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lundi 2 février 2015

Nischay Parekh

Mon coup de coeur de Janvier, c'est Nischay Parekh et son album d'Octobre 2013, Ocean. Véritable bijou sunshine pop, comportant 9 titres qui passent sur la platine à la vitesse de l'éclair tellement ils sont variés, superbement ficelés et produits à quatre mains par Nischay et Miti Adhikari qui a travaillé avec Foo Fighters, Nirvana, Radiohead, Pink Floyd etc. Ce musicien indien compose à Calcutta où il apprend âgé de 13 ans à jouer de la guitare, puis du piano, se met à écrire des chansons dans la foulée et passionné de musique intègre la Berklee College of Music à Boston, se partageant entre les Etats-Unis et l'Inde. Ce style de vie est présent dans ses textes, enjoués, soit lucides soit vulnérables, qui parlent de philosophie, de littérature, de voyages et d'amour. Après son premier projet indie-pop qui s'appelait The Monkey In Me avec Rohit Kapoor à la basse, Shoumik Biswas à la batterie et Subhagata Singha aux marimbas et guitare, l'artiste se concentre sur ses nouveaux projets en solo. A ses côtés, il y a le batteur Jivraj Singh, le bassiste Pedro Zappa et le pianiste George Matthew Dylan Varner-Hartley ; Ces deux derniers chantent dans les choeurs pour les morceaux faisant penser aux high Llamas ou côté français à Tahiti 80.

Au sein de l'hiver qui offre ses premiers flocons de neige, se laisser bercer par les notes chaudes, exotiques de Newbury Street est un délice ensoleillé de rythmes. Guitare acoustique, clavier et batterie galopent guillerets sur le chant mélodieux et fort agréable de Nischay dont le timbre de voix est comme un cocktail des voix de Paul Simon et Darwin Deez. Rêveur, l'auteur se promène mélancolique avec la tête pleine de pensées, de questions. Puis le vibrant Panda, qui fait dodeliner et donne envie de danser, révèle une maturité dans la composition et dans les mots plus décidés inspirés par le poète romantique William Blake "I used to be a panda, In my past life, I used to roam the forest, In the nighttime, Now I’m here, now I’m free, Now nothings going to bother me". Les sentiments s'exposent, explosent et balancent suavement sur un tempo bossa acoustique qui nous plonge dans une duveteuse nostalgie sur I love you baby, i love you Doll évoquant une fin d'histoire romantique. Hill se fait plus psychédélique et alternatif dans le style court et le chant en écho montrant que Nischay maitrise les techniques et mécanismes de la composition. Le coup de maitre réside aussi dans le fait qu'Ocean est enregistré en grande partie et tout le chant chez lui dans sa chambre. Le sensuel Philosophize est plein d'harmonies, avec un trait distingué electro-pop pour habiller la mélodie solide et le chant exact qui entonne amoureusement "I’ve got a New York state of mind, In Indian standard time, Sometimes it just don’t seem to fit, My heart is in a mess and my soul is in a fix" avant la fabuleuse balade Me and You, au boogie langoureux et aérien. L' imaginaire et le romantisme continuent de séduire sur Secrets, au texte poétique et à l'instrumentation old-school comme si le musicien nous offrait un récital au fond d'un rocking-chair sous un clair de lune. Puis Ghost dévoile l'intérêt de Nischay pour le jazz mêlé à la pop. Le titre est là aussi interprété d'une voix cristalline et sensuelle sur une guitare et une batterie rondes de sophistication pour s'immerger dans une ambiance magique et mystérieuse jusqu'au final avec Ocean, pop et bondissant, où l'auteur joue avec les instruments tel un jongleur. L'album Ocean est une première création de Nischay Parekh, une délicate bouffée d'harmonies, de mélodies colorées, de rythmes radieux qui reflètent la culture indienne, un régal pop pour faire passer à vos oreilles un hiver au chaud.
NischayParekh