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samedi 30 mai 2015

The Dreaming Spires

Les deux frères Robin et Joe Bennett apparaissent sur un EP à la fin des années 90 sous l'alias Whispering Bob et quittent leur Oxfordshire natal pour le grand ouest américain. En 2012, les deux musiciens reviennent avec un album qui dénote et se fait remarquer, Brothers in Brooklyn, sous le nom cette fois ci de The Dreaming Spires. Multi-instrumentistes, travailleurs acharnés, les deux anglais multiplient leurs collaborations avec Mercury Rev, Saint Etienne ou encore Gary Louris. Robin met en place Dusty Sound System, tandis que Joe peaufine en tant que producteur le projet Co-Pilgrim dans lequel il joue guitare et piano avec Michael Gale aux commandes.
Co-PilgrimPiggledyPop

The Dreaming Spires signent le 2 Mars 2015 l'album Searching for the Supertruth qui m'accompagne depuis plusieurs jours, se dévoilant attachant et meilleur d'écoute en écoute. Tous les titres sont habillés d'ambiances différentes qui s'alignent pourtant délicieusement sur tout le disque. On savoure les particules de brit-pop comme celles d'americana, de pop et de rock, arrangées avec goût dans le sillage des Byrds et des Beatles.
Searching for Supertruth est complet, nourri d'influences comme la tournée américaine que les frères Bennett font avec Marc Gardener de Ride, des deux années que Joe passe à New-York et de leur style british naturel issu de leur éducation musicale au sein d'une splendide campagne anglaise. Pour combler ce sentiment d'horizons colorés et variés, viennent participer à l'enregistrement divers talents comme le guitariste de Mercury Rev, Jason Sebastian Russo, le batteur habituel Jamie Dawson accompagné du batteur de Ride, Loz Colbert, Garth Hudson de The Band, John West et le jazzman Stuart Macbeth.
Still believe in You ouvre le bal avec ses guitares élégantes et puissantes qui virevoltent sur les voix fraternelles et les claviers alliés à la vaillante batterie. Jackson Brown et Fred Astaire, qui se glissent dans les paroles concoctées par Robin, accompagnent les étoiles porteuses d'espoir dans le titre. Le régal continue avec All Kinds of People et son chant vibrant, ses arrangements fins et dansants, aériens, voluptueux, qui développent illico des atomes crochus avec nos oreilles et nos orteils. Puis Searching for the Supertruth offre un moment musical, là aussi construit en échelle, évoluant en tempo, fleuri d'instruments, du banjo à l'ensemble de cordes, pour mettre en exergue la beauté et la poésie du texte. Les voix mariées des deux frères sont dans la veine des choeurs sixties des Beach Boys, gorgées de soleil. La basse royale, le clavier groovy de Strange Glue font diablement danser sur des paroles sensuelles et stellaires, décrivant la magique et inexpliquable attraction entre deux êtres. Les deux troubadours anglais voyagent pour faire connaitre leur travail jusqu'en Californie et nous le racontent avec beaucoup d'harmonies langoureuses, aux arpèges pleines d'americana sur le fantastique Easy Rider qui nous emmène à la dernière minute sur son tempo galopant.

Dusty in Memphis sillonne les territoires proches et lointains, de Paddington Station à la Nouvelle Orleans, de rivières en sentiers mystérieux, évoquant Mr Jones, la country music, traçant une autobiographie musicale qui annonce leur passion 'the music set me free'. Saxophone, guitares, basse, claviers, banjo, tambourin nous plongent dans l'univers harmonieux de références, d'introspection, de joie de vivre des Dreaming Spires qui proposent un savoureux et nostalgique We used to have partySarah Cracknell de Saint Etienne vient prêter sa voix. Le rock psyché de If I Didn't Know You nous invite à opiner du chef sur le chant limpide et mélodieux de Robin et sur l'accompagnement de Joe, à la guitare et au chant, essentiel. L'atmosphère pop de When The Magic Comes rappelle les accords tourbillonnants des Teenage Fanclub. Dreaming Spires avoue revenir au cottage après chaque aventure "I was always coming home", à Oxford, la ville des clochers rêveurs (dreaming spires) . Il revient aussi dans les bras de celle qu'il aime sur le suave et jazzy So Pretty, cadeau de pure délice de 7 minutes qu'on aimerait sans fin. Searching For the Supertruth est un pourchas de la pop parfaite que Dreaming Spires atteint et redistribue généreusement sur 10 titres. Les mélodies sont submergeantes, le jeu et le chant splendides et la réalisation, les arrangements sont impressionnants. The Dreaming Spires sculptent un album pétillant et juteux que je classe dans les meilleurs de 2015.
TheDreamingSpires