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samedi 11 avril 2015

Chris Cohen

Dans la famille Cohen, la passion pour la musique pop, le talent et l'action, sont la sève de l'arbre généalogique. Le papa de Chris, Kip Cohen, dans les années 60 devient producteur, manager d'artistes et un des piliers des grands labels américains. Il sera notamment le premier à signer Herb Alpert. Sa maman, Lynn Cohen, alias Lynn Carlysle, est une actrice new-yorkaise qui a joué sur Broadway des pièces comme PS I love you de Miller. Quant à sa soeur Alex Cohen, elle est reporter, journaliste musicale et animatrice de radio, qui gagne des prix comme le LA Press Club’s Best Radio Anchor prize. Né en 1975 en Californie, il joue très jeune à la maison de la guitare, de la batterie, de la basse, du piano et commence à enregistrer ses premières chansons sur cassette à seulement 12 ans. Chris Cohen depuis, évolue au sein de nombreux groupes et projets depuis des années. En 2000, il met le pied à l'étrier avec son premier projet de San Francisco Natural Dreamers, parallèlement il crée The Curtains, puis en même temps, il rejoint Deerhoof en tant que guitariste. En 2008, il lance l'autre projet Cryptacize et continue d'accompagner en tournée une nuée de groupes, de travailler avec une pléthore de musiciens comme en 2011, apparaissant à la guitare électrique et acoustique 12 cordes sur l'album Wit's End de Cass McCombs.
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En 2012, il offre son travail personnel et pas des moindres, le splendide album Overgrown Path.
L'artiste qui a écouté et fréquenté la crème des artistes pop sixties grâce à son père, saupoudre son album d'influences brillantes comme les Beach Boys, Van Dyke Parks, Kinks, Zombies, rejointes par les âmes de Syd Barrett et de Nick Drake qui viennent trotter dans les accords psychédéliques ou acoustiques. La particularité du disque est dans son interprétation et son orchestration, totalement aux soins de Chris Cohen qui y joue tous les instruments, hormis sur le dernier titre Open theme où son père l'accompagne au piano. Les sons surf, pop, groove, parfois même jazzy font vibrer les neuf excellentes mélopées qui commencent par Monad. Le musicien ouvre le bal avec ses guitares et basse, sa rythmique pop magnifique, un casio psyché délicieux et son chant pastoral qui d'emblée captive. Solitude enchaine sur le même thème mélancolique et sentimental, sous le soleil californien qui a bercé l'auteur-compositeur plusieurs années avant son installation dans le Vermont. Les éléments naturels ornent les textes, les couleurs habillent les 2.30 minutes aux allures atmosphériques quand le sublime Caller No.99, savoureusement pop nous fait dodeliner du chef. Les rythmiques enflammées poursuivent leur promenade sur Rollercoaster Rider, mélodie somptueusement alternative et orchestrée avec finesse. Le timbre de voix de Chris Cohen est si désarmant qu'on se laisse emporter volontiers à son écoute. Le charme continue d'opérer avec Heart Beat, mis en beauté par la batterie et la guitare acoustique alliée à la stratocaster et une basse sensuellement sixties. Les "pumpumpum" ensoleillés de Optimist High envoient la dose d'UV sur des paroles nostalgiques, délicieusement désuètes, et une basse, des guitare enthousiastes. La sunshine pop est bien là avec Inside a Seashell, mellow et sucrée à souhait pour imaginer un coucher de soleil sur des vaguelettes bucoliques. Le chant, les arrangements et la mélodie de Don't Look Today sont succulents, soutenus par le texte d'un camaieu bleu, rond de poésie, et d'un tempo qui envahit les hanches quand Open Theme vient conclure l'épopée musicale champêtre avec grâce et élégance. Le voyage se termine dans l'ombre de tours, comme s'il peignait un ciel d'automne sur Central Park, sur Brooklyn où Chris Cohen a élu aussi domicile pour travailler avec ses groupes. Overgrown Path est une pièce maitresse pop, nécessaire à une discographie de bon goût.
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