen écrit des chansons pour Robbie Williams et produit l'album Intensive Care.


En 2007 l'album Runout Groove mène Lilac Time à jouer au Green Man Festival, au Pays de Galles, concert qui sera filmé pour un documentaire retraçant les 30 ans de The Lilac Time. Les troubadours anglais désormais installés dans les Cornouailles ont constamment offert des bijoux, des chansons ficelées et parfaites, aux thèmes variés colorés de mélancolie parfois de tristesse comme sur Keep Going. L'union de Stephen et Claire Duffy a fait naître un esprit plus optimiste et positif. No Sad Songs, comme l'indique clairement son titre, est un album follement romantique et amoureux.
The first Song of Spring dévoile une ambiance orchestrale menée par Claire Duffy qui offre sa participation dans la composition, les arrangements de cordes, le chant et les parties de claviers. Les deux tourtereaux s'aiment et artistiquement se complètent à la perfection. Nick Duffy est là, grandiose, également à la composition, banjo, mandoline, accordéon, et Stephen, compose, écrit, chante, joue de la guitare, de la basse, de la batterie, mettant aussi sa gracieuse patte sur l'artwork. She writes a Symphony est une balade pastorale, élégante, évoquant sa muse, comparée à la lumière ou à un ange en commençant par "Hey let’s start a family". Dansantes, légères, typées nineties dans les arrangements de choeurs, les notes y sont efficaces, voltigeantes et assez marquantes pour rester en tête. La mandoline de The Wedding Song s'allie au chant limpide, cristallin du duo Stephen-Claire, à la guitare country et aux tambourins langoureux. F. Scott Fitzgerald apparait en fond sur le titre Babylon Revisited qui évoque les années folles par son rythme ensoleillé un peu bossa dans les cordes de Bazouki irlandais titillées par Nick avec dextérité et esprit.

Les paroles écrites par Stephen sont rondes de références et pleines d'actualité "Where’s Eleanor of Aquitaine? We need a leader with a brain" en poursuivant "we won’t fade away". Un air de valse un soir de Noel enrichi d'arpèges de guitare sur No Sad Songs apporte de la poésie au milieu de d'écoute avant le sublime The Dream That Woke Me qui poursuit sa mise en exergue des cordes. L'ambiance folk y est magnifique, proposant un mariage de styles entre XTC et Nick Drake comme sur Prussian Blue et The Western Greyhound, où le tempo magique, accordéon, harmonica, coiffent les balades d'un bibi pastoral. Puis c'est Nick qui vient signer un morceau de génie avec Rag Tag & Bobtail, instrumental construit tel une cathédrale de sons, d'instruments, d'ambiances. Quand A Cat on a Long Wave vient conclure l'album avec ses harmonies et arrangements de clavecin, de choeurs, d'accordéon pour concocter une mélodie keepsake intemporelle digne d'une peinture de Michel Ange, où la poésie et l'esprit de The Lilac Time séduisent. No Sad Songs est impressionnant sur toute la ligne et pour un groupe qui souffle ses trente bougies, The Lilac Time m'inspire beaucoup de respect et d'admiration.
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