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dimanche 25 janvier 2015

Wolf Larsen

Wolf Larsen est une auteur-compositeur, guitariste et interprète de San Francisco où, quand elle laisse sa guitare à la maison, elle mène une bataille professionnelle en tant qu'avocate pour les droits à la santé et à l'éducation des filles dans le monde entier. Elle a même créé une organisation appelée The Girl Effect qui grandit d'année en année s'alliant à d'autres associations. Pour agrémenter son projet, elle monte un label indépendant Wolf Larsen Records dont les bénéfices vont en partie au financement de la jolie cause. L'artiste Sarah Ramey porte le pseudonyme de Wolf, en référence au Sea Wolf de Jack London et Larsen, au nom de son grand- père.
Cette générosité, ce caractère autonome et courageux s'entend dans ses productions et dans son opus de 2011, Quiet at the Kitchen Door qui contient 10 titres avec une signature artistique que l'on peut classer entre Agnes Obel et Leonard Cohen. Le style est intime, délicat, poétique, acoustique avec parfois des arrangements de cordes et de cuivres qui restent discrets mais effectifs. Quand Kitchen Door arrive aux oreilles, une voix déclame un poème de son cousin Larsen Bowker, aussitôt suivit par Sarah qui fait sonner divinement ses cordes de guitares pour accueillir sa voix incroyablement belle. L'attention est accrochée. Son grain de voix presque mystique envoûte.
“When I was young
I wanted to be just like him.
One of the charm, of a bright orange smile
and muscular laughter.
Bold brown eyes flashing fearless
when he sat not alone
on cold blue nights in empty boxcars.
Riding a freight train's
solitary wail away from Nebraska
Depression, accompanying dreamswithered farms.
Nothing left but the leaves of possibilities.”

Le thème du voyage en train ou sur les sentiers, le long des rivières, sous la pluie poursuit son chemin sur No One's To Blame qui propose une mélopée soul avec des choeurs angéliques pour accompagner le chant précieux de Wolf Larsen couronné de trompettes, trombones aux particules jazzy et gospel. Two Doves continue d'ériger une ambiance folk et poétique, un univers fleuri de douceur et de retenue. Wild Things est enregistré en live avec le piano et la guitare virevoltants, Sarah joue au milieu d'enfants d'une école primaire qui miaulent des wooohooo avec entrain et apportent un sacré esprit boogie au morceau. Puis les arrangements de cordes, violons, violoncelles, contrebasse viennent orner le titre fabuleux Jedi qui a un parfum de Renaissance en évoquant la princesse Diana, des dragons, Saint-Thomas, des poèmes "The hero she is sleeping, A Jedi princess keeping, A sword inside a song". La grâce habille les compositions de Wolf Larsen qui construit If I Be Wrong avec de la dentelle magique et ensorcelante dans les mains. Peu étonnant de constater que les irlandais l'ont utilisé dans une jolie publicité représentant la magie de Noel. La volupté opère toujours sur Maybe Babe qui légère, voltigeante commence en français avec "je t'adore" sur une guitare raffinée et des notes conquérantes. Jesse's song est sublimement acoustique, couvert du chant intime et solide de l'artiste qui promet de protéger et d'aimer "And you went walking up that mountain And we were singing out that midnight hymn, And even though it’s a long way down, I will go, just to keep you around". The last brother fait penser à Joan Baez, Bob Dylan, Leonard Cohen par les sonorités et le sens du texte qui évoque un soldat mort au combat, rapatrié dans son cercueil au pays. L'instrumentation allant de l'orgue, aux cuivres, à la mandoline du dernier titre Wolf Larsen, Sarah nous offre une interprétation authentique et pleine de soul vibrante, d'émotions, d'excellence. Quiet at the Kitchen Door est d'une réelle beauté, arrangé, orchestré avec soin et minutie par le producteur Nick Stargu et par son auteur Wolf Larsen, engagée pour sa cause. Je conseille chaleureusement d'écouter, d'acquérir ce disque magnifique.
TheGirlEffect
WolfLarsen