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dimanche 15 mars 2015

Paddy Hanna

Paddy Hanna fait partie de ces artistes prolifiques et complets, auteur-compositeur et interprète au coeur de quatre projets, il joue de la guitare, du clavier, de la batterie et aime la scène où il est comme un poisson dans l'eau. Basé à Dublin, l'irlandais est actif au sein des groupes Grand Pocket Orchestra, Skelocrats, Ginnels et No Monster Club. Il n'arrête jamais et assure avec Ginnels l'enregistrement et la présentation en tournée de deux albums, Plumes de 2013 et A Country Life en mars 2014. Auparavant, avec Grand Pocket Orchestra, il y a en 2012 Ronald & Sylma, la même année avec Skelocrats il y a The Complete Skelocrats. Encore tout chaud sorti de la matrice en février 2015, People Are Weird est le sixième album des No Monster Club, groupe né en 2009 . Depuis 2013, Paddy se lance dans son aventure solo et signe sous son nom un merveilleux premier album Leafy Stiletto en janvier 2014. Concocté avec son entourage amical composé de Mark Chester (Ginnels) à la guitare, Bobby Aherne (No Monster Club) à la basse, Enda Canavan (Grand Pocket Orchestra), l'album de 12 titres offre un Paddy, excellent, qui écrit, arrange, joue de la guitare, de l'harmonica et chante.

Pour fêter la Saint-Patrick en communion avec les amis irlandais, Leafy Stiletto est l'album parfait à savourer. Pop, dansant, harmonieux, le disque est croustillant de mélodies, techniquement sublime et Paddy y chante comme un rossignol punk sensible au retour du printemps. Sa voix, puissante et solide, s'amuse à faire des loopings. Sur les guitares et la batterie palpitantes de Rosslare Tapes, le texte nous emporte dans les couleurs et les parfums des routes où la musique le mène. Les pieds sur terre, l'artiste fait voltiger les notes d'harmonica sur Join the army. On retrouve le joyeux psychédélisme poppeux de Yo La Tengo, le lyrisme de Jonathan Richman, la grosse caisse des Lucksmiths dans l'univers musical de Patrick Hanna. Il y a aussi la pop sixties dans les riffs de guitare qui font penser à Jeff Baron sur Mind's wearing make up où l'interprétation de Paddy est majestueuse. Les arrangements alternatifs sont entrainants, ficelés et construits autour d'une basse chevaleresque, accompagnée avec brio du tambourin sur Leafy stiletto à la rythmique langoureuse où le chant écorché est du miel. Puis la tumultueuse et dansante My one good eye arrive avec son tempo endiablé et virevoltant à l'image du "carrousel" évoqué, et est suivie de la fabuleuse Rattling chains qui accueille Jill Redmond en duo. Face in the gravel propose une ambiance plus folk, qui parle également d'une expérience personnelle, de la musique et d'un regard, thèmes récurrents joliment décrits par l'auteur-compositeur.

La pop psyché rode gaillarde sur Heaven of heavens avec un chant proche de celui de génial David J mêlé à celui de Lou Reed, quand le bondissant Barry White débarque avec sa batterie et son texte ravissant, mitonné avec drôlerie comme The flesh of Julie Andrews qui là encore nourrit l'album de références sucrées et imagées. L'harmonica resplendit sur la mélopée galopante et fraiche, distrayante qui montre toute la passion et le talent qu'appose Paddy Hanna dans ses composition. On this pier too long qui est griffée The Smiths, sonne absolument pop et spontanée, renvoyant à l'atmosphère iodée présente dans le premier morceau. Mud, pépite folk acoustique où la voix voluptueuse de Paddy conclut l'écoute avec intimité, beaucoup d'esprit et de style. Paddy Hanna est un personnage, un musicien inventif et généreux qui délivre sur disques et sur scène son monde musical fleuri et varié fort stimulant. Je vous invite à découvrir le label Popical Island qui est un collectif de tous les groupes Dublinois cités et regorge de talents.
PaddyHanna
PopicalIsland