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samedi 7 février 2015

Horsebeach

Originaire de Manchester, Horsebeach est le projet du jeune Ryan Kennedy âgé de 23 ans quand son opus éponyme sort en Octobre 2014. L'anglais inspiré par le style de Ducktails et The Real Estate s'inscrit dans la lignée de ces deux groupes et compose avec un don instantané ses propres compositions. Les dix titres de Horsebeach, pop surf, pop lo-fi, pop rock, sonnent spontanés bien qu'ils soient élaborés à l'écriture, à l'interprétation et arrangés, mixés avec finesse par l'artiste lui-même. Pour ce faire il s'est enfermé chez lui 15 jours pour se consacrer corps et âme à Horsebeach, enregistré d'abord sur un quatre pistes, puis sur ordinateur. Quand il ne compose pas, le musicien travaille derrière le comptoir de Piccadilly Records, à vivre la musique en la rangeant dans les rayons, à vivre de sa passion. Dès Faded Eyes, nos oreilles sont propulsées dans un univers pop digne des grands groupes de la scène anglaise des années 80 et 90 qu'il chérit. Langoureux et amoureux, le thème "These words are all that I leave, You were the first, and you’ll be the last" embrasse à la perfection les notes bondissantes et dansantes. Yesterdays mélancolique mais rythmé avec élégance offre là encore le chant de Ryan Kennedy convaincant, absolument juste et beau. L'estival et ensoleillé Even décharge une haute dose de tempo avec une batterie et une guitare au son noisy, garage, où l'on distingue clairement l'influence de l'artiste qui avoue "My biggest influences come from 80′s jangly stuff like Galaxie 500, Sarah Records etc".

Horsebeach est comparé à The Orchids et The Field Mice, comparaison qui ravit le musicien et qui cite dans une interview un tweet les concernant : "Everyone should listen to Horsebeach, they are the best thing to come out of Manchester since The Smiths".
A l'écoute de A Place like This, puis l'instrumentale June, qui donne envie de faire des cabrioles, oui, cela ne fait aucun doute que Horsebeach se frotte à de grands noms de la pop. Midnight et sa basse princière, orne la mélodie nocturne d'un clavier parfait et d'un chant intime efficace avant le fringant What Problem? qui pousse par son rythme sautillant dans les cordes des guitares de Ryan Kennedy et de Dan Booth, la batterie de Matt Booth, la basse de Tom Critchley, à repartir pour une gambade guillerette. Puis Dull, enveloppe derechef par sa mélodie fraiche, pleine d'entrain, avec des arrangements justes, un chant en écho excellent, des guitares qui jouent à faire des pirouettes et des loopings charmants. Sensations et sentiments sont au rendez-vous sur Cold Hands avec des mots en boucle qui eux aussi rebondissent et collent de façon évidente à la musique "A dream of life, A sectile heart, No time to waste, If we could find some more time, I’d still waste it right here with you". Après l'été dans Even, le printemps et June, l'hiver de Cold Hands, Horsebeach se termine sur un superbe automnal Beneath Our Feet. L'album, magnifique, même par sa couverture éloquente so british, est mon deuxième coup de coeur de l'année. Il est d'ailleurs "sold out". Je persiste à adorer le style sublime, la qualité mélodique et le jeu somptueux de Ryan Kennedy à l'écoute du dernier single Disappear/Let you Down qui sortira le mois prochain le 9 Mars 2015. Autant le commander sans tarder!
Horsebeach