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samedi 27 décembre 2014

Jonathan Bree

J'écoute Jonathan Bree depuis des années. Ce que j'aime chez l'artiste c'est sa personnalité qui rayonne dans sa musique, ses paroles et sa voix. Peu pliable, son tempérament intègre me séduit. Originaire d'Auckland, il découvre jeune le milieu de la pop indépendante grâce à son cousin Mark Lyons membre du groupe The Nudie Suits. Il crée dès 1998 son premier groupe The Brunettes avec Heather Mansfield qui assure le chant. L'EP Mars loves Venus sort cette même année, puis en 2002 avec son ami musicien Scott Mannion, Jonathan Bree crée le désormais fameux label Lil'Chief Records que j'évoque souvent sur Piggledy Pop. Le label indépendant se développe depuis dix ans avec d'abord l'opus de The Brunettes Holding Hands, Feeding Ducks qui sera également signé plus tard sur EMI. Jonathan continue de créer, de jouer en offrant l'EP Boyracer en 2003 et signe dans le même temps l'excellent album Songbook de The Nudie Suits. En 2004, le label enchaine les signatures dont les californiens de The Ruby Suns exilés à Auckland. Lil'Chief compte dès 2005 une communauté de musiciens notables qui se produisent les uns avec les autres et des albums impressionnants de qualité comme Edmund Cake qui jouera avec The Brunettes et qui offre en 2004 Downtown Puff, Shaft et son opus Open Sesame, en 2006 se joint à la clique Lawrence Arabia, Little Pictures, The Eversons, Princess Chelsea (autre projet de Jonathan) etc. Les artistes du label et son créateur forment un groupe de reprises de Mc Cartney and Wings appelé Disciples of Macca.
Jonathan parallèlement à son label poursuit son écriture et la composition, attaché au style sixties des Beatles, des Beach Boys et surtout à celui de Jonathan Richman dont il est fan depuis qu'il a 10 ans via Modern Lovers. Avec The Brunettes qui accueille dès 2004 Ryan McPhun des Ruby Suns, il signera 9 albums en une décennie.



En 2013, Jonathan Bree apparait en solo avec son album The Primrose Path qui sera pour Piggledy Pop une des meilleures surprises et un des meilleurs disques de l'année. Le troubadour néo-zélandais à l'humour gourmand, la poésie lumineuse et la musicalité riche offre un deux titres décoiffant, qui balade l'âme de Syd Barett, Lou Reed, Kevin Ayers, Brian Wilson avec sa propre originalité qui vient nourrir les arrangements et le chant splendide. Le 10 titres commence sur la mélodie enivrante, géniale de Booty Call et ses notes de batterie, de basse sensuelles rappelant Gainsbourg. L'instrumentation, intense, poursuit sur Beat your Head, au chant splendide orné de cordes des violons de Andrew Keoghan (co auteur et arrangeur de Lawrence Arabia), Jess Hindin, Mahuia Bridgeman-Cooper, du violoncelle de Rachel Wells et du clavier, guitares et la basse monumentale, assurés par Jonathan lui-même. Bored at a Mall arrive aux oreilles, mélancolique, poétique, construit avec ingéniosité pour nous embarquer avant l'alternatif Seven, sublime de long en large, de l'orchestration, au thème amoureux jusqu'au chant de Bree, révoltant de charme et de sensualité. Fixed Or Floating continue la promenade romantique psychédélique avant le rythmé et dansant Duckie's Lament, hypnotique, certainement magnifique. Entre harpe, trompette de Steven Hut, saxophone de Hayden Eastmond Mein, l'élégance et la sophistication se savourent sur Primrose Path et Crippled Darling, taillés comme une pierre où chaque facette représentant un instrument, la voix de Bree, ses mots, forme une entité précieuse envoûtante. Laptop, langoureux, et Boxes qui clôt le disque sur les mots "end of an album" subjuguent par les arrangements inspirés et efficaces.
The Primrose Path est un album à écouter et à avoir dans sa collection, absolument. En octobre 2014, Jonathan Bree nous fait le cadeau du nouveau single Weird Hardcore qui annonce le prochain album en 2015 A Little Night Music. Je le mets par anticipation sur ma lettre au père Noël de l'an prochain, les yeux fermés, les oreilles frétillantes d'impatience et affrétées.
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