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lundi 30 mars 2015

Nic Hessler

Nic Hessler est un musicien californien que je qualifierais de doué et très inspiré. Il commence son parcours musical à 14 ans avec un projet nommé Catwalk qui avait été remarqué par le label Yay Records et avait récolté une nuée d'éloges des médias. Le jeune artiste signe les singles indie-pop Shiny Girl en 2007, Past Afar en 2008 et Bona Fide, (Please) Don't Break Me, et One by Words en 2010. Nic a 20 ans quand il est subitement atteint par une maladie auto-immune, le syndrome Guillain–Barré qui le paralyse partiellement pendant 2 ans. Puis, le maestro se remet à la musique, composant, jouant tous les instruments et chantant. Le label Captured Tracks le signe en 2015 pour son premier album sous son propre nom ; l'album magistral Soft Connections, Nic Hessler le peaufine en tant que chanteur, guitariste, compositeur, auteur, ingénieur et arrangeur.
Soft Connections qui parait le 17 mars dernier est un disque qui fait vibrer, rêver et rend amoureux. Il est globalement varié, allant d'influences rock à la pop des Kinks aux XTC. Le garçon est avant tout un guitariste de grand talent et cela s'entend. Il y a un brio singulier dans ses paroles et une ampleur dans son chant. C'est un disque diamant avec plusieurs facettes, qui sonne évident alors qu'il est réfléchi et enregistré avec beaucoup de professionnalisme. Désormais en bonne santé, le musicien laisse transparaitre une volonté de fer et une énergie époustouflante dans ses compositions.

On en est convaincu à l'écoute du premier titre, évocateur, I feel Again. Batterie et guitares tourbillonnent dans une volupté rock, avec les mains qui claquent sur les choeurs sensuels. Le batteur Dan Allaire et le bassiste Arin Fazio brillent sur le poppeux et dansant Hearts, Repeating. La mélodie est rieuse, le tempo entrainant, le thème plein de sentiments et de promesses. Expel me resplendit et distribue généreusement des "papapa" avec des guitares jangle, de la power pop en bloc qui nous gagne subito l'épiderme. La balade Permanent est un bijou somptueux qui séduira la crème des amateurs d'indie pop. Le groove de Do You Ever? offre une basse grandiose, des guitares rutilantes quand All in the Night, en guise de déclaration romantique, propose une avalanche de rythmes, de guitares pop, rock, surf, accompagnée de la basse fulgurante d'Arin Fazio qui excellait auparavant dans Avi Buffalo. All around You est une splendeur de sons, d'orchestrations, du chant perçant et émouvant de Nic Hessler qui a écrit tous les textes de l'album dans son lit d'hôpital. Optimiste, bondissant de vie, Please, don't break me est savoureusement pop, groove, avec son ton alternatif d'or et de miel où Nic déclare sa flamme à sa douce "Flyin' on a roller-coaster, Fallin' in and out of love with you, Not quite sure where we're going, But I know we're gonna get there soon, I just wanna be the one for you". Nic Hessler nous invite à multiplier nos triple-axel sur Moonlight Girl et Into the Twilight où le jeune homme dévoile clairement ses sentiments sur des guitares qui cavalcadent et donnent la charge. Cet escadron de rythmes vigoureux qui orne les mélodies accrocheuses fait office de cocktail multivitaminé. Soon, you'll see Kristine est rond de sensualité et de notes savamment dosées entre le genre sixties et pop des nineties. Ce qui devient probant quand Soft Connections, le dernier titre, joue. On entend The Smiths, Go-Between, The Connells, Ride, the La's, Loyd Cole, Pulp, Shack, The Charlatans ; Si un des noms de la liste effleure votre attention, l'album de Nic Hessler vous est destiné. Le bonus track Disappear fait écho à I feel again, où l'artiste persuade qu'il ne va pas disparaitre. Avec ce somptueux et solide Soft Connections, Nic Hessler et ses 24 printemps ne disparait surement pas. Au contraire, il tamponne majestueusement le genre musical de son génie.
NicHessler