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lundi 10 novembre 2014

Ry Smith

Ry Smith est la tête pensante, auteur-compositeur, multi-instrumentiste, du groupe de Long-Island Eastern Phoebes dont je parle dans mon billet sur le label February Records.
Depuis le déménagement de Ry en 2011 à Rhode Islands, le musicien se lance dans une carrière solo offrant le très justement nommé This Is A Test: Songs Of The Impossibles, enregistré à la maison, puis signe le génial REXROTH en septembre 2014 toujours chez le duo dynamique Kristin et Danny de February Records. Comme d'habitude sur l'ensemble de pépites pop psyché, affinées et peaufinées dans les arrangements, c'est Ry qui écrit, compose, chante et joue aux guitares, à la basse, batterie, claviers, piano, orgue, harmonica, mandoline, stylophone, banjo, violoncelle. Autant dire que techniquement, Ry Smith est un jongleur, un expert des cordes qui maitrise ses partitions de fond en combles. Son album est surprenant tellement il est enthousiaste, bondissant loin de l'image du poète maudit travaillant seul entre ses quatre murs. C'est plein de jovialité, de mélodies ensoleillées qui m'évoquent un joli cocktail d'univers allant de Jonathan Richman aux Apples in Stereo. Le tempo joyeux, l'interprétation mutine, les orchestrations originales et guillerettes, donne un résultat qui accroche et absorbe l'attention.

Cette pépite galbée et bien balancée commence avec le piano diablotin de It's easy jusqu'au doux psychédélisme pop de Plans Change & People Change Too, à la fois bordé d'un chant de velours et d'un jeu de clavier exalté sur une basse de rêve. Marz, drôle et distingué, porte un texte mirifique sur une orchestration qui ravive l'âme des Zombies ou celle des Beatles comme sur J.K. Rowling Blues au boogie nourri de hand-claps et d'un tambourin futé et moderne. La dansante Oak qui offre une orchestration malicieuse alternative ouvre le pas à Idea of North, aux claviers malicieux et aux percussions gourmandes. Need a Vacation dure 1 minute 10 sunshine et soignée en guise de break au milieu des 13 titres, avant Tree Swallow qui derechef donne cette impression de nouveau, de mobilité, d'imagination sans bornes. Conanicut! entre en scène, cette impression est renforcée à l'écoute du stylophone, du banjo, du piano et des papapapa de Ry Smith qui élève le titre au rang de joyaux pop poursuivant sur le merveilleux Ballad for Benjamin Church. Le style pop-psyché y est dosé, les choeurs taillés comme des rubis sunshine-pop pour poursuivre avec The Dust Bowl, qui délivre une ambiance champêtre saupoudrée d'arrangements lumineux d'orgues, de rythmiques sur un texte fin et touchant. Les mélodies en forme de ritournelles qui tournent en boucle avec facilité, parce que variées et colorées de sonorités, continuent avec Let the Lark aux effluves élégamment mélancoliques puis avec I Gots To Roll Along qui dévoile toute la capacité de l'artiste à explorer les sentiers pop . Je conseille l'écoute de Ry Smith, amateur de Brian Wilson en reprenant Johnny Carson ou encore de poésie en adaptant les poèmes de Gary Snyder comme Stay Together Learn The Flowers Go Light : un artiste de goût riche d'humour et de talent. Il y a quelques jours, le 22 Octobre 2014, Ry Smith signe un album de reprises des Strokes, revues avec brio, revisitées avec une fibre artistique singulière et rafraichissante en téléchargement libre sur le bandcamp.
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