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dimanche 12 avril 2015

Oh Mercy

Oh Mercy est un duo crée sur les bancs du lycée de Melbourne par Alexander Gow qui écrit, compose, chante et joue piano et guitare, et Thomas Savage. En 2007 ils commencent à fréquenter les salles de concerts et à faire parler d'eux jusqu'à la sortie du premier EP de 2009 In the Nude for Love. Le groupe se fleurit de Eliza Lam à la basse, Rohan Sforcina au synthétiseur et Simon Okely à la guitare. Oh Mercy signe le magique Privileged Woes en 2011 que je conseille. Ils tournent en Australie, puis aux Etats-Unis, accompagnant Crowded House, Temper Trap, Splendour In The Grass, pour 300 concerts en 3 ans quand Savage quitte l'aventure scénique en 2011, restant guitariste pour les sessions d'enregistrement. Alexander Gow porte désormais son projet Oh Mercy seul, signe le somptueux Deep Heat en 2014. Entre temps, l'artiste australien part jouer au sxsw d'Austin, participe à la compilation de chansons de Crowded House They Will Have Their Way aux côtés de Sally Seltmann, Paul Dempsey, Sarah Blasko. Cette dernière reprendra plus tard un titre de Oh Mercy pour un de ses albums. Il posera plusieurs mois ses valises à Portland avant de passer à Paris et participer à la compilation Mélodie Française, nominée à l'ARIA.

La première mélopée Deep Heat qui est aussi le nom de l'album est pleine de chaleur, dans les mots comme dans les arrangements, faisant fondre une flûte sensuelle sur la basse qui taquine, très groovy sur Rebel Beats qui suit. L'album nous emmène sur les routes foulées par Oh Mercy, de Nashville à Portland, jusqu'en Australie. Le voyage sonore est un délice qui sent la poussière, le soleil, le plastique cramé des câbles et les expériences vécues évoquées avec humour et frivolité. Le sarcastique My Man est dansant, épicé de cuivres qui ornent la basse taquine, mordillante quand Fever arrive habillée de rock, de pop groove sur un thème incisif dans la veine de Bob Dylan, influence majeur, dont Alexander emprunte le nom du 26ème album Oh Mercy pour son alias. Tandis qu'on quitte l'image entêtante et dépendante des oiseaux de My Man "I had the clowns, had the horses, had pigeons too"..."Then I called for the doctor i said 'well my head aches', He said 'the birds just go crazy for that dead beat taste', I got a black bird baby picking at my brains", c'est 'the eagle' que l'on retrouve sur Pilgrim's Blues, déclaration amoureuse offensive où l'auteur se transforme en aigle, en singe, en cardinal et en démon pour sa belle.

Le feu rock'n roll brûle aussi dans Europa, tout comme dans Suffocated, aux guitares et à la batterie rutilantes. Le style ska vient décorer l'écoute sur Still Making Me Pay, puis le tempo virevoltant de la basse et de la batterie réapparaissent sur Drums, encore plus séducteur et accrocheur. Labour of Love apporte la note romantique et florale au groove rock et pop, où la griffe d'Alexander Gow est resplendissante alliée à celle du producteur Mitchel Froom qui travaille notamment avec Crowded House et Elvis Costello. Alexander a écrit tout l'album au piano, écrit tous les textes, et les notes bicolores du clavier sont présentes aussi sur le sublime album Privileged Woes, dont j'affectionne particulièrement la fibre pop avec des morceaux grandioses comme Lay Everything On Me, Get You Back, Astrid No, ou encore Couldn't Let You Drown.
Alexander Gow annonce un nouvel album en offrant le single Sandy, le 15 mars 2015. Je reviendrai me pencher sur cet album à venir avec délice et une curiosité enthousiaste, Sandy étant un titre auréolé de promesses.
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